Hervé Guibert

  • «J'ai eu le sida pendant trois mois. Plus exactement, j'ai cru pendant trois mois que j'étais condamné par cette maladie mortelle qu'on appelle le sida. Or je ne me faisais pas d'idées, j'étais réellement atteint, le test qui s'était avéré positif en témoignait, ainsi que des analyses qui avaient démontré que mon sang amorçait un processus de faillite. Mais, au bout de trois mois, un hasard extraordinaire me fit croire, et me donna quasiment l'assurance que je pourrais échapper à cette maladie que tout le monde donnait encore pour incurable. De même que je n'avais avoué à personne, sauf aux amis qui se comptent sur les doigts d'une main, que j'étais condamné, je n'avouai à personne, sauf à ces quelques amis, que j'allais m'en tirer, que je serais, par ce hasard extraordinaire, un des premiers survivants au monde de cette maladie inexorable.»

    Ajouter au panier
    En stock
  • C'est tout bonnement la suite de à l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie : exactement ce que j'avais dit que je ne ferais jamais.
    Un an et demi a séparé ces deux livres. le temps de la renonciation à l'écriture, celui de l'expérience. on retrouve les mêmes personnages : hervé guibert, écrivain malade du sida, ses proches, la communauté des malades et de leurs soignants. claudette dumouchel, jeune médecin de vingt-huit ans, entre en scène. une étrange relation va s'inventer à chaque examen entre cette femme très belle et le narrateur.
    Une relation peut-être proche de l'amour, on ne sait jamais.
    Un nouveau médicament, aussi, est apparu, très difficile à obtenir et incertain, encore au stade de l'expérimentation, le ddi. aux etats-unis, il a déjà tué trois cents personnes qui se l'étaient procuré au marché noir et l'avaient utilisé sans connaître les doses, sans surveillance médicale, aveuglément, désespérément. en france, pour l'instant, on le délivre aux malades qui sont à la dernière extrémité, dans un protocole qualifié de " compassionnel " par les médecins.
    C'est ce nouveau médicament qui m'a permis de surmonter mon épuisement, et d'écrire.
    Si à l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie racontait la prise de conscience de la maladie et son travail sur le corps et sur l'âme, le protocole compassionnel raconte l'étonnement et la douleur, la rage et la tristesse d'un homme de trente-cinq ans dans lequel s'est greffé le corps d'un vieillard. mais le bonheur d'une rémission fait une incursion dans le malheur.

  • «Le personnage principal a entre vingt-deux et trente-cinq ans. Il est journaliste, il aspire à l'écriture, il n'en finit pas de mettre en forme un roman raté avec un personnage à la troisième personne. Le roman s'appelle Le récit de la mesquinerie, il ne voit pas le jour. Et il glisse : il devient un récit d'amour.
    Le personnage principal du livre n'est-il pas en effet, plus que le narrateur, l'amour qu'il porte à un autre garçon, T, qui le fait écrire ? D'autres garçons apparaissent (Pierre, Paul, Jacques) mais disparaissent pour laisser la place à celui dont on ne livre le nom que sous forme de secret, d'initiale. Ensemble ils voyagent (Berlin, New York, Varsovie, Prague, Barcelone...) mais reviennent toujours à un lieu de prédilection (l'île d'Elbe).
    On repère, dans la trame de ce livre, plusieurs livres en un, et aussi plusieurs refus de livres : un livre qui s'appellerait Roman posthume, un autre qui s'appellerait Mes parents, encore un autre qui s'appellerait Autobus et métro, une suite des Aventures singulières, un Journal de travail, mais c'est le Récit d'amour qui l'emporte : bâti comme un mausolée pour le corps des amants. Apparaît alors, par-dessus tout, le refus de ficeler un roman pour en livrer la matière brute, la vive continuité de la vie, des rêves, des rencontres, des aventures...».
    Hervé Guibert.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Mes parents

