Verdier

  • Avant que j'oublie

    Anne Pauly

    Il y a d'un côté le colosse unijambiste et alcoo- lique, et tout ce qui va avec : violence conju- gale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un « gros déglingo », dit sa fille, un vrai punk avant l'heure. Il y a de l'autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixellisé de feue son épouse ; mon père, dit sa fille, qu'elle seule semble voir sous les appa- rences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy et un monde ancienne- ment rural et ouvrier.
    De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce père Janus, colosse fragile à double face. Capharnaüm invraisemblable, caverne d'Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Que disent d'un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d'érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ?
    Même elle, sa fille, la narratrice, peine à déceler une cohérence dans ce chaos. Et puis, un jour, comme venue du passé, et parlant d'outre- tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.

  • D'oncle

    Rebecca Gisler

    D'oncle raconte l'histoire d'un oncle. D'un homme-limite jamais grandi, coincé depuis cinquante ans quelque part en enfance et au bord de la mer, au bout du monde. À la faveur de circonstances exceptionnelles, d'une réclusion forcée peut-être, la narratrice est amenée à observer de près cet homme à l'hygiène douteuse, aux manies bizarres, à la santé défaillante, aux proportions anormales, définitivement trop petit, trop gros et trop boiteux pour ce monde. Elle lui tourne autour, tente d'éclaircir ce qui a tout l'air d'un mystère, bute sur de grands pans d'oubli familial, sur les tracasseries d'un quotidien impossible et d'un avenir incertain. Elle spécule. Se livre à un nécessaire délire au contact de cet oncle planté là comme un défi à toute espèce de conformité. En filigrane, c'est le portrait d'une famille et d'une époque qui se dessine. Biscornues comme toutes les familles et toutes les époques. ou disons un peu plus. Mais il faudra se garder des conclusions hâtives. Ce petit brin d'oncle traîne la patte sur une frontière ténue. Avec ce premier roman, Rebecca Gisler propose une écriture entomologiste, intriguée et amusée, qui vise à faire le tour d'un sujet aussi étrange que fascinant : un oncle.

  • L'inquiétude est le nom que nous donnons à ce siècle neuf, au mouvement de toute chose dans ce siècle.
    Paysages ! Villes ! Enfants ! Voyez comme plus rien ne demeure. Tout bouge et flue. Paysages ! Villes ! Enfants ! L'inquiétude est entrée dans le corps du père qui attend son fils, comme elle s'est glissée, un jour, dans le corps des choses. C'était hier. C'est aujourd'hui. Ce sera plus encore demain. L'inquiétude de l'espèce, des espèces, et de la Terre que l'on croyait si posée, qui ne cesse de se manifester à nous, sous un jour de colère, au point qu'on la croirait froissée ou en révolte.

  • «?Personne ne sait comment le désert est entré dans la ville.?» Ainsi commence «?Luoes?», la première des huit nouvelles de ce recueil?; «?Luoes?», anagramme de Séoul. Une anagramme qui révèle l'étrangeté qui habite ce livre polyphonique.
    L'une décide de refuser le vacarme du monde, l'autre urine «?pour éteindre le feu qu'il y a au-dehors, en ville?», l'un décide de fuguer, mais ne sait, à son retour, s'il n'a pas tout simplement rêvé, un autre vit dans une tour abandonnée et se nourrit des déchets de la ville.
    Ici, chacun - à moins que cela ne soit la même personne, au-delà des apparences - semble vivre en exil, entre l'enfance et l'âge adulte, incapable de communiquer avec le monde et les êtres qui l'entourent, et s'en remet à une perception exacerbée des images, des sons, des odeurs pour tenter d'échapper à un devenir fantomatique.

