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Le choix de Sophie : rentrée littéraire d'hiver
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Dans notre belle maison, il y avait des histoires. Les fameux secrets de famille qui traînent comme le linge dans le panier à linge sale quand on n'a plus de lessive.
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Rêve cette nuit : Carnets, 2002-2024
Anne Serre
- Éditions Verdier
- Collection Jaune
- 19 Février 2026
- 9782378562809
Anne Serre est arrivée à Paris à dix-sept ans en 1977 pour y faire ses études. C'est à ce moment-là qu'elle a commencé à écrire et à tenir ses carnets.
Il ne s'agit pas d'un journal. Depuis le début, elle note le même genre de choses : des bribes de rêves, le bref récit de détails lus, vus ou entendus, qui, pour des raisons obscures, l'ont particulièrement frappée, des observations à propos de films, des questions, des réflexions, des perceptions... qui concernent souvent l'art et la littérature, mais bien autant l'existence, et en particulier le rapport à autrui.
Rien n'est fait dans un but précis qui serait celui de la « préparation d'un roman ». Ces carnets constituent pourtant son « atelier », dans le sens où ce qu'elle remarque et ce sur quoi elle s'interroge obstinément, se retrouve souvent, ici et là, sous forme de fiction, dans le livre qui sera écrit quelques années après la rédaction des notes.
2002, date à laquelle débutent ces carnets, a constitué une année charnière pour Anne Serre : elle sort alors d'un certain retrait pour s'exposer davantage en publiant chez des éditeurs plus importants, comme le Mercure de France. Ces notes n'ont pas été retouchées (ou seulement pour préciser une référence), mais beaucoup ont été supprimées. Une sorte d'obstination les caractérise?: celle d'une écrivaine à saisir l'énigme de la création, l'énigme de l'existence dans toute son étrangeté. -
« qu'est-ce que tu fais Moïse dit Élie tu vas où et Élie voit comme Moïse prend de l'élan et se laisse porter par l'air chaud mélangé à l'air frais et humide de la forêt et Élie se dit qu'il faut garder son calme car ça lui arrive à Moïse de s'aventurer un peu autour de quelques arbres avant de revenir se poser sur son épaule »
Tandis que la nuit tombe peu à peu sur la forêt, Élie part à la recherche de son oiseau, ignorant les prières répétées de sa mère et de sa soeur qui l'exhortent à abandonner et rentrer à la maison. Malgré sa peur, Élie persiste à écouter cette autre voix qui l'appelle dans l'obscurité.
Viens Élie, premier roman de Jonas Sollberger, est le récit d'une quête d'identité. -
Les orphelins : Une histoire de Billy the Kid
Eric Vuillard
- Actes Sud
- Un Endroit Où Aller
- 28 Janvier 2026
- 9782330217556
Soudain, le vide se fit en lui. Son petit corps se contracta tout entier, il trembla ; et, à cette minute, il sut qu'il serait toujours seul. Une terrible angoisse lui remonta par le bas du ventre. Il aperçut à contre-jour la gueule de Cahill, la mort lui parut proche, toute proche ! Sur sa joue, il sentit le soleil, son harmonie mortelle, sa beauté. Il eut envie de pleurer. Alors, les visages des soldats, des garçons vachers qui faisaient cercle autour de lui, s'évaporèrent dans le néant. Sa main se faufila jusqu'à l'arme, et il tira.
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« Rose », le mot, couleur, fleur, prénom, habite Maryline Desbiolles : Marie-Rose, bergère rebelle et un peu sorcière, fut une figure importante de son enfance. Plus tard, ne l'a-t-on pas traitée de « Rosa Luxemburg » ? Deux figures de Rose bien éloignées de la suavité que l'on attribue ordinairement à ce prénom.
Suivant son intuition, l'écrivaine s'invente une contrainte. Bientôt paraît l'annonce suivante : Écrivaine cherche des personnes se prénommant Rose pour l'écriture d'un roman. Merci de prendre contact avec la maison d'édition : rose@swediteur.com.
