Arts et spectacles

  • Iggy Pop a déclaré un jour, à propos des femmes : " Aussi intimes qu'on puisse devenir, je les laisserai toujours tomber. C'est de là que vient ma musique. " Cette férocité masculine, cette répulsion vis-à-vis du féminin, c'est le rock'n'roll à son paroxysme. Que l'on songe aux hymnes machistes des Rolling Stones, au punk et sa glorification de l'abject, ou au culte que Can et Brian Eno vouent à la Terre Mère, la rébellion rock masculine s'est souvent ancrée dans un imaginaire où les femmes étaient sinon absentes, du moins allégoriques ou reléguées à l'arrière-plan.
    Sex revolts est le premier ouvrage à faire l'analyse des multiples " misogynies rebelles ". Depuis les premiers rockeurs jusqu'au gangsta rap, en passant par le jazz, le psychédélique, le glam et le postpunk, il dresse un impressionnant panorama de la culture et des artistes rock dans leurs relations au " féminin ". Parallèlement aux généalogies d'une contre-culture qui, depuis les années 1960, s'est attachée à déconstruire certaines formes de masculinité tout en demeurant profondément misogyne,
    Sex revolts retrace aussi l'histoire de la rébellion des femmes dans le rock ; celle de musiciennes qui, telles Patti Smith, Siouxsie Sioux ou Courtney Love, ont dû composer avec cet héritage majoritairement masculin pour créer leur propre répertoire et libérer leur propre énergie.

  • En 1657, Nicolas Poussin peint une
    Fuite en Égypte au voyageur couché. La toile disparaît ensuite pendant plusieurs siècles. Dans les années 1980, différentes versions du tableau réapparaissent, de grands experts s'opposent, des laboratoires d'analyse et des tribunaux s'en mêlent et nombreux sont ceux à vouloir authentifier et s'approprier le chef-d'oeuvre.
    De quoi nous parle cette histoire aux allures d'intrigue policière ? Qu'est-ce qui fait la valeur d'une oeuvre d'art ? Et d'où vient cette aura attachée aux créateurs et aux oeuvres ? Bernard Lahire montre que le sacré n'a jamais disparu de notre monde mais que nous ne savons pas le voir. La magie sociale est omniprésente dans l'économie, la politique, le droit, la science ou l'art autant que dans la mythologie ou la religion. C'est cet effet d'enchantement qui transforme une sculpture d'animal en totem, un morceau de métal en monnaie, une eau banale en eau bénite ; et qui fait passer un tableau du statut de simple copie à celui de chef-d'oeuvre.
    Puisant avec érudition dans l'anthropologie, l'histoire et la sociologie, ce livre interroge les socles de croyance sur lesquels nos institutions et nos perceptions reposent. Questionnant radicalement l'art et son ambition émancipatrice, il révèle les formes de domination qui se cachent derrière l'admiration des oeuvres.

  • Comment le cinéma français est-il structuré ? Comment analyser le regard des différentes catégories de spectateurs ? Comment se fabriquent collectivement les films ? Comment le cinéma parle-t-il du monde social ?
    Ce livre s'interroge sur la polarisation du cinéma français entre cinéma commercial et cinéma d'auteur. Il analyse ensuite la consommation des films à travers l'étude de la fréquentation des salles, des pratiques de visionnage et des préférences des publics, sans oublier le rôle des intermédiaires, distributeurs et salles de cinéma. Il montre également les modalités concrètes de fabrication des films, de constitution des équipes et les rapports de force (en termes de statut, de genre, etc.) propres aux différents métiers (techniciens, réalisateurs, producteurs et acteurs, diffuseurs, administrateurs, etc.). Enfin, il s'intéresse aux relations entre cinéma et sociologie : dans quelle mesure peut-on considérer le cinéma comme un mode de connaissance du monde social ?

