Institut de la gestion publique et du développement économique

  • Le colloque sur La France, l'Europe et l'aide au développement, des traités de Rome à nos jours, tenu à l'initiative de l'AFD et de l'IGPDE, présente sous la forme d'un dialogue entre des universitaires et des grands acteurs de terrain (Philippe de Fontaine Vive, Dieter Frisch, Omar Kabbaj, Bernard Petit, Dov Zerah, Tertius Zongo) un état des lieux de la coopération pour le développement de trois acteurs clefs : l'AFD et les gouvernements français, la Commission européenne, les États bénéficiaires de l'aide. L'aide publique française au développement tient, depuis 1945, à des raisons humanistes et morales, politiques évidemment et de défense des intérêts économiques français. Elle entre dans le dispositif de l'influence française dans les relations internationales. Quel sens donner désormais à l'aide française au développement alors qu'un nouvel acteur, la Commission européenne, intervient dans ce champ depuis 1958 ? Quelle politique les États membres de l'Union européenne et la Commission proposent-ils pour le développement ? Comment la France investit-elle la dimension européenne de l'aide ? L'aide a-t-elle encore un sens dans un espace économique libéralisé où l'initiative privée est prééminente ? Les réponses données manifestent que les sociétés européennes conçoivent les relations internationales autrement qu'en s'appuyant sur les rapports de force économiques ou de froide indifférence. Le colloque du 8 décembre 2011 a célébré les 70 ans de l'Agence Française de Développement, héritière de la Caisse centrale de la France libre créée à Londres par le général de Gaulle, le 2 décembre 1941.

  • La crise du logement que connaît la France dès les années 1930, et plus encore au lendemain de la guerre, constitue véritablement le « problème social numéro un » des Trente Glorieuses. D'une ampleur exceptionnelle, comme le rappellent les événements dramatiques de l'hiver 1954, elle conduit l'État à intervenir pour encourager la construction immobilière. C'est cette intervention, sous la forme d'une aide financière publique à la construction privée, qui aboutit à « l'invention » du logement aidé. À quelles préoccupations sociales, mais aussi politiques et économiques, cette invention répond-elle ? Pourquoi les pouvoirs publics ont-ils choisi de créer le logement aidé plutôt que de relancer le logement social (HLM) ? Quelles contraintes pèsent alors sur le marché immobilier ? Comment et dans quelle mesure le logement aidé permet-il aux Français de retrouver le « goût de la pierre » et d'obtenir un toit ? « En procédant à une reconstitution impeccable de l'histoire du secteur aidé, le beau livre de Sabine Effosse parvient donc à suivre et à éclairer toute la politique du logement en France de la fin de la IIe République jusqu'à la fin de la république gaullienne et ajoute ainsi à l'histoire économique et sociale de cette période une dimension précieuse qui jusqu'ici était par trop demeurée dans l'ombre. » Alain Plessis.

  • La création de l'Office national interprofessionnel du blé (ONIB) par le gouvernement du Front populaire à l'été 1936 est l'accomplissement d'un élément du programme socialiste, mais il est surtout une réponse à la grave crise du marché du blé qui frappe le pays. Cette crise agricole de surproduction à l'échelle mondiale entraîne en France, malgré la mobilisation parlementaire, des réponses politiques longtemps tâtonnantes, qui ne parviennent pas à lutter contre les fraudes et les scandales provoqués par la spéculation. Ainsi la loi sur le prix minimum de l'été 1933 est un échec tant les intérêts des producteurs, des consommateurs et des différents intermédiaires sont en contradiction. La création de l'ONIB est difficile et témoigne aussi de ces oppositions. L'Office est modifié dans son fonctionnement dès 1938 pour faire face aux enjeux financiers. Transformé en Office national interprofessionnel des céréales (ONIC), l'Office est maintenu sous l'Occupation puis à la Libération pour faire face aux difficultés du ravitaillement. Fondée sur des archives diverses et méconnues, cette étude se veut une illustration de l'entremêlement de l'histoire économique et de l'histoire sociale avec l'histoire politique. Elle permet aussi de revenir aux sources des mécanismes de régulation des marchés agricoles qui ont été très influents dans la seconde moitié du XXe siècle et en particulier pour la politique agricole commune (PAC).