Sept Rose y répondent. Mais c'est à une Rose de fiction, « une grande bringue salement amochée », que revient le rôle de narratrice. Échouée dans un couloir d'hôpital, cette femme maigre et couverte de plaies prétend s'appeler Rose Rose (le deuxième Rose en guise de patronyme). L'infirmière ne la croit pas, pas plus qu'à ses prétendues douleurs : les examens n'ont rien révélé de grave. En réalité, le grand échalas vit dans la rue et a envie de passer une nuit à l'abri. Comprenant qu'improviser sur le nom de Rose éveille l'attention, elle se transforme, sous nos yeux émerveillés, en moderne Shéhérazade.
Entre rêve et sommeil, la voilà tantôt Rose de onze ans sous l'avocatier d'une maison niçoise, tantôt Rose-Marie avec sa grand-mère calabraise, Rose du Nigéria ou encore Rosetta, si mal accueillie avec sa famille d'Italie du Sud. Qu'elle soit Rosette née à Tunis en 1935 ou Rosy née à Orléans en 1944, ses récits murmurés à l'oreille des soignantes lui valent la nuit sauve.
Rien de suave dans les destinées de ces femmes, dont la force, la grâce, l'esprit de lutte et de résistance se fondent en des motifs curieusement récurrents et s'élèvent en une joyeuse sarabande, bien dans la manière d'une Maryline Desbiolles dont ce livre éblouissant pourrait également se lire comme un art poétique. -
Hors champ
Marie-Hélène Lafon
- Éditions Buchet/Chastel
- Littérature Française
- 2 Janvier 2026
- 9782283041604
Gilles est le fils, celui qui devra tenir la ferme. Claire, la soeur qui n'est pas concernée par cette décision, prend la tangente au fil des années grâce aux études.
La ferme est isolée de tous. C'est le royaume du père qui donne libre cours à sa violence.
"Hors champ" traverse cinquante années. Dix tableaux, dix morceaux de temps, détachés, choisis ; le lecteur y pénètre tantôt avec elle, Claire, tantôt avec lui, Gilles. L'auteure fait alterner ces points de vue, toujours à la troisième personne, en flux de conscience.
Les parents, la soeur et le frère, et les autres - au bout du monde où ils se tiennent encordés, impuissants tous les deux.
"Hors champ" est le onzième roman de Marie-Hélène Lafon. -
Fille d'immigrés italiens et petite-fille d'un partisan de Mussolini, Adelina naît à Zurich dans les années 50. Elle a dix-huit ans lorsque, à la mort de son père, elle hérite de ses dettes. Forcée d'interrompre son apprentissage pour entrer à l'usine, elle rencontre Toto, un saisonnier dont elle tombe amoureuse. Mais peu après la naissance de leur fille, Toto disparaît. En ce début des années 70, dans une Suisse que l'essor économique rend impitoyable, Adelina n'a pas le choix : elle va devoir faire confiance à des hommes qui ne veulent pas tous son bien.
En racontant tambour battant la vie quotidienne de son héroïne - mère célibataire, précaire et épuisée, mais qui ne se résigne pas -, Lukas Bärfuss brosse une redoutable fresque de la société libérale et signe un grand roman sur l'injustice et la dépossession. -
« Pourquoi est-ce que je finis toujours par trouver un travail, me disais-je, pourquoi est-ce qu'on ne me laisse pas tranquillement aller à la dérive ? Devenir clochard. C'était une des possibilités que j'envisageais. Que j'envisage encore. Mais je n'en ai pas le courage. Je me souviens de mon père, le policier Arturo, avec son uniforme toujours impeccable ; et de mon grand-père et de la dignité avec laquelle il portait ses habits de fête. Des absurdités qui ne me quittent jamais. L'origine est un habit avec lequel on n'en finit jamais. »
Works ? Le travail comme condamnation et perdition, le travail qui s'inscrit dans l'âme et dans le corps : le travail comme ce qui fait et qui défait la vie. Dans un style aussi original qu'un classique de jazz, fait de précision hallucinée, de liberté de ton et de profondeur sans cynisme, Vitaliano Trevisan raconte le travail dans ce lieu où il est une religion : le Nord-Est italien, des années 1970 aux années 1990. C'est qu'il aura fait mille genres de travail, tant de jobs, tant de works.