  • À l'évocation des mots
    photojournalisme ou
    photographie de guerre, la mémoire convoque des icônes dont les plus anciennes remontent aux années 1920 et 1930. On imagine ainsi que les conflits d'avant la Grande Guerre n'ont été que peints, dessinés et gravés ; figés dans un héroïsme un peu innocent avant que les violences du XXe siècle ne soient saisies sur pellicule dans leur réalisme cauchemardesque.
    Des albums privés des soldats coloniaux aux fonds des premières agences d'images, ce livre, véritable archéologie de la photographie de conflit, est une invitation, et une éducation, à lire l'image-choc pour la désarmer plutôt que la subir. L'auteur se focalise sur les clichés de la violence physique et de la destruction armée, pris non pas comme de simples illustrations mais comme les supports d'une relation sociale. Dans ce monde de la fin du XIXe siècle, les conflits se multiplient de façon inédite et les abus coloniaux ponctuent les conquêtes. En les capturant, l'appareil photographique, devenu portable et abordable, transforme profondément l'économie visuelle de la violence, et ce bien avant 1914.
    Au-delà d'une histoire des photographies des corps brutalisés et des violences armées, cet ouvrage, loin d'une pornographie du désastre, est aussi une proposition. Comment présenter des photographies montrant les atrocités indicibles pour les penser et en faire l'histoire ? L'observateur, y compris lorsque son regard plonge au coeur des ténèbres, peut retrouver dans les photographies les hommes et les femmes du passé, et non des victimes passives et anonymes figées sur le papier.

  • Un siècle après sa naissance, le cinéma connaît une croissance régulière portée par de nouveaux marchés. Engagé dans une mutation numérique, il combine grande stabilité et profondes transformations. La production, malgré une internationalisation, n'a pas connu de bouleversement majeur. La distribution a composé avec l'arrivée des géants du numérique, les GAFAN, qui a accompagné le développement de nouveaux modèles économiques et de nouveaux modes de consommation (abonnement illimité) qui se superposent aux autres formes de consommation, comme la salle.
    Stratégique sur les plans culturel, commercial et diplomatique (
    soft power), le cinéma a toujours fait l'objet d'une attention des pouvoirs publics. Sa régulation doit s'adapter à un contexte évolutif et à une concurrence internationale, où l'importance du cinéma américain est confrontée à un monde plus polycentrique.
    L'économie de ce secteur majeur et mondial et ses enjeux contemporains sont ici décryptés.

  • Lorsque rap et hip-hop apparaissent en France au tournant des années 1980, nombreux sont ceux qui n'y voient qu'un phénomène éphémère. Près de quarante ans plus tard, ce genre musical est non seulement bien vivant, mais il fait durablement partie des industries musicales et la scène rap française est même l'une des plus visibles au niveau international.
    Comment le rap est-il né en France et comment s'est-il développé ? Qui a tiré profit de la commercialisation de ces chansons ? Pourquoi ce genre musical est-il si étroitement associé
    aux banlieues ? Qui sont les artistes qui l'ont promu, et en s'appuyant sur quelles ressources ? Pourquoi continue-t-il régulièrement à déchaîner les passions ?
    Émaillé de nombreux entretiens réalisés auprès de rappeurs, de DJ, d'animateurs, de professionnels de l'industrie du disque, etc., ce livre décrit comment l'émergence et l'inscription durable du rap en France ont été possibles. En s'intéressant aux artistes, mais aussi aux amateurs, en circulant des MJC des quartiers populaires aux bancs de l'Assemblée nationale, en observant les plateaux de télévision et les radios locales, Karim Hammou montre comment s'est imposée en France une nouvelle spécialité artistique, fondée sur une forme d'interprétation originale, ni parlée ni chantée : rappée.

  • Comment certains artistes émergent-ils et deviennent-ils des stars mondiales ? Pourquoi une photographie, une toile, une installation peuvent-elles atteindre plusieurs millions d'euros ? Troisième édition de cet ouvrage remarqué, qui décrypte le fonctionnement d'un marché généralement considéré comme le temple de l'irrationalité en mobilisant les outils de l'analyse économique. En 2013,
    Balloon Dog (Orange) de Jeff Koons a été adjugée pour 58,4 millions de dollars chez Christie's. Cette oeuvre est produite en cinq exemplaires détenus par de grands collectionneurs tels François Pinault ou Elie Broad. Tous deux disposent d'un espace muséal, concurrençant les institutions publiques dont les moyens apparaissent désormais dérisoires. Koons est par ailleurs représenté par la galerie Gagosian.
    Christie's, Gagosian, Koons, Pinault : quatre acteurs d'un marché dont la structure se rapproche d'un oligopole à frange, où quelques acteurs mondialisés contrôlent le marché tout en laissant la tâche à de multiples galeries - petites et moyennes - de repérer les nouveaux talents et d'assumer la prise de risque initiale.
    Comment certains artistes deviennent-ils des stars et une oeuvre peut-elle atteindre plusieurs millions ? Cet ouvrage montre que la valeur de l'art contemporain résulte d'un jeu complexe d'interactions entre acteurs. Le talent, bien sûr, mais aussi le hasard et les stratégies se mêlent pour donner naissance à des hiérarchies qui,
    in fine, font l'objet d'un relatif consensus.