  • Pour analyser la guerre d'Indochine, à la fois réputée « trop chère » et pervertie par le trafic des piastres, Hugues Tertrais a privilégié le point de vue financier. Il ouvre ainsi une fenêtre à la fois nécessaire et originale qui éclaire différemment le conflit et permet d'en repenser le déroulement. Car si l'argent est le « nerf de la guerre », l'occasion des profits indirects. En s'appuyant sur les archives économiques et financières, l'auteur montre comment le conflit, au départ de nature coloniale, a été rattrapé par son coût. En effet, à défaut de pousser à la négociation avec l'adversaire, dans un contexte marqué par les fortes tensions de la guerre froide, les contraintes financières plaidaient pour un montage combinant les États associés et l'aide américaine, et un désengagement progressif. Le financement de la guerre d'Indochine a donc été un élément déterminant de son évolution. L'évaluation du coût de la guerre conduit ainsi à une évaluation de la guerre elle-même, à travers la nature de ses dépenses, les modalités de leur financement et la gestion des flux financiers qui en découlent, dans laquelle le ministère des Finances joue un rôle croissant : un an avant Dien Bien Phu, la dévaluation de la piastre indiquera le sens que la France donne à ses ultimes ambitions en Asie. La guerre d'Indochine est alors « à vendre » et les Etats-Unis apparaissent comme le seul acquéreur possible. La suite n'est certes alors pas encore écrite mais on sait que si la France - pertes et profits confondus - sortira de l'aventure sans trop de dommages, il n'en sera pas de même des pays d'Indochine, certes indépendants mais balkanisés et dans une paix plus que provisoire.

  • Au début de la Troisième République, le gouvernement se préoccupe de trouver des solutions aux problèmes provoqués par la stagnation économique et l'essor de la concurrence internationale. Constitué en 1881 par Gambetta, le ministère du Commerce, renommé ministère du Commerce et de l'Industrie en 1886, doit répondre aux attentes des milieux économiques, mais aussi aux espoirs des « couches nouvelles » de la société (petits commerçants, artisans et ouvriers), pour qui il incarne l'idée de progrès, mise en avant par les dirigeants politiques. À partir d'une source peu exploitée, les rapports de la commission du budget de la Chambre des députés, Jean-Philippe Dumas retrace les principales réformes mises en oeuvre par les services chargés du Commerce et de l'Industrie entre 1870 et 1914. Il s'intéresse ainsi au droit commercial, à la propriété industrielle, aux exportations, à la police du travail, mais aussi aux expositions universelles ou à l'enseignement technique. Son travail met en évidence la responsabilité de plus en plus grande des hauts fonctionnaires dans les décisions publiques. Si certains préparent la mobilisation économique de la Première Guerre mondiale, d'autres envisagent la construction d'une économie plus juste, perspective qui influencera durablement la haute fonction publique au XXe siècle.

  • La Grande Guerre constitue un tournant majeur dans la gestion des finances publiques au XXe siècle. En préférant essentiellement l'emprunt à l'impôt pour faire face aux dépenses de guerre, les pays belligérants ouvrent en effet le cycle durable du déficit budgétaire, de l'endettement, de la dépréciation monétaire et de l'inflation. Mais au-delà des questions de financement, c'est l'ensemble du système de gestion des finances publiques qui se voit déstabilisé par le choc de la mobilisation générale, par la durée non prévue du conflit et par les défaillances ou les insuffisances de l'État libéral hérité du XIXe siècle. Faisant suite à un premier volume consacré au « troisième front » et à « la mobilisation financière », ce deuxième volume s'attache plus particulièrement à évaluer l'impact du conflit sur les institutions politiques et financières aux prises avec les dépenses de guerre (gouvernement, commissions parlementaires, ministère des Finances, Cour des comptes, corps de contrôle, organisations non gouvernementales, banques). La désorganisation et le désordre des circuits comptables, le relâchement ou la disparition des contrôles budgétaires et juridictionnels, les inadaptations et les improvisations administratives se combinent cependant avec des innovations gestionnaires qui manifestent la capacité des acteurs publics à affronter l'urgence et la nécessité. De la conduite de la guerre émergent les traits encore flous d'une nouvelle figure de l'État, un État sommé de prévoir, diriger, organiser et contrôler. Une bibliographie thématique enrichie complète cet ouvrage qui vient éclairer d'un jour nouveau les formes financières du « gouvernement de guerre » de 1914 à 1918.