À travers le prisme de la vie au travail, Trevisan explore non seulement les mutations de l'Italie, ses modernisations mensongères (celles dont Berlusconi fut à la fois l'effet et la cause), mais aussi sa propre vie?: l'échec de l'amour, les mécanismes de pouvoir à l'oeuvre dans toute relation, l'histoire de sa propre famille et de toutes les familles, qui est toujours une « histoire d'argent ».
Cette édition se clôt par « Là où tout a commencé », texte écrit par l'auteur en 2021, considéré comme son testament littéraire. -
Une chimère, c'est une créature imaginaire composée de parties disparates. Par exemple : une histoire policière racontée par cinq femmes, sur une playlist italo-disco.
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Ici on achète les âmes.
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Plexiglas
Antoine Philias
Coup de coeur- Asphalte Éditions
- Asphalte Poche
- 10 Janvier 2025
- 9782365333009
Cholet, Maine-et-Loire. Elliot, bientôt trente ans, revient chercher du travail dans la ville de son enfance et s'installe en périphérie, dans la maison vide de son grand-père. Lulu, bientôt soixante ans, est employée de caisse chez Carrefour. Plexiglas est l'histoire de leur amitié, mais aussi celle d'une galerie commerciale en bord de route et de la communauté de ses travailleurs. Ces derniers se retrouvent catapultés en première ligne lors d'une année qui ne va pas leur faire de cadeau...
Dans un territoire peu présent en littérature, l'auteur met en scène des personnages humains, dont on se sent immédiatement proche, affrontant la violence du monde du travail. Un roman lumineux, porté par une lucidité mordante. -
À Lübeck dans le nord de l'Allemagne, la maison de commerce des Buddenbrook est prospère. Fondée en 1768 par Johann, l'aïeul héroïque et vénéré, elle est transmise de père en fils et assure le pouvoir de la famille. Mais faire fructifier l'affaire tout au long du XIXe siècle ne va pas de soi : jalousies entre frères, mariages malheureux et états de santé fragiles perturbent la dynastie. Les héritiers, le scrupuleux Thomas, à la sensibilité vite épuisée, sa soeur l'impétueuse Antonie, son frère Christian, velléitaire et cyclothymique, enfin Hanno, le fils de omas, au tempérament d'artiste, sont pris dans des contradictions insurmontables et ne pourront éviter la chute. Publié en 1901 par un homme de vingt-six ans, Les Buddenbrook est rapidement devenu un classique de la littérature et a valu à son auteur, en 1929, le prix Nobel. La nouvelle traduction d'Olivier Le Lay fait entendre sa force romanesque et sa puissance humoristique. La préface de Philippe Lançon, rédigée pour notre édition, nous invite dans les coulisses de son écriture et le situe avec brio dans l'oeuvre du romancier, dans son siècle et dans le nôtre.
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La nouvelle de Thomas Mann, écrite en 1912 et publié l'année suivante, devenue universellement célèbre à travers le film qu'en a réalisé Luchino Visconti, met en scène un grand écrivain vieillissant, maître de son art et déjà devenu un classique enseigné dans les écoles, auteur de livres profondément moraux, qui éprouve, à la suite de l'impression fugitive que lui a faite l'échange d'un regard avec un étranger, une soudaine envie de voyage. Il quitte Munich pour Pula, sur la côté de l'Adriatique mais c'était à Venise qu'il souhaitait vraiment aller et il s'embarque donc bientôt pour la cité des Doges. À peine descendu au grand hôtel des Bains au Lido, la « beauté prodigieuse » d'un jeune garçon dans un groupe de jeune filles avec une gouvernante, le laisse confondu. Dès lors, il va peu à peu se laisser gagné par sa fascination et ne parviendra pas à quitter Venise, conforté dans sa passion par la lecture du Phèdre de Platon, où il est dit que la Beauté est la voie qui mène l'homme sensible à l'esprit. Ainsi égaré, ni le climat devenu étouffant avec l'arrivée du sirocco, ni les premiers signes qu'une épidémie de choléra menace Venise, ni même un cauchemar où il assiste et participe à une orgie dionysiaque, ne suffiront à dissiper son aveuglement. Atteint par la maladie, l'auteur du Misérable, un roman « où il s'était élevé dans un style d'une pureté exemplaire contre la bohème et tous les troubles des bas fonds », n'est bientôt plus qu'une épave fardée qui poursuit le jeune homme en ressassant les phrases du Phèdre sur « les poètes qui ne peuvent rester sages ni dignes ». Les bagages dans le hall de l'hôtel lui apprennent bientôt le départ prochain de celui qu'il aime. Mais la dernière vision qu'il a de l'adolescent, marchant sur une île du Lido, « n'était-ce pas comme si le pâle, l'adorable Meneur des morts là-bas lui souriait, lui faisait signe ? comme si, détachant la main de la hanche, il indiquait une voie, comme s'il le précédait en glissant vers des immensités prometteuses ? »
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"Tu es ma vie, chante la femme à l'épaisse chevelure noire maintenue en un chignon gonflé. Elle a un mouchoir à la main, comme ma grand-mère, des lunettes fumées, comme ma grand-mère, elle parle arabe, comme ma grand-mère."
