Journée Internationale des Droits des Femmes

  • « Ne suis-je pas une femme ? », telle est la question que Sojourner Truth, ancienne esclave, abolitionniste noire des États-Unis, posa en 1851 lors d'un discours célèbre, interpellant féministes et abolitionnistes sur les diverses oppressions subies par les femmes noires : oppressions de classe, de race, de sexe. Héritière de ce geste, bell hooks décrit dans ce livre devenu un classique les processus de marginalisation des femmes noires et met en critique les féminismes blancs et leur difficulté à prendre en compte les oppressions croisées.

  • Comment ça "toute vérité n'est pas bonne à dire ?" Ici, on arrête les tabous de mijorés et on entre dans le vif du sujet. C'est quoi le sexe ? Le vrai, pas celui qu'on nous vend en film pornographique sur Internet. C'est quoi l'amour ? Et non la soupe mélodramatique qu'on nous sert dans les séries télévisées.
    Adolescents, vous êtes de jeunes adultes et non des enfants. Vous cacher la vérité sur le corps et les désirs humains, c'est se leurrer et, parfois, vous mettre en danger.
    Dans ce livre, nous avons favorisé l'illustration, les bons conseils et les vrais témoignages pour tout vous dire sur, par exemple :
    - La masturbation et le plaisir ;
    - L'homosexualité et le transgenre ;
    - Le consentement ;
    - Le plan Q ;
    - La virilité et la féminité ;
    - L'importance de s'aimer ;
    Parce qu'on est las des clichés, on boxe les idées reçues et on vous montre, qu'au fond, on est tous à peu près les mêmes. On vous livre juste les tips dont vous avez besoin pour aller chercher le plaisir où il vous titille.

  • En France, 250 femmes sont violées chaque jour. 32 % ont été victimes de harcèlement sexuel au travail. 1,2 million sont la cible d'injures sexistes chaque année. 6,7 millions de personnes ont subi l'inceste.
    Ces violences que subissent en France et dans le monde les femmes et les enfants ne sont pas une fatalité. Ce livre est un manuel d'action. Il donne à chacune et à chacun des outils pour que les violences sexistes et sexuelles s'arrêtent. Pour de bon. Tout simplement. Est-ce une utopie ? Non.
    Chacune et chacun d'entre nous a un immense pouvoir : celui de parler, de convaincre et d'intervenir pour faire cesser les violences. Et si nous sommes des milliers, voire des centaines de milliers à agir, nous pouvons les faire reculer.
    Ce superpouvoir, pour être activé, nécessite de connaître la réalité des violences (les chiffres, les définitions...), de comprendre les mécanismes et de disposer de techniques et d'outils pour agir dans nos familles, notre entourage, au travail, dans la rue.
    Identifier, comprendre, agir : trois étapes pour changer le monde.
    Avec pédagogie et humour, Caroline de Haas propose des outils clés en main, accessibles à toutes et tous.

  • Avec ce neuvième opus, Zadig va au plus près de celles qui refusent la fatalité de la domination masculine et donne la parole à ces cheffes de famille ou à ces responsables politiques qui préparent les conditions d'une véritable égalité hommes-femmes dans notre société. En attendant - qui sait ? - qu'une femme remporte l'élection présidentielle.

    À retrouver dans ce numéro : Élisabeth Badinter, Karine Tuil, Najat Vallaud-Belkacem, Sandra Laugier, Leïla Slimani, Tania de Montaigne.

  • Célèbres ou anonymes, elles se sont, bien avant l'invention du féminisme, insurgées contre un monde qui voulait faire d'elles des « potiches » ou des « bonniches ». On sait que l'humour, entre les mains des plus défavorisés, devient arme blanche à la pointe acérée. Certes, nul ne songerait plus aujourd'hui à dire qu'elles représentent « le sexe faible ». Les femmes, à travers le temps et l'espace, n'ont cessé de lancer des mots d'esprit, qu'il s'agisse de l'indomptable Ninon de Lenclos qui demandait : « Faites de moi un honnête homme, mais n'en faites jamais une honnête femme » ou de la pétulante Zsa Zsa Gabor qui donne ce conseil : « Une seule règle dans la chasse au mari : le capturer vivant. » Ce livre n'est pas la preuve - elle n'a d'ailleurs pas à être faite - que les femmes sont spirituelles. Il est une moisson colorée de reparties audacieuses. L'histoire drôle, le mot mémorable sont aussi pétillants que le champagne et, parfois, des plus corrosifs. Dans un éclat de rire ou avec un sourire irrésistible, elles s'attaquent à tout : à l'image que les hommes se font d'elles, à l'image qu'elles se font d'eux, à la vie conjugale, à l'amour et même à la mort.