  • Dans la réflexion qu'ils engagent ici, les deux auteurs s'interrogent sur les possibles du cinéma, et sur la relation que les images entretiennent avec la politique et l'histoire. Comment se fabrique la mémoire ? Comment appréhender les archives ? Comment remonter le temps, aux sens historique et cinématographique du terme ?
    Jean-Gabriel Périot, cinéaste, et Alain Brossat, professeur de philosophie, ont travaillé pendant des années, sans se connaître, sur des sujets communs : les femmes tondues à la Libération, l'univers carcéral, la violence politique, le désastre nucléaire...
    Dans la réflexion qu'ils engagent ici, ils s'interrogent sur la relation que les images entretiennent avec la politique et l'histoire. Comment se fabrique la mémoire ? Comment appréhender les archives ? Comment remonter le temps, au sens historique et cinématographique du terme ?
    Ces conversations s'appuient sur les expériences, et les expérimentations, de Jean-Gabriel Périot. Aiguillonné par les observations d'Alain Brossat, il explique comment il confectionne ses " tracts cinématographiques ", comment il a travaillé avec les détenus d'une prison d'Orléans, comment il a monté les films inédits des militants de la Fraction armée rouge (RAF) ou encore comment il a remonté les images d'une apocalypse nucléaire, en commençant... par la fin.
    Mettant en regard ces expériences avec celles d'autres cinéastes, célèbres ou non, ce dialogue offre une réflexion inédite sur le travail cinématographique et pose en termes nouveaux la question de la puissance - et de l'impuissance - de l'écriture et de l'image.

  • Ce livre très original et novateur raconte une histoire dans laquelle le son, l'audition et l'écoute sont placés au centre de la vie culturelle des deux siècles passés, au coeur de la connaissance, de la culture et de l'organisation sociale. Il propose une alternative au récit dominant selon lequel la culture occidentale, en devenant moderne, serait passée d'une culture de l'audition à une culture de la vision.
    " Il vous faut un casque audio " : ce slogan publicitaire du début du XXe siècle n'a rien perdu de son actualité. S'isoler dans un monde de sons, prêter attention aux détails acoustiques, rechercher la haute fidélité sonore, communiquer à distance et construire un réseau social... ces pratiques s'enracinent dans un ensemble de transformations intervenues au tournant du XIXe alors que gramophone, stéthoscope, téléphone et autres dispositifs d'écoute deviennent les protagonistes d'une histoire passionnante, celle de notre culture sonore.
    Jonathan Sterne s'intéresse aussi bien aux anthropologues collectant des chants indigènes qu'aux auditeurs occidentaux surpris par les voix des morts. Son ambition est de rendre compte de l'importance de l'histoire du son dans tous les aspects de la " modernité " : l'évolution des sciences, la mutation de la médecine, la popularisation des techniques et des médias, l'essor concomitant du capitalisme et du colonialisme, les nouvelles formes de pouvoir collectif et entrepreneurial.
    Une histoire de la modernité sonore propose une alternative au récit dominant selon lequel la culture occidentale, en devenant moderne, serait passée d'une culture de l'audition à une culture de la vision. Livre fondateur des
    sound studies, il est d'ores et déjà considéré comme une référence dans ce domaine émergent.