    Hervé Guibert

    Pourquoi la grand-tante louise saccage-t-elle l'appartement de sa soeur suzanne ? quels sont ces documents qu'elle cherche, et que contiennent ces liasses de papiers qu'elle brûle finalement dans la cuisinière ? concernent-ils vraiment, comme le prétend suzanne, une infamie qu'aurait commise la mère, trente ans plus tôt ? comment se fait-il qu'au même moment le père ait dû précipitamment quitter nice, abandonnant un cabinet de vétérinaire, un voilier, une ford verte, une fiancée et deux chevaux, pour se retrouver à paris sans chaussettes de rechange ? quel est ce chantage que mettent en train les parents du petit hervé pour extorquer l'argent de la famille ? et oú est caché cet or qu'on n'en finit pas d'enterrer et de déterrer, dont on n'a jamais pu se servir, sinon pour se plaindre qu'il soit encrassé ? d'ailleurs ce trésor trop tard obtenu n'a-t-il pas un rapport avec le cancer de la mère, qui suit de peu l'héritage ? n'y a-t-il donc rien de pire au monde, pour des parents, que d'avoir un fils soucieux de la vérité ?.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Suzanne et Louise, publié en 1980, raconte la vie de deux soeurs, l'une veuve, l'autre célibataire, recluses dans un hôtel particulier du XVe arrondissement, gardées par un gros berger allemand. Suzanne tient les cordons de la bourse. Louise, ancienne carmélite, lui sert de bonne, humble et tyrannique. L'auteur, qui est aussi leur petit neveu, est un des rares à leur rendre visite.
    Mêlant ses manuscrits à ses photos, Hervé Guibert a composé un livre entièrement mis en scène par ses soins. Le résultat en est unique. Un tombeau pour deux vivantes pas dupes qui le remercièrent d'avoir «tiré de [leur] obscurité ce livre trop brillant pour [leur] modestie».
    Un dossier comportant témoignages, documents et photos inédits complète cette nouvelle édition.

  • Ceux qui se livrent à l'écriture, sans doute, ne peuvent plus écrire comme autrefois, du temps d'avant l'image photographique, télévisuelle, cinématographique.
    Comme les peintres, les premiers touchés par ces météorites sidérants, ils ont dû les prendre en compte, car l'écriture aussi est une production d'images. voilà que la photographie est non seulement prise en compte, dans un livre sans photographies, mais emballée, charriée, elle devient un support, un fait d'écriture. critique de photo au journal le monde depuis 1977, hervé guibert raconte ses antécédents photographiques : ses premières images érotiques, une séance de photo avec sa mère dont l'image ne devait jamais être révélée, la lente dégradation de la photo d'un ami condamné, des images fantômes ou cancéreuses, intimes au point d'en devenir invisibles.
    Il ne s'agit pas d'un texte théorique sur la photographie, mais d'une suite de récits qui explorent, à travers des aventures personnelles, les différents types de photographies : la photo de famille, la photo de voyage, le photomaton, le polaroïd, la photo porno, la photo policière, la photo divinatoire. le récit oscille sans cesse entre l'image familiale et l'image amoureuse, les deux pôles nécessaires, ce qui explique la double dédicace du livre, aux parents, et à l'ami, t.
    Des personnages, en effet, apparaissent autour du narrateur, t. , i, f. , p. , seulement initialés, mais qui pourraient être ceux d'un roman.

  • Des aveugles

    Hervé Guibert

    Ajouter au panier
    En stock
  • L'autre journal

    Hervé Guibert

    Les années « L'Autre Journal » rassemble l'intégralité des articles, entretiens et photos d'Hervé Guibert publiés dans L'Autre Journal - sa dernière aventure journalistique, après dix ans au Monde .
    Fondé par Michel Butel en 1984, hebdomadaire de 1986 à 1988, L'Autre Journal se voulait selon son directeur « un journal sans journalistes », fait « avec des très proches, pour l'essentiel des artistes et des écrivains ».
    Capable d'interviewer n'importe qui - grands écrivains, photographes légendaires, enfants, anonymes - Hervé Guibert livre, entre 1985 et 1986, à un rythme soutenu, des articles d'une liberté inouïe, où transparaissent ses passions et ses obsessions. Ses portraits photographiques, légendés à la main, de Henri Cartier-Bresson, Isabelle Adjani, Robert Bresson, ou de lui-même, forment un journal dans le journal. Il invitera aussi ses amis Mathieu Lindon, Claire Devarrieux, Eugène Savitzkaya, Bernard Faucon à se joindre à cette folle entreprise où il réussira même à faire entrer, par effraction, Michel Foucault et Roland Barthes.