  • À l'heure de l'après-guerre froide et de la reconversion des ex-pays de l'Est à l'économie de marché, La France, l'aide américaine et la construction européenne constitue un ouvrage de référence pour tous ceux que soucie le devenir de l'Europe. Dans cette somme que forment la thèse qu'il a soutenue en 1988, sous la direction du professeur René Girault, et douze chapitres complémentaires, Gérard Bossuat analyse les mécanismes des aides américaines à la France, leurs conséquences intérieures, leur influence sur la politique européenne de la IVe République... Il montre combien furent malaisées, en dépit de la manne du Plan Marshall, les vastes entreprises de la reconstruction, de la modernisation et de l'intégration européenne. À travers cette histoire de l'aide américaine à la France, bilatérale, puis multilatérale, économique puis militaire, on voit agir, de Jean Monnet à Olivier Wormser, Hervé Alphand, François Bloch-Lainé, Robert Marjolin et les grands ministres, Robert Schuman, Georges Bidault, René Pleven, Léon Blum, René Mayer, ceux qui ont fait la France d'après-guerre. « En vérité, après bien d'autres ouvrages sur la IVe République, dans ce livre le lecteur va découvrir ceux qui ont fait la France actuelle, acteurs illustres et moins connus, leurs idéaux et leurs moyes. Il va comprendre un fait qui, jusqu'à maintenant, avait été moins observés que d'autres, à savoir l'influence des « amis américains » sur la gestion des affaires françaises, dans le domaine de l'économie surtout » souligne René Girault.

  • Cette thèse de doctorat d'État soutenue en 1989 sous la direction de M. Jean Bouvier (+) et de M. René Girault renouvelle l'histoire politique et économique du XXe siècle. L'auteur étudie les mutations de l'État entre la crise des années trente et l'amorce de la forte croissance à la fin des années quarante sans oublier les années de guerre et d'occupation. Si l'étude porte avant tout sur les aspects économiques et financiers, les hommes et les "mentalités" ne sont pas pour autant négligés et retrouvent là une place de choix dans l'analyse des décisions politiques et stratégiques.

  • Avec le front militaire et le front social, un troisième front, celui des finances de guerre, s'est ouvert en 1914. Par les ruptures et les bouleversements qu'il a engendrés en matière de financement et d'équilibres économiques et monétaires mondiaux, il constitue le véritable tournant du XXe siècle, celui de la dette publique et de l'inflation pour la plupart des pays belligérants. Ce thème a fait l'objet de la première manifestation scientifique du cycle des quatre journées d'études consacrées au ministère des Finances dans la Grande Guerre et dont cet ouvrage collectif est le fruit. Concentré sur la mobilisation des ressources financières des principaux pays belligérants et sur les ruptures engendrées par le conflit en termes de finances publiques, ce recueil de travaux inédits comble une lacune importante de l'historiographie française sur la dimension économique et financière de la Grande Guerre. La crise financière de l'été 1914, les ruptures monétaires et financières à l'échelle du monde, la mobilisation tous azimuts des ressources par les pays belligérants, l'appel aux épargnants, autant de thèmes novateurs qui sont ici traités, sans oublier les relations complexes entre le ministère des Finances et la banque centrale, ici revisitées. Le conflit engendre également des changements institutionnels, car une guerre non préparée suscite des improvisations et la pénurie est parfois source d'innovations : quel a été l'impact de la guerre sur les ressources financières de l'état à court et moyen termes ? Comment les circuits de l'argent se sont-ils modifiés ? Quelles formes a revêtues l'appel au patriotisme financier d'un pays à l'autre ? Un index des noms et une bibliographie thématique complètent cet ouvrage qui éclaire d'un jour nouveau une dimension essentielle du premier conflit du XXesiècle.

  • Durant la Grande Guerre, la mobilisation financière des Français pour soutenir les combats a été à la hauteur de la mobilisation humaine. Dans ce contexte et pour gagner une guerre totale et mondiale, les banques nationales deviennent des acteurs clés du financement du conflit. Ce livre présente des destins bancaires très contrastés. Alors que la Société générale se recentre sur ses activités en France, Paribas se tourne résolument vers les États-Unis et se renforce en Europe centrale. Une autre banque parisienne, le CIC, s'offre une expansion régionale dans la continuité de l'avant-guerre. Certaines banques du Nord se régénèrent à Paris, développent un réseau national et sortent de la guerre renforcées, malgré les vicissitudes de l'occupation allemande. Les banques alsaciennes, quant à elles, souffrent cruellement lors du conflit puis du rattachement à la France. Le financement de l'économie est en outre profondément et durablement modifié, notamment car le marché boursier est en sommeil. La place des banques françaises dans le monde demeurera, pour des décennies, en retrait de sa position d'avant-guerre. Les nouveaux liens, entre collaboration nécessaire et tutelle de fait, qui se tissent entre l'État et les banques dureront jusqu'aux réformes bancaires des années 1980. Parallèlement, les difficultés humaines engendrées par la guerre ainsi que le développement du travail des femmes incitent les banques à mener une politique sociale novatrice et modifient l'organisation de ces entreprises, en particulier au Crédit Lyonnais. Le métier de la banque de détail évolue également (mécanisation accrue, titres d'emprunts à diffuser auprès du plus grand nombre, démocratisation des chèques...). Enfin, le conflit (avec l'épargne bloquée dans les Caisses d'épargne, la monnaie dévaluée, les impôts augmentés...) bouleverse la relation des Français avec leur argent.