  • Tous les ans, à la première lune de l'automne, Djennifer Goranitzé se rend au bord de la mer, sur une immense décharge d'ordures où le corps de son mari a été jeté par les militaires.
    Elle se repose après les épreuves de son voyage qui a duré des semaines. Et ensuite, elle appelle son mari, Nathan Golshem. Elle l'appelle pendant des jours et des nuits, elle frappe la terre avec les pieds, avec des morceaux de ferraille, avec les mains, elle danse. Elle construit pour eux deux une hutte avec des débris, pour qu'ils soient de nouveau ensemble, pour qu'une fois encore ils se retrouvent et partagent du temps amoureux, des souvenirs inventés et de la mémoire amoureuse.
    Elle danse jusqu'au sang, jusqu'à ce que Nathan Golshem revienne du néant et s'allonge sous la hutte. Il n'y a personne sur la côte, seulement quelques chiens et des mouettes. Très loin le chuchotement des vagues brise le silence. Djennifer Goranitzé et son mari ferment les yeux sous le ciel étoilé et, de nouveau, ils se parlent et ils plaisantent. Avec une bonne humeur qu'aucune lamentation ne vient contrarier, ils évoquent leurs camarades d'infortune, les combats constamment perdus, les martyrs, les déroutes, les crimes dont ils ont été témoins, victimes ou coupables.
    Ils rient, ils s'aiment, ils ne savent plus très bien à quel niveau de vérité ou de mensonge se situent leurs anecdotes terribles. Ils échangent tout. Il n'y a plus entre eux ni mémoire, ni absence de mémoire. Seule persiste la danse des corps, des paroles et des morts en face de la nuit. Seule cette obstination de l'amour : la danse de l'éternel retour.

  • Mon temps libre

    Langeraert Samy

    « Mon temps n'a rien à voir avec ce temps qui passe à l'extérieur. C'est un temps ralenti, engourdi, un temps un peu malade que j'émiette et qui tombe comme une neige lente, poudreuse. » À l'issue d'une rupture amoureuse, le narrateur de Mon temps libre quitte Paris pour s'installer à Berlin, une ville qu'il connaît déjà pour y avoir passé un hiver fantomatique. Ainsi s'ouvrent les quatre saisons d'une vacance, d'un temps libéré des contraintes mondaines et qui aiguise la perception du monde.
    Le jeune homme fait l'expérience d'une étran- geté et d'une solitude radicales, qui est aussi celle d'un entre-deux-langues.
    Berlin nous apparaît ainsi sous un jour inédit.
    Loin des clichés contemporains d'une ville créative et frénétique - qui surgissent parfois en négatif et comme toujours vus à distance -, cette odyssée en mineur nous confronte à sa météorologie, sa flore et sa faune, à ses lieux périphériques, à ses rebuts et ses personnages secondaires.
    Mais au retour de ce voyage presque immobile, grâce auquel le narrateur interroge les preuves de son existence, quelque chose semble s'être déplacé.

  • « C'est un petit garçon couché sur le sable de cette plage de nulle part, de n'importe où, où il n'y a rien et où il n'y a personne, où la mer n'a pas de couleur et où il n'y a pas de ciel, pas de vent, pas de bruit, pas de lumière. Le petit garçon est couché sur le ventre. Tourné légèrement de trois quarts, vers nous. » Un soir d'été, un homme, dans une salle de cinéma, est bouleversé par l'image d'un enfant abandonné sur une plage. Quelque temps plus tard, une autre image, d'un autre enfant, sur une autre plage, vient en écho raviver en lui cette émotion violente et incompréhensible.
    Ces deux images, s'embrasant au contact l'une de l'autre, vont révéler les fêlures intimes de cet homme qui jusqu'alors se croyait à l'abri des soubresauts du monde et des remuements du coeur. De réminiscences en visions, sa vie vacille en silence, débordée par une lame de fond qui renverse et transfigure tout sur son passage : les certitudes, les beaux jours insouciants, l'enfance perdue, ses mystères et ses châteaux de sable, et le regard fragile, d'amour et d'effroi mêlé, que portent sur leurs fils les hommes qui sont un jour devenus des pères.

  • Le monde est devenu plus rude.
    On ne peut plus comme avant contempler les fleurs des cerisiers ni philosopher avec des amis autour d'une coupe de vin. désormais, quand on regarde les nuages, c'est à travers les barbelés. quand on s'endort, c'est dans la promiscuité et les mauvaises odeurs. plus rien n'est paisible. la poésie persiste en dépit des circonstances, l'humour et le détachement continuent à ordonner l'existence, mais la voix s'éraille.
    La voix ne cherche plus à faire preuve d'élégance. celui qui parle veut surtout, avant d'être brisé, apporter son témoignage. en choisissant le haïku comme forme d'expression, lutz bassmann raconte une histoire. il décrit les menus événements du quotidien de la prison, il donne vie aux figures qui l'entourent, il invente des personnages : l'idiot, le révolutionnaire dogmatique, le bonze désenchanté, le cannibale, et tant d'autres que de nouveaux malheurs menacent.