  • Pascal Boniface souhaite ici redonner à l'auteur des Anarchistes et de C'est extra toute sa place dans l'histoire de la musique et de la poésie de son temps. Exercice d'admiration, ce livre est aussi une réflexion sur la trajectoire personnelle et les engagements politiques de l'un des plus grands poètes français du xx e siècle.
    " Il faudra réécrire l'histoire littéraire un peu différemment à cause de Léo Ferré ", proclamait Aragon. Auteur-compositeur-interprète d'exception, souvent éclipsé dans la mémoire collective par Brel ou Brassens, Léo Ferré a pourtant écrit quelques-unes des plus belles chansons du répertoire français -
    Avec le temps,
    La Mémoire et la Mer pour les plus connues. Il est aussi celui qui a le plus, et le mieux, mis en musique les autres poètes français, de Baudelaire à Verlaine et Rimbaud, en passant par Apollinaire, Aragon, Rutebeuf et Villon.
    Sa carrière se serait-elle limitée aux années 1950-1960, elle aurait suffi à faire oeuvre. Mais l'histoire de Léo Ferré ne s'arrête pas là : après 68, il renouvelle son répertoire en se produisant avec des groupes de pop, puis dirige des orchestres symphoniques, faisant ainsi découvrir à un jeune public la musique classique. Le chanteur anarchiste connaît alors une véritable renaissance, incarnant beaucoup plus que d'autres l'esprit de la révolte des années 1970.
    Pascal Boniface redonne ici à l'auteur des
    Anarchistes et de
    C'est extra toute sa place dans l'histoire de la musique et de la poésie de son temps. Ce livre est aussi une réflexion sur la trajectoire personnelle et les engagements politiques de l'un des plus grands poètes français du XXe siècle.

  • En interrogeant le comment plutôt que le pourquoi, l'historiographie a bien souvent permis d'étoffer la connaissance que nous pouvions avoir d'une discipline intellectuelle. Éminemment précieuse, cette méthodologie s'empare encore trop peu du vaste corpus de l'histoire de l'art et ne publie que rarement sur le sujet. C'est une partie de ce manque que vient combler le livre de Michela Passini, entre subjectivité assumée et érudition sélective.
    Heinrich Wlfflin, Alois Riegl, Aby Warburg, Henri Focillon, Erwin Panofsky, Roberto Longhi, Linda Nochlin, Michael Baxandall et bien d'autres... Autant de noms qui, de la fin du XIXe à la fin du XXe siècle, ont participé à la construction de l'histoire de l'art. Les notions, méthodes, savoirs et savoir-faire qu'ils ont élaborés ont fabriqué le rapport réflexif que nous continuons aujourd'hui d'entretenir avec le plus omniprésent des matériaux symboliques de nos sociétés : l'image.
    Cet ouvrage, à la fois érudit et très accessible, offre un panorama de tout premier plan pour quiconque voudrait se familiariser avec les grandes figures et les grands concepts de la théorie visuelle, en même temps qu'une synthèse pionnière montrant comment l'histoire de l'art s'est constituée en discipline, avec ses institutions propres, ses plateformes d'échange (revues, congrès, expositions, etc.) et ses dispositifs de contrôle de la production scientifique.
    Il montre aussi comment, tout au long du XX
    e siècle, cette histoire fut celle de l'affrontement entre deux conceptions rivales quant à leurs objectifs et leurs enjeux. Selon la première, l'oeuvre d'art, pour être comprise, se suffi t à elle-même et suffi t à son interprète, dont la fonction consiste en une analyse avant tout visuelle ; pour la seconde, elle est un objet culturel complexe, dont il s'agit de reconstituer les dimensions sociales, politiques et intellectuelles.
    Avec ce livre aussi documenté qu'ambitieux, Michela Passini propose, pour la première fois en français, une histoire transnationale de l'histoire de l'art. Une somme indispensable pour comprendre les origines de notre rapport présent aux oeuvres d'art.

  • D'Armand Gatti à Augusto Boal, en passant par Alain Badiou, André Benedetto et de nombreux collectifs, l'histoire agitée et passionnante d'un pan méconnu et souvent occulté de l'histoire du théâtre.
    Depuis les années 1960, de nombreuses expériences théâtrales ont revendiqué en France un clair dessein politique. Inscrit au coeur des luttes (anti-impérialistes, ouvrières, féministes, immigrées, homosexuelles, altermondialistes, etc.), ce théâtre militant s'est donné pour but de contribuer, à sa manière, aux combats d'émancipation de son temps. Injustement déprécié ou ignoré, il constitue pourtant tout un pan de l'histoire théâtrale. Et c'est cette histoire inédite et passionnante que l'on découvrira dans cet ouvrage extrêmement documenté. Comment représenter la colère, l'injustice et l'espérance ? Quelles formes pour dire la lutte ou expliquer les mécanismes du capitalisme ? Et à qui de telles représentations doivent-elles être destinées ? Contrairement aux idées reçues, le théâtre militant n'a jamais cessé d'inventer des solutions dramaturgiques et scéniques pour mettre en scène le présent : un présent à transformer. Héritier d'Erwin Piscator, de Bertolt Brecht et des troupes d'agit-prop soviétiques, ce théâtre n'est pas homogène : il est traversé d'options politiques et esthétiques diverses, voire contradictoires, d'Armand Gatti à Augusto Boal, en passant par Alain Badiou, André Benedetto et de nombreux collectifs (la Troupe Z, Al Assifa, le Levant, le Groupov...). Revenir sur ces propositions, sur leurs richesses et leurs impasses, c'est tout autant s'opposer à l'oubli que tenter d'ouvrir des pistes pour le théâtre militant d'aujourd'hui.

