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  • Pour la somptueuse robe portée par Kate Middleton lors de son mariage avec le Prince William, qui a ébloui le monde entier, Sarah Burton, directrice artistique de la maison Alexander Mac Queen, a choisi l'exceptionnelle Dentelle de Calais-Caudry pour magnifier sa création.
    La « Dentelle de Calais-Caudry® » est, en effet, la marque d'une dentelle iconique, étoffe de rêve de haute facture et du glamour intemporel. Intimement liée à l'âme du chic à la française, elle est indissociable de l'élégance et de la féminité, sublimant, sous le talent des créateurs, les courbes du corps, comme en transparence la délicatesse de la peau. Infinie dans ses effets, elle se prête aussi à la créativité du design et de la décoration pour enchanter des univers tout en poésie.
    Sous cette appellation, une dizaine de maisons de dentelle, à Calais et à Caudry, perpétuent un savoir-faire historique aussi exceptionnel que remarquable. La fabrication de la Dentelle de Calais-Caudry, exclusivement sur métiers Leavers, est rendue possible grâce à la maîtrise d'un métier d'art unique au monde. Ce label certifie la spécificité de cette dentelle précieuse, tissée selon un procédé original et inégalé depuis deux cents ans d'entrelacements de fils. Il permet de distinguer la dentelle de luxe tissée à Calais et à Caudry des dentelles tricotées, beaucoup plus répandues.

  • Initiée en 1984, la collection de photographies contemporaines du musée d'Art et d'Archéologie d'Aurillac se compose de quelques 750 tirages, datés de la fin des années 1960 à nos jours, et notamment d'un ensemble exceptionnel des années 1970-1980, constitué autour de la question de la couleur en photographie, axe principal d'acquisition du musée.
    Prenant appui sur cette collection, l'ouvrage propose de retracer l'histoire de la photographie couleur, des prémices de la reconnaissance culturelle et institutionnelle à partir de la fin des années 1970, jusqu'à son assimilation et généralisation dans les années 1980. Les textes qui le constituent explorent cette période brève et mal connue, quand la photographie artistique en couleurs accède aux murs des musées et galeries, auparavant réservés au noir et blanc.
    Alors que l'on fait habituellement débuter cette apparition en 1976 avec les expositions de William Eggleston et de Stephen Shore au MoMa de New York, cet ouvrage met en évidence le fait que cette histoire de la couleur est à la fois plus ancienne et loin d'être exclusivement américaine. Exactement dans les mêmes années, des photographes français, italiens, britanniques et japonais commencent à explorer la couleur et exposent en Europe comme aux États-Unis. Les échanges des deux côtés de l'Atlantique sont nombreux et les parcours de diffusion s'avèrent plus complexes qu'il ne semblerait de prime abord. Un livre indispensable pour mieux saisir les étapes de légitimation de cette production en couleurs, qui reste encore largement à redécouvrir.

  • Pendant deux siècles, la figure de Napoléon a dominé l'histoire européenne, mais aussi la perception générale que les peuples pouvaient se faire de cette dernière, non seulement en France mais aussi dans le reste du monde. Génie pour les uns, ogre pour les autres, Napoléon a été le sujet et l'objet de centaines de milliers d'images, d'oeuvres d'art, de livres puis de films, souvent engagés, qui ont durablement marqué l'histoire de l'art et de la culture. Les transformations sociales et politiques ont peut-être amoindri sa place explicite dans la pensée contemporaine, mais celle-ci reste vive parce que, au-delà de tout jugement de valeur, il a façonné un monde dont nous sommes, consciemment ou non, positivement ou négativement, les héritiers.
    Cet ouvrage permet de comprendre et de voir ce que les artistes d'aujourd'hui, de pays très différents, peuvent faire de cet héritage et de cette personnalité en tout point exceptionnels, avec une distance sans doute plus grande que celle des générations précédentes, mais avec une acuité peut-être redoublée.
    Certaines oeuvres présentent soit un rapport direct avec l'iconographie de Bonaparte (Laurent Grasso, Hervé Ingrand, Peter Saul, Julian Schnabel, Georges Tony Stoll, Yan Pei-Ming) et avec les événements napoléoniens (Fabrice Hyber, Kapwani Kiwanga, Alexander Kluge, Yan Morvan, Pavel Pepperstein), soit un rapport plus oblique à la figure napoléonienne et à son héritage (Adel Abdessemed, Marina Abramovic, Art & Language, Stéphane Calais, Hélène Delprat, Damien Deroubaix, Edgar Sarin, Assan Smati). Sont ainsi interrogés par les arts visuels quelques thèmes fondamentaux d'une histoire désormais nécessairement plurielle, comme le génie, l'exemplarité, la conquête, la virilité, l'insularité, la question raciale, l'identité nationale, etc.

