Cerf

  • Au coeur du champ de bataille que fut leur temps - condamnation de l'Action française, guerre d'Espagne, montée de l'antisémitisme - quatre hommes correspondent. Les lettres que le philosophe Jacques Maritain échange avec les trois plus grands écrivains catholiques français du xxe siècle, François Mauriac, Paul Claudel et Georges Bernanos, révèlent leurs divergences intellectuelles, leurs désaccords politiques et leurs tiraillements spirituels. Refusant les logiques partisanes, au nom d'une fraternité sans compromis, les écrits de ces quatre esprits libres, de ces quatre visages de chrétiens qui cherchent la vérité, illustrent à merveille le jugement de Claudel : « Un catholique n'a pas d'alliés, il ne peut avoir que des frères ».
    Un témoignage inestimable.

  • « Si vous mangez comme tout le monde, vous aurez le corps de tout le monde », préviennent (un peu sèchement) les nutritionnistes. De la même manière, si vous vous nourrissez des mêmes mots que tout le monde, vous vivrez la même vie que tout le monde.
    Si vous voulez une vie nouvelle : il vous faudra des mots nouveaux.
    Oh ! Il ne faut pas beaucoup de mots pour que tout change.
    Il n'en faut même que treize. Ce sont ces treize mots intraduisibles, rencontrés aux quatre coins du monde, que Laurent Nunez décrypte et décrit dans ce livre érudit et joyeux - inventant quelque chose comme la « lexicothérapie » : Drapetomania (américain) - Freizeitstress (allemand) - Gigil (filipino) - Iktsuarpok (inuktitut) - Kintsugi (japonais) - Litost (tchèque) - Mamihlapinatapai (yaghan) - Naz (urdu) - Ostranenia (russe) - Putivuelta (espagnol) - Skybalon (grec) - Sonder (franco-américain) - Taciturire (latin)

  • Un Dieu Créateur armé d'un compas, concevant et fabricant le monde. Un Dieu architecte, géomètre et arpenteur : cette image n'a cessé depuis le Moyen Âge de nourrir l'imaginaire de l'Occident.
    Revisitant la Bible, la philosophie antique et les Pères de l'Église, François Boespflug retrace l'histoire de cette représentation. Il fait assister à la naissance discrète, au XIe siècle, du motif artistique, à son épanouissement dans l'enluminure médiévale, à son usage quelque peu répétitif jusqu'à la pré-Renaissance puis à son progressif déclin, en dépit du rôle que la franc-maçonnerie reconnaîtra au Grand Architecte de l'Univers et au symbole du compas.
    Un essai flamboyant sur l'histoire d'un motif, aussi passionnant que savant.

  • Qui est Napoléon ? Ce sont les mille et une vies posthumes de l'Empereur que ressuscite ici Arthur Chevallier. Avec science, mais aussi avec style. En opposant le mythe littéraire à la construction politique. En exhumant l'histoire vivante du culte mortifère. En dénonçant l'imposture que constitue la fabrication artificielle du bonapartisme.
    De Paris à Vienne en passant par Londres ou Le Caire, animé par une galerie époustouflante de portraits où se croisent princes guillotinés, sans-culottes fanatisés, rois intermittents, diplomates cyniques, généraux félons et écrivains passionnés, nourri d'une véracité exigeante et d'un souffle romanesque, ce livre nous raconte à nous-mêmes. Il montre comment, amis ou ennemis, libéraux ou conservateurs, tous ont plongé, consciemment ou inconsciemment, dans le piège tendu par Le Mémorial de Sainte-Hélène. Napoléon voulut éterniser la mémoire d'un solitaire en renversant un temps de guerre en une ère de gloire. La sienne. Il s'impose en cela comme le prototype du héros moderne.

  • Durant les premiers siècles de son histoire, le christianisme fut sans image. Il a ensuite accepté progressivement l'existence d'un art sacré figuratif, non sans traverser une grave « Querelle des images ». Celle-ci verra s'affronter durant un siècle et demi partisans et adversaires des images, ces derniers étant nombreux dans l'Église, y compris parmi les évêques et dans les milieux monastiques. L'Orient byzantin finira par reconnaître la légitimité des icônes, en particulier au concile de Nicée II (787) et lors du Triomphe de l'orthodoxie (843). Mais cela n'a pu se faire qu'au prix d'une réduction de la Controverse iconoclaste à une série de troubles sans portée intellectuelle. Ce livre rétablit la vérité. Il démontre que l'enjeu du débat fut théologique. Il s'agissait de savoir si l'existence d'icônes respectait les décisions du concile de Chalcédoine (451) concernant l'union des deux natures divine et humaine en Jésus-Christ. Unissant les méthodes respectives de l'histoire et de la théologie, Emanuela Fogliadini analyse la Crise iconoclaste à la lumière du concile de Hieria (754) et établit de manière convaincante que ceux qui contestaient la légitimité des images ont paradoxalement beaucoup contribué à la naissance d'une véritable théologie de l'icône.