  • Sociologue et danseur, l'auteur s'est immergé dans l'univers de la danse contemporaine pendant dix ans, partageant l'activité professionnelle des danseurs et danseuses enquêtés, mais aussi tous les moments hors travail qui, souvent, prolongent une façon d'être artiste
    Alors même que la carrière des danseurs est fortement soumise à la précarité et dépendante de leur capacité corporelle, de plus en plus de jeunes se présentent sur ce marché du travail. Comment comprendre cet apparent paradoxe ? Ce livre offre un éclairage inédit du métier de danseur et du style de vie qui lui est lié, en s'intéressant en particulier aux rétributions symboliques (plaisir de la scène, jubilation d'éprouver son corps, relative absence de routine...) qui expliquent que les danseurs vivent leur profession comme une vocation, parfois façonnée dès l'enfance. L'auteur, sociologue et danseur, s'est immergé dans l'univers de la danse contemporaine pendant dix ans, partageant l'activité professionnelle des danseurs et danseuses enquêtés, mais aussi tous les moments hors travail qui souvent prolongent une façon d'être artiste. Les auditions, l'entraînement quotidien, le travail de création, le rapport à la scène sont ainsi analysés " de l'intérieur ". Grâce aux très nombreux témoignages recueillis et à une approche très fine des trajectoires des personnes enquêtées, cet ouvrage permet d'ouvrir la boîte noire de la " vocation ", d'en montrer les recompositions tout au long des cycles professionnels traversés, jusqu'à la sortie du métier.

  • Les auteurs de ce livre - architectes, urbanistes, philosophes, sociologues, juristes, historiens - explorent les implications de l'éthique pour les " faiseurs de ville ", ainsi que les interfaces entre opérations d'aménagement, pratiques démocratiques et exigences écologiques.

    L'éthique, selon son étymologie, est un ethos, c'est-à-dire une " manière d'être ". Séjour de l'homme au monde, elle est un mode d'existence qui s'adresse à chacun et se distingue aussi bien d'une morale comme rapport à soi que d'une pensée moralisatrice pour l'Autre. Ainsi, l'éthique participe à la relation à autrui et au monde - à la Nature, à ce qu'on nomme bien hâtivement l'environnement. Elle se confond parfois avec la responsabilité, que nos actes ordinaires ne peuvent pas esquiver, et la déontologie, qui règle les pratiques professionnelles. L'architecte et l'urbaniste, par exemple, sont non seulement responsables juridiquement de ce qu'ils édifient, mais éthiquement. À l'heure où ces métiers connaissent de profondes mutations, à la suite des nouvelles configurations territoriales et des nouveaux modes de vie urbains, la question de l'éthique se pose avec acuité. Bâtir la demeure de l'homme, aménager ses lieux et ses sites ne sont pas une mince affaire. Certes, de trop nombreux professionnels ne s'en soucient guère, préoccupés qu'ils sont par " leur " oeuvre ou leur chiffre d'affaire... Pourtant, chaque jour, s'affirme l'idée selon laquelle il n'y a pas d'esthétique sans éthique. Les auteurs de ce livre - architectes, urbanistes, philosophes, sociologues, juristes, historiens - explorent les implications de l'éthique pour les " faiseurs de ville ", ainsi que les interfaces entre opérations d'aménagement, pratiques démocratiques et exigences écologiques.