  • Courbet/Picasso : révolutions ! Nouv.

    « Un jour, vint un homme qui affirma : «Je ne veux pas peindre des anges, parce que je n'en ai jamais vu.» C'était Courbet. Il préférait représenter deux jeunes filles étendues sur les berges de la Seine. Il emmena ses modèles en plein air et les peignit.
    [...] Courbet a tourné une page et lancé la peinture vers cette nouvelle direction qu'elle suivit pendant des années. » Dans ce témoignage, Pablo Picasso attribue à Gustave Courbet la paternité de l'art moderne et du mouvement qui aurait radicalement bouleversé les codes de la représentation, de l'impressionnisme jusqu'au cubisme et ses suites. Cette place majeure interroge, tant Courbet reste une figure peu étudiée du Panthéon personnel de Picasso.
    Pourtant, le jeune peintre catalan découvre tôt la peinture du maître d'Ornans, dès son arrivée à Paris en octobre 1900, à l'occasion de l'Exposition centennale de l'art français. Courbet s'immisce par la suite chez Picasso doublement, à la fin des années 40, par la réinterprétation des Demoiselles des bords de la Seine, ainsi que par l'achat pour sa collection personnelle de l'étonnante Tête de chamois, bête à cornes rappelant le bestiaire picassien.
    Les liens entre ces deux figures révolutionnaires de l'art apparaissent étroits et féconds. Courbet et Picasso se rejoignent, en particulier dans leur rapport au passé comme source de la modernité, dans leur sensibilité à leur temps et leur engagement politique, ou encore dans leur trajectoire. Cette rencontre inédite vise, au-delà de la filiation réelle entre ces deux créateurs, indépendants d'esprit, à mettre en lumière ce compagnonnage.

  • Peintre, dessinateur et graveur actif à Ratisbonne, Albrecht Altdorfer (vers 1480-1538) est un artiste majeur de la Renaissance germanique, même s'il reste moins connu que d'autres maîtres de sa génération, comme Albrecht Dürer ou Lukas Cranach.
    Cet ouvrage monographique vise à présenter la richesse et la diversité de l'oeuvre d'Albrecht Altdorfer, artiste doté d'une grande capacité d'invention formelle et iconographique, pionnier dans les genres du paysage et de l'architecture.
    Il met en exergue sa stature d'artiste de la Renaissance, à la fois très original et parfaitement au fait de la création artistique de ses contemporains.
    Tous les aspects de sa vie artistique sont étudiés, avec une sélection de dessins, gravures, peintures et objets. Le parti adopté est à la fois chronologique et thématique, tout en réservant des sections aux différents genres dans lesquels le travail d'Altdorfer a été particulièrement important et novateur, comme le paysage, l'orfèvrerie et l'architecture.

