Barbara Stiegler

  • La conviction qui nous anime en prenant aujourd'hui la parole, c'est que plutôt que de se taire par peur d'ajouter des polémiques à la confusion, le devoir des milieux universitaires et académiques est de rendre à nouveau possible la discussion scientifique et de la publier dans l'espace public, seule voie pour retisser un lien de confiance entre le savoir et les citoyens, lui-même indispensable à la survie de nos démocraties. La stratégie de l'omerta n'est pas la bonne. Notre conviction est au contraire que le sort de la démocratie dépendra très largement des forces de résistance du monde savant et de sa capacité à se faire entendre dans les débats politiques cruciaux qui vont devoir se mener, dans les mois et les années qui viennent, autour de la santé et de l'avenir du vivant.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Malgré le naufrage et la multiplication des alertes, le cap est à ce jour inchangé : c'est l'adaptation de toutes les sociétés au grand jeu de la compétition mondiale. Une marée de gilets jaunes a pourtant surgi sur le pont, bientôt rejointe par d'innombrables mutineries pour défendre les retraites, l'éducation et la santé. Reste, pour aller du cap aux grèves, à conjurer l'obsession du programme et du grand plan, qui paralyse l'action. Et à passer de la mobilisation virtuelle des écrans à la réalité physique des luttes et des lieux.
    À travers le récit de son propre engagement, Barbara Stiegler dit la nécessité de réinventer notre mobilisation là où nous sommes, en commençant par transformer les endroits précis et concrets de nos vies.

    Ajouter au panier
    En stock
  • D'où vient ce sentiment diffus, de plus en plus oppressant et de mieux en mieux partagé, d'un retard généralisé, lui-même renforcé par l'injonction permanente à s'adapter au rythme des mutations d'un monde complexe? Comment expliquer cette colonisation progressive du champ économique, social et politique par le lexique biologique de l'évolution ?
    La généalogie de cet impératif nous conduit aux sources d'une pensée politique, puissante et structurée, qui propose un récit très articulé sur le retard de l'espèce humaine et sur son avenir. Elle s'est donné le nom de « néolibéralisme » : néo car, contrairement à l'ancien qui comptait sur la libre régulation du marché pour stabiliser l'ordre des choses, le nouveau en appelle aux artifices de l'Etat (droit, éducation, protection sociale) afin de transformer l'espèce humaine et son environnement et construire ainsi artificiellement le marché : une biopolitique en quelque sorte.
    Il ne fait aucun doute pour Walter Lippmann, théoricien américain de ce nouveau libéralisme, que les masses sont rivées à la stabilité de l'état social (la stase, en terme biologique), face aux flux qui les bousculent. Seul un gouvernement des experts peut tracer la voie de l'évolution des sociétés engoncées dans le conservatisme des statuts. Lippmann se heurte alors à John Dewey, grande figure du pragmatisme américain, qui, à partir d'un même constat, appelle à mobiliser l'intelligence collective des publics, à multiplier les initiatives démocratiques, à inventer par le bas l'avenir collectif.
    Un débat sur une autre interprétation possible du sens de la vie et de ses évolutions au coeur duquel nous sommes plus que jamais.

  • L'analyse de l'auteur est que le " concept de Dionysos " selon Nietzsche, ne conduit ni à l'affirmation inconditionnelle de la vie, ni à celle des corps vivants que nous sommes, mais à leur critique, à la première tentative d'une critique de la chair. Cette critique ainsi engagée reprend celle de Kant et se déplace dans un autre domaine. Il s'agit de partir des exigences de l'excès du flux (Dionysos) qui réclame d'être délimité (Apollon) puis incorporé, organisé et aimé par une oreille en chair (Ariane). C'est la première histoire philosophique de l'amour (et du désamour) entre la chair et le flux.
    Barbara Stiegler, docteur et agrégée de philosophie, enseigne la philosophie au lycée Louis Weiss (Achères, Yvelines). Elle a également publié, aux PUF, Nietzsche et la biologie (" Philosophies ", 2001).

  • Le libéralisme n'a jamais eu l'évidence qu'on lui prête.
    Son invention, à la fin du XVIIIe siècle, engage des catégories morales, politiques, économiques qui contribuent à façonner un individu libéral autonome dont l'indépendance est depuis largement remise en question. L'enjeu de cet ouvrage collectif est de procéder à une déconstruction des évidences libérales en soulignant la pluralité des libéralismes dont, aujourd'hui le néolibéralisme tend à valoir comme nouveau discours de l'orthodoxie libérale.
    Poser quelques questions aux libéralismes c'est alors contribuer à proposer une critique de notre présent et de certaines évidences qui le supportent.

  • Les émotions

    Sylvain Roux

    Le présent volume, consacré aux émotions, s'attache à étudier un ensemble de phénomènes dont le traitement, souvent subordonné à celui de la passion, n'a peut-être pas reçu, pour lui-même, d'attention suffisante. Chacune des études présentées ici veut donc lui accorder une place première mais aussi revenir sur le jugement qui a souvent insisté sur le caractère irrationnel de l'émotion et qui par là même a conduit à la dévaloriser ou à ne poser, à travers elle, que le problème de la maîtrise des phénomènes affectifs. Les deux premières contributions (L. Mouze, C. Bégorre-Bret) montrent comment les analyses platoniciennes et aristotéliciennes relient les questions esthétiques et les questions relatives à l'éducation au statut que peut prendre cette notion. La troisième (S. Roux) s'interroge sur la place que les phénomènes émotionnels occupent dans l'âme selon Plotin. Un jugement trop rapide a fait croire que les émotions étaient reléguées, dans la pensée classique, au second plan. D. Kambouchner s'attache à montrer le contraire dans le cas de Descartes ainsi que L. Bove à propos de Spinoza. L. Jaffro restitue le cadre de l'analyse de cette notion dans les Lumières anglaises et le rôle moteur qui est le sien dans les processus de motivation. L'analyse kantienne de l'Anthropologie au point de vue pragmatique, qui fait droit aux émotions, est étudiée par Y.-J. Harder et B. Stiegler montre que certaines émotions, selon les analyses de Nietzsche, peuvent trouver leur place dans les processus de décision pratique. Le volume s'achève par une étude consacrée à Bergson dans laquelle A. Bouaniche montre l'importance de cette notion pensée comme force créatrice.

empty