Michel Lescure

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le territoire est aujourd'hui reconnu comme étant une composante essentielle de l'organisation de certains systèmes productifs (districts industriels, systèmes productifs localisés).
    Ce livre, qui couvre un large spectre de pays européens, analyse successivement la place des districts industriels dans le développement économique, les ressorts de ces systèmes territoriaux, leurs acteurs et leurs institutions. A travers ces communications qui nous font parcourir les districts européens du XVIIe au XXe siècles, le lecteur découvre comment une concentration de petites et moyennes entreprises d'un même secteur peut se constituer sur un bassin de main-d'oeuvre à la qualification spécifique, comment elle peut se développer en tirant profit de son ancrage territorial et des coopérations qui se mettent en place entre entrepreneurs, tissu bancaire local et institutions.
    On mesure ainsi la capacité d'innovation collective, d'adaptation et de reconversion nécessaires à la longévité et la réussite des différents modèles de districts. A l'heure où le devenir des petites et moyennes entreprises est confronté aux défis de la mondialisation, cette histoire des districts industriels en France, en Angleterre et en Italie est riche de nombreux enseignements.

  • Les effets économiques et sociaux de l'impôt avaient jusqu'ici, au moins pour ce qui concerne la période contemporaine, été très peu étudiés. La publication des actes de ce colloque contribue à combler cette importante lacune. Quel est le poids réel du système fiscal en France ? A-t-il constitué un obstacle à la croissance ou est-il, au contraire, parvenu à s'adapter aux transformations de l'économie ? Quelle est la place de l'impôt dans le débat politique ?
    Près de trente intervenants, historiens, juristes et économistes, français et étrangers, se sont efforcés de répondre à ces questions, tout en replaçant le système français dans une perspective internationale.

  • Malgré la financiarisation des économies le crédit inter-entreprises occupe aujourd'hui une place majeure dans la structure financière des firmes petites et grandes dans le monde. Malgré cela, il a longtemps été négligé par les historiens de l'économie qui préfèrent travailler sur des sources de financement plus accessibles et plus formalisées.
    Les études historiques présentées dans ce livre analysent sur un long XXe siècle le crédit inter-entreprises en Europe occidentale, à la fois sous sa forme de crédit commercial (la première source de financement à court terme des firmes) et celle de crédit financier (financement direct interentreprises, crédit intra-groupe, crédit de la famille et/ou du réseau?).
    Réalisé par une équipe internationale de chercheurs, ce recueil livre une première contribution à l'histoire du financement inter-firmes des entreprises européennes, dont on retrouve bien des traits aujourd'hui dans les flux massifs de capitaux circulant à l'intérieur des groupes mondialisés.
    Il montre que loin de se réduire à une forme archaïque de financement qui résulterait des imperfections du marché des capitaux, le crédit interfirmes correspond à un besoin de coordination et d'adaptation des firmes à leur environnement et au progrès technique.

  • Dans ce volume sont présentés cinq pays, attachés différemment à une tradition démocratique en 1918 et qui, en 1989, semblent converger vers un modèle à la fois comparable par certaines institutions, et différent par la pratique liée à des cultures et surtout à des histoires récentes originales. La république fédérale américaine et la monarchie britannique puisent à une source commune, et pourtant elles changent de façon différente : le président américain n'a cessé de renforcer son pouvoir pour affronter et la crise des années Trente, celle de la guerre mondiale et surtout celle longue de la guerre froide. En Grande-Bretagne, les responsabilités du Premier ministre et de sa majorité n'ont cessé de se renforcer. En Espagne, un premier essai a échoué dans les années Trente sans doute parce que la culture politique n'avait pas encore intégré la notion d'État, à la différence de l'évolution qui suivit la fin de la dictature, la « transition ». En Italie, la monarchie de Savoie n'avait pu enraciner une vraie démocratie à cause du refus électoral des Catholiques et de l'hétérogénéité sociale, culturelle et économique du pays, dont l'unité était trop récente. En 1946, l'expérience a réussi, non à cause de l'élimination de la monarchie, mais par la constitution de quelques grands partis bien identifiés, de la possibilité d'unifier le pays par la langue contre les dialectes, par les medias, par une politique économique. En Allemagne, la république de Weimar est une expérience discutée, inachevée, dont un historien ne peut prédire quelle eût été son évolution. En 1947, le modèle démocratique a été imposé par les Américains, sous une forme fédérale, à cause de la guerre froide, et dans la partie de l'Allemagne historique qui pouvait, sans doute, en faire l'expérience le plus efficacement.

  • Pour ce troisième volume de la Mission historique de la Banque de France, Michel Lescure et Alain Plessis ont réuni une somme de travaux sur une "espèce oubliée" : les banques locales et régionales dans la France des années 1840 à 1914.


    Jusqu'à la Belle Epoque, le monde de la banque de proximité n'est ni résiduel, ni condamné, ni archaïque, mais autre, au plein sens du terme. Dans l'essor des années 1840-1860, les banques locales s'avèrent bien adaptées aux formes encore légères de la première industrialisation, dont elles reflètent la dispersion dans l'espace français. Après 1870, face à l'hégémonie des grandes banques de dépôts, elles parviennent à s'adapter, notamment en assurant le crédit industriel auquel celles-ci répugnaient et en prenant appui sur les succursales de la Banque de France. Quelques années plus tard, certaines d'entre elles bravent les turbulences de la concurrence en se transformant parfois en de véritables banques régionales, dotées d'un réseau d'agences. Loin d'être des survivances en 1914, elles témoignent du fait que, comme l'indique Jean Bouvier dans l'un de ses derniers textes, "l'économie, en quelque sorte, sue toujours la monnaie dont elle a besoin".

  • À l'image des autres secteurs d'activité, le secteur bancaire a été marqué au XXe siècle par deux mouvements en apparence contradictoires : poussée de la concentration et progrès des grandes organisations ; maintien et adaptation des banques locales et régionales. Ce livre étudie les conditions de résistance et d'adaptation de ces banques en Europe occidentale. En mettant l'accent sur l'encastrement des stratégies bancaires, il montre que les banques commerciales qui survécurent surent concilier ancrage régional et effets de taille, économies de proximité et économies d'échelle, suivi des clientèles et division des risques. Dans les pays où les banques commerciales ne surent pas s'adapter, elles furent remplacées le plus souvent (mais pas toujours) par des banques parapubliques, principalement mutualistes, qui cumulaient les avantages de la proximité et de la moindre soumission aux impératifs de rentabilité.
    Cet ouvrage interroge les conséquences de la survie ou de la disparition des banques locales et régionales en terme de développement économique.

  • The papers published in this book were initially prepared for the conference held at the Ministère de l'Économie et des Finances on the 9th and 10th of March, 2017 (Inter-firm credits in Europe 1880-2010), organized by Michel Lescure in the context of the work of the IGPDE (Institut de la Gestion Publique et du Développement Économique) and of the CHEFF (Comité pour l'Histoire Économique et Financière de la France). The conference and the book have been financed by the IGPDE, the Crédit Agricole, the Société Générale, the IDHE.S Nanterre (Institutions et Dynamiques Historiques de l'Économie et des Sociétés, UMR-CNRS 8533) and the Doctoral School of EOS (Économie-Organisation-Société) of the University Paris-Nanterre. We would like to thank these institutions. The translation of communications by non French-speaking academics was produced by the translation centre of the Economic and Financial Ministries.

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