  • Les aigles puent

    Lutz Bassmann

    Un homme, Gordon Koum, revient dans une ville détruite. Toute sa famille repose sous les décombres. Lui-même, irradié, va mourir. La guerre est partout, l'ennemi indescriptible frappe sans cesse... Près de lui il remarque un pantin noirci et la dépouille miraculeusement intacte d'un rouge-gorge. Il se tourne vers eux pour parler, mais, au-delà, il s'adresse à ses enfants, à sa femme et à ses camarades disparus. Il raconte de petites histoires bizarres, cruelles, tendres, toutes marquées par un humour noir dévastateur. Et peu à peu il retrace la geste d'une communauté de fin du monde, où les faibles survivent en puisant leur force dans le rire décalé et dans une violence qu'ils savent inutile. Réfugiés, errants, sous-hommes, éclopés vivant dans leurs rêves, personnages de l'après, voilà les héros dont Gordon Koum évoque la mémoire. Il leur rend hommage parce qu'il les aime. Et aussi parce qu'ils possèdent encore, au coeur du dénuement et du cauchemar, la lumière qui fait d'eux des résistants magnifiques, des amoureux, d'authentiques et indomptables humains.

  • Dans les villes-fantômes où se déroulent leurs aventures, schwahn, brown et monge ne sont pas des héros exemplaires.
    Ils ne croient à rien, ils obéissent à leur hiérarchie avec réticence. leurs exorcismes tournent mal, les missions qu'on leur a confiées ressemblent à la traversée d'un cauchemar. un incendie se déchaîne à quelques mètres de brown. debout devant une porte d'où s'échappe une chaleur de four, brown reste immobile. on lui a dit qu'une petite fille surgira des flammes, et qu'il devra lui communiquer quelque chose d'essentiel pour la survie de l'humanité.

  • La souterraine

    Christophe Pradeau

    La Souterraine peut se lire comme l'accomplissement d'une promesse : " Nous avions juré de nous rappeler jusqu'à l'heure de notre mort - c'était la formule que j'avais répétée après elle - ce que ça fait d'être un enfant.
    " Sur le chemin qui les ramène chaque dimanche de Lubersac, le village de la grand-mère, vers cette ville qui est la leur et " dont le nom est secret ", Laurence et son frère, le narrateur, ont inventé, pour conjurer l'ennui et la nausée qui les assaillent en voiture, un jeu qui consiste à s'emparer de chaque détail du paysage en lui attribuant une histoire. C'est ainsi que l'enfance se protège et s'oriente dans le brouillard des routes, de la peur, de la famille, de la géographie et de l'Histoire.
    Un soir d'hiver, sur l'écran de la vitre, ce brouillard que fend la voiture devient pour le frère et la soeur l'épaisseur même du langage. " S'engouffrer dans les mots ", comme tout y invite dès lors, c'est explorer " l'intimité insituable des rêves " au risque de se perdre en retour dans ce qu'ils ont pour fonction de conjurer.

  • Essai sur une fiction que la littérature, le cinéma, les arts plastiques ont donnée du temps, La Montre cassée se propose d'analyser une scène-clef peu remarquée jusqu'alors. Dans les arts qui en procèdent, en effet, le cours du temps souvent s'arrête, l'objet qui l'indique se dérègle. La scène de la montre cassée incarnerait ce paradoxe. Partant de cette intuition, l'auteur parcourt les époques et les lieux pour en observer la récurrence. Comme ces fleurs japonaises qui, plongées dans l'eau, ouvrent tout un monde, le déploiement du motif, des poètes baroques à Kôbô Abé, en passant par Orson Welles ou les manuels savants d'horlogerie, révèle alors beaucoup plus qu'un simple dysfonctionnement : tache aveugle, la scène de la montre cassée autorise la formulation de propositions neuves sur notre rapport à la temporalité. Tout en créant la surprise de ces récits multiples pour la première fois rapprochés et du croisement des arts autour d'un même objet, La Montre cassée raconte aussi l'histoire récente, aux résonances intimes et collectives, des dérèglements du temps. En quatre parties et soixante séquences qui rejouent le tour du cadran, le dispositif du livre rejoint son sujet pour nous conduire du temps des histoires au temps des horloges, du temps subjectif à l'arrêt de tout temps.
    Réflexion théorique et esthétique, cet essai emprunte aussi aux principes de l'anthologie, de l'archive, de la collection, à ces figures de la multiplicité et de la totalisation qui traversent la modernité littéraire.

