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  • Analyser la réécriture des épopées, des légendes, des récits oraux, des rites et des mythes venus de l'Inde dans les textes et les discours de l'Océan Indien constitue l'un des projetsconduits par Valérie Magdelaine-Andrianjafitrimo et Carpanin Marimoutou dans le cadre du laboratoire LCF, UMR 8143 de l'Université de La Réunion. Il s'agit, à partir de sources culturelles communes, d'analyser les phénomènes d'interculturalité et de créolisation anthropologique et littéraire à l'oeuvre dans des textes indiens, mauriciens et réunionnais.

  • Hybridations problématiques dans les littératures de l'Océan Indien L'usage indistinct de la notion d'hybridation dans les discours académiques et politiques de célébration du multiculturel, du métissage et de la créolisation n'est pas exempt de contradictions et d'interrogations. L'hybridation renvoie ainsi aussi bien à l'instabilité, à l'incertitude et à la mobilité associées aux identités liquides postmodernes qu'aux processus culturels de globalisation dont elle serait devenue la clé conceptuelle. Et si l'hybridation met au premier plan des aspects sans doute positifs tels que l'ouverture à l'autre ou le dialogue interculturel, elle le fait cependant au prix de bien d'autres occultations, comme l'intensification des inégalités économiques et sociales dans la nouvelle logique post-capitaliste ou encore l'abandon des individus à eux-mêmes face au processus imparable de privatisation des états. À la lumière de ce premier constat, l'hybridation ne serait-elle finalement qu'une « illusion » théorique dont les utilisations pourraient, de surcroît, s'avérer dangereuses ? Le présent volume se propose d'examiner les limites d'une célébration complaisante de l'hybridation, peu attentive aux particularités historiques propres à chaque contexte. Les littératures de l'océan Indien constituent un champ d'observation privilégié dans la mesure où elles donnent lieu à de profonds questionnements.

  • Cet ouvrage réunit trois études de psychanalyse textuelle sur l'espace colonial et postcolonial de l'Île-de-La-Réunion et de l'Indochine française, présent chez trois romanciers : Marguerite-Hélène Mahé, Joseph Toussaint et Marguerite Duras, issus de ce monde et marqués directement ou de manière biaisée, par des systèmes fondés sur l'annihilation de certaines catégories de la population jusqu'à leur déshumanisation totale. Leurs personnages victimes d'une forme de hantise transgénérationnelle, deviennent les porteurs, les « cryptophores » de fantômes désireux d'agir et de parler à leur place. Eternels déplacés, ces acteurs d'une autre geste parentale et ancestrale, réalisent une véritable catabase, à l'image d'un Orphée en quête de l'aimée perdue à jamais. De l'esclavage à la tragédie de Hiroshima, trois auteurs d'horizons différents, signalent pourtant, chez leurs héros, cette même propension à endosser le rôle de « gardiens du silence et de la nescience ».

  • Dann lanaliz-là lo « sant-fonnkèr » Félix Marimoutou i montt lo gatir rantt lékri, lo kozman, lo mizik ansanm lo dantèl travèr bann konpozision Jean Albany i apiy ali si lo prinsip lintèrtèksialité, Gilbert Pounia si loralékritir é Danyèl Waro si in lémansipasion lo kozman. Zanfan Listoir, kridmandaz lo langaz kréol dan lo rofoul bann rondaz kontt lo kréasion, lo « sant-fonnkèr » lé in tradiksion linivèrsèl lo kiltir rénioné.

  • Les créations artistiques de La Réunion et de l'île Maurice, ici réduites aux parts de la littérature et des productions filmiques, semblent peu propices à l'humour si l'on en juge par les seules oeuvres qui arrivent jusqu'aux publics occidentaux. Pourtant, le rire, la plaisanterie, la dérision, le jeu de mots bruissent dans l'espace social et créatif de ces deux îles. Souvent amers, ils invitent certes à se demander s'ils font simplement « rire la bouche ». Mais ils posent une autre question : pourquoi sont-ils aussi peu entendus dans les pays « du dehors » alors qu'ils semblent être l'un des modes majeurs de la régulation des conflits et de la socialité complexe de ces mondes créoles postcoloniaux ? C'est ce que s'attache à analyser ce volume, publié dans le cadre de l'OSOI (Observatoire des Sociétés de l'Océan Indien) de l'Université de La Réunion.

  • Cet ouvrage réunit trois études de psychanalyse textuelle sur l'espace colonial et postcolonial de l'Île-de-La-Réunion et de l'Indochine française, présent chez trois romanciers : Marguerite-Hélène Mahé, Joseph Toussaint et Marguerite Duras, issus de ce monde et marqués directement ou de manière biaisée, par des systèmes fondés sur l'annihilation de certaines catégories de la population jusqu'à leur déshumanisation totale. Leurs personnages victimes d'une forme de hantise transgénérationnelle, deviennent les porteurs, les « cryptophores » de fantômes désireux d'agir et de parler à leur place. Eternels déplacés, ces acteurs d'une autre geste parentale et ancestrale, réalisent une véritable catabase, à l'image d'un Orphée en quête de l'aimée perdue à jamais. De l'esclavage à la tragédie de Hiroshima, trois auteurs d'horizons différents, signalent pourtant, chez leurs héros, cette même propension à endosser le rôle de « gardiens du silence et de la nescience ».

  • Cette recherche de Frédérique Hélias englobe les poèmes depuis 1960, année marquée par la rupture engagée par Jean Albany, jusqu'à nos jours. Elle montre comment les auteurs ont donné une nouvelle impulsion à la poésie réunionnaise au travers d'un travail sur leur langue d'écriture, d'une mise en oeuvre de pratiques poétiques de plus en plus focalisées sur le sujet réunionnais et tout ceci dans une volonté de faire de la langue créole une langue d'écriture à part entière.

  • Autour de trois ouvrages de la littérature réunionnaise : « Sortilèges créoles, Eudora ou l'île enchantée » de Marie-Hélène Mahé, « Zoura, femme bon Dieu » de Jean-François Sam-Long et « Sitarane au-delà de la mort » de Maurice Hibon, Marie-Josée Matiti-Picard présente l'univers spirituel réunionnais, un univers magique partagé entre plusieurs religions, plusieurs modes de pensée et laissant une place importante à la mort. Un monde où le surnaturel participe à la réalité.

  • Dans le cadre de « ?dialogues transocéaniques? » entre les îles des Caraïbes et de l'océan Indien, qui visent à défaire les conditionnements du regard critique porté sur les réalités socio-anthropologiques et sur l'histoire des divers mondes créoles, c'est à l'émergence des revendications et à la forme des contestations des femmes depuis le XVIIIe siècle que nous nous sommes intéressés dans cet ouvrage. La production des identités féminines est ici observée au fil des textes à travers les résistances aux discours de la norme, particulièrement violents et intrusifs, qui tentent de les catégoriser et de les naturaliser. L'évolution des rôles que les femmes ont conquis ou pour lesquels elles luttent est envisagée à travers des modalités diverses de représentations : productions littéraires - écrites et orales - et artistiques dans trois des langues des espaces créoles (français, anglais, créole réunionnais), historiographie, transmission des savoirs, des pratiques et des mémoires, discours et démarches politiques... Pour contrebalancer l'exclusive des points de vue extérieurs qui ont toujours régenté le regard que l'on a porté sur elles, cet ouvrage s'intéresse aux « ?subalternes? », aux sans-grades, tout autant qu'aux écrivaines et artistes : à toutes celles, connues ou inconnues, dont la voix a pu porter pour s'élever contre des systèmes oppressifs autant que contre des représentations stéréotypées.

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