  • À l'été 2008, la planète tremble en découvrant l'ampleur de la crise financière. Les subprimes deviennent en quelques semaines une réalité dévastatrice. Peut-on considérer que l'échec a eu une vertu et que du séisme est sorti un bien ? Sans doute, mais à quel prix ? Success story, demande de régulation, crise, faillite, échec, tels sont les axes d'une réflexion à laquelle l'Association française d'histoire économique (AFHÉ) a voulu participer à l'occasion de son dernier congrès, les 4 et 5 octobre 2013. Les travaux présentés dans cet ouvrage font varier les échelles d'analyse - temporelle, spatiale et sociale - et révèlent les multiples dimensions de l'échec, puisque celui des uns forge parfois le succès des autres et peut avoir des retombées imprévisibles, pas nécessairement négatives, que l'on se place au niveau des individus, des familles, des sociétés ou de l'humanité tout entière. Lorsque pointe l'échec, plusieurs options s'ouvrent : c'est l'heure des choix. Faut-il opter pour une gestion prudente ? Réorienter l'activité et se faire plus offensif ou au contraire abandonner un créneau, un projet ? Renoncer, persévérer, recréer ? L'échec peut alimenter le repli et le conservatisme autant que l'innovation et la prise de risques. Si la remise en cause est une vertu possible de l'échec, quels en sont les lieux et les outils ? On trouvera ici vingt-quatre interventions inédites organisées en cinq thèmes qui rendent compte de la richesse des approches : les usages sociaux de la faillite ; l'histoire des entreprises ; les espaces transfrontaliers et politiques en Europe ; les districts et les territoires ; les institutions et les politiques publiques. Si le thème de réflexion peut surprendre par sa formulation antinomique, l'introduction d'Aldo Schiavone, « Quelques hypothèses sur les temps qui nous attendent », confirme la justesse de l'intuition originale.

  • Jean Monnet est mal connu ! Celui qui est considéré comme le « père de l'Europe », parmi d'autres cependant, ne s'est affirmé sur ce créneau que tardivement, à plus de 60 ans, au moment de la déclaration Schuman du 9 mai 1950. Auparavant, l'homme avait eu plusieurs vies : chargé, à son initiative, d'organiser les comités de ravitaillement de la France et de la Grande-Bretagne durant la Première Guerre mondiale, il devint secrétaire général adjoint de la SDN de 1919 à 1923. Commence alors une étape pendant laquelle il développe son goût pour les affaires financières internationales, objet de ce livre. Banquier d'investissement avec la firme Blair and Co., fondateur d'une banque d'affaires, la Monnet, Murnane and Co., investisseur malheureux dans la Bank of America de Giannini en Californie durant les années de crise, puis chargé en 1932 d'organiser un consortium financier international pour développer la Chine de T. V. Soong, la China Development Finance Corporation (CDFC), en s'appuyant sur des banques américaines et françaises. Jamais il n'aura été autant globe-trotteur, voyageant sur les grands paquebots entre la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis, le Canada puis la Chine et le Japon. Point d'Europe unie dans ces activités qui, semble-t-il, l'ont finalement lassé. C'est pourquoi il répond en 1938 à l'appel de Daladier pour acheter des avions américains. Une autre histoire commence alors ; celle du banquier Monnet est terminée. Ce livre présente des textes originaux de chercheurs, Gérard Bossuat, Renaud Boulanger, Pierre de Longuemar, Philippe Mioche, Yuichiro Miyashita, qui éclairent ce moment des activités de Jean Monnet. La difficulté était d'accéder à des sources fiables, dispersées, pour une période moins bien documentée que celles qui suivent. Ils font apparaître la complexité et la richesse relationnelle d'un banquier d'affaires avant la Seconde Guerre mondiale, préoccupé d'affaires internationales, financières certes, mais au plus près des milieux politiques internationaux et impliqué dans la grande histoire des relations internationales.