  • Voici publiées pour la première fois en français les Prédications de Gerard Manley Hopkins. Elles sont un remarquable témoignage d'enseignement spirituel de la part d'un des plus grands poètes européens du XIXe siècle. Ces 28 homélies montrent une grande modernité, notamment celles reprenant des versets du Notre-Père, où il sera question, sur le ton presque d'un enseignement, de justice sociale, de transparence, d'équité, de répartition des pouvoirs, remettant chacun à sa juste place. S'ouvre là déjà un langage sur la justice sociale telle qu'annoncée bientôt par le pape Léon XIII. Newman n'est probablement pas si loin. Quant à ce sublime passage concluant la prédication du 23 novembre 1879 à Bedford-Leigh, où s'exalte la verve poétique du prédicateur pour décrire le visage du Christ « notre héros », il constitue à lui seul une riche doxologie où se concentrent la sensibilité et la spiritualité du prêtre et grand poète que fut Hopkins.

  • Héritière des grands écrivains russes, première poétesse de l'hébreu moderne, muse des pionniers d'Israël, Rachel Bluwstein a été une héroïne moderne au destin romanesque. Intellectuelle farouche, amante fougueuse, femme libre, elle s'est imposée, au nom de toutes ses soeurs de par le monde, dans les domaines jusqu'alors masculins de l'écriture et de l'action. Son oeuvre, qui a connu un immense succès de son vivant, perdure après sa mort comme un pan de la littérature universelle.
    Cette biographie illustrée nous fait revivre, à travers son histoire personnelle, sa soif de justice, son combat pour l'humanité, la seconde vague d'immigration juive qui gagna la Palestine à l'orée du xxe siècle.
    Une vie marquée du sceau de la passion, celle d'une artiste et d'une terre.
    Un livre mémorial brandi contre la fatalité des haines. Une voix à découvrir et à écouter. Incessamment.

  • à toi, ma fille

    Cécilia Dutter

    À travers ce recueil de lettres au ton résolument intimiste, empreint de tendresse et d'affection, une mère s'adresse à sa fille au seuil de sa majorité afin de lui rappeler les valeurs essentielles sur lesquelles prendre appui pour construire harmonieusement sa vie de femme et envisager son rapport au monde.
    Cherchant à aiguiser son esprit critique sur l'époque et l'actualité, elle aborde sans langue de bois des thèmes aussi variés qu'universels : la carrière, la maternité, le bonheur, la liberté féminine, la sexualité, la mort, le mal, le pardon...
    Elle souhaite enfin ouvrir le regard de la jeune fille à une dimension spirituelle de l'existence et lui apprendre à communier dès ici-bas avec plus Grand que soi.
    Entre récit et essai, Cécilia Dutter livre, avec bienveillance et sensibilité, un message d'amour mettant à l'honneur le lien et la transmission mère-fille.

  • Une histoire de la violence dans l'art. Ce livre est un musée à lui tout seul, où l'on croise les maîtres de la peinture de toutes les époques et de tous les pays : de la Renaissance au surréalisme en passant par le maniérisme, le caravagisme, le baroque, le classicisme, le néoclassicisme, le romantisme, l'orientalisme, les préraphaélites, le réalisme, l'impressionnisme et le cubisme ; de Bronzino à Francis Bacon, en passant par Pontormo, Michel Ange, Léonard de Vinci, Poussin, Géricault, Manet et bien d'autres. Mais c'est aussi un formidable manuel pour comprendre le sens caché que les peintres donnent à telle ou telle expression. Comment et pourquoi l'art représente-t-il la violence ? Quels en sont les enjeux esthétiques et à quelles finalités religieuses, politiques, économiques répond-il ? Après dix années de recherches dans les plus prestigieuses collections des musées du monde, Suzanne Ferrières-Pestureau livre une contribution essentielle à l'histoire de la peinture. Une entreprise considérable.

empty