  • Les femmes ont une histoire, une histoire de luttes pour leurs droits, conquis, arrachés, défendus, une histoire de colère contre les discriminations, les inégalités, une « Rage against the Machisme ».
    L'historienne Mathilde Larrère retrace les combats féministes de la Révolution française jusqu'au mouvement #MeToo d'aujourd'hui, sur les pas de Louise Michel, de Gisèle Halimi, mais aussi de tant d'autres invisibilisées, comme Pauline Léon, Malika El Fassi, les colleuses contre les féminicides...
    À l'histoire, le livre mêle des récits, des documents d'époque, des chansons et des slogans, reflétant l'ardeur et la détermination de celles qui n'acceptent pas l'inégalité des sexes, montrant combien elles se tiennent la main au-delà des siècles.
    Luttes pour l'égalité, pour les droits de voter, s'instruire, se défendre, gouverner leurs propres corps, mais aussi pour l'émancipation des femmes des colonies : autant de domaines où la liberté des femmes a été bafouée, autant de droits à conquérir et à défendre, encore, aujourd'hui et demain.

  • « Monsieur, ce sont des idées bien rétrogrades que vous exposez là. Bientôt les femmes seront médecins, ingénieures, avocates... Aucune nation moderne ne peut se priver de l'intelligence de la moitié de sa population ».
    Elle s'appelait Suzanne Noël.
    Médecin, féministe, elle redonnait un visage aux gueules cassées.
    Leïla Slimani et Clément Oubrerie rendent un vibrant hommage à une femme exceptionnelle.

  • Gisèle Halimi : Soixante-dix ans de combats, d'engagement au service de la justice et de la cause des femmes. Et la volonté, aujourd'hui, de transmettre ce qui a construit cet activisme indéfectible, afin de dire aux nouvelles générations que l'injustice demeure, qu'elle est plus que jamais intolérable. Gisèle Halimi revient avec son amie, Annick Cojean, qui partage ses convictions féministes, sur certains épisodes marquants de son parcours rebelle pour retracer ce qui a fait un destin. Sans se poser en modèle, l'avocate qui a toujours défendu son autonomie, enjoint aux femmes de ne pas baisser la garde, de rester solidaires et vigilantes, et les invite à prendre le relai dans le combat essentiel pour l'égalité à l'heure où, malgré les mouvements de fond qui bouleversent la société, la cause des femmes reste infiniment fragile.
    Depuis l'enfance, la vie de Gisèle Halimi est une fascinante illustration de sa révolte de « fille ». Farouchement déterminée à exister en tant que femme dans l'Afrique du Nord des années 30, elle vit son métier comme un sacerdoce et prend tous les risques pour défendre les militants des indépendances tunisienne et algérienne et dénoncer la torture. Avocate plaidant envers et contre tout pour soutenir les femmes les plus vulnérables ou blessées, elle s'engage en faveur de l'avortement et de la répression du viol, dans son métier aussi bien que dans son association « Choisir la cause des femmes ». Femme politique insubordonnée mais aussi fille, mère, grand-mère, amoureuse... Gisèle Halimi vibre d'une énergie passionnée, d'une volonté d'exercer pleinement la liberté qui résonne à chaque étape de son existence.
    « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque » : ces mots de René Char, son poète préféré, pourraient définir Gisèle Halimi, cette « avocate irrespectueuse », et sa vie de combats acharnés pour la justice et l'égalité.

  • Féministe avant la lettre, anti-esclavagiste, non violente, Olympe de Gouges (1748-1793), avant-gardiste en son temps, continue de fasciner aujourd'hui.
    Cet ouvrage réunit les textes les plus emblématiques d'une figure incontournable de l'histoire française, de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne à ses écrits politiques contre l'esclavage.
    L'anthologie est présentée par Geneviève Fraisse, éminente philosophe française de la pensée féministe.