  • Les grands corps de l'État n'ont pas toujours bonne presse, mais, en même temps, ils fascinent. Créé au XVIIIe siècle, le corps des Mines n'a cessé de contribuer à la construction économique du pays. Passés par l'École polytechnique et l'École des mines, les ingénieurs du corps ont surveillé et, souvent, directement encadré les secteurs de l'industrie et de l'énergie. Ils ont également joué un rôle éminent dans le domaine scientifique, leurs contributions allant des sciences « dures » (mathématiques et physique, avec Henri Poincaré, chimie avec Henry Le Chatelier) à l'économie, avec Maurice Allais, le seul Français ayant reçu le prix Nobel d'économie, et aussi la sociologie, avec Frédéric Le Play, considéré comme l'un des précurseurs de cette discipline. Industriel dans son essence, industrialiste dans son esprit, ce corps de fonctionnaires a souvent adopté des approches libérales, mais, a contrario, il a souvent impulsé un patriotisme économique de bon aloi dans le cadre de « grands programmes » d'État. Il restait à la richesse de cette expérience, à la fois technique, scientifique et administrative, à se constituer en histoire, à se « conscientiser ». Telle était l'ambition du colloque dont les actes sont présentés dans ce volume. Organisé dans le cadre de la célébration du deux centième anniversaire du décret du 18 novembre 1810 qui a organisé le « Corps impérial des Ingénieurs des Mines », ce colloque historique s'est attaché à mettre en lumière le rôle joué au service de la France par ces hauts fonctionnaires à formation scientifique et technique.

  • La cause semblerait entendue... Nous vivons dans la société de l'information et de la communication depuis la « révolution » Internet. Cette mutation serait née aux États-Unis. Elle nous ouvrirait un monde du « virtuel » et marquerait le triomphe de l'immatériel. Aucune de ces affirmations n'est totalement inexacte, mais toutes reflètent une vision déformée, sans recul historique ni profondeur d'analyse de notre réalité numérique. Ce livre porte le regard sur le rôle du corps des Télécommunications (aujourd'hui fusionné avec le corps des Mines) et, à travers lui, sur l'histoire de ce domaine depuis le milieu du XIXe siècle. Il souligne que la réalité américaine, pour être incontournable, ne fut pas la seule et qu'en se mobilisant pour un projet national, ces ingénieurs formés par leur pays surent donner à la France un rôle majeur dans le développement d'un secteur essentiel pour la prospérité et la souveraineté des nations. Télégraphie, téléphonie, câbles sous-marins, satellites, réseaux de données, Internet, Web, mobiles... en un siècle et demi les dispositifs techniques se sont succédé et ont vu la France s'intégrer avec plus ou moins d'à-propos dans un mouvement qui a transformé le monde. En relevant l'industrie française des télécommunications et en dotant le pays d'un réseau moderne et performant, ingénieurs, entrepreneurs et politiques ont permis à la France de prendre, dans le dernier tiers du XXe siècle, une place significative dans cette dynamique au sein de laquelle son rôle était longtemps resté marginal. Il en ressort que la technologie et l'ambition sont vaines sans une vision politique et que celle-ci n'est rien si elle n'est portée par des hommes et des femmes ayant la volonté et l'expertise nécessaires pour l'incarner. En associant l'analyse des historiens aux apports de l'économie et de la sociologie, en croisant les approches académiques avec le témoignage des acteurs, cet ouvrage offre les clefs qui permettront de mieux comprendre les enjeux du temps présent. Entre la doxa béate des apôtres du Web et les discours anxieux de ses pourfendeurs, il devient alors possible de penser sereinement et lucidement le présent et le futur des technologies numériques.

  • Cet ouvrage raconte une histoire que résumait ainsi le chef du Service en 1941 : « Autrefois, l'Inspection était pour presque tous une carrière que l'on parcourait depuis l'admission jusqu'à la retraite. Aujourd'hui, l'Inspection est, pour la plupart des jeunes, un tremplin d'où ils s'élanceront vers d'autres postes. Autrefois, la qualification d'inspecteur des Finances était l'intitulé d'une fonction. Aujourd'hui, elle est un titre employé à se faire ouvrir toutes les portes ». Entre 1918 et 1946, 355 inspecteurs des Finances, ayant en commun la réussite au concours, ont progressivement délaissé leur métier et l'Inspection « souffrante » au profit de leur carrière et de l'Inspection « dirigeante » ou « triomphante », établissant, particularité française, une position hégémonique sur les finances publiques et privées. Cette étude du marché de l'emploi des inspecteurs dans la conjoncture politiquement et économiquement contrastée des « trente tumultueuses » s'appuie sur l'analyse quantitative des emplois et sur l'étude qualitative de l'offre, de la demande et des mécanismes d'ajustement établis consciemment par les inspecteurs et leurs employeurs pour assurer la prééminence du corps. Si les effets de cette domination ne sont pas occultés, l'essentiel de ­l'ouvrage porte sur ses étapes, ses limites et ses causes autant ­endogènes qu'exogènes. Parmi elles, les besoins des ministres des Finances ­successifs d'imposer leur autorité sur l'appareil d'État et dans l'économie comptent autant, sinon plus, que la diversité des ambitions héritées ou transmises par les camarades.

