Institut de la gestion publique et du développement économique

  • Colloque des 28, 29 et 30 novembre 2007 Grâce au regain d'intérêt pour l'histoire institutionnelle et au renouvellement des questionnements sur l'État royal sous l'Ancien Régime, les Chambres des comptes sont enfin sorties de l'ombre. Les actes du colloque tenu à Paris du 28 au 30 novembre 2007, à l'occasion du bicentenaire de la Cour des comptes et du 25e anniversaire des Chambres régionales, présentent la géographie des Chambres des comptes, qu'elles soient royales ou princières, décrivent leurs attributions en matière de contrôle des comptables et de surveillance du domaine royal et se penchent sur des aspects moins connus comme l'administration de la régale temporelle. Cet ouvrage apporte des éclairages sur le personnel des Chambres des comptes, la hiérarchie marquée par un clivage majeur entre les présidents et les maîtres - qui ont seuls la qualité de juge - et les auditeurs et correcteurs, le recrutement social et les dynasties qui y ont vu le jour et donné corps à l'institution. Il replace enfin les Chambres des comptes dans le champ institutionnel en reconstituant les relations - faites de conflits mais aussi d'alliances, parfois surprenantes - qu'elles ont nouées avec d'autres corps comme les États provinciaux ou les Parlements. Supprimées en 1791, les Chambres sont réapparues à l'époque contemporaine : obéissant à d'autres principes, elles n'ont qu'un lointain rapport avec leurs devancières comme le révèle la table ronde qui a réuni à l'issue du colloque plusieurs de leurs magistrats et dont les principaux éléments sont rapportés en fin de volume.

  • Les septièmes « Rencontres internationales de la gestion publique », organisées en juin 2008 par l'Institut de la gestion publique et du développement économique en partenariat avec l'OCDE, ont eu pour thème : « Évaluer les politiques publiques pour améliorer l'action publique ». En France l'évaluation des politiques publiques s'inscrit dans une actualité nouvelle. L'article 47-2 de la Constitution en consacre, en effet, l'obligation. Toutefois les tentatives d'évaluation effectuées depuis 1989 en ont donné une image négative : études lourdes et absconses, ne ébouchant guère sur des décisions ; travaux enlisés dans des comités pléthoriques... Comment alors relever le pari de la Constitution tout en ne reproduisant pas les erreurs réelles ou supposées du passé ? L'expérience internationale peut être une source d'inspiration, en permettant notamment de dégager une voie moyenne entre les audits rapides et l'évaluation ou en invitant à renforcer le travail entre les évaluateurs, les administrations et la société civile. La confrontation de regards différents et d'expertises plurielles permet à l'action publique de déboucher sur de meilleurs résultats. La France dispose de la LOLF et de la RGPP : comment bâtir sur ces bases en s'inspirant de l'expérience de pays qui pratiquent également une gestion par programmes ? Cet ouvrage trace un tableau des préoccupations concrètes que rencontrent divers pays dans le développement de l'évaluation : Royaume-Uni, Espagne, Suède, Italie, France, Pays-Bas. Les multiples questions de méthodes, de stratégies, et les relations entre les acteurs sont ici abordées. Cet ouvrage s'adresse à ceux qui s'intéressent à l'évaluation mais également aux questions sociales, notamment à celles relatives à l'organisation des débats publics dans le cadre de la mise en oeuvre de politiques publiques.