  • Loin des bio- ou des hagiographies, un bref récit à la première personne, signé d'un philosophe anglais frappé de stupéfaction lors de sa découverte de l'artiste en 1972, à l'âge de douze ans. En mettant en miroir sa vie et ses questionnements au gré des incarnations de Bowie et de ses réinventions, Critchley s'interroge sur la trajectoire de l'artiste et, entre autres, sur " l'identité ", l'authenticité, la subversion de la musique mainstream etc.
    " Je me souviens très clairement de ma réaction physique à l'écoute de
    Suffragette City. La pure excitation corporelle produite par cet objet sonore était presque insupportable. Comment définir cette sensation ? C'était... sexuel, tout simplement. Sans même que je sache ce qu'était le sexe. J'étais vierge. Je n'avais jamais embrassé personne et n'en avais même jamais ressenti le désir. Au moment où la guitare de Mick Ronson est entrée en collision avec mes organes internes, j'ai ressenti dans ma chair quelque chose de puissant et d'étrange que je n'avais jamais connu auparavant. Où était
    Suffragette City ? Quelle route pouvait bien y mener ? J'avais douze ans. Ma vie venait de commencer. "
    Ce récit drôle et sensible, écrit à la première personne par l'un des philosophes anglais les plus doués de sa génération, offre une réflexion originale, à la fois intime et philosophique, sur l'univers flamboyant de Bowie, son évolution sur plusieurs décennies en même temps que sa remarquable cohérence.

  • Près de quarante albums, 100 millions de disques vendus, près de 2 000 titres restés inédits... Prince, le musicien le plus prolifique de sa génération, a animé un chapitre glorieux de l'histoire de la pop, jusqu'à sa mort brutale le 21 avril 2016. Mordu de la première heure et spécialiste reconnu du Kid de Minneapolis, Alexis Tain retrace le parcours hors du commun de ce génie polymorphe selon le calendrier, choisi et annonciateur à certains égards, de sa dernière tournée.
    Près de quarante albums, 100 millions de disques vendus, près de 2 000 titres restés inédits... Prince, le musicien le plus prolifique de sa génération, a animé un chapitre glorieux de l'histoire de la pop, jusqu'à sa mort brutale le 21 avril 2016.
    Fin 2015, le musicien rompt brusquement avec son travail en cours et écarte son entourage. Muni seulement d'un piano et d'un micro, il part tourner en Océanie, puis aux États-Unis. À travers cette ultime et éreintante tournée, Alexis Tain nous entraîne dans la vie fascinante de ce Mozart de la pop.
    Viscéralement libre et indépendant, il s'est affranchi des maisons de disques et s'est battu pour les droits des artistes. Pionnier du numérique, il n'a cessé d'innover, tant dans la manière de produire sa musique que de la vendre. Un et multiple, entouré de musiciens talentueux, il a créé de nombreux groupes qui lui ont permis de mettre en scène toute la mesure de son génie.
    Le 21 avril 2016, Prince est retrouvé sans vie dans l'ascenseur qui conduit à ses appartements, victime d'une overdose d'un de ces médicaments opiacés qu'il avalait pour calmer son corps perclus de douleurs. Prince se savait malade, se pensait-il condamné ? Sans l'infirmer, le récit de cette tournée-testament forme le point de départ d'une traversée de la vie et de la carrière de cet artiste hors normes qu'une mort précoce et mystérieuse achève de transformer en mythe.

  • Littérature, arts plastiques, chanson ou cinéma sont désormais passés au prisme ouvertement subjectifs des opinions de chacun, religieuses, morales, politiques. Nourrie d'exemple professionnels très concrets, une réflexion sur les contours de la liberté d'expression et de création.
    La liberté de création n'est prévue dans aucun texte de loi, aucun instrument juridique ne l'a pensée. La liberté d'expression est bien consacrée depuis plus de deux siè-cles par l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, mais on ne trouve pas la moindre référence aux oeuvres, ou à l'art, dans cette déclaration. Or les oeuvres font débat. Et ce débat se déroule de plus en plus devant les tribunaux, la loi se montrant sans cesse plus contraignante et répressive. Qui doit juger les oeuvres et selon quels critères ? De l'élu qui décide d'interdire telle exposition à la commission de classification des films qui applique des critères ouvertement subjectifs, la littérature, les arts plastiques, la chanson, le cinéma sont désormais passés au prisme des opinions de chacun, religieuses, morales, politiques. L'art doit-il être soumis à des impératifs aussi variés et étrangers à sa sphère ? Comment définir la liberté de création ? Y a-t-il des limites acceptables, comme la vie privée ou le droit à l'image ? Comment répondre aux demandes de censure lorsqu'on est un élu ? Que se passe-t-il aux États-Unis, souvent cités en exemple ? C'est à toutes ces questions qu'entend répondre ce livre, en alimentant la réflexion juridique par d'autres disciplines (philosophie, narratologie, sociologie) et en prenant appui sur de nombreux exemples - de Michel Houellebecq à Philippe Besson, en passant par Larry Clark, François-Marie Banier, le groupe de rap Sexion d'Assaut et bien d'autres... Plaidant pour que le public reste libre d'entrer en contact avec les oeuvres sans que l'on pense à sa place, Agnès Tricoire dessine ainsi les contours d'une liberté de créa-tion qui s'enracine dans la liberté d'expression mais s'en distingue, parce que l'art n'est pas simplement du discours.

