Marc Riboud

  • "Je photographie comme le musicien chantonne. Regarder est une respiration et, quand le hasard est avec moi et qu'une bonne photo m'est donnée, le bonheur n'est pas loin". Ce photographe, c'est Marc Riboud, qui nous a emmenés avec lui pendant toute la seconde moitié du XXe siècle, là où l'entraînaient sa curiosité et sa recherche de surprises et de beauté. On le suit d'abord sur la route qui le mène d'Istanbul à Calcutta, puis en Chine, alors terra incognita, en Afrique et en Algérie au moment des indépendances, mais aussi au Vietnam pendant la guerre, au Cambodge..., captant ici et là des images qui se fixent dans notre mémoire comme cette Jeune Fille à la fleur (1967), symbole de l'aspiration à la paix. Publiée à l'occasion de la grande exposition rétrospective montrée au musée national des arts asiatiques - Guimet, cette monographie retrace en quelque deux cents photographies le travail de Marc Riboud. Nourri de textes de spécialistes, mais aussi de contributions plus intimes, l'ouvrage invite à emboîter le pas au photographe pour le suivre au long de son périple sensible autour du monde.

  • Devenue une référence dans l'histoire du livre de photographie, la collection Photo Poche poursuit son travail de dévoilement des grands noms, courants et écoles de l'histoire de la photographie. Première collection de livres de photographie au format de poche, elle propose des ouvrages soigneusement imprimés, maniables par leur format, accessibles par leur prix, à tous ceux que passionne un moyen d'expression dont on reconnaît aujourd'hui l'importance. Ses différentes déclinaisons (histoire, société...) couvrent tous les champs de la photographie et constituent une iconographie d'une exceptionnelle richesse et diversité.
    En cent quarante-quatre pages et soixante-quatre photographies reproduites en couleur et duotone, Photo Poche donne à voir l'essentiel d'une oeuvre de Nadar à Henri Cartier-Bresson, des pictorialistes aux grands noms du photoreportage. Les monographies des grands maîtres du médium alternent avec les sujets thématiques essentiels qui de La Nature morte au Nu déploient les différentes approches d'une esthétique du XIXe siècle à nos jours. Chaque titre est préfacé de manière didactique par un spécialiste du sujet abordé et enrichi de notices biographiques et bibliographiques régulièrement remises à jour.

  • Chines

    Marc Riboud

    Le livre-rétrospective de 50 ans de voyages du photographe dans l'empire du Milieu.

    Chines retrace, sur plus de cinquante ans, les nombreux séjours que fit le photographe Marc Riboud dans l'empire du Milieu. Dès son premier voyage en 1957, les avertissements n'ont pas manqué: "Vous ne verrez que ce que les Chinois voudront bien vous montrer, [...] un décor préparé à l'avance..." Il est vrai qu'un Européen ne se déplace pas en Chine comme il le ferait ailleurs, surtout dans ces années-là. Mais à force d'insistance polie, de patience, de diplomatie, le photographe a obtenu de pénétrer dans les habitations, les écoles, les musées, de déambuler de jour comme de nuit à Pékin ou à Shanghai, d'assister au spectacle qu'offrent les campagnes ou les usines... Les images incroyables livrées ici témoignent du quotidien des Chinois avant que n'ait lieu le "Grand Bond en avant" instauré par Mao Zedong en 1958. S'ensuivirent d'autres séjours sur plusieurs décennies jusqu'en 2010 et avec eux, bien entendu, d'innombrables photographies, témoins aujourd'hui des promesses de l'Histoire. À travers plus de 350 clichés en noir et blanc et en couleurs, Marc Riboud dresse un portrait passionnant, car vivant, de ces Chine(s) multiples. Des images chargées de beauté, de force et de vérité.

  • Je ne me lasse pas de guetter la surprise, la note juste, cocasse ou émouvante. La beauté est partout. L'étrange aussi, venu à ma rencontre à Shanghai avec ce petit sac oublié dans le jardin du mandarin Yu. On dirait un lapin égaré.M.R.Je photographie comme le musicien chantonne. Regarder est une respiration et, quand le hasard est avec moi et qu'une bonne photo m'est donnée, le bonheur n'est pas loin...M.R.Depuis 50 ans Marc Riboud regarde le monde. Passion de voir, sympathie pour les êtres, désir de comprendre.
    Dans l'Orient qu'il aime comme dans l'Occident où il habite, au coeur des mégalopoles de Chine comme dans les villages de Touraine, il cherche la beauté des visages et l'harmonie des paysages, les images de l'Histoire en marche comme celles de la vie quotidienne. Et toujours, le souci de la bonne image et du bon moment depuis le peintre de la tour Eiffel en 1953, jusqu'au regard mystérieux de Shanghai en 2003.Cet homme qui a toujours regardé en avant se retourne aujourd'hui pour une grande plongée dans sa moisson d'un demi-siècle. Lent travail d'élagage. Itinéraire d'un oeil qui évolue. Choix qui révèle au fil des pages les terres d'élection souvent revisitées d'un amoureux de la vie, de la tendresse, de la beauté et toujours, du plaisir de l'oeil.

  • Turquie, Iran, Afghanistan, Pakistan, Inde, Chine puis Japon : six pays traversés et photographiés par Marc Riboud entre 1955 et 1958. Les Éditions Xavier Barral publient à l'automne 2012 Vers l'Orient, un coffret de cinq ouvrages, véritable carnet de notes visuelles réunissant les plus belles photographies prises lors de ce long et lent voyage entrepris pour rejoindre initialement Calcutta.
    Comme beaucoup d'autres avant lui, Marc Riboud a eu besoin de partir, de quitter la France, sa famille et la reconstruction de l'après-guerre. Âgé de 30 ans, ingénieur de formation, il achète la vieille Land Rover de George Rodger et se met en route au printemps 1955. Sans avoir lu ni les grands récits de Nerval ni ceux de Segalen, il a été bercé en revanche dès très jeune par les récits de voyage de son père, de retour d'un tour du monde entrepris dans les années 1910.
    Désireux de découvrir ces civilisations millénaires, il s'arrête d'abord à Istanbul, avant de poursuivre son chemin par les admirables paysages de Cappadoce et d'Anatolie. Il traverse la Perse pour rejoindre l'Afghanistan et ses zones tribales, comme l'avait fait peu de temps avant lui Nicolas Bouvier. En 1956, il arrive en Inde, sa destination initiale, qu'il sillonne pendant près d'une année : Calcutta, Bombay, Delhi, Darjeeling, le Rajasthan, Bénarès jusqu'au Népal. C'est de là qu'il entre en Chine communiste, où il est l'un des rares Occidentaux à obtenir un visa. Il termine son " Grand Tour " au Japon en 1958, alors en pleine reconstruction après la guerre et en pleine mutation sociétale. De retour en France, Marc Riboud ramène des milliers de photographies, traces de ces cultures ancestrales, que l'on retrouve partout, dans les monuments, les gestes, la beauté des femmes, l'hospitalité des gens, le temps qui n'est pas compté. Ceux qui connaissent l'Orient d'aujourd'hui découvriront peut-être dans ces photos réalisées il y a près de soixante ans ce qui reste quand tout semble changer, et, derrière l'occidentalisation grandissante, le fil caché de l'intemporalité.

  • Sur la rive droite du Yang-Tsé, à 500 kilomètres à l'ouest de Shanghai, les pics de granit du Huang Shan et leurs pins centernaires sont presque toujours plongés dans la brume. Dès les dynasties T'ang et Sung, cette montagne a inspiré les peintres qui continuent, comme les poètes, les moines et les amoureux, à gravir les milliers de marches taillées dans le roc. Là, le spectacle est si proche de la peinture que chacun s'interroge. Les peintres chinois auraient-ils été de fidèles réalistes plutôt que les inventeurs d'un style si particulier ? Ou bien est-ce la nature qui a imité l'art ? Aujourd'hui, une foule de Chinois et une poignée d'Occidentaux escaladent chaque année la Capitale du Ciel où les brumes poussées par le vent s'ouvrent sur le plus beau paysage du monde. Haut lieu des poètes et des peintres, le Huang Shan incarne la permanence de l'âme chinoise.
    Marc Riboud, le photographe, François Cheng, le poète, témoignent ici de cette Chine intemporelle.

  • Le 21 octobre 1967, Marc Riboud se trouve à la grande manifestation contre la guerre du Vietnam à Washington. L'une de ses photos, La Jeune Fille à la fleur, va faire le tour du monde, devenant un symbole de la non-violence. On en découvre ici l'histoire et les coulisses, grâce au regard de Philippe Séclier, nourri d'archives et d'entretiens avec le photographe disparu en 2016. Jan Rose Kasmir, la jeune fille à la fleur, signe la postface.

  • Famille, de ses reportages, de sa visite à Ho Chi Minh, de ses photographies célèbres, de la jeune Américaine qui offre une fleur aux soldats, du peintre de la tour Eiffel, parmi tant d'autres... Tout ce qu'il dit ici, qui m'a passionné, et vous le trouvez avare de paroles ? Mais, monsieur le lecteur, c'est que vous ne savez pas à quel point Marc Riboud est volubile en images, que l'image est sa vie, que ce bonheur de l'oeil dont il parle si bien, cette nécessité qu'il a de fixer ce qu'il voit, la guerre d'Algérie, cette Chine qu'il adore, ces paysages du Huang Shang et du Rajasthan, tous ces pays qu'il a parcourus, l'Iran, l'Inde, l'Afrique, cette oeuvre, c'est lui-même, un des grands imagiers de son temps.

    La chance que nous avons eue c'est de le faire parler avec Bertrand Eveno, qui connaît aussi bien l'homme que le médium. Leur amitié et leurs souvenirs croisés vous révèlent cet autre aspect d'une si riche nature et d'un talent si rare.

  • Cuba

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    Le 24 octobre 1963, Jean Daniel, journaliste français de réputation internationale, s'entretient avec John F. Kennedy. Au cours de l'échange, le président des États-Unis le charge même d'un message pour Fidel Castro. Quelques semaines plus tard, Jean Daniel retrouve Marc Riboud à Cuba. Le photographe de l'agence Magnum effectue alors un reportage sur les Cubains et leur pays. Ils sont tous deux invités à rencontrer le Leader Maximo et passent donc un long moment avec ce dernier dans une chambre d'hôtel. Le lendemain, Marc Riboud doit rentrer précipitamment à Paris, alors que Jean Daniel déjeune une dernière fois avec Fidel Castro. C'est au cours de ce déjeuner que le leader cubain apprendra l'assassinat de John F. Kennedy. Nous sommes le 22 novembre 1963 et Jean Daniel reste pour l'histoire le témoin privilégié des premières réactions de Fidel.
    Ce petit livre raconte un pays à un moment historique précis : l'interview de Jean Daniel paru dans L'Express à l'époque est publié une nouvelle fois, accompagné par les photos de Marc Riboud prises lors de l'interview. Il s'ouvre également plus généralement en proposant un portrait de la population.

  • Marc Riboud emmène les enfants en voyage tics loin de chez eux et très près d'eux-mêmes.
    Avec lui, ils découvrent les chameaux du désert algérien et les bateaux indiens dans la lumière du soir mais aussi la tendresse, et la gaieté sur les visages des enfants chinois, africains ou thaïlandais. De photo en photo, leur univers s'élargira et ils deviendront aussi capables de voir les sentiments qui les habitent et qu'ils ne savent souvent ni définir ni nommer. Usage du monde, usage de soi et des autres, cet ABC a l'ambition d'apprendre aux enfants à lire, mais aussi à découvrir avec Marc Riboud la beauté du monde.

  • 1950-2000 : cinquante années du destin de la " ville des villes ", fragments de l'étonnante pérennité de cette cité aux trois noms, sise sur la fracture du bosphore, et habitée par un éternel mouvement de balancier entre orient et occident.
    En ouverture, jean-claude guillebaud, rappelant les cycles de l'histoire qui modelèrent istanbul, met en évidence sa démesure et la fascination qu'elle exerça, et exerce encore, sur tous ceux qui la découvrent. pour donner à voir l'unité et la continuité d'istanbul dans le temps, marc riboud choisit - apparent paradoxe - le mode de la brisure et nous offre une mosaïque composée d'instantanés, de moments éphémères et anodins, d'oú surgissent les étapes d'un voyage de mémoire dans les rues et les ruelles.
    Il naît de cette rencontre entre un lieu et un homme une image sensible et changeante, traversée de tremblements, tout aussi fidèle à la réalité de la ville qu'à la sensibilité de l'artiste ; image non pas glacée, esthétique, " éternelle " mais image essentielle d'istanbul, " toujours prête à tenter le destin de l'autre côté du bosphore, à accueillir le foisonnement du monde et à le faire sien ". ce que montrent les photos de marc riboud, c'est l'extraordinaire capacité de cette ville protéiforme à s'adapter aux évolutions et aux révolutions, à la diversité des hommes, à vivre du changement et de l'apparente contradiction, à l'image de cet étonnant cliché oú trois femmes voilées de noir défilent avec assurance, fierté et envie devant un couple enlacé, partagé entre l'ostentation et la gêne.
    Le livre ne fait pas du temps qui passe un ferment de destruction, bien au contraire. si istanbul est ainsi installée dans la durée sans être seulement une " ville chargée d'histoire " c'est parce qu'elle réunit la mémoire du passé et les séductions du présent dans une osmose parfaite, perceptible dans cette photographie qui met en regard, de part et d'autre d'une affiche publicitaire, les visages d'un vieil homme et d'une jeune fille.
    Le temps semble s'annuler dans le regard de l'homme, indissociable de celui de l'artiste. livre de mémoire et de mouvements, livre de regards croisés. celui des habitants d'istanbul sur le photographe - regards discrets, parfois envieux, parfois coquets de femmes derrière leur voile ; celui, mystérieux, de l'objectif lui-même qui fait surgir d'une scène banale dans un café, dans la rue, ou du grouillement illisible d'istanbul l'association inattendue de l'ancien et du moderne, de l'orient et de l'occident, le génie unique du lieu.

  • Membre de la prestigieuse agence Magnum, Marc Riboud se rend en Algérie pour la première fois en 1960 afin de couvrir la semaine des barricades érigées par les partisans de l'Algérie française.
    Il y retourne ensuite régulièrement et va saisir, au cours de l'année 1962, les moments décisifs de l'accession du peuple algérien à l'indépendance. Rarement montrées dans la presse française de l'époque, ces images réapparaissent aujourd'hui avec une force et une émotion incontestables, alors que la " guerre d'Algérie " - appelée " guerre de libération nationale " en Algérie - demeure un sujet sensible dans les mémoires collectives.
    On retrouve dans ce livre toutes les qualités de la photographie de Marc Riboud, qui a su garder ses distances avec les événements et capter sans effets, avec le sens de la composition qui le caractérise, le quotidien d'un peuple en marche vers la liberté. L'analyse sensible de Seloua Luste Boulbina et la prose lumineuse de Malek Alloula replacent les photos dans leur contexte historique et éclairent la démarche photographique de Marc Riboud, plus que jamais guidé ici par l'" instinct de l'instant ".
    Le livre est préfacé par le journaliste et écrivain, fondateur du Nouvel Observateur, Jean Daniel, né à Blida, qui fut un acteur engagé de l'indépendance algérienne, notamment à travers ses articles. Textes en français et en arabe.

  • «Comme de longs échos qui de loin se confondent», les photographies de Marc Riboud se répondent en multiples séquences où alternent, par-delà les continents, les villes et les peuples, maintes visions d'un monde toujours intense, sans cesse renouvelé, dans lequel humour et regard malicieux, beauté plastique des compositions, des lignes et des formes se mêlent, s'opposent et s'entrelacent.
    D'images de pure beauté, dignes de la tradition pictorialiste, à d'incongrues coïncidences, quasi surréalistes, «toute l'âme résumée» de Marc Riboud se déploie dans cet ouvrage où les séquences des vues, en autant de correspondances et de contrepoints, expriment l'essence de la beauté et l'authentique modernité.
    André Velter, prix Goncourt de la poésie pour son oeuvre, signe le texte liminaire de cette somme artistique, au titre évocateur : «Le Monde selon Marc».

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