1956, Besançon : un jeune homme venu d'Algérie découvre la France.
6 octobre 1973, Paris, jour de Kippour : une enfant comprend confusément qu'une guerre vient d'éclater.
Au fil du texte, la chanson Enta Omri d'Oum Kalsoum devient fil d'Ariane : une musique-mémoire pour dire l'exil, la langue, la transmission, la traduction - et ce « douanier » imaginaire qui laisse passer les mots mais retient la culture. Avec une justesse éblouissante, Agnès Desarthe signe un récit la fois intime et ample où la musique ouvre les portes du passé et éclaire la complexité d'une appartenance.
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Il n'y a pas de place pour la mort
Pascal Quignard
- Editions hardies
- Littérature
- 7 Janvier 2026
- 9782959564369
« Écris ce livre en sorte que ta vie pénètre en lui sans qu'elle mente.
Que quelque chose touche celle qui n'en a pas été touchée. »
«Il n'y a pas de place pour la mort» : un homme et une femme s'enfuient.
Le nouveau roman de Pascal Quignard aux Éditions Hardies.
« Quelle joie qu'un nouvel éditeur apparaisse.
Quel bonheur qu'il se soucie de littérature pure.
Quelle merveille enfin que l'amitié, la mémoire, la ferveur, les passions partagées y président.
Je sens qu'un destin magique nous favorise. »
Pascal Quignard -
Soleil dans une pièce vide : Scénographies d'Edward Hopper
Claude Esteban
- Unes
- 16 Janvier 2026
- 9782877043083
Soleil dans une pièce vide est un voyage unique dans la peinture d'Edward Hopper. Un voyage à la fois étrange et familier, tant les tableaux du peintre américain ont imprégné la culture populaire, dont les images fortes font aujourd'hui partie d'un patrimoine commun. Claude Esteban opère avec cette succession de courtes scènes une approche à rebours du regard critique, on pourrait au contraire dire qu'elle ressemble - à sa façon - à l'approche des objectivistes américains : il s'agit plus de décrire que d'imaginer, ou plus précisément d'imaginer par la description. Il s'agit d'être attentif à un détail, un vêtement, une atmosphère, une expression, une lumière, aux contours des êtres - et d'atteindre ainsi l'intériorité par le contour. En approches successives, délicates, comme des touches de peinture, mais par les mots. On se promène dans cette cinquantaine de tableaux familiers en revisitant la mythologie américaine du XXe siècle, des polars de Dashiell Hammett aux vedettes hollywoodiennes des années 1950, on passe du sud rural aux lumières de Broadway, avec cet homme et cette femme accoudés en oiseaux de nuits au comptoir d'un café, ce couple qui s'explique sous la lampe blafarde d'une terrasse en bois, ces deux femmes qui partagent un chop suey au restaurant, ou la lumière du soleil qui vient traverser une pièce vide.