  • Jean Monnet est mal connu ! Celui qui est considéré comme le « père de l'Europe », parmi d'autres cependant, ne s'est affirmé sur ce créneau que tardivement, à plus de 60 ans, au moment de la déclaration Schuman du 9 mai 1950. Auparavant, l'homme avait eu plusieurs vies : chargé, à son initiative, d'organiser les comités de ravitaillement de la France et de la Grande-Bretagne durant la Première Guerre mondiale, il devint secrétaire général adjoint de la SDN de 1919 à 1923. Commence alors une étape pendant laquelle il développe son goût pour les affaires financières internationales, objet de ce livre. Banquier d'investissement avec la firme Blair and Co., fondateur d'une banque d'affaires, la Monnet, Murnane and Co., investisseur malheureux dans la Bank of America de Giannini en Californie durant les années de crise, puis chargé en 1932 d'organiser un consortium financier international pour développer la Chine de T. V. Soong, la China Development Finance Corporation (CDFC), en s'appuyant sur des banques américaines et françaises. Jamais il n'aura été autant globe-trotteur, voyageant sur les grands paquebots entre la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis, le Canada puis la Chine et le Japon. Point d'Europe unie dans ces activités qui, semble-t-il, l'ont finalement lassé. C'est pourquoi il répond en 1938 à l'appel de Daladier pour acheter des avions américains. Une autre histoire commence alors ; celle du banquier Monnet est terminée. Ce livre présente des textes originaux de chercheurs, Gérard Bossuat, Renaud Boulanger, Pierre de Longuemar, Philippe Mioche, Yuichiro Miyashita, qui éclairent ce moment des activités de Jean Monnet. La difficulté était d'accéder à des sources fiables, dispersées, pour une période moins bien documentée que celles qui suivent. Ils font apparaître la complexité et la richesse relationnelle d'un banquier d'affaires avant la Seconde Guerre mondiale, préoccupé d'affaires internationales, financières certes, mais au plus près des milieux politiques internationaux et impliqué dans la grande histoire des relations internationales.

  • La cause semblerait entendue... Nous vivons dans la société de l'information et de la communication depuis la « révolution » Internet. Cette mutation serait née aux États-Unis. Elle nous ouvrirait un monde du « virtuel » et marquerait le triomphe de l'immatériel. Aucune de ces affirmations n'est totalement inexacte, mais toutes reflètent une vision déformée, sans recul historique ni profondeur d'analyse de notre réalité numérique. Ce livre porte le regard sur le rôle du corps des Télécommunications (aujourd'hui fusionné avec le corps des Mines) et, à travers lui, sur l'histoire de ce domaine depuis le milieu du XIXe siècle. Il souligne que la réalité américaine, pour être incontournable, ne fut pas la seule et qu'en se mobilisant pour un projet national, ces ingénieurs formés par leur pays surent donner à la France un rôle majeur dans le développement d'un secteur essentiel pour la prospérité et la souveraineté des nations. Télégraphie, téléphonie, câbles sous-marins, satellites, réseaux de données, Internet, Web, mobiles... en un siècle et demi les dispositifs techniques se sont succédé et ont vu la France s'intégrer avec plus ou moins d'à-propos dans un mouvement qui a transformé le monde. En relevant l'industrie française des télécommunications et en dotant le pays d'un réseau moderne et performant, ingénieurs, entrepreneurs et politiques ont permis à la France de prendre, dans le dernier tiers du XXe siècle, une place significative dans cette dynamique au sein de laquelle son rôle était longtemps resté marginal. Il en ressort que la technologie et l'ambition sont vaines sans une vision politique et que celle-ci n'est rien si elle n'est portée par des hommes et des femmes ayant la volonté et l'expertise nécessaires pour l'incarner. En associant l'analyse des historiens aux apports de l'économie et de la sociologie, en croisant les approches académiques avec le témoignage des acteurs, cet ouvrage offre les clefs qui permettront de mieux comprendre les enjeux du temps présent. Entre la doxa béate des apôtres du Web et les discours anxieux de ses pourfendeurs, il devient alors possible de penser sereinement et lucidement le présent et le futur des technologies numériques.

  • Nos sociétés contemporaines sont traversées par des tensions sociales, économiques et environnementales d'ampleur. La succession des crises financières et écologiques, les excès du capitalisme, ...