  • Une étude comparative originale du traitement de l'actualité dans les grands médias européens et américains.
    Attention, ce livre va vous faire douter de votre rapport au monde... Nous soupçonnons tous que les médias ne nous proposent pas une version parfaitement fidèle de l'actualité. Mais jusqu'à quel point ? Pour le savoir, Laurent Gervereau et ses équipes du " Baromètre européen des médias " ont réalisé une première : tout au long de l'année 2003, ils ont observé tous les jours les unes des principaux quotidiens et les journaux télévisés des chaînes de cinq grands pays européens, des États-Unis et de l'Algérie. Les résultats de ces observations, restitués dans ce livre, sont terrifiants. Premier constat massif : l'information mondiale est " tenue " par quelques pays, qui donnent au reste du monde leur vision d'eux-mêmes et des autres. Deuxième constat : la circulation planétaire de l'information sélectionne une minorité de faits, assortis des commentaires d'une minorité d'individus, à destination d'une majorité de consommateurs. Des événements, des conflits, des groupes sociaux, des zones géographiques entières sont totalement absents des médias, car supposés " ne pas intéresser ". Troisième constat : la recherche de l'émotion et du scoop conduit à théâtraliser l'actualité, le marché des images commandant un discours destiné d'abord à se vendre, même s'il contrevient aux faits. Quatrième constat, pas le moins surprenant : ces techniques s'adaptent à chaque pays, proposant autant de " visions du monde " spécifiques. Notre monde est-il l'objet d'un bourrage de crânes généralisé, ou relève-t-il d'une guerre structurée de l'information ? Pour Laurent Gervereau, il n'existe aucun complot mondial visant à contrôler l'information, mais un réel danger des conformismes empêchant la pluralité de points de vue.

  • Kate Moss la " brindille " personnifie les idéaux-types du néo-management des années 1990, promoteur dans les entreprises de la " mobilité " et de l'" adaptabilité ", figure d'un nouveau sujet, incertain, précaire, flexible et même " liquide ", qui incarne à la fois la fin d'un monde et l'aube d'une ère nouvelle.
    Après Storytelling, la machine à raconter des histoires et à formater les esprits, Christian Salmon poursuit ici son enquête sur le " nouvel ordre narratif " en interrogeant la figure énigmatique de Kate Moss, mannequin célèbre dans le monde entier et nouveau mythe " trash " à l'âge d'Internet... Avec le corps maigre et mobile de Kate Moss, c'est une nouvelle figure qui apparaît au tournant du XXIe siècle, celle d'un sujet idéal, adaptable en toutes circonstances, capable de se réinventer sans cesse à travers la mise en scène et la narration de soi.Que nous dit cet idéal " mossien " ? Qu'il nous faut devenir stratèges de nous-mêmes, des sujets aguerris capables de faire un usage intensif de nos compétences et de nos affects, dans le but de donner la meilleure image possible. Qu'il n'y a pas d'autre rapport à soi que ce travail de mise en valeur, assisté par toutes sortes d'experts du développement personnel. Que les individus n'ont plus le choix qu'entre une vie échangeable et donc stylisée, relookée et coachée, et une vie non stylisée mais qui ne vaut rien et dont personne ne veut. Dans cette logique exclusive, nous sommes tous des mannequins anglais...