Le paradoxe de ce livre est que les images suffisent, et que c'est précisément parce qu'elles suffisent qu'elles possèdent la charge suffisante d'émotion, de suggestion, de réalité, pour passer dans les mots, pour devenir avec les mots ce que la peinture fait d'elles : des histoires. Esteban fait vivre ces personnages, il révèle ce qu'il se passe au moment de la toile, met à jour ce qui précède et ce qui va suivre, dans la saisie de l'instant. Il trouve des gestes, des habitudes, des émotions à ces hommes et femmes. Tout, le décor, les vêtements, les objets, participe d'une attention aux êtres qui vient souligner avec une grande prévenance leur solitude. En leur donnant des mots, il leur donne une épaisseur, une vie insoupçonnée. Il soulève simplement le voile d'évocation des images pour révéler tout leur drame, tout le mystère de leur présence. Claude Esteban nous restitue le mystère des êtres, nous y donne accès sans pourtant jamais le révéler tout à fait dans un jeu merveilleux d'ombre et de lumière. -
Novembre 1941, gare de Lyon, à Paris. Cécile laisse partir son fils de cinq ans dans un convoi de la Croix-Rouge. Pourquoi décide-t-elle de l'envoyer en zone libre si tôt, si vite ? Qui peut lui garantir qu'elle retrouvera son enfant après la guerre ?
Ce petit garçon s'appelle Georges Perec. Sa mère, juive polonaise, prend cette décision pour le sauver. Mais en le privant de sa présence, elle le condamne, sans le savoir, au vide et à l'absence de souvenirs. En 1943, elle est déportée à Auschwitz. Son fils ne la retrouvera jamais.
Olivia Elkaim fait revivre Georges Perec, l'auteur culte des Choses et de La Vie mode d'emploi, membre éminent de l'Ouvroir de littérature potentielle (l'Oulipo), mort précocement en 1982. Elle redonne également vie à Cécile, sa mère, dont il reste pourtant peu de traces.
Nourrie par ses obsessions et ses propres fantômes, Olivia Elkaim livre un roman sensible et vibrant d'émotion, comme elle l'avait fait dans Je suis Jeanne Hébuterne. -
Les oeuvres de Georges Perec obéissent à des recherches formelles touchant à la disposition réglée de leurs lettres. C'est à cette variété de textes graphiquement contraints que se confrontent les brodeuses de Perecofil. Représentant chaque lettre de l'alphabet par un carré brodé au point de croix avec un fil de couleur spécifique, elles font surgir de leurs toiles les architectures secrètes des écrits de l'homme de lettres. En vingt-six mots et autant de broderies, Perecofil propose ici une nouvelle lecture de l'univers de Perec.
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Après
L'Abolition des privilèges, Bertrand Guillot nous entraîne au Moyen Âge dans un Paris intellectuel en pleine ébullition. Un miroir tendu à notre époque.
1400. Dans les rues de Paris, on croise des astrologues, de théologiens, des écrivains. Parmi eux, Christine de Pizan et Jean de Montreuil. Ils ne se connaissent pas mais grâce à un best-seller, le
Roman de la rose, leur route vont se croiser. Pour elle, c'est un texte dégradant envers les femmes. Pour lui, un joyau de subtilité. Une violente querelle naît entre eux par courriers interposés. On y parle de séparer l'homme de l'artiste, on s'accuse mutuellement d'être un danger pour l'humanité. Un débat entre progressistes et conservateurs dont on reconnaît aujourd'hui le parfum fait rage. Pendant ce temps, les princes se déchirent et la guerre approche. Voilà pourquoi à 600 ans de nous, cette histoire a tant à nous dire. -
« Bientôt toute cette énergie et cette violence, toute sa démesure et son obsession se focalisent sur une seule personne, un adversaire à sa taille, aussi acharné qu'il est vindicatif, aussi orgueilleux qu'il est mégalomane, un rival qu'il va d'autant plus haïr qu'il a commencé par l'aimer. »
À la fin du XIXe siècle, deux scientifiques américains, Charles Marsh et Edward Cope, se livrent une compétition sans merci pour exhumer des squelettes de dinosaures et régner sur la paléontologie naissante. Afin de gagner cette guerre des os, Marsh, Cope et leurs mercenaires emploieront tous les moyens : le vol, la corruption, l'espionnage et la violence.