  • Dans les débats d'aujourd'hui sur la recherche d'une croissance durable de l'économie, le développement et la diffusion des hautes technologies sont reconnus comme des éléments décisifs. Il s'agit de trouver les moyens et l'organisation pertinents pour mettre en oeuvre les découvertes et les applications scientifiques les plus récentes et assurer le renouveau du tissu économique et social. La conception de produits et de services dans ces domaines, la création et l'essor d'entreprises petites et grandes, le soutien ou les commandes que peuvent leur apporter les différents pouvoirs publics, le rôle des universités et de la recherche, leur impact sur l'environnement, les changements de la société civile et de l'opinion à leur égard sont devenus des enjeux majeurs. Outre la croissance, il y va de la souveraineté, de l'indépendance nationale et de la capacité d'alliance et de coopération des nations. Ce livre est le premier ouvrage d'ensemble qui, loin de se limiter à un secteur, aborde leur histoire parallèle aux États-Unis et en France depuis 1945, deux pays aussi différents par leurs atouts et leur culture que liés par leur histoire et la géopolitique. Il aborde la question de l'hégémonie américaine vis-à-vis des Européens et celle des voies qui s'offrent à eux dans ce contexte, seuls ou ensemble. Il ne se contente pas, en effet, d'une approche nationale : il traite du niveau local et régional comme de la place de l'Europe et du rôle des organismes internationaux. Une première partie analyse les réussites mais aussi quelques échecs du pilotage par l'État de secteurs pionniers. Une deuxième partie concerne spécifiquement les ressources stratégiques et les enjeux militaires. Une troisième partie aborde l'écologie des entreprises de haute technologie et de leurs produits : accès aux technologies, financements, demande, marchés. Une quatrième partie étudie comment, pour faire face au double défi de la concurrence et de la coopération, ont été trouvées des articulations entre les logiques territoriales régionale, nationale et européenne qui sont devenues des bases d'une innovation soutenue dans les hautes technologies. Une table ronde entre acteurs du temps présent fait des comparaisons à l'échelle du monde, débat des forces et des faiblesses françaises en la matière, et s'interroge sur les politiques publiques possibles aux échelles nationale et européenne. Ce livre associe historiens, sociologues, géographes et politistes étrangers et français à des témoignages d'acteurs français importants des secteurs privé et public.

  • Des craintes d'une Europe trop libérale exprimées par Pierre Mendès France, au soutien du général de Gaulle à une Europe modernisatrice mais non fédérale, le modèle économique et institutionnel de la CEE est âprement débattu depuis les débuts de sa négociation en 1955 jusqu'au départ du président français en 1969. S'appuyant sur une approche novatrice - le croisement des sources françaises et européennes - cette étude montre un visage méconnu du général de Gaulle, celui d'un « père involontaire » de l'Europe. Sans son action, la CEE n'aurait pas pu se développer aussi rapidement. De plus, l'étude de politiques publiques négligées comme la « programmation », une forme de planification européenne développée par le commissaire Robert Marjolin, les premières réflexions sur l'union monétaire, ou la naissance de la politique de la concurrence promue par les ordolibéraux allemands, montre que l'intégration économique européenne fait l'objet de vifs débats depuis l'origine. Les controverses actuelles sur l'Union économique et monétaire ou l'opposition entre politique de la concurrence et politique industrielle en sont ainsi éclairées. « On comprend ainsi que Laurent Warlouzet ne s'est pas contenté d'exploiter des points de vue français. Il a aussi tenu compte de conceptions exprimées par nos partenaires. C'est pourquoi ce livre si important mériterait de faire école... » Michel Albert, membre de l'Institut.

  • Le vote et la mise en oeuvre de la loi organique relative aux lois de finances du 1er août 2001 ont rappelé l'importance de la régulation et de la gestion des finances publiques. Pour ses promoteurs, la LOLF introduirait de manière inédite des préoccupations managériales dans le droit budgétaire et comptable, volontiers présenté comme peu soucieux de considérations d'efficacité ou d'efficience. Cette actualité de la LOLF incite l'historien, le juriste ou le politiste à prendre de la distance en réinscrivant ces mutations dans la longue durée. À travers une série d'études inédites, cet ouvrage retrace l'histoire mal connue des principes, des règles, des instruments et des pratiques qui ont façonné le droit budgétaire et compta ble tout au long du XIXe siècle, depuis sa refondation sous la Restauration jusqu'au début de la Première Guerre mondiale. Comment et à travers quels enjeux sont produites les normes du droit budgétaire et comptable ? Quels débats de doctrine suscitentelles ? Que nous apporte la perspective historique pour (re)penser les relations entre la mise en place d'un droit des finances publiques et les préoccupations gestionnaires ? Quelles pratiques ce droit génère-t-il ? Telles sont les grandes questions auxquelles s'efforce de répondre ce livre sur la période 1815-1914. Les analyses et hypothèses avancées dans l'ouvrage sont issues de la confrontation féconde de plusieurs champs disciplinaires, l'histoire, le droit et la science politique. Premier tome d'une « Histoire de la gestion des finances publiques de 1815 à nos jours », ce volume contribue à une histoire de l'État qui s'inscrit au coeur d'un dialogue passé-présent et qui suit le fil riche et complexe du développement de la gestion des finances publiques.

