Academic Press Fribourg

  • La transmission est mémoire. Celle-ci permet l'inscription du nom dans l'histoire familiale, dans la longue chaîne de la vie, mais aussi au sein d'un collectif. L'histoire d'un peuple se laisse voir à travers l'épaisseur de ses souvenirs, des mythes et des légendes racontées, mais aussi à travers sa capacité à refonder le collectif. La transmission se fait également reconnaissance. Ainsi, si la construction de soi se faisait hier sur une prise de distance par rapport à un modèle normatif puissant, cohérent, stable et institutionnalisé, les expériences de vie d'aujourd'hui s'éloignent des standards normatifs prédéfinis.
    L'enjeu de la transmission s'en voit alors profondément bouleversé. Dans un monde où le temps s'accélère, comment penser la transmission à la fois dans un ancrage historique, mémoriel et dans une lutte pour la reconnaissance au quotidien ? Comment réconcilier le poids du passé, son inscription sociale et culturelle avec les dynamiques identitaires d'aujourd'hui ? Résolument pluridisciplinaire, cet ouvrage apporte un regard novateur et contemporain sur les questions de la transmission.

  • Jeunes précaires, jeunes en difficulté, jeunes à problèmes. Les formulations reviennent à l'envi dans les discours médiatiques et les prises de position politiques. Mais en quoi les conditions contemporaines du passage à l'âge adulte sont-elles susceptibles de rendre ce dernier problématique et en faire un problème social ? En quoi l'allongement contemporain de cette période de latence et le brouillement des cycles de vie dans les trajectoires biographiques contribuent-ils à rendre socialement délicat ce moment de l'existence ? En quoi les dynamiques du marché du travail rendent-elles l'accès à l'emploi problématique pour la jeunesse et enferment-elles certaines catégories d'entre elles dans une forme de « précariat » institutionnalisé ? En quoi les préoccupations sociétales sur la crise économique et sur la difficulté à profiler un environnement clair et stable participent-elles à redoubler l'incertitude des jeunes sur leur présent et leur avenir ? En quoi les politiques de la jeunesse parviennent-elles à atteindre leur double objectif d'intégration et de participation sociales pour contrer les effets délétères de la précarisation des jeunes ?

  • Dire le peuple ! Quelle posture adopter sans tomber dans un populisme d'un côté, ou dans un misérabilisme, de l'autre ? Vision angélique du peuple porteur de potentialités révolutionnaires ou s'accomplissant dans la joie des bonheurs simples. Ou bien vision dépréciative construite à l'aune de la culture légitime, exprimant manques culturels et distance symbolique. D'une certaine façon, dire le peuple ne semble pas pouvoir échapper à prendre position pour l'un ou l'autre des termes de cette alternative. Et ce, d'autant plus que le peuple est souvent condamné au silence. Le présent ouvrage reprend cet embarras constitutif des sciences sociales et le réinterroge à l'aune des nouvelles catégories du « populaire ».
    Pour ce faire, il s'appuie sur des contributions provenant d'horizons disciplinaires variés (sociologie, philosophie, littérature) afin d'éclairer et d'informer le débat dans ses multiples configurations.

    Marc-Henry Soulet est Professeur de sociologie, titulaire de la Chaire francophone Travail social et politiques sociales de l'Université de Fribourg.

  • Le projet de la sociologie est, par nature, subversif. Il consiste toujours, en effet, à faire voir aux acteurs ce qu'ils ne voient pas, soit parce qu'ils ont des raisons de (se) le cacher, soit parce qu'ils l'ignorent ou encore, parce qu'ils le censurent. Le sociologue est donc nécessairement engagé dans un combat contre l'idéologie et l'ignorance de l'acteur, mené au nom de la complexité du réel, pour contribuer à une connaissance un peu plus réflexive et lucide. Cette conception du travail du sociologue a un corollaire politique. En effet, l'idéologie et l'ignorance de l'acteur sont aussi des armes, dont il se sert pour cacher ou ignorer ses intérêts particuliers, lorsque ceux-ci sont contraires à l'intérêt général. Le combat du sociologue prend alors des allures plus politiques : il devient un combat contre la domination et l'aliénation sociales, au nom de valeurs comme la justice, la liberté, la solidarité. Dès lors, l'engagement du sociologue est forcément politique, mais d'une manière très spécifique. Il n'adhère jamais à l'idéologie d'un acteur, quel qu'il soit ; s'il y adhérait, il cesserait de faire de la sociologie.

  • La sociologie s'est, dès ses débuts, attachée à rendre compte de ce qui fait que nous continuons à être ce que nous sommes devenus malgré de récurrentes envies d'être quelqu'un d'autre et de vivre autre chose. En sanctionnant le poid des décisions et orientations antérieures, elle a quasiment reconnu l'irréversibilité des trajectoires biographiques. Toutefois, les changements d'orientation professionnelle, les ruptures de parcours biographiques, les crises identitaires ne sont pas aussi rares que cela. Et si tel est le cas, c'est parce que rejouer sa vie est pensable et possible et que la structure sociale permet, voire encourage, des reversibilités. C'est à cet enjeu autant sociologique que social que le présent ouvrage est consacré en s'efforçant de thématiser tant les contextes que les conditions d'émergence et de réalisation de ces bifurcations, reconversions, affranchissements, transformations de nos existences.

  • L'émergence de nouvelles et multiples formes de mobilités qui, à l'échelle planétaire, affectent les différents groupes humains, constitue, très probablement, un des traits les plus marquants de notre temps présent. Jamais l'espace et le temps n'avaient été autant réduits et comprimés dans l'interaction ;
    Jamais les frontières sociétales, de classe, ethniques ou socioculturelles n'ont semblé si fluides et si perméables, et peut-être jamais les intersections entre les êtres humains et les objets techniques n'ont autant défié nos conceptions les plus conventionnelles. En conséquence, les préoccupations sociales, relatives à l'émigration et à l'immigration, le plus souvent centrées sur les questions du travail et de l'intégration sociale, font émerger de nouveaux protagonistes sur la scène internationale en favorisant particulièrement la restructuration des politiques publiques et le déploiement de formes renouvelées de sociabilité.
    Avec les contributions de J. Azevedo, L. Baptista, L. Braeckman, N. Burnay, R. d'Ávila Cachado, M. Antunes da Cunha, W. d'Hoore, M. Firpo de Souza Porto, C. Decleire, H. Derycke, J. Desterbecq, A. Matias Diogo, F. Diogo et alii.

  • Existentielle, écologique, énergétique, sociale, sanitaire, financière, relationnelle, identitaire., la vulnérabilité est partout aujourd'hui. Elle réussit l'exploit de mobiliser tout un ensemble de dimensions politiques, morales et professionnelles qui amènent à revoir notre appréhension du monde contemporain et notre rapport à autrui. C'est à une analyse de cette réorganisation d'ensemble des rapports entre, d'une part, finitude existentielle, fragilité sociale, précarisation structurelle et, d'autre part, transformation politique, éthique et pratique de l'action sur/avec/pour autrui qu'invite cet ouvrage. Il interroge aussi bien le sens et la prégnance de l'articulation vulnérabilité et sollicitude au coeur des sociétés contemporaines que les recompositions que sa promotion participe d'ores et déjà à engendrer dans le champ de l'intervention sociale.


    Ont participé à ce volume : P. Bodenmann, F. Brugère, V. Châtel, S. Laugier, C. Lévy-Vroelant, D. Martuccelli, P. Paperman, C. Reinprecht, F.Saillant et M.-H. Soulet

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