  • Dans les débats d'aujourd'hui sur la recherche d'une croissance durable de l'économie, le développement et la diffusion des hautes technologies sont reconnus comme des éléments décisifs. Il s'agit de trouver les moyens et l'organisation pertinents pour mettre en oeuvre les découvertes et les applications scientifiques les plus récentes et assurer le renouveau du tissu économique et social. La conception de produits et de services dans ces domaines, la création et l'essor d'entreprises petites et grandes, le soutien ou les commandes que peuvent leur apporter les différents pouvoirs publics, le rôle des universités et de la recherche, leur impact sur l'environnement, les changements de la société civile et de l'opinion à leur égard sont devenus des enjeux majeurs. Outre la croissance, il y va de la souveraineté, de l'indépendance nationale et de la capacité d'alliance et de coopération des nations. Ce livre est le premier ouvrage d'ensemble qui, loin de se limiter à un secteur, aborde leur histoire parallèle aux États-Unis et en France depuis 1945, deux pays aussi différents par leurs atouts et leur culture que liés par leur histoire et la géopolitique. Il aborde la question de l'hégémonie américaine vis-à-vis des Européens et celle des voies qui s'offrent à eux dans ce contexte, seuls ou ensemble. Il ne se contente pas, en effet, d'une approche nationale : il traite du niveau local et régional comme de la place de l'Europe et du rôle des organismes internationaux. Une première partie analyse les réussites mais aussi quelques échecs du pilotage par l'État de secteurs pionniers. Une deuxième partie concerne spécifiquement les ressources stratégiques et les enjeux militaires. Une troisième partie aborde l'écologie des entreprises de haute technologie et de leurs produits : accès aux technologies, financements, demande, marchés. Une quatrième partie étudie comment, pour faire face au double défi de la concurrence et de la coopération, ont été trouvées des articulations entre les logiques territoriales régionale, nationale et européenne qui sont devenues des bases d'une innovation soutenue dans les hautes technologies. Une table ronde entre acteurs du temps présent fait des comparaisons à l'échelle du monde, débat des forces et des faiblesses françaises en la matière, et s'interroge sur les politiques publiques possibles aux échelles nationale et européenne. Ce livre associe historiens, sociologues, géographes et politistes étrangers et français à des témoignages d'acteurs français importants des secteurs privé et public.

  • Les relations économiques et financières franco-allemandes ont leur spécificité qui en fait un champ d'étude à la fois varié et susceptible de maints prolongements. Cet ouvrage rassemble seize communications, également réparties entre les deux pays, dont plusieurs issues de recherches menées à partir de sources inédites. Toutes ont été présentées et discutées lors d'un colloque qui formait lui-même l'aboutissement de trois années durant lesquelles s'est réuni, au rythme de quatre à cinq séances par an, un atelier placé sous le double parrainage du Comité pour l'histoire économique et financière de la France et de l'Institut historique allemand de Paris. Les sujets abordés sont variés : études sectorielles ; monographies d'entreprises ; place des politiques publiques ; importance de certains espaces de confrontation et de coopération, proches ou lointains ; rôle de la construction européenne... Leur mise en perspective devrait apporter des éléments de réponse et fournir des pistes de réflexion à propos de problèmes qui, loin d'être inédits et particuliers à la période présente, forment autant de permanences dans les relations franco-allemandes, quelle que soit l'époque considérée : déséquilibres structurels, poids des facteurs politiques, multiples ambivalences des regards croisés où s'articulent fascination et répulsion, admiration et rejet, modèle et contre-modèle.

  • Ouverture à la concurrence, développement des énergies renouvelables, volatilité des prix du pétrole, réchauffement climatique... Avec la généralisation de la prise de conscience des défis à relever, les questions énergétiques passionnent. Ces défis ne sont pas uniquement économiques mais sont aussi de vrais sujets de société. C'est sur les spécificités « du modèle énergétique français » et du rôle de l'État que se sont penchés, régulièrement durant trois ans, historiens, économistes et acteurs lors d'un séminaire organisé par le Comité pour l'histoire économique et financière de la France. En effet, s'il est bien un domaine industriel dans lequel l'État a été, depuis le début du XIXe siècle, tout à la fois législateur, opérateur, régulateur et financier, c'est celui de l'énergie. Véritable secteur moteur des différentes phases d'industrialisation, l'énergie (charbon, gaz, électricité, pétrole) s'est révélée stratégique tout en étant le champ privilégié de l'émergence de la notion de service public. Quels sont les différents rôles de l'État dans ce domaine ? Comment se sont élaborés, dans la longue durée, ces rapports complexes entre l'État et les opérateurs ? Quelle est la généalogie du modèle de la grande entreprise publique qui mettait son monopole au service de la nation ? Pourquoi l'énergie est-elle un secteur privilégié de l'action publique ? La trentaine de textes et de témoignages rassemblés dans ces actes retrace, analyse et permet de mieux comprendre les principaux mécanismes de cette histoire.