  • Si plusieurs ouvrages ont déjà traité de l'importance de l'impressionnisme français pour la peinture, les rapports entre ces peintres venus des États-Unis pour étudier l'art français et leur rôle dans la découverte de Courbet par les collectionneurs et mécènes américains n'y était pas clairement évoqué. Il restait à l'expliquer. C'est précisément le but de ce livre.
    À l'origine de cette aventure américaine, il y eut le marchand d'art parisien, Paul Durand Ruel. Au début des années 1870, il décida, avec le soutien de la peintre, originaire de Philadelphie, Mary Cassatt, de «?... révolutionner ce pays de milliardaires?» et d'y faire entrer, entre autres, les plus belles oeuvres impressionnistes et les meilleures toiles de Courbet, dont beaucoup font, aujourd'hui encore, la gloire des grands musées américains et de prestigieuses collections privées. Flavie Durand-Ruel, historienne de l'art, descendante de l'illustre galeriste, et Mary Morton, conservatrice à la National Gallery de Washington, spécialiste de Mary Cassatt, nous rappellent le rôle essentiel de ces deux découvreurs de la jeune peinture française.
    Il fallait évoquer les connivences du peintre James Abott McNeill Whisler avec Courbet et les impressionnistes. Whisler fit son apprentissage au plus près de Courbet et tous deux partagèrent une passion commune pour Joanna Hifferman, la belle irlandaise qui posa pour eux. Isabelle Enaud-Lechien, maître de conférences à l'Université de Lille, auteur d'une thèse de doctorat sur Whisler, nous explique ici l'émulation qui le lia à Courbet.
    Enfin, l'intérêt pour cette peinture moderne provoqua chez beaucoup d'artistes américains l'envie de venir étudier en France et bientôt le voyage vers Paris se fit de manière presque obligée, comme autrefois l'on faisait le Voyage d'Italie. Ils s'installèrent auprès de maîtres, Gauguin à Pont-Aven ou Monet à Giverny. Puis ils rentrèrent chez eux et transmirent à leur tour ce qu'ils avaient appris mais en créant un courant plus personnel aux résonances nationales dont l'impressionnisme américain devait naître. Emily C. Burns, enseignante à l'Université d'Auburn en Alabama et professeur invitée à l'Université d'Oxford comme spécialiste de cet exode artistique, en retrace pour nous l'histoire.

  • Les émirs mérinides partagèrent avec leurs prédécesseurs le même amour pour les beaux bâtiments. Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, ils choisirent Fès comme nouvelle capitale. Par sa dimension spirituelle et intellectuelle, la vieille cité les avait aidés à renforcer leur pouvoir et leur avait apporté du prestige. En moins d'un siècle, entre 1276 et 1358, elle s'agrandit d'une nouvelle ville palatine et elle se para de nombreuses mosquées, écoles coraniques, palais et demeures. L'art mérinide du XIVe siècle y déploie encore aujourd'hui toutes ses beautés et laisse admirer l'harmonie de ses lignes et de ses espaces, la luxuriance et le raffinement de ses décors, l'invention harmonieuse et mélodique de ses ornements, n'ayant ainsi rien à envier aux créations contemporaines des palais de l'Alhambra et du Generalife voulues par les souverains nasrides à Grenade.

  • L'ouvrage offre l'occasion de porter un nouveau regard sur un fonds d'images atypique au sein de la production visuelle des premières décennies du xxe siècle : les autochromes - premier procédé de photographie en couleur - et les films pris à Paris par les opérateurs des Archives de la Planète. Cette vaste et noble entreprise, imaginée par Albert Kahn (1860-1940), banquier, mécène utopiste et pacifiste, poursuivait l'ambition « d'établir un dossier de l'humanité prise en pleine vie », à un moment charnière de son histoire, à « l'heure critique » de changements aussi profonds qu'inéluctables.
    Le fonds « Paris » des Archives de la Planète participe pleinement de cette volonté de documenter le monde par la photographie.
    Avec près de 5 000 autochromes et 90 000 mètres de films, il constitue l'un des plus importants fonds d'images photographiques et cinématographiques du début du xxe siècle consacrés à la capitale.
    L'ouvrage montre les particularités de cette remarquable collection qui couvre, en images couleurs et films, plus de vingt ans d'histoire de la ville. Il souligne ses liens étroits avec les grandes questions urbaines qui ont accompagné sa mutation au cours de cette période, qui la façonnèrent en ville moderne, la délivrèrent du carcan des fortifications de Thiers, à la genèse du Grand Paris. Un parcours immersif, au coeur de l'image, propre à montrer le glissement d'une capitale intemporelle, en cours de patrimonialisation, estimant son passé, vers une métropole soucieuse de progrès, tournée vers l'avenir.

  • Jules Perahim (1914-2008) représente l'une des figures les plus marquantes de l'avant-garde roumaine des années 1930. Il se fait connaître autant par sa collaboration aux revues non conformistes, d'esprit dada et surréaliste, Unu (dont le principal contributeur est Victor Brauner) et Alge (fondée entre autres avec le poète Gherasim Luca), que par ses expositions personnelles et ses dessins virulents publiés dans des revues de contestation sociale et politique.
    En 1938, en route pour Paris, il s'arrête à Prague, y rencontre les milieux de l'avant-garde tchèque, qui lui organisent une exposition personnelle, mais l'avancée des nazis en Europe centrale l'empêche de continuer son voyage. Après la Seconde Guerre mondiale, ses convictions profondes d'un changement nécessaire de la société roumaine se voient ébranlées avec le temps par un climat hostile à la création libre. Pendant des années, il se consacre donc uniquement aux arts décoratifs, à la scénographie et à l'illustration de livres tout en pratiquant pour sa « nécessité intérieure » un art « pour le tiroir ».
    À la fin des années 1960, marquées par l'ascension du national communisme, Perahim quitte la Roumanie, refait sa vie et s'établit à Paris. Sa création prend alors son envol dans la continuité des rêves qu'il avait abandonnés. Il devient le peintre épanoui et prolifique d'une oeuvre poétique et énigmatique, d'une imagination foisonnante pleine de fantaisie et d'humour.
    Cet ouvrage, faisant la part belle aux peintures et aux dessins de l'artiste, s'articule autour de ces deux moments forts de création dans la carrière de l'artiste : le temps de l'avant-garde à Bucarest, durant les années 1930, puis, à partir des années 1960, le renouveau des années parisiennes qui correspondent au plein accomplissement de son art.

  • Promenade des Champs-Elysées, place Vendôme, Palais des glaces, hippodrome de Chantilly... Les gravures à l'eau-forte et à l'aquatinte en couleurs de Pierre Gatier nous invitent à entrer dans le sillage des élégantes Parisiennes de la Belle Époque et à les suivre sur les lieux de rendez-vous alors en vogue. Une attention toute paticulière est portée aux toilettes de ces dernières, des chapeaux jusqu'aux bottines. Aussi, l'ouvrage revient-il sur les liens qu'a entretenu l'artiste-graveur avec le couturier Jacques Doucet et avec la mode de son époque. Mais Pierre Gatier n'est pas que le peintre de la bonne société ; fils et petit-fils de marins, il s'est aussi intéressé à la mer et aux bateaux.
    1915-1918. La guerre marque une rupture dans l'oeuvre de Pierre Gatier. Les linoléums qu'il produit alors traduisent la dureté des temps. Ils contrastent stylistiquement et de manière radicale avec ses aquatintes en couleurs de la vie parisienne.
    Une nouvelle rupture marque à nouveau son oeuvre de l'après-guerre, avec l'adoption d'un style plus graphique, au burin et à la pointe sèche. Gatier grave alors exclusivement au trait et en noir, souvent en hachures parallèles. Il prend pour sujets des lieux parisiens, notamment de spectacles, et surtout des scènes rurales, des paysages du Val-d'Oise, de montagnes, ainsi que des marines.
    Nous partons à la découverte d'un artisan passionné, qui parvint à révéler toutes les potentialités expressives des différentes techniques de gravure qu'il aborda : aquatinte, eau-forte, linogravure, burin et pointe sèche.

  • L'éminent marchand d'art, grand collectionneur et richissime David Nahmad, dont la fortune est estimée à 1,8 milliard de dollars selon le magazine Forbes, a constitué avec son frère Ezra l'une des plus importantes et prestigieuses collection d'art privée du monde.
    La collection de la famille Nahmad est riche de plusieurs milliers d'oeuvres et chefs-d'oeuvre, signés des grands noms de l'art moderne, depuis les maîtres du pré-impressionnisme et de l'impressionnisme (Boudin, Monet, Renoir, Sisley, Degas), en passant par les Fauves (Marquet, Dufy), les cubistes (Braque, Gris), l'École de Paris (Modigliani, Kisling, Pascin), sans oublier trois cents Picasso (la plus importante collection privée du peintre, en dehors de celle de la famille Picasso). Ces toiles sont régulièrement prêtés aux grandes institutions françaises et internationales.
    Ainsi, à l'occasion des 150 ans de la naissance d'Henri Matisse, les Nahmad font l'honneur de manifester leur soutien au musée Matisse de Nice en prêtant, pour une durée d'un an, les dix-sept peintures d'Henri Matisse qu'ils ont réunies au fil des années. Un ensemble exceptionnel à découvrir.

  • Eugène Viala (1859-1913) était à la fois peintre, écrivain et graveur, mais c'est surtout dans la gravure à l'eau-forte que son art se développe dans une véritable singularité. C'était une nature indomptable et rebelle, un être tourmenté, indépendant, en marge de la société. Misanthrope et solitaire, croyant anticlérical, libre penseur anarchiste, il se définissait avant tout comme un grand amoureux de la nature. Ses gravures ont pour sujet privilégié certains aspects austères de sa terre natale, le Lévézou : mornes landes où un étang semble une lumière, pierres effondrées dans la désolation des ravins déserts, clochers perdus dans un crépuscule de rêve, humbles maisons du Rouergue. Il avait une prédilection marquée pour les figures d'arbres tourmentés, luttant contre les éléments. Ses estampes sont marquées d'une noirceur presque diabolique. L'angoisse et l'obsession de la mort sont omniprésentes.
    Il y a dans sa manière une grande profondeur, de l'âpreté, et beaucoup de tristesse. La dimension fantastique et visionnaire de son oeuvre inscrit Viala dans la filiation des peintres-graveurs du XIXe siècle qui, de Francisco de Goya à Odilon Redon, furent adeptes du pouvoir suggestif des noirs de l'encre.

  • Blessés, mutilés, torturés, violés, tués, obligés de fuir, soumis aux privations, témoins des violences subies par leurs proches ou de la mort de ceux-ci, enrôlés de force ou depuis toujours condamnés à vivre dans une société guerrière, les enfants ont une expérience totale des violences de masse, une mémoire et une parole à part entière.
    Bien loin des «?direct live?» de nos écrans, l'image dessinée est arrêtée. Le temps est suspendu. L'hypermnésie du traumatisme va parfois figer l'instant de l'attaque dans une image aux détails presque photographiques. Les tracés des trajectoires des balles et des bombes nous disent la cible précise dans les scènes d'attaque. L'instant de la mise à mort est partout représenté, comme le sont les armes qui l'infligent -?machettes, avions, hélicoptères, bombes, barils explosifs, véhicules blindés, fusils d'assaut... Les corps sont omniprésents. Les corps dans la fuite, dans l'effroi, cet au-delà de la peur. Les corps abîmés. Les corps morts.
    Ces dessins montrent, tout comme ils nous aident à faire d'un insoutenable un imaginable. Car si ces corps abîmés avaient été photographiés, nos yeux auraient fui l'image. Dans la figuration dessinée, nous pouvons les regarder. C'est notre relation à la violence et à sa représentation qui est questionnée. Si le dessin peut créer une distanciation, la puissance graphique et narrative des enfants a toutefois le pouvoir de nous affecter profondément. En cela, elle participe aux mémoires plurielles des sociétés, à la documentation sur les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocides, à nos défis de justice internationale.

  • Couleur du paradoxe, le noir est-il une absence de lumière, un vide, ou une somme réjouissante de toutes les couleurs, un éblouissement ?
    Soleils noirs plonge le lecteur dans l'observation fascinante de cette tonalité au symbolisme pluriel dans les arts occidentaux, de l'antiquité à nos jours. Une immersion qui débute par une expérience du noir familière, grâce aux représentations artistiques de thématiques omniprésentes dans l'histoire de l'art, comme la nuit et son ciel noir.
    Si la plongée dans le noir constitue une expérience physiologique connue de chacun, la couleur noire forme un élément structurant mais ambigu de la représentation du sacré, à la fois couleur de tous les commencements, de l'infini, de l'intemporel, mais aussi celle de la mort et de l'ignorance. Il y a dans cette ambiguïté autant de crainte que de fascination, tous deux ferments du sentiment mélancolique, chers aux artistes pour sublimer dans leurs créations la beauté et la sensualité du noir.
    Couleur codifiée dans la vie et la mode, le noir constitue dans les portraits de l'Europe moderne un luxe social, une marque d'élégance ou le marqueur d'une fonction, autant qu'un plaisir pour le peintre. Le noir devient ainsi la couleur emblématique des modernités industrielle et esthétique. Elle s'affranchit au point de devenir une substance plastique sans cesse interrogée, comme en témoignent l'Outrenoir de Pierre Soulages ou le Vantablack d'Anish Kapoor.

  • À partir d'un socle iconographique originaire de l'Inde, puis diffusé dans l'ensemble des pays asiatiques - de l'Afghanistan au Japon et de la Chine à l'Indonésie -, la mise en image de la vie du Bouddha historique constitue une part essentielle des arts religieux du monde extrême-oriental. L'ultime existence terrestre de celui que l'on désigne indifféremment comme l'Éveillé (Bouddha), le Bienheureux (Bhagavant) ou encore le Sage du clan des Shâkya (Shâkyamuni) a donné lieu à d'innombrables oeuvres immédiatement identifiables.
    L'ouvrage se propose donc de mettre en exergue la richesse des traditions iconographiques et stylistiques se rapportant à la représentation de la vie exemplaire et édifiante du fondateur de la quatrième religion au monde en nombre de fidèles. Narrant le destin d'un homme aux qualités intellectuelles et morales exceptionnelles, la vie du Bouddha se déroule telle une geste de l'esprit, tour à tour concrète et banale ou miraculeuse et transcendante.
    Sans omettre de rappeler les circonstances de l'apparition du bouddhisme en Inde, aux environs du V e siècle avant J.-C., ni d'évoquer la teneur de la « bonne Loi » et les principales évolutions doctrinales qui ont marqué son développement - boudd- hisme ancien (theravâda), bouddhisme du grand Véhicule (mahâyâna) et bouddhisme du Véhicule de diamant (vajrayâna).

  • En juin 1940, la défaite militaire consécutive à la bataille de France, le chaos provoqué par l'invasion des deux tiers du territoire en l'espace de six semaines, l'exode, les bombardements, les victimes militaires et civiles, l'effondrement des structures de l'État ont provoqué un traumatisme national. Dans une France « éblouie par son malheur », selon les mots de Joseph Kessel, un nombre infime d'hommes et de femmes prennent la décision de s'engager pour contribuer à la lutte menée alors par les Britanniques contre l'Allemagne et l'Italie.
    Les compagnons de la Libération se caractérisent par la précocité de leur engagement auprès du général de Gaulle ou dans la Résistance intérieure. L'ouvrage tend à mettre en lumière leurs diverses motivations : patriotisme, refus de la défaite et de l'occupation, de la collaboration, du national-socialisme, de la suppression des libertés individuelles, mais aussi, humanisme, idéalisme...
    Tout du long de cette présentation du processus de l'engagement, la parole est donnée à ces Compagnons, pionniers de la Résistance ; leurs mots et leurs souvenirs illustrant les trois éléments que sont la décision, les motivations et l'action au cours de la seconde partie de cette année 1940. Une lettre d'époque pour décrire un état d'esprit à l'écoute de l'armistice, un journal intime relatant un désir de continuer le combat pour faire honneur à un parent tombé lors de la Grande Guerre, un déguisement enfilé pour fuir la France, un plan d'évasion dessiné...

  • Il est peu d'artistes contemporains qui peuvent s'enorgueillir d'avoir couvert à fresque près de 700 m2 sur les chantiers les plus prestigieux de l'entre-deux-guerres en s'associant la complicité d'architectes de renom. À lui seul, le décor consacré à l'Afrique noire du salon Paul Reynaud du Palais de la Porte dorée suffirait à la gloire de Louis Bouquet (1885-1952).
    Mais si les grands décors de l'artiste - Palais de la Porte dorée et église du Saint-Esprit à Paris, hôtel de ville de Puteaux et Grande Poste de Lyon - forment la partie la plus visible de son oeuvre et firent sa célébrité, le reste de sa production picturale reste en réalité entièrement à découvrir. Il est vrai que Bouquet ne connut jamais de succès de galerie, bien que de nombreuses manifestations individuelles ou collectives aient jalonné sa carrière.
    Philippe Dufieux nous invite à suivre l'artiste depuis ses premières oeuvres symbolistes et nabies, élaborées sous l'égide de Marcel Lenoir et de Maurice Denis, en passant par la maturation d'un art original et synthétique, jusqu'à son épanouissement sur les vastes surfaces murales offertes par l'architecture au début des années 1930. Peintre, dessinateur, portraitiste, graveur, illustrateur... Symboliste, nabi, cubiste, expressionniste, classique enfin... Son oeuvre rassemble en lui toutes ces écoles en les dépassant souverainement.

  • Depuis des temps immémoriaux, la Chine s'est intéressée au Grand récit de l'Univers. Dès les premières dynasties, des guetteurs du ciel relèvent le mouvement des corps célestes. La cosmologie devient science d'État et les souverains - les fils du Ciel - les garants de la mise en écho du Ciel et de l'empire. L'histoire de ces épousailles entre le Ciel et la Terre peut se déchiffrer à travers le prisme du jade.
    Seul le jade est en mesure d'établir un pont de cinquante siècles et d'offrir simultanément un miroir réfléchissant le Ciel, la Terre et les hommes. Symboles emblématiques, bestiaire mythique et instruments rituels illustrent ce propos, invitant le public à découvrir quelque 200 oeuvres insignes. Des pans inédits de la civilisation chinoise sont abordés, éclairés, par l'archéologie, l'anthropologie ou l'astronomie. Cette approche pluridisciplinaire est facilitée par une médiation simple sans pour autant se départir des questions existentielles qui impliquent aujourd'hui l'humanité toute entière.

  • Museon Arlaten

    Collectif

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    • 24 Juin 2021

    Le Museon Arlaten, musée de Provence, à Arles, a fait l'objet d'une rénovation totale, architecturale et muséographique. Sa réouverture s'accompagne de la publication d'un guide de l'exposition permanente, dont le parcours a été repensé sans dénaturer le charme et l'esprit d'un musée plus que centenaire. Ouvrage inédit, grand public, largement illustré et édité en plusieurs langues, il donne à voir la muséographie renouvelée, les ambiances et mises en scène originales des collections et invite à un voyage en Provence.
    Ouvert en 1899, créé par Frédéric Mistral, prix Nobel de littérature, le Museon Arlaten est l'un des premiers musées d'ethnographie régionale en France. Lors de sa fermeture pour travaux en 2009, il apparaît comme un étonnant «?musée du musée?», certaines présentations ayant été préservées depuis leur aménagement au début du xxe siècle.
    La rénovation a permis la restauration d'un monument à facettes multiples, des créations architecturales hautes en couleur pour améliorer le confort de visite et la présentation des collections, ainsi que des innovations muséographiques subtiles et élégantes pour mettre en valeur un patrimoine provençal exceptionnel par sa richesse et sa diversité.
    L'ouvrage permet de traduire en mots et en images le nouveau Museon Arlaten et propose une lecture actualisée du musée et de ses collections. Il évoque l'architecture du bâtiment et son histoire millénaire, retrace le parcours de visite, pas à pas, tout en apportant des éclairages sur les oeuvres et objets, leurs contextes historique, économique, culturel et social et resitue le musée au coeur d'une aventure humaine centenaire, de sa création au xixe siècle à sa rénovation aujourd'hui.

  • Représentant majeur de l'abstraction lyrique, Olivier Debré (1920-1999) incarne à la fois l'image d'un peintre à la carrière internationale et celle d'un artiste dont le territoire natal nourrit la création?: la Loire et ses paysages sont fondateurs de sa perception de l'espace et irriguent son oeuvre.
    Le centième anniversaire de sa naissance est l'occasion de présenter une facette moins connue, plus intime de l'artiste en invoquant le contexte artistique qui l'a vu naître à la peinture et plus largement aux arts plastiques. Afin de redonner à son oeuvre toute sa profondeur historique, sont tour à tour étudiés?: ses débuts, après la Seconde Guerre mondiale et jusqu'aux années 1975, marqués par la puissance de la référence à Picasso et au cubisme, les thématiques de l'Occupation et du nazisme, le dialogue avec les artistes de la seconde École de Paris -?Nicolas de Staël, Jean-Paul Riopelle, Hans Hartung, etc.?; son lien avec la Touraine et la Loire, marqué par l'émergence de la notion d'«?abstraction fervente?», véritable immersion dans le paysage?; ses «?pas de côtés?» vers d'autres formes de création comme la céramique, le livre illustré, le vitrail, qui révèlent une créativité au-delà de la forme peinte.
    Olivier Debré est déjà un artiste classique, comme Nicolas de Staël, Hans Hartung ou encore Pierre Soulages, il importait donc de lui rendre sa place dans l'histoire de l'art français de la seconde moitié du xxe siècle et de faire dialoguer ses oeuvres avec celles de ses pairs.

  • Giampietro Campana, directeur du mont-de-Piété à Rome, a constitué la plus grande collection privée du XIX e siècle, qui rassemblait aussi bien des objets archéologiques que des peintures, des sculptures et des objets de la Renaissance. Cette collection se carac- térisait tant par sa quantité (plus de 10 000 pièces) que par sa qualité, comptant de nombreux chefs-d'oeuvre, du Sarcophage des Époux à La Bataille de Paolo Uccello et aux sculptures de Della Robbia. À travers cette collection, à nulle autre pareille, Campana mettait en lumière le patrimoine culturel italien, au moment même où émergeait l'Italie comme nation.
    Après ses démêlés avec la justice pontifi cale, Campana vit sa collection dispersée en 1861 entre la Russie du tsar Alexandre II et la France de Napoléon III, ce qui suscita alors une émotion profonde en Italie et en Europe. C'est ainsi que l'essentiel de la collection Campana arriva au musée du Louvre. Aujourd'hui encore, la galerie Campana, où sont exposés les vases grecs, garde le nom de cette collection qui a joué un rôle décisif dans la constitution des collections du Louvre.
    Ce catalogue entend donner, pour la première fois depuis sa dispersion, une vision d'ensemble de cette légendaire collection.
    Il présente la personnalité fl amboyante de Campana et la société dans laquelle il évolua, l'histoire de la collection, la reconstitution de salles du musée Campana à Rome, le goût du collectionneur pour les pastiches et les faux. Il met également en lumière l'infl uence immense de la collection Campana dans l'art et l'artisanat de la seconde moitié du XIX e siècle.

  • L'art brut existe-t-il ?

    Collectif

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    • 21 Mars 2019

    La question de ce qui est art brut ou non se pose. Art des enfants ? Art populaire ? Art naïf ? Art hors-les-normes ou art singulier ?
    Le nom-même est questionné : pourquoi l'appeler « brut » quand des artistes comme ceux de Cobra s'attachent eux aussi à faire des expressions artistiques libérées des codes traditionnels de représentation ?
    Jean Dubuffet emploie pour la première fois le terme « art brut » lors de visites dans les hôpitaux psychiatriques suisses avec Jean Paulhan en 1945. Et il écrit dans son manifeste pour la première exposition collective de l'Art Brut à la galerie René Drouin en 1949 : « Nous entendons par là des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique ».
    Les productions esthétiques réalisées en hôpital psychiatrique ont joué un rôle déclencheur, dont bien sûr celles d'Antonin Artaud. Or, certains contestent le qualificatif même d'« art » pour ces productions, d'autres y voient une source de « thérapie . Nom et contenu posent donc de nombreuses questions qui sont ici abordées grâce à des contributions riches et utiles. La question de la sélection et des processus de valorisation est interrogée, éclairée par une importante et variée iconographie.

  • L'empire hittite, grande puissance rivale de l'Égypte antique, domina l'Anatolie et étendit son influence sur le Levant, jusqu'aux alentours de 1 200 av. J.-C. Sa chute donna lieu à l'émergence de royaumes néo-hittites et araméens dans la Turquie et la Syrie modernes, héritiers des traditions politiques, culturelles et artistiques de l'empire disparu.
    L'ouvrage invite à redécouvrir les sites mythiques de cette civilisation oubliée, dont les vestiges majestueux du site de Tell Halaf, situé près de l'actuelle frontière turcosyrienne. Ce site majeur du patrimoine syrien fut découvert par Max von Oppenheim qui y conduisit des fouilles de 1911 à 1913. Les grandes sculptures qui ornaient le palais du roi araméen Kapara furent ramenées à Berlin où elles furent exposées puis très fortement endommagées dans les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Un incroyable travail de restauration mené au début des années 2000 a permis de les réhabiliter.

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