Le Bateau Ivre

  • Farces romaines

    Collectif

    Dans cette pièce jubilatoire, destinée tant aux petits qu'aux grands, Valérie BARRAL et Thierry PAILLARD mettent en scène avec humour et fantaisie, mais avec un respect scrupuleux de la vérité historique, plusieurs tableaux de la vie quotidienne romaine.
    Yann MADÉ s'en est librement inspirée dans une bande dessinée savoureuse qui ouvre le bal.
    À l'intention des enseignants, de leurs jeunes têtes blondes et même de plus chenus, de nombreuses notes explicatives et un cahier pédagogique complètent l'ensemble.

  • Le Journal à Nénesse. Écrit par le beau Nénesse de la Courtille, cellule 19, 8e division, à La Roquette. Journal en argot d'Ernest Touchon, assassin d'Adeline Miècher, condamné à mort.

    C'est la goualante sentimentale que nous envoyait la petite femme rigouillarde du beuglant où je bavais des ronds de chapeaux à côté de Linette... Je ne peux pas me la sortir du caillou... Depuis ce matin que je la gueule... Les goualantes, c'est chouette, ça fait du boucan, et les hannetons qui vous taraudent la soupente, se tirent des pieds... À quoi que ça m'avancerait de crier au vinaigre et de pisser à l'oeil ?... À nib... Eh bien, alors ! Allons-y de la cigale !...

  • Une nouvelle Antigone donc - une de plus ? À moins que la richesse du thème ne soit telle qu'il ne puisse y avoir une seule Antigone : il y a, c'est mon hypothèse, de toute nécessité, plus d'une Antigone. Comme si Antigone était vouée ou destinée à se répliquer, et en même temps, à se renouveler, à s'altérer, tout en demeurant reconnaissable à travers la multiplicité de ses figures.

  • Quand on m'a demandé de définir mon art de vivre, ou plus exactement de mettre le doigt sur ce qui pouvait passer pour mon «_plaisir de vivre_» je n'ai pas hésité plus d'une minute avant d'opter pour le superflu, l'inutile, le pas rentable, la vraie gratuité. Parce que le superflu m'a toujours paru le sel de la vie et que seuls les charmes de l'inutile peuvent vous aider à supporter les horreurs de l'indispensable quotidien.

  • Elle dit

    Yannick Kujawa

    Une cité minière du nord de la France. Une femme nous invite dans sa cuisine autour d'un café, comme cela se fait. Elle parle de ses origines polonaises, de son père, elle l'a perdu jeune, de son mari. Elle évoque ses bonheurs, sa solitude, les fantômes du passé.

    « Henri était gai, il chantait tout le temps, comme mon père. Comme lui il avait de belles mains, et longues, et bronzées. Comme mon fils. Car il a les mains de son père et de son grand-père. Ses mains, on peut dire que ce sont un peu les leurs. » Après Sommes, Yannick Kujawa continue d'explorer l'histoire familiale. Un roman mené avec économie et retenue.

  • Nomadie

    Thierry Paillard

    Le mot a crié : un homme aime une femme. Quand le monde sédentaire et le monde nomade se rencontrent, c'est la fête un moment. Soudain, hurlent les mondes fermés. Les lois orchestrent les morts. Deux cent chiens jaunes sèchent la terre, les fleurs sans parchemin se jettent dans les fosses. Dormez-vous dignitaires, pyramides ? Le rêve tombe: symphonie des couteaux, fontaines du sang qui pleure, voyez la danse des couteaux. Les corps des deux amants se vident sous la lune. L'espoir est baiser mort, le bonheur a perdu ses reflets, le monde n'en veut pas.

  • Nine a poussé comme une herbe folle dans la campagne normande, au milieu des livres et des contes de son père. Mais à 11 ans, elle commence à sentir son enfance lui échapper.

    Au détour d'une rivière, en cet été 1914, Nine découvre un monde luxuriant, juste derrière les apparences. Elle y rencontre Myriade, une jeune sylphe. Cette dernière l'entraîne dans ses péripéties. Ensemble, elles se perdent dans des paysages oniriques et croisent d'étonnantes créatures. Mais des signes étranges accompagnent la venue de Nine dans l'outre-monde : les vents s'agitent, des papillons la suivent... Quelque chose rôde...

  • Tu t'efforçais de ne pas penser à la langue de l'autre. Dans la bouche de ton amante partagée. La plupart du temps tu faisais comme si Romy n'aimait que toi. Tes ficelles de fils unique. Tu te faisais ton cinéma. Prises de vue, prises de guerre. Tu aurais voulu la faire prisonnière. Dans le grand jeu de ta petite vie. Qu'elle ne reparte jamais. Plus jamais. Tu étais piégé. Dans son regard aux lèvres rouges.

  • Quand un ogre glouton dévore les rêves naissants de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, cela ne prédit rien de bon.
    Sa poupée de chiffon tente de les sauver du désastre.
    Un conte cruel en chansons, sorti d'une malle de voyage.