  • Un essai original, une forme d'introspection nationale , à partir du " phénomène Hallyday ", saisi dans son émergence et sa durée. Il touchera aussi tous ceux qui - comme l'auteur - ont aimé et/ou chanté Johnny...
    Aurions-nous tous en nous " quelque chose de Johnny Hallyday " ? Loin d'être ironique, cette question cherche à interroger le lien qui unit le chanteur de Quelque chose de Tennessee à la société française depuis les années 1960. De fait, s'il n'est pas un article d'exportation, et s'il est même souvent considéré comme un importateur de biens culturels anglo-saxons, Johnny est bel et bien ce qu'il est convenu d'appeler une " passion française ". C'est donc à une forme d'introspection nationale que nous convie l'auteur de cet essai, à partir du " phénomène Hallyday ", saisi dans son émergence et sa durée. Dans ce travail original, les productions et prestations du chanteur le plus populaire de l'Hexagone sont traitées comme des éléments documentaires permettant d'éclairer les évolutions de notre société. Les données ici analysées nourrissent un mythe Hallyday, à la fois récit fondateur (la " légende du rock "), mystification et incitation à l'action. Quant à l'homme Hallyday, il en est avant tout question au travers de son statut de créateur, d'artiste oscillant entre rébellion, académisme, outrances et commerce. Cet ouvrage espère convaincre les sceptiques que se pencher sur Johnny Hallyday est utile à la connaissance de notre temps. Mais il aimerait également toucher tous ceux qui - comme l'auteur - ont aimé et/ou chanté Johnny.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage propose une " new political economy " des villes européennes inspirée de Max Weber, un agenda pour la recherche urbaine.
    Quelque chose a changé au sujet des villes en Europe : un " nouvel intermède historique " de confusion des pouvoirs crée les conditions de mobilisation des villes européennes, ou du moins de certaines d'entre elles. Elles sont désormais parties prenantes des processus d'intégration européenne, de globalisation, de recomposition des sociétés nationales et ces changements organisent un nouvel environnement aux implications contradictoires. D'une part, les villes européennes deviennent des métropoles fragmentées, des noeuds traversés par des réseaux de toutes sortes, ce qui rend caduque l'idée de ville européenne. D'autre part, certaines villes deviennent des acteurs collectifs autonomes négociant avec d'autres villes, avec l'État, avec les entreprises, avec l'Union européenne. Par opposition aux États-Unis et au Japon, l'Europe se caractérise par une structure solide et ancienne de villes moyennes et moyennement grandes et un imaginaire encore très présent. Cet ouvrage propose une " new political economy " des villes européennes inspirée de Max Weber, un agenda pour la recherche urbaine. Dans cette perspective, les villes sont analysées selon deux dimensions : comme sociétés locales et comme acteurs collectifs (question de la gouvernance). Les contributions rassemblées dans cet ouvrage précisent cette perspective et la mettent en cause tout en caractérisant une " Europe avec des villes " aujourd'hui en formation.

  • Les auteurs de ce livre - philosophes, historiens, géographes, artistes, architectes, paysagistes, etc. - rejettent, vis-à-vis de la " nature ", l'approche dominatrice, et optent pour de nouvelles relations responsables et complices. Une telle attitude les oblige à repenser les rapports complexes entre nature et culture, technique et société, urbain et environnement et, par conséquent, à appréhender les dimensions éthiques et esthétiques de l'" art de bâtir ".
    La modernité occidentale oppose la nature à la ville, cet univers artificiel, dans lequel ne subsistent que quelques éléments " naturels ", cultivés et entièrement maîtrisés par l'homme. Ce divorce entre l'humain et le vivant résulte de la montée en puissance des techniques déployées par l'homme, parfois contre lui et toujours contre la nature. Les auteurs de ce livre - philosophes, historiens, géographes, artistes, architectes, paysagistes, etc. - rejettent, vis-à-vis de la " nature ", l'approche dominatrice, et optent pour de nouvelles relations responsables et complices. Une telle attitude les oblige à repenser les rapports complexes entre nature et culture, technique et société, urbain et environnement et, par conséquent, à appréhender les dimensions éthiques et esthétiques de l'" art de bâtir ". Les " espaces verts ", les jardins privés, les " coulées vertes ", les cité-jardins, les tracés " paysagers " des autoroutes ou des voies ferrées, les diverses réglementations écologiques, etc., sont-ils le signe d'une heureuse prise de conscience ou les cache-misère d'un hyper-libéralisme méprisant les équilibres fragiles de l'écosystème et le désir des citadins d'une " nature urbaine " ? La nature n'est pas extérieure à l'homme, tout comme celui-ci n'est pas en dehors d'elle. Ce sont les conditions de cette nécessaire cohabitation que les auteurs étudient et discutent. Au-delà d'un discutable " contrat naturel ", il convient de prendre soin de " notre " monde, un monde résolument urbanisé.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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