  • Ce dictionnaire rassemble, en quarante-cinq notices réparties en trois volumes, les biographies très documentées des ministres des Finances, de la Révolution française jusqu'à la fin du Second Empire. Illustrées pour la plupart d'un portrait, enrichies par le dépouillement d'archives jusqu'alors inexploitées, telles que les archives notariales, elles détaillent les précisions recueillies sur la famille de chaque ministre, sur son éducation, sur sa fortune familiale et enfin sur sa carrière et son rôle dans la gestion des finances. Toute l'histoire financière de la France à cette époque est évoquée à travers les parcours de ces ministres. Dans ce troisième volume, Guy Antonetti, Fabien Cardoni et Matthieu de Oliveira reviennent sur la période allant de 1848, avec la crise financière et l'avènement de la Deuxième République, à la chute du Second Empire en 1870. Marquée par le passage aux Finances de ministres d'importance tels que Goudchaux et Garnier Pagès, Fould, Bineau et Magne, cette période se révèle riche en réformes dont quelques-unes sont révolutionnaires et sans lendemain, tandis que d'autres se révèlent plus durables. C'est ainsi que sont adoptés sous la Deuxième République le timbre-poste et le principe d'un prélèvement sur les revenus du patrimoine, tandis que le premier projet d'impôt sur le revenu progressif est proposé, discuté et finalement rejeté. C'est au début du Second Empire que la conversion de la rente, si longtemps débattue, est mise en oeuvre et que la souscription publique des emprunts d'État devient la règle. C'est encore sous l'Empire que les Finances assurent leur prééminence sur les autres ministères en transformant la comptabilité générale en comptabilité publique et que les payeurs fusionnent dans les départements avec les receveurs généraux. Parallèlement, l'État resserre les liens qu'il entretient avec la Banque de France, désormais assurée du monopole d'émission des billets de banque, la Caisse des dépôts et consignations, chargée de la gestion des retraites et le Crédit foncier de France, créé en 1852 pour soutenir l'activité agricole et surtout pour financer les transformations urbaines d'une France qui, une fois passée la « dernière crise de l'Ancien Régime » (E. Labrousse), renoue avec la pleine croissance. Enfin, le dernier tome de ce dictionnaire présente un début de prosopographie des ministres des Finances de 1790 à 1870.

  • Malgré les clauses du traité de Versailles, le Reich a réussi, à la fin des années 20, son redressement économique. Mais la crise de 1929 révèle la fragilité financière de cette renaissance. La France, dont le stock d'or est important, refuse son concours à l'Allemagne et c'est alors que les deux pays se replient sur leurs espaces nationaux, dès avant l'arrivée au pouvoir d'Hitler. L'installation du régime nazi pose un problème crucial. Faut-il envisager avec lui des relations économiques et financières sur les mêmes bases qu'avec la République de Weimar ? Si, pour Hitler, les données sont simples - l'économie doit servir le réarmement -, il est en revanche plus difficile pour les gouvernements français de faire abstraction d'intérêts souvent contradictoires. Les responsables tentent les uns après les autres de sauver les intérêts financiers français en Allemagne en contrepartie d'avantages économiques accordés au Reich. A partir de 1938, ces décisions devront pour les uns sauver la paix, pour les autres gagner le temps nécessaire au réarmement français. Mais le répit dépendait d'Hitler! « Par la qualité et l'ampleur de la recherche, la profondeur de la réflexion, la précision de la synthèse, le caractère très neuf de conclusions solidement charpentées, cet ouvrage éclaire tout un aspect des relations franco-allemandes resté trop longtemps dans l'ombre ». Raymond Poidevin