  • En 1932, Le Figaro commande une série de chroniques à Alexandre Vialatte. Le jeune journaliste, écrivain et traducteur de Kafka, va rendre visite aux communautés indiennes, arabes, russes et chinoises pour écrire ces "Étrangers de Paris", qui paraîtront de décembre à mars de l'année suivante.
    Avec la fantaisie dont il fera preuve, 20 ans plus tard, dans ses chroniques pour le journal La Montagne, il fait un récit savoureux de ses rencontres. Et si le jeune chroniqueur ne s'affranchit pas de tous les stéréotypes de son époque, il s'attache avec délicatesse à retourner les préjugés.

  • Haak

    Yannick Kujawa

    Un homme parle. Il est allemand. Fait prisonnier en 1944, puis interné dans un camp de travail minier, il décide de rester en France après sa libération. Il travaille dans une usine sucrière et rencontre Wanda, une ouvrière d'origine polonaise. Haak est l'histoire d'un homme qui cherche sa place. Une forme de bonheur, de paix et de liberté. Notre place n'était pas auprès des français on nous avait assez vus dans les rues, dans les commerces, dans les bistrots. Courir après une femme d'ici, quand bien même une femme d'origine polonaise, pas la peine d'y penser mon petit. Oublie-la ta petite polonaise, oublie toutes les femmes du pays. Après Sommes et Elle dit, Haak est le troisième roman de Yannick Kujawa.

  • Pensées, anecdotes, emprises, rassemblées pour les 90 ans de Serge Doubrovsky le 22 mai 2018.
    Sous la direction d'Isabelle Grell.

  • Être poète ça n'est pas une posture... C'est éplucher des oiseaux en becquetant leurs ailes sur des toasts aillés. C'est boire à la paille des bateaux qui pétillent sous des becs de gaz. Être poète, c'est tresser des rochers pour en faire des chignons sur la tête des mouettes...

  • Elle n'est pas sainte. Pas gendarme non plus. Jeanne est femme parmi les femmes. Plutôt soldat. Une petite punaise au corps de feu rouge et noir mais avec des ailes comme une coccinelle. Jeanne est une bête à Dieu et à Diable comme l'autre, celui à qui elle a fait croquer le fruit.
    D'elle, le monde part. Vers elle, le monde revient. Telle la vague, Jeanne est le monde. Elle est flux et reflux, un ressac d'eau de vie comme un trille vibrant sur la portée des coeurs.

  • 40 chansons, dont 3 ont été mises en musique par Julien Clerc et 6 par Bertrand Lacy.

  • Les bras de mon père au loin flottaient comme un drapeau tissé de pleurs et de fierté qui faisaient dans mon dos un châle chaud et doux (...) J'ai cligné de l'épaule et j'ai marché devant en le suivant ce vent qui balayait ma route. Il nettoyait la terre et j'y posais mes pas, libre comme une enfant résolue à marcher. (La Bézote) Disparue le 21 août 2019, Cécile Delalandre laisse, entre autres textes, deux romans singuliers, qui lui tenaient à coeur : La Bézote et Reste la forêt. Préface de Lionel-Édouard Martin

  • Un personnage émerge du vide, prend conscience de lui-même, explore sa représentation fictionnelle. En arrière-plan Robert Walser veille aidé de quelques pincées de Kafka et de Bartleby. Ce roman, voyage utopique, ressemble aux à-coups de notre survie avec ses interrogations, ses douloureuses hésitations, ses réponses chimériques. Armé d'une énergie peu commune et de visions troubles, le personnage se nourrit d'un inventaire d'images et de lieux éphémères avec une certaine illusion à l'égard de lui-même que ne dissimule pas sa grande ambition de dominer la littérature en despote. Cet être attachant tente ainsi d'exister dans un paysage mouvant, inlassablement en cours de création. Son récit doit être saisi comme une ensorcelante provocation à l'égard du paysage littéraire et de ses gémissements. Il y a donc du délire verbal, du sexe frustré, de l'excès et de la tyrannie, de la satire, du rêve et une certaine dose d'ironie. Son récit brouille et dévoile tour à tour une légitimation sans cesse repoussée, questionne intériorité, caractère, psychologie, espérances, dits et non-dits et bien sûr sincérité du personnage tout au long d'un voyage immobile.

  • Une bibliothèque des Mines, dans le Pas-de-Calais. Marguerite Duras est venue à la rencontre des habitués du lieu. Dans un coin de la pièce, tourne un magnétophone portatif, de marque Nagra. L'émission sera diffusée sur France Culture. Elle fera partie d'

  • Cécile Delalandre s'est éteinte le 21 août 2019, laissant une oeuvre d'une beauté singulière. Pour le premier anniversaire de sa disparition, cet ouvrage rassemble : - les témoignages de parents et d'amis, proches ou lointains, - des extraits de ses livres, choisis par elle, - les entretiens qu'elle a donnés et les recensions que ses textes ont suscités, - un album de photo.

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