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  • En 1969, à Boston (États-Unis), des femmes commencent à diffuser sous forme de brochures leurs échanges sur la sexualité, la santé et le corps. Devenu un manuel politique et féministe, "Our Bodies, Ourselves" est publié en 1973. Il sera traduit ou adapté dans 35 langues, y compris le français, en 1977, chez Albin Michel. Et vendu à plus de 4 millions d'exemplaires.
    Ce guide couvre toutes les étapes de la vie des femmes, de l'enfance à la vieillesse, en abordant la puberté, la contraception, l'accouchement, l'avortement, la ménopause, mais aussi les violences auxquelles les femmes sont exposées et comment y répondre. Construit à partir de très nombreux groupes de parole et entretiens, il donne à entendre les voix des femmes et fournit de nombreuses informations scientifiques et médicales.

  • Radium girls

    Cy

    Des destins de femmes sacrifiées sur l'autel du progrès.

    New Jersey, 1918. Edna Bolz entre comme ouvrière à l'United State Radium Corporation, une usine qui fournit l'armée en montres. Aux côtés de Katherine, Mollie, Albina, Quinta et les autres, elle va apprendre le métier qui consiste à peindre des cadrans à l'aide de la peinture Undark (une substance luminescente très précieuse et très chère) à un rythme constant. Mais bien que la charge de travail soit soutenue, l'ambiance à l'usine est assez bonne. Les filles s'entendent bien et sortent même ensemble le soir. Elles se surnomment les « Ghost Girls » : par jeu, elles se peignent les ongles, les dents ou le visage afin d'éblouir (littéralement) les autres une fois la nuit tombée. Mais elles ignorent que, derrière ses propriétés étonnantes, le Radium, cette substance qu'elles manipulent toute la journée et avec laquelle elles jouent, est en réalité mortelle. Et alors que certaines d'entre elles commencent à souffrir d'anémie, de fractures voire de tumeur, des voix s'élèvent pour comprendre. D'autres, pour étouffer l'affaire...

    La dessinatrice Cy nous raconte le terrible destin des Radium Girls, ces jeunes femmes injustement sacrifiées sur l'autel du progrès technique. Un parcours de femmes dans la turbulente Amérique des années 1920 où, derrière l'insouciance lumineuse de la jeunesse, se joue une véritable tragédie des temps modernes.

  • L'adaptation de la pièce de théâtre à succès, mais avec plus de trucs à l'intérieur.

    Co-écrit par Louise Mey et Klaire fait Grr et inspiré du seule-en-scène Chattologie, cet ouvrage est un essai illustré sur les règles : il reprend les thèmes abordés dans le spectacle et les approfondit avec davantage d'informations, des blagues de fromage, et des dessins épiques. Suivez Prof Chatto et laissez-vous initier au grand écart porté, seule activité qui saura illustrer la nouvelle souplesse que votre esprit aura acquise après la lecture de ce livre incontournable.

    Chattologie s'adresse à toutes et à tous.
    Chattologie est un ouvrage sur les menstruations, à cheval entre l'essai et la bande dessinée.

    Parce que les règles, c'est un sujet à la fois grave et léger, et parce qu'un cheval, c'est toujours pratique.

    Quadras empathiques, ados fébriles, mamies révoltées, couples, frangines, cousins, futures mères et futures pas-mères, voisins, boulangers : ce sujet vous concerne.

    Attention, ce livre contient des gros mots tels que "prout", "zizi" et "capitalisme libéral". Par ailleurs, ce n'est pas un livre sur les chatons. Pas du tout.

  • Les femmes, en France, n'ont pas reçu le droit de vote des mains d'un homme enfin éveillé et attentif à l'injustice de leur sort. Elles l'ont gagné de haute lutte après cent ans de revendications. Elles l'ont arraché au législateur. L'ordonnance promulguée en 1944 a été l'aboutissement d'un mouvement sans cesse recommencé de contestation initié au milieu du xixe siècle.
    C'est l'histoire de cette ère de débats et de combats que dresse ici, d'une plume ardente et vivante, Anne-Sarah Moalic, la spécialiste incontestée de cette question cruciale qui constitue aussi bien une épopée militante. Loin des images d'Épinal, recourant aux faits, aux portraits, aux archives, reprenant argument contre argument ce long cheminement, ce livre montre comment, face aux défenseurs d'un ordre inique assignant les femmes à un rôle secondaire, les pionnières de l'équité politique ont peu à peu structuré la conscience du féminisme.
    Passer derrière l'isoloir, glisser un bulletin dans l'urne, émarger les listes électorales : ces gestes devenus communs à toutes et à tous condensent une mémoire active qui détermine encore aujourd'hui la recherche de l'égalité réelle entre les sexes.
    Une lecture passionnante et tonifiante.