  • En 1989, Roger Goetze a accordé quatorze entretiens biographiques au Comité pour l'histoire économique et financière de la France. Il a accepté la proposition de celui-ci de publier sous la forme d'une édition critique les chapitres portant sur sa carrière administrative, réservant pour un deuxième volume sa carrière de banquier public. On découvre ainsi un grand fonctionnaire réformateur, à la carrière exceptionnelle : inspecteur des Finances (1937), directeur des Finances de l'Algérie (1942-1949), directeur du Budget (1949-1956), directeur du cabinet de Pierre Mendès France (1944-1945), conseiller au cabinet du Général de Gaulle (1958) et président de la société pétrolière SNREPAL (1946-1966). Ces entretiens, mis en forme, annotés et confrontés à d'autres sources, apportent un éclairage nouveau sur l'histoire de l'administration des Finances, notamment la direction du Budget, et sur le rôle d'un haut fonctionnaire d'autorité dans l'application d'une politique mais aussi dans la prise de décision. Ils contribuent, en outre, à une meilleure compréhension de la formation des élites de la fonction publique, d'Alger pendant la guerre, de l'histoire de l'Algérie, de la vie politique et économique sous la IVe République, et de l'industrie pétrolière.

  • Si démembrer et contrôler l'Allemagne constituent officiellement les piliers de la politique allemande de la France, esquissée à Alger en 1943 et poursuivie dès la fin de la seconde guerre mondiale, que de chemin parcouru en l'espace de dix ans ! Après l'échec relatif des projets français concernant le désarmement économique de l'Allemagne, entre 1945 et 1947, tant dans la zone d'occupation que dans les négociations avec les Alliés, certains dirigeants tentent d'imposer une nouvelle politique. Or, au même moment, grâce à l'aide américaine et à la réforme monétaire dans les trois zones occidentales de l'Allemagne, des rapports économiques normaux peuvent à nouveau s'établir entre les deux pays encourageant ainsi la reprise des contacts entre industriels et commerçants. En mai 1950, un nouvel élan est donné par le plan Schuman : les premiers pas vers la coopération franco-allemande sont faits et les échanges commerciaux connaissent un essor remarquable. Il faut toutefois attendre la fin de l'année 1955 et le règlement de l' « épineuse » question sarroise pour que les relations économiques bilatérales entre la France et la RFA se concrétisent enfin. Les années 1945-1955, période de reconstruction des économies française et allemande encore marquée par les problèmes de l'approvisionnement en charbon et du développement de la production d'acier, s'inscrivent en fait dans la tendance séculaire qui pousse ces deux économies l'une vers l'autre malgré les aléas de la politique, malgré deux guerres mondiales. « L'exceptionnel travail de Sylvie Lefèvre nous fait prendre conscience, comme jamais auparavant, de l'importance historique de cet enchaînement quasi miraculeux, qui substitua l'interpénétration des deux économies à leur affrontement, qui favorisa le rapprochement entre les deux pays et qui permit le lancement de la construction européenne. » Georges-Henri Soutou.

  • Issu d'une thèse de doctorat soutenue sous la direction du professeur René Girault, fondé sur l'exploitation d'archives privées inédites, cet ouvrage apporte une contribution originale à l'histoire des débuts de la construction européenne. Réflexion croisée sur un syndicalisme patronal méconnu, celui du grand commerce intérieur français et sur les formes d'organisation de l'Europe qu'il a soutenues, il met au jour les facettes multiples d'un « milieu » qui, au-delà du secteur commercial, comprend les cercles administratifs, politiques, culturels concernés par la défense des intérêts de ce secteur, « milieu » structuré par une même identité libérale et européenne. D'une après-guerre à l'autre on assiste au combat pugnace mené pour la réhabilitation de la fonction commerciale et la reconnaissance institutionnelle de tout un secteur, longtemps en marge du monde patronal, à la résistance inattendue d'un modèle libéral classique d'organisation de l'économie et de la société, à I'unification des mouvements européens de la mouvance libérale qui s'opère non sans quelques reclassements et luttes intestines. « Grâce au livre de Laurence Badel nous passons d'une histoire plutôt mythique des origines de la construction européenne à une histoire vraie du passé " européen " faite par des hommes préoccupés et inspirés par la vie quotidienne de leurs entreprises. Ce n'est pas un mince mérite » René Girault

  • Cette thèse de doctorat d'État soutenue en 1989 sous la direction de M. Jean Bouvier (+) et de M. René Girault renouvelle l'histoire politique et économique du XXe siècle. L'auteur étudie les mutations de l'État entre la crise des années trente et l'amorce de la forte croissance à la fin des années quarante sans oublier les années de guerre et d'occupation. Si l'étude porte avant tout sur les aspects économiques et financiers, les hommes et les "mentalités" ne sont pas pour autant négligés et retrouvent là une place de choix dans l'analyse des décisions politiques et stratégiques.

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