  • La gestion du territoire est complexe, pluridisciplinaire... et conflictuelle. Chaque acteur public en a sa propre représentation qui, ­combinée à sa conception de l'intérêt général, génère des concurrences institutionnelles, des divergences sur le fond même des politiques à conduire, des antagonismes. Cet ouvrage trouve son origine dans un séminaire entre géographes, politistes, juristes, économistes et décideurs territoriaux qui ont ­cherché à mettre en lumière les interactions des différents niveaux de l'action publique. Les sujets abordés sont divers : le concept de cohésion territoriale au sein de l'Union européenne et son évolution, les rapports entre ­Washington et les États fédérés, la décentralisation italienne, l'importance des régions métropolitaines aux États-Unis, le Grand Paris, la réforme du fédéralisme allemand, la Catalogne et son expérience de réhabilitation urbaine. À partir de ces exemples, les auteurs démontrent que la gouvernance des territoires est une question éminemment géopolitique. Les affrontements qui en résultent compromettent souvent la réussite des politiques publiques et la compétitivité des territoires. Parfois, au contraire, ils font surgir innovation et dynamisme.

  • Comment « naît » l'idée d'une réorganisation administrative et selon quel schéma décisionnel s'impose-t-elle ? Quels en sont les acteurs principaux ? En quels termes, ou sur quel registre (politique, corporatiste, rationaliste, économique, etc.) est-elle défendue ou combattue ? Existe-t-il des contextes historiques ou des configurations favorisant ce type de réforme de l'État ? Nos voisins européens connaissent-ils des expériences similaires en la matière ? La transformation de certains services en agence est-elle un mode privilégié de réorganisation administrative ? Des réformes telles que la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) ou la révision générale des politiques publiques (RGPP) amplifient-elles cette dynamique ? À partir d'exemples précis, les contributions réunies dans cet ouvrage font la lumière sur les processus de création, suppression, fusion de ministères ou de directions ainsi que l'externalisation des tâches via la création d'agences. Envisagées sous forme de bilan et perspectives, elles s'appuient sur diverses approches en économie, sociologie, droit, histoire, science politique, et philosophie. On y distingue, dans une optique comparée en France et en Europe, les multiples enjeux d'ordre économique, administratif et politique des réorganisations dans l'administration. Cet ouvrage à destination des décideurs, des chercheurs et des citoyens contribue ainsi à mieux comprendre ce qui caractérise cette dimension particulière de la réforme de l'État.

  • Lors de la préparation du passage à l'euro, le Comité pour l'histoire économique et financière de la France a souhaité accompagner cet événement monétaire par une série de conférences intitulée « Les Français et leur monnaie : le louis, le franc, l'euro et les autres ». Cinq historiens de renom - Jean Favier, Guy Antonetti, Jean Tulard, Alain Plessis et Jean-Charles Asselain - ont répondu à l'invitation en offrant aux auditeurs une réflexion sur la monnaie en France du Moyen Âge à nos jours. Une table ronde, réunissant Raymond Barre, Jacques Delors et plusieurs hauts fonctionnaires acteurs des réformes monétaires des trente dernières années, ainsi qu'une allocution de Laurent Fabius, alors ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, ont clôturé ce cycle le 18 février 2002, lendemain du retrait de la monnaie nationale. Ces textes accessibles au plus grand nombre, accompagnés de glossaires et d'une chronologie détaillée, offrent des points de repère précis sur l'histoire de la monnaie depuis la naissance du franc en 1360 jusqu'à l'avènement de l'euro. Ces interventions soulignent l'importance de la monnaie comme instrument économique et financier et comme symbole et outil politiques. Elles rappellent également les conséquences des évolutions monétaires successives sur la vie quotidienne des Français. Cet ouvