Institut de la gestion publique et du développement économique

  • Les septièmes « Rencontres internationales de la gestion publique », organisées en juin 2008 par l'Institut de la gestion publique et du développement économique en partenariat avec l'OCDE, ont eu pour thème : « Évaluer les politiques publiques pour améliorer l'action publique ». En France l'évaluation des politiques publiques s'inscrit dans une actualité nouvelle. L'article 47-2 de la Constitution en consacre, en effet, l'obligation. Toutefois les tentatives d'évaluation effectuées depuis 1989 en ont donné une image négative : études lourdes et absconses, ne ébouchant guère sur des décisions ; travaux enlisés dans des comités pléthoriques... Comment alors relever le pari de la Constitution tout en ne reproduisant pas les erreurs réelles ou supposées du passé ? L'expérience internationale peut être une source d'inspiration, en permettant notamment de dégager une voie moyenne entre les audits rapides et l'évaluation ou en invitant à renforcer le travail entre les évaluateurs, les administrations et la société civile. La confrontation de regards différents et d'expertises plurielles permet à l'action publique de déboucher sur de meilleurs résultats. La France dispose de la LOLF et de la RGPP : comment bâtir sur ces bases en s'inspirant de l'expérience de pays qui pratiquent également une gestion par programmes ? Cet ouvrage trace un tableau des préoccupations concrètes que rencontrent divers pays dans le développement de l'évaluation : Royaume-Uni, Espagne, Suède, Italie, France, Pays-Bas. Les multiples questions de méthodes, de stratégies, et les relations entre les acteurs sont ici abordées. Cet ouvrage s'adresse à ceux qui s'intéressent à l'évaluation mais également aux questions sociales, notamment à celles relatives à l'organisation des débats publics dans le cadre de la mise en oeuvre de politiques publiques.

  • Nos sociétés contemporaines sont traversées par des tensions sociales, économiques et environnementales d'ampleur. La succession des crises financières et écologiques, les excès du capitalisme, la financiarisation croissante des activités humaines ou encore la mondialisation des inégalités imposent de construire de nouveaux référentiels économiques pour penser les politiques publiques de demain. Dans ce contexte, alors que les recettes passées ont montré leurs limites, il semble pertinent de s'interroger sur le rôle que pourrait jouer une économie plus sociale et solidaire. Quels changements et nouveaux savoir-faire pourrait-on imaginer dans ce contexte socio-économique en mutation ? Comment pourrait-on répondre différemment aux besoins et promouvoir des formes d'actions alternatives à la logique de l'accumulation ? En invitant des chercheurs en sciences humaines et sociales à se pencher sur ces questions et en leur proposant de réfléchir à de nouvelles façons de comprendre le monde, pour mieux y agir, cet ouvrage se veut sortir des solutions conventionnelles et répétitives souvent suggérées par les experts proches de la science économique « dominante ». Il emprunte, dans une première partie, des chemins stimulants pour « repenser » l'économie. Les questions de mesure de la richesse, de confiance dans les relations économiques ou encore de gestion des biens communs sont ainsi abordées. Ce sont, ensuite, des pistes concrètes pour renouveler les fondements de l'État social qui sont envisagées. Se dessinent alors de nouveaux espaces de transformation que l'économie sociale et solidaire semble pouvoir développer.

  • Il est souvent question, dans la presse, de ces jeunes nés entre le début des années 80 et le milieu des années 90, qui ont grandi avec les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC), notamment les médias sociaux, et que l'on qualifie de « génération Y ». Pourtant peu de travaux analysent les conséquences de leur arrivée sur le marché du travail. Alors que les administrations publiques, confrontées au départ en retraite des « baby boomers », vont bientôt recruter des jeunes en grand nombre, il est indispensable de s'interroger sur les caractéristiques professionnelles de ces derniers qui semblent assez distinctes de celles de leurs aînés. La première partie de l'ouvrage souligne, à partir de travaux de chercheurs, certains traits de la génération Y, notamment son étroite relation avec les NTIC. Dans un second temps, ce sont les modalités d'adaptation des administrations françaises, européennes et étrangères qui sont analysées. Comment créent-elles un écosystème propice à l'accueil de ces nouveaux entrants ? Au-delà d'une réflexion sur les pratiques de gestion des ressources humaines, cet ouvrage invite les managers, du public comme du privé, à une assez profonde mutation culturelle.

  • La gestion du territoire est complexe, pluridisciplinaire... et conflictuelle. Chaque acteur public en a sa propre représentation qui, ­combinée à sa conception de l'intérêt général, génère des concurrences institutionnelles, des divergences sur le fond même des politiques à conduire, des antagonismes. Cet ouvrage trouve son origine dans un séminaire entre géographes, politistes, juristes, économistes et décideurs territoriaux qui ont ­cherché à mettre en lumière les interactions des différents niveaux de l'action publique. Les sujets abordés sont divers : le concept de cohésion territoriale au sein de l'Union européenne et son évolution, les rapports entre ­Washington et les États fédérés, la décentralisation italienne, l'importance des régions métropolitaines aux États-Unis, le Grand Paris, la réforme du fédéralisme allemand, la Catalogne et son expérience de réhabilitation urbaine. À partir de ces exemples, les auteurs démontrent que la gouvernance des territoires est une question éminemment géopolitique. Les affrontements qui en résultent compromettent souvent la réussite des politiques publiques et la compétitivité des territoires. Parfois, au contraire, ils font surgir innovation et dynamisme.

  • L'éthique est, indubitablement, la pierre angulaire de l'action publique. Son enracinement dans la conscience et la pratique des agents publics conditionne le respect et la confiance que les citoyens accordent à leur administration. Quels que soient le niveau d'instruction et de développement des peuples ou leur culture administrative et politique, l'exigence d'une gestion publique rigoureuse, soucieuse du bon usage de l'impôt et de l'intérêt général, se répand dans le monde en accompagnement de la globalisation de l'information et de la transparence accrue qu'elle implique. C'est ainsi que l'éthique, en tant que concept, tend à se diffuser et à être plus fortement visible dans les agendas politiques. Mais sa mise en oeuvre au quotidien demeure difficile. La conciliation entre bonnes intentions, cadre législatif et pratique effective est au centre du présent ouvrage, issu des 12e Rencontres internationales de la gestion publique. Il confronte les résultats de recherches scientifiques sur la nature, les causes et les techniques d'éradication de la corruption, et les témoignages de praticiens issus d'administrations d'État et d'organisations internationales sur les stratégies globales et sectorielles de prévention et de lutte contre ce fléau. Une attention particulière est portée aux marchés publics, qui constituent autant une source de difficultés qu'un élément de solution.

  • Comment « naît » l'idée d'une réorganisation administrative et selon quel schéma décisionnel s'impose-t-elle ? Quels en sont les acteurs principaux ? En quels termes, ou sur quel registre (politique, corporatiste, rationaliste, économique, etc.) est-elle défendue ou combattue ? Existe-t-il des contextes historiques ou des configurations favorisant ce type de réforme de l'État ? Nos voisins européens connaissent-ils des expériences similaires en la matière ? La transformation de certains services en agence est-elle un mode privilégié de réorganisation administrative ? Des réformes telles que la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) ou la révision générale des politiques publiques (RGPP) amplifient-elles cette dynamique ? À partir d'exemples précis, les contributions réunies dans cet ouvrage font la lumière sur les processus de création, suppression, fusion de ministères ou de directions ainsi que l'externalisation des tâches via la création d'agences. Envisagées sous forme de bilan et perspectives, elles s'appuient sur diverses approches en économie, sociologie, droit, histoire, science politique, et philosophie. On y distingue, dans une optique comparée en France et en Europe, les multiples enjeux d'ordre économique, administratif et politique des réorganisations dans l'administration. Cet ouvrage à destination des décideurs, des chercheurs et des citoyens contribue ainsi à mieux comprendre ce qui caractérise cette dimension particulière de la réforme de l'État.

empty