En 1947, la vie littéraire reprend, après une longue guerre, des périodes de dictature et de turbulences politiques qui ont eu un impact considérable sur la littérature.
De l'essentiel qui s'impose tout de suite à l'attention (Gide, Malraux, Malaparte, Mann, Sartre...), de futurs chefs d'oeuvre qui passent inaperçus (Robert Antelme, Primo Levi), des oeuvres tombées dans l'oubli, des revues et prix littéraires prestigieux à des curiosa ici redécouvertes, des événements individuels (emprisonnements, retours d'exil, polémiques...) aux grands enjeux sociaux de l'époque (mémoire de la Shoah, péril atomique, début de la guerre froide...), l'objectif de ce livre est de faire revivre dans toute sa diversité une année littéraire dont le présent était très différent de ce qu'en a retenu la postérité.
"Je me suis fait un nom nouveau, déclare le poète d'Au coeur du monde, visible comme une affiche bleue et rouge." Et d'annoncer aussitôt, avec fierté, ce qui doit s'édifier derrière cet "échafaudage", à savoir une destinée d'écrivain et une oeuvre littéraire toute entière. En effet, en adoptant, au printemps 1912, son pseudonyme de braises et de cendres, Frédéric Louis Sauser invente non seulement une signature emblématique, mais crée une figure d'écrivain sans pareil, qu'il lui incombera dès lors d'incarner sa vie durant.
L'écriture se déploie ainsi sous le signe d'une altérité radicale et fertile, en fonction de laquelle tous ses composants sont appelés à entrer dans la danse. Mais comment et selon quelles modalités le nom de plume marque-t-il d e son sceau la poétique d'une oeuvre aussi abondante et multiple ?
Pas à pas, l'audacieuse fiction de jeunesse devient si bien réalité qu'à l'âge mûr, "Blaise Cendrars" finira par estampiller certains documents d'identité. Nombre de ses textes témoignent, par-delà le versant parricide du pseudonyme, de son désir de se donner lui-même en père idéal, rachetant ainsi les échecs hu miliants de son vrai père. D'autre part, une veine alchimique soutient cette élaboration de soi en être pleinement vivant, tel que l'auteur de Bourlinguer s'est toujours rêvé.
Éclairant en profondeur une pratique littéraire originale, l'étude de cette poétique de la pseudonymie propose une traversée neuve des grands textes de Cendrars, riche en surprises et découvertes, dont la moindre n'est pas celle du sens caché de la fameuse cigarette dont l'écrivain ne s'est pour ainsi dire jamais départi.
L'oeuvre de Blaise Cendrars s'est constamment placée sous le signe d'un imaginaire du crime. Le crime a permis à l'écrivain de rendre compte de sa conception de la création littéraire, de ses enjeux -l'appropriation de l'autre- et de ses pouvoirs -de refaçonnement identitaire-, voire des impasses auxquelles elle a pu se trouver confrontée. A ce titre, l'imaginaire du crime nourrit la cohérence de la production de l'auteur de Panorama de la pègre.
Photographe née en 1896, immigrée juive hongroise dans le Paris des années 1920, Ergy Landau ouvre son studio et trouve sa place dans un milieu masculin et très compétitif en travaillant pour la publicité et la presse. Excellente technicienne, d'abord séduite par les expérimentations formelles de la Nouvelle Vision, elle affirme bientôt un style plus personnel. Mais contrairement à ses compatriotes (Moholy-Nagy, Kertész, Brassaï...), son nom reste peu présent dans l'histoire de la photographie. Ce livre entend rétablir Ergy Landau à sa juste place à travers une approche à la fois biographique et thématique de son oeuvre. Surtout il retrace le chemin de vie singulier d'une des premières femmes photographes du XXe siècle que sa disparition sans héritier, en 1967, avait effacé du paysage.
Jamais sans doute la pseudonymie n'a été chose plus partagée qu'en ce début de XXIe siècle. Jadis, le recours à une autre identité via un autre nom que celui figurant à l'état civil était essentiellement restreint à certaines sphères d'activités spécifiques : ordres religieux, services secrets, pratiques artistiques... De nos jours, en revanche, à la faveur du développement d'internet en particulier, la pratique qui consiste à user d'un autre nom que le sien semble devenue monnaie courante et le pseudo se situe désormais au coeur de certaines des pratiques qui façonnent notre relation à l'écrit et à sa diffusion publique.
Qu'en est-il des écrivains en ce qui concerne leurs recours à ce geste d'écriture auquel ils ont conféré son degré de sophistication le plus prononcé ? Réunissant des études portant sur la littérature française du XVIIe siècle à nos jours, cet ouvrage a pour objectif de faire apparaître les principaux enjeux de la pratique pseudonymique tout en montrant la complexité et la diversité de ses usages, formes et fonctions au fil des siècles.
Les écrivains ont été parmi les personnages les plus photographiés, en dépit de leurs fréquentes réticences. Mais que voit-on des écrivains dans leurs photographies ? L'écrivain vu par la photographie entreprend une vaste réflexion, tant historique que philosophique ou sociologique, qui se propose de penser la représentation photographique des écrivains en relation avec la médiatisation de l'activité littéraire, mais aussi plus largement avec la photolittérature, c'est-à-dire le rapport complexe, entre fascination et répulsion, entretenu par les écrivains avec ce medium depuis ses origines.
Les portraits d'auteurs, la représentation de ses proches, de ses lieux de vie, voire de ses objets familiers, font depuis longtemps partie de l'écosystème de la vie littéraire, mais les photographies des écrivains sont demeurées une sorte de face cachée des livres. À travers 25 contributions illustrées, cet ouvrage examine comment la littérature, le journalisme, l'enseignement, la publicité et le monde muséal, usent de ces images. Son ambition est de montrer tout ce que la photographie a changé dans la relation des lecteurs aux auteurs, du milieu du XIXe siècle à l'ère du numérique.
Au cours du 20e siècle, l'entretien littéraire s'est imposé comme un véritable genre et sa place dans le système littéraire est absolument cruciale : la critique littéraire prend de plus en plus la forme de l'entretien, les auteurs s'en servent pour dialoguer avec les lecteurs, le public y cherche ce qui se dérobe dans les livres. Secrets d'écrivains est un livre d'interviews, où toutes les questions portent sur les rapports des écrivains avec le genre de l'entretien. D'Amélie Nothomb à Emmanuel Carrère, de François Bon à Michel Deguy, de Jacques Chancel à Jean-Philippe Toussaint, entre autres, tous : écrivains et professionnels du genre se penchent ici sur la manière dont les ils abordent journalistes et critiquesl'exercice, tous médias confondus.