  • Le dénouement

    Lionel Ruffel

    à l'origine de cet essai, l'observation de figures récurrentes dans une oeuvre, celle d'antoine volodine.
    Ces figures, qui se confrontent à la fin tout en la refusant, une enquête les a repérées chez des auteurs contemporains qu'on imagine proches : pierre guyotat, valère novarina, olivier rolin mais aussi chez des auteurs en apparence plus éloignés : jean echenoz, jean-philippe toussaint, éric chevillard ou encore pascal quignard. cette récurrence n'est pas anodine. qu'elles soient devant le gouffre, situées aux confins géographiques, ou face contre sol, les figures ainsi décrites ont toutes un point commun.
    Leur corps est une fin. et la fin est cette idée. mais cette représentation est plus complexe. leur corps est une frontière entre un avant et un après. il se développe une histoire, après la fin, qui la prolonge ou la renouvelle. ce sont ces deux termes conjoints, fin et début, que le concept de " dénouement " tente de saisir. articulé aux discours perceptibles juste après la double chute (du mur de berlin, des statues de moscou) chez des philosophes marqués par l'histoire et la pensée du marxisme, il pourrait contribuer à nommer les enjeux esthétiques et politiques d'une époque, la fin du vingtième siècle.

  • L'envoleuse

    Laure Des Accords

    « Regarde-moi, mon amour, mon vieil amour, viens sur mes genoux, viens que je te berce encore une fois. Je sais quand tu souris, quand tu es triste et quand tu pleures. Je n'ai pas besoin de ton visage, de tes yeux, de ta bouche, d'un mot de toi, d'une caresse de toi sur ma joue. Je sais ce que tu es et ce que nous sommes. Je le sais. Veux-tu une cigarette? Veux-tu de l'alcool pour brûler un soir de printemps? Vois comme il fait doux. Pas un bruit dans la maison aux liserons ... Je vais te raconter des histoires, nous fabriquer une histoire avec les mots des poèmes perdus au fond de ma mémoire, avec les mots des autres pour oublier nos cauchemars. Allons 1 Je veux du tapage et des rires. Je veux te faire avaler de force tous ces mots qui bouillonnent en nous depuis une éternité d'années, pour que tu puisses trouver le repos. Tuons avec nos mots celle qui t'aima, qui m'aima, qui fut cruelle et belle, aimable mais fuyante comme le pain qui s'émiette faute de mieux sur les tables froides des hôpitaux. Attrapons ses cheveux, tordons sa chevelure avec nos poings d'amants et écrivons sur son dos de poupée nos silences et nos émois, pour que tu puisses trouver le repos. }) Au soir de leur vie, une femme et un homme, qui s'aiment depuis l'enfance, rêvent et se remémorent le secret qui les unit. En autant d'épiphanies, affleurent à la surface la cave d'un immeuble, une maison de vacances, des jumeaux aphasiques qui choisissent de disparaître, une salle de classe où s'exprime la sensualité du jeune âge, mais surtout Gisèle, l'envoleuse, jeune fille mystérieuse, déesse dont le corps imposant a abrité leurs premières unions.