Dans leur quête de fossiles géants, ils rencontrent Buffalo Bill et le chef sioux Red Cloud, le général Custer et le président Ulysses S. Grant, au temps où les États-Unis sont transformés par la conquête de l'Ouest et la guerre de Sécession, la Ruée vers l'or et la première voie ferrée transcontinentale. Illustré de documents d'époque, ce récit haletant retrace la naissance de la science et de l'Amérique moderne et devient parabole de la soif de connaissances et de reconnaissance des humains. -
La Correspondante
Virginia Evans
- Éditions de La Table Ronde
- Quai Voltaire
- 8 Janvier 2026
- 9791037114884
«Je me suis mise à écrire des lettres, et c'est devenu une obsession. Le plus souvent, quand j'en écrivais une, j'en recevais une en retour. Cela surprend, mais j'ai découvert que la plupart des gens répondent. La première lettre de ma vie remonte à 1948, et je l'avais adressée à P. L. Travers, au sujet de son livre Mary Poppins.» Mère puis grand-mère, femme divorcée, retraitée d'une brillante carrière dans le droit, Sybil Van Antwerp vit seule et n'aspire qu'à une existence paisible, aiguisant chaque jour sa plume pour rédiger des courriers avec un franc-parler capable de désarmer avocats de renom et grands écrivains. Mais tandis que sa vue baisse inexorablement, des lettres anonymes toujours plus menaçantes sont déposées une à une dans sa boîte, la forçant à replonger dans un passé douloureux. Greffière au chignon strict passant la porte du tribunal ; vieille dame longeant le fleuve avec une canne ; adolescente dévorant Tolkien et C.S. Lewis ; correspondante cherchant le mot juste : lettre après lettre, Virginia Evans compose le portrait d'une femme multiple, dans un premier roman mordant.
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Le Diable, tout le temps
Donald Ray Pollock
- Albin Michel
- Terres D'Amérique
- 28 Janvier 2026
- 9782226507013
Traduit de l'américain par Christophe Mercier
« S'il s'agit bien d'une fiction, si Pollock reconnaît avoir forcé le trait, il n'y en a pas moins une part de vérité sur la nature humaine et - n'en déplaise à l'auteur - une part d'amour aux êtres qui peuplent ce territoire. » Marie Vingtras (extrait de la préface)
Sacré meilleur roman de l'année par le magazine Lire, Grand prix de la littérature policière, Le Diable, tout le temps est devenu un livre culte.
De l'Ohio à la Virginie-Occidentale, de la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 1960, il est question de pauvres diables dont les trajectoires s'entrechoquent : un rescapé de l'enfer du Pacifique, traumatisé et prêt à tout pour sauver sa femme, quitte à délaisser son fils ; un couple sordide qui piège les auto-stoppeurs ; un prédicateur et un musicien en fauteuil roulant qui errent de ville en ville, fuyant la loi ; un shérif corrompu et un pasteur au comportement déviant...
L'écriture à vif de Donald Ray Pollock fait surgir un univers aussi puissant que ceux de Flannery O'Connor, Jim Thompson ou Cormac McCarthy. -
Tout bascule pour Eilis le jour où un inconnu frappe à sa porte. Mariée depuis vingt ans à Tony, elle vit le rêve américain des années 1970 à Long Island, où ils élèvent leurs deux enfants. Mais quand elle apprend qu'elle est trompée et qu'une autre femme est enceinte de son mari, ce bonheur patiemment construit vole en éclats. Sans promesse de retour, elle part chez sa mère en Irlande. Rien n'a changé à Enniscorthy, cet univers clos où, de génération en génération, tout se sait sur tout le monde. Même Jim Farrell, qui a repris le pub familial, est tel qu'il était vingt ans auparavant, déchiré entre son sens du devoir et son incapacité à exprimer ses sentiments. Les souvenirs d'un été passé ensemble refluent, tandis que, pour Eilis, les États-Unis et Tony s'éloignent...
Long Island offre des retrouvailles bouleversantes avec Eilis Lacey, l'héroïne du livre culte Brooklyn.
Un roman d'amour déchirant ainsi qu'une merveilleuse variation sur le silence. Le Nouvel Obs.
Colm Tóibín excelle dans les dialogues d'apparence convenue où pèsent les sous-entendus. Lire magazine.
C'est affolant d'émotions. Vous allez être bouleversé par tant de beauté. Elle.
Traduit de l'anglais (Irlande) par Anna Gibson.