  • Les curieux personnages de ces récits ne seraient-ils pas chaque fois Hervé Guibert, ayant changé ses identités pour mieux se déguiser, en homme vierge, en amoureux fiévreux, en victime d'un tremblement de terre, ou en disciple du grand philosophe qu'il accompagne jusqu'à la tombe ? Ce n'est pas tout à fait sûr, puisque trois portraits de femmes se dessinent aussi dans ces pages : la concierge Mémée Nibard, à qui il arrive de féeriques malheurs, la directrice fine mouche du musée de cire, et la jeune voisine, qui a ses raisons pour s'arrêter de jouer du piano. Dans ce livre, Hervé Guibert exprime sa volonté de tout dire, sur lui et sur les autres, ce qu'on pense et qu'il ne faudrait pas, et parfois même un peu plus que la vérité.

  • Ce pourrait être un roman, finalement, puisqu'il n'y a qu'un seul personnage, tout au long, qui en rencontre d'autres. Des errances, des effusions, des voyages, des coups de coeur. Mais il y a aussi des interstices, des sautes de temps entre les histoires, et ce sont plutôt les épisodes d'une vie arrachés à la longue trame du journal intime. Tout ce qui a fait exception au quotidien, dans un laps de trois ans, et qui l'a déséquilibré, menacé...
    Hervé Guibert

  • " depuis deux jours, j'avais du mal à lire, de plus en plus de mal.
    Soudain je fermai mon oeil gauche : les caractères d'imprimerie au-dessous de la ligne gondolée que je déchiffrais avec difficulté étaient effacés, tout le bas de la page était vierge. " h. g.

  • L'amitié entre Hervé Guibert et Hans Georg Berger dura treize ans, de 1978 jusqu'à la mort de Guibert en 1991. Berger était directeur artistique du Festival de théâtre de Munich lorsque le jeune écrivain français âgé de 22 ans, alors correspondant pour Le Monde, apparut pour la première fois dans son bureau. Leur relation fut dès le début aussi passionnante qu'intense. Une année seulement après leur première rencontre, Guibert est l'invité de Berger sur l'île d'Elbe. Celle-ci allait devenir un point de rencontre et une source d'inspiration d'une importance fondamentale pour Guibert.

    Hans Georg Berger, comme l'écrivit Guibert plus tard, "est le maître d'oeuvre de cet endroit miraculeux où je me sens si bien, où tout est beauté, où l'arrivée est plus heureuse que le soulagement du départ, et où j'ai écrit la plupart de mes livres, il est son inventeur, et il est son maître, ce qui pose parfois quelques problèmes, des grincements d'autorité et de révolte contre cette autorité. Mais en même temps il est le créateur de cet endroit miraculeux, et il m'a laissé généreusement me l'attribuer." Leur dialogue, Hans Georg Berger et Hervé Guibert l'ont cultivé au-delà de l'île d'Elbe, que ce soit lors de voyages à Arles, à Budapest, à Séville, en Egypte ou au domicile munichois de Berger, à Paris ou dans la Villa Medicis. Ce dialogue a toujours été à la fois émotionnel, intellectuel et visuel. Les nombreux portraits que Berger a réalisés de Guibert témoignent de cet échange. Ils initient en outre, et ce de manière intime, une méthode que Berger a établie dans ses futurs travaux, celle de l'engagement collectif : l'image comme un produit d'une entente profonde, tel un résultat d'une compréhension mutuelle.