  • Grichka

    Laure Des Accords

    Dans le port du Havre, au fond de la salle de classe, sous le regard de Simone Lagrange, petite fille déportée à treize ans, Grichka reste à quai...
    Au fil de ce récit polyphonique, l'Histoire et les histoires, les secrets de famille, les destins brisés vont se révéler dans une géographie poétique.
    La rencontre de son professeur de français et la découverte du théâtre vont être déterminantes.
    Accompagné par le Choeur antique, Grichka Vyssotski va prendre le large et entraîner dans son sillage les autres protagonistes de ce récit :
    Sa mère, Anna, caissière dans un magasin, qui, pour échapper aux silences, cherche du réconfort dans les bras de son amant.
    Son père, Mikhaïl, ancien docker au port de l'Europe réduit au chômage à la suite d'un accident.
    Babou, sa grand-mère, point d'ancrage, dont les travaux d'aiguilles masquent un douloureux secret.
    Son professeur de français, madame Kerouani, qui, fragilisée par la mort imminente de son père et une rupture amoureuse, éprouve pour cet adolescent aux yeux trop clairs, cet étrange étranger, un trouble nouveau... Il est ce fol amour qui trouble sa raison.
    Lazare Monticelli, quatre-vingt-trois ans, fils d'immigré italien, qui arpente son bord de mer en rêvant comme un enfant.
    Et enfin un petit dé rouge au bout d'une chaîne en argent qui nous accompagne dans ce récit d'apprentissage(s).

  • Partout le feu Nouv.

    Partout le feu

    Hélène Laurain

    Laetitia est née trois minutes avant sa soeur jumelle Margaux et trente-sept minutes avant l'explosion de Tchernobyl. Malgré sa mention très bien au bac, suivi de sept années d'études dans une école de commerce, elle grenouille au Snowhall de Thermesles- Bains, au grand désespoir de Pépou et Mémou, ses parents. Elle vit à La Cave où elle écoute Nick Cave, obsédée par les SUV et la catastrophe climatique en cours. Il faut dire que Laetitia vit en Lorraine où l'État a décidé d'enfouir tous les déchets radioactifs de France, d'Allemagne et de Luxembourg, n'ayant désormais plus de colonies à saccager. Alors avec sa bande, avec Taupe, Fauteur, Thelma, Dédé, elle mène une première action spectaculaire qui n'est qu'un préambule au grand incendie final.
    Dans ce premier roman haletant et ultra-actuel, où l'oralité tient lieu de ponctuation, Hélène Laurain nous immerge au coeur incandescent des activismes contemporains.

  • Vomito negro

    Pavel Hak

    Une île quelque part sous les tropiques des Caraïbes.
    Villas de luxe, milliardaires se reposant entre deux raids boursiers, jet-set. Mais aussi crime organisé, trafics humains en tout genre, prostitution, misère.
    Un frère et une soeur sont les héros du roman, descendants de captifs venus de l'autre côté de l'océan, esclaves dans les plantations. Marie-Jo est kidnappée. Son frère est poursuivi par la police et la mafia locales. Il part à la recherche de sa soeur sur le continent.
    Vomito negro raconte leur lutte pour la survie et croise leurs itinéraires respectifs avec le récit de leur père évoquant sa traversée à fond de cale. Comment Marie-Jo échappe à Sidney Parker et au docteur Godrow ? Comment son frère, passé clandestinement sur le continent, devient membre d'un escadron de la mort ultra-secret ? Avec ce nouveau roman, Pavel Hak poursuit son exploration des conséquences ultimes du capitalisme contemporain, celles de la prédation sans limites, de la marchandisation des corps et d'une déshumanisation à laquelle ses personnages répondent par une effrayante volonté de vivre.
    Cette urgence passe tout entière dans la phrase, dont la vitesse fait de ce roman une course hallucinée, qui a les fulgurances d'un poème.

  • Accident

    Sarah Stréliski

    Il s'appelle sam, il traduit shakespeare.
    Laura l'a quitté en lui laissant six mots qui sont six coups reçus en pleine poitrine. il se trouve dans le " virage des morts ", le virage de l'accident mythique. il se demande de qu'il fait là. il regarde la carcasse de l'audi. il regarde sa main. c'est vrai qu'il a giflé anna. puis la gifle lui revient comme un boomerang : baba voudrait que sam écrive l'histoire secrète de sa vie, celle des deux familles, celle de léo, celle de l'accident.
    Voici sam métamorphosé en hamlet, chargé de faire éclater la vérité.

  • L'histoire se déroule de nos jours.
    Ses héros sont, quant au caractère, décidés, passionnés et naïfs. les règles auxquelles ils sont fidèles les entraînent d'asie centrale jusqu'aux confins escarpés des alpes et de la drôme. puis, à rebours sur les mêmes routes, puisque ces aventuriers qui tirent toute leur énergie du réel, restent des bêtes sentimentales.

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