  • Le Manifeste des 343 a marqué l'histoire du féminisme français, et notamment la lutte pour le droit des femmes à disposer de leur corps et la revendication du droit à l'avortement. A l'origine, c'était une pétition parue le 5 avril 1971 en une du Nouvel Observateur.
    Dans ce texte rédigé et soutenu par Simone de Beauvoir, 343 Françaises, connues ou inconnues, affirment « Je déclare avoir avorté », s'exposant à des poursuites pouvant aller jusqu'à l'emprisonnement car, en 1971, l'avortement est illégal en France. Cet appel à la dépénalisation et la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse ouvre la voie à l'adoption, quatre ans après, de la loi Veil. Cet acte militant, qui part de la rédaction du Nouvel Observateur, porté par le MLF (Mouvement de Libération des Femmes), sera un vrai coup de tonnerre pour l'opinion publique.

    Dans ce livre, l'histoire est racontée du point de vue de celles et de ceux qui l'ont construite, notamment celui d'une journaliste engagée, Nicole Muchnik, qui a initié et suivi cette action.

    Aujourd'hui, il est important de transmettre cette mémoire, alors que l'interruption volontaire de grossesse est régulièrement menacée ou remise en question par des groupes, très actifs sur les réseaux sociaux, répandant une propagande anti-avortement culpabilisant les femmes qui y ont recours.

  • Mutilations, viols, crimes d'honneur, féminicides, vitriolages, avortements forcés... Le patriarcat est un régime de terreur. Les hommes ont tiré pendant des siècles avantage symbolique et matériel d'une domination qu'ils ont établie par la force brute. Aujourd'hui, grâce à la scolarisation et à leur entrée sur le marché du travail, les femmes parviennent en de nombreux endroits à secouer le joug. Mais cette aspiration à l'égalité, dont le mouvement #MeToo a été une manifestation planétaire, ne va pas sans déchaîner en retour la colère ni sans alimenter un désir de représailles. La lutte pour l'émancipation est âpre. Aucun groupe dirigeant ne renonce à sa position de supériorité sans combattre.
    C'est cette résistance acharnée, parfois sanglante, qu'Abram de Swaan documente de manière implacable, d'un bout à l'autre du monde. Djihadisme, fondamentalisme religieux, courants réactionnaires, mouvements d'extrême droite... : son attention se porte sur tous les groupes qui, quand il s'agit des femmes et du féminisme, montrent une parfaite identité de vue. Cette enquête globale et percutante pose les fondements d'une encyclopédie contemporaine de la misogynie.

  • « Comparable aux luttes pour l'avortement des années 70 et pour la parité, dans les années 90, le mouvement de protestation féminine récent déclenché par l'« affaire Weinstein » - véritable métaphore des agressions sexuelles et des liens entre jouissance et pouvoir - fait partie des moments d'Histoire, où se condensent les colères, où naissent les révoltes. C'est un acte collectif d'émancipation !

    Au-delà de l'anecdote ou du fait divers, cet événement est pluriel, historique et politique : parce qu'il fait basculer l'un des hommes les plus puissants du monde (à la fois « chef » et « prédateur » ) ; parce qu'il a encouragé plusieurs milliers de femmes à demander justice et à remettre en cause un rapport de force ; enfin parce qu'il concerne aussi les hommes, leur masculinité et leur ressenti de la domination masculine.

    À l'inverse des prises de position rétrogrades et culpabilisantes qui visent à inhiber ou à opposer, ce livre réunit les « prises de parole » et les « prises d'écriture » d'autrices et d'auteurs - militantes et militants, chercheuses et chercheurs, créatrices et créateurs, victimes ou non... -, qui, sans nier leurs divergences, s'accordent pour dénoncer les injustices et les violences réelles (professionnelles, économiques, sexuelles...) subies par les femmes aujourd'hui et réaffirment la nécessité de les penser et de les combattre.

    Partant de la révélation de « l'affaire Weinstein » et des effets mondiaux de sa dissémination (#MeToo, #BalanceTonPorc, etc.), cet ouvrage pluridisciplinaire précise les enjeux des débats et des mobilisations, et les met en perspective au regard des réflexions récentes sur les violences de genre, le consentement, l'émancipation des femmes, et l'égalité des sexes. » S.L.