    Dans son texte accompagnant les photographies de Hans Georg Berger, Hervé Guibert développe et affine son approche lorsqu'il prend position pour un narcissisme positif et existentiel. Il en parle de manière explicite : "Pourquoi diable n'en finit-on pas de faire le procès du narcissisme ? Comment un substantif charmant et grave a-t-il pu devenir si trivialement péjoratif ? Les peintres qui, durant toute l'histoire de leur activité, n'ont pas cessé de fouiller leur propre pomme, entre celles des autres, ne l'ont-ils fait que pour léguer une vaniteuse luisance, l'assurance flatteuse d'une admiration posthume ? Ce qu'on dénigre comme narcissisme n'est-il pas le moindre des intérêts qu'on doit se porter, pour accompagner son âme dans ses transformations ?" Les photographies d'Hervé Guibert, ses amis, les espaces et les voyages sont bien des outils permettant de suivre la métamorphose de son âme. Ils constituent la base d'une réflexion quant à la signification du dialogue et sur l'autoréflexion à travers les yeux, les lentilles et les objectifs de l'autre. Les photographies manifestent, avec tout le désir littéraire du dévoilement, la certitude qu'il réside plus de vérité dans la dissimulation que dans la révélation et la divulgation. Elles témoignent d'un amour photographique. Dans leur ensemble, les photographies sont comme un kaléidoscope, une galerie des glaces qui renvoient au moyen de milliers d'angles et de facettes une image résultant d'une pose répartie durant treize ans.

  • Hervé guibert entre au journal le monde en automne 1977, il n'a pas vingt-trois ans.
    Il a le front bouclé, un sourire acéré, astral, les mains déjà pleines de chimères, de couteaux, de douceurs. je l'accueillerai dans nos pages culturelles, la photo devient sa rubrique, puis il vagabonde à travers le cinéma, il ira à cannes et à venise, il harmonise ses goûts avec nos projets d'alors, visite le musée grévin et les folies bergère, rencontre bresson et godard, john huston au mexique et tarkovski à rome.
    Le monde aura été sa maison, son inventaire, sa chambre aux échos, sa discipline et sa joie quotidiennes, son souci. il hésitait à s'y sentir chez lui, passait dans ses vastes manteaux et ses vestes bleu sombre, " le monde n'est pas fait pour moi, mais je suis fait pour vous ", me disait-il, manière de parler, d'avancer, de mélanger les journaux et les livres, d'aller oú le porte son troisième oeil qui pourchasse les mots, les images, les sons, et les cloue comme des papillons sur l'aile des pages.
    Yvonne baby.

  • Étude du corps jouissant, souffrant, agonisant, puis mort, La mort propagande trace en douze brefs chapitres un troublant autoportrait de son auteur.
    D'une violence et d'une force de provocation inouïes, La mort propagande fut le premier livre publié d'Hervé Guibert, alors âgé de vingt et un ans.

  • Vice

    Hervé Guibert

    Dans Vice, l'oeil d'Hervé Guibert se pose sur d'étranges objets (le fauteuil à vibration, la machine à faire le vide, la pince à recourber les cils, le masque à éther, la minerve.) et ses pas nous transportent dans un univers troublant, du hammam à la fauverie en passant par la galerie de zoologie, le cabinet du taxidermiste, dévoilant les terreurs et les fantasmes de l'écrivain et du photographe.
    Ce livre imaginé et écrit entre la fin des années 1970 et le début des années 1980 a été publié juste avant la disparition de l'auteur, accompagné de 21 photographies. Il est aujourd'hui réédité dans la collection « L'Arbalète ».

  • Rentrant de vacances, Hervé Guibert trouve ses grand-tantes aux prises avec huit gangsters qui, les terrorisant depuis une semaine, leur ont déjà extorqué une fortune et ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin. Ses réflexes mettent le gang en échec. Bien sûr, le choc a altéré la personnalité des deux femmes de quatre-vingt-un et quatre-vingt-onze ans. Mais il va peut-être bouleverser davantage leur neveu : les gangsters ne tardent pas à faire peser sur lui des menaces de mort ; pour les policiers, il devient le suspect numéro un.
    Le suspense se double d'une réflexion sur la souffrance morale et physique, le racisme, la vieillesse, la perversité de l'argent, la sensation du manque, la peur : n'y-a-t-il pas en définitive beaucoup de points communs entre le romancier et le paranoïaque ? Les Gangsters est paru en 1988.

  • Tous les valets n'ont pas été acteurs de cinéma. Lui, si. Mais ce valet-là est une parodie, un tyran qui congédie le personnel de son maître à coups de couteau, dort dans son lit, lui interdit les émissions de variétés et l'habille en Nike et blouson de cuir. Méchant mensonge ou vrai journal ? Le maître, asservi aux volontés de son valet, laisse planer le doute...

empty