    Avec les contributions de Asia Argento,? Alliance des femmes pour la démocratie, Fatima Benomar?, Natacha Chetcuti-Osorovitz, Wendy Delorme,? Catherine Deschamps,? Alicia Dujovne Ortiz,? Camille Froidevaux-Metterie, Valérie Gérard,? Mona Gerardin-Laverge, Charlotte Gonzalez,? Mélanie Gourarier,? He Yuhong,? Eva Illouz,? Kubra Khademi,? Catharine MacKinnon,? Michela Marzano,? Maïa Mazaurette, Jacqueline Merville?, Janine Mossuz-Lavau,? Émilie Notéris,? Patricia Paperman, Marie-Anne Paveau,? Michelle Perrot,? Élodie Petit,? Deborah de Robertis?, Sandrine Rousseau (Association Parler), Inna Shevchenko (FEMEN), ?Frank Smith,? Isabelle Steyer,? Élise Thiébaut,? Alain Viala.

  • Iris Brey théorise le regard féminin, ou female gaze, une façon de filmer les femmes sans en faire des objets, de partager la singularité des expériences féminines avec tous les spectateurs, quel que soit leur genre, et renouveler notre manière de désirer en regardant sans voyeurisme.

    Des joyaux du cinéma à certaines oeuvres plus confidentielles, en passant par quelques séries et films très contemporains, Iris Brey nous invite à nous interroger sur le sens caché des images.

  • En novembre 2019, Paul Preciado s'exprime devant 3500 psychanalystes lors des journées internationales de l'Ecole de la Cause Freudienne à Paris. Devant la profession qui l'a diagnostiqué « malade mental » et « dysphorique du genre », il s'appuie sur Kafka et son Rapport pour une académie, dans lequel un singe parlant discourt devant une assemblée de scientifiques. Loin de toute émancipation, le singe parlant de Kafka explique que son apprentissage du langage ne fut qu'un passage d'une cage à une autre : des barreaux de fer à la subjectivité humaine.
    Depuis sa cage de « mutant », il ne s'agit pas pour Preciado de parler de l'homophobie ou la transphobie des pères fondateurs de la psychanalyse, mais de montrer la complicité de celle-ci avec une idéologie de la différence sexuelle datant de l'ère coloniale, aujourd'hui rendue obsolète par les moyens dont nous disposons pour influer sur nos corps et notre façon de procréer.
    Surtout, le philosophe lance un appel à la transformation des discours et des pratiques psychologiques et psychanalytiques : dans les années à venir, nous devrons élaborer collectivement une épistémologie capable de rendre compte de la multiplicité des vivants, sans réduire le corps à sa force reproductive hétérosexuelle, et qui ne légitime pas la violence hétéro-patriarcale et coloniale.
    La conférence provoque un séisme dans l'auditoire et depuis les associations psychanalytiques se déchirent. Filmé par des smartphones, le discours est mis en ligne et des fragments sont retranscrits, traduits et publiés sur internet sans souci d'exactitude. Afin d'élargir le débat, il importait de publier ce texte dans son intégralité.

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  • Le génie lesbien

    Alice Coffin

    « Enfant, je m'imaginais en garçon. J'ai depuis réalisé un rêve bien plus grand : je suis lesbienne. Faute de modèles auxquels m'identifier, il m'a fallu beaucoup de temps pour le comprendre. Puis j'ai découvert une histoire, une culture que j'ai embrassées et dans lesquelles j'ai trouvé la force de bouleverser mon quotidien, et le monde. ».

    Journaliste dans un quotidien pendant plusieurs années, la parole d'Alice Coffin, féministe, lesbienne, militante n'a jamais pu se faire entendre, comme le veut la sacrosainte neutralité de la profession. Pourtant, nous dit-elle, celle-ci n'existe pas.

    Dans cet essai très personnel, Alice Coffin raconte et tente de comprendre pourquoi, soixante-dix ans après la publication du Deuxième sexe, et malgré toutes les révolutions qui l'ont précédé et suivi, le constat énoncé par Simone de Beauvoir, « le neutre, c'est l'homme », est toujours d'actualité. Elle y évoque son activisme au sein du groupe féministe La Barbe, qui vise à « dénoncer le monopole du pouvoir, du prestige et de l'argent par quelques milliers d'hommes blancs. » Elle revient sur l'extension de la PMA pour toutes, sur la libération de la parole des femmes après #Metoo ; interroge aussi la difficulté de « sortir du placard ». Et sans jamais dissocier l'intime du politique, nous permet de mieux comprendre ce qu'être lesbienne aujourd'hui veut dire, en France et dans le monde.

    Combattif et joyeux, Le génie lesbien est un livre sans concession, qui ne manquera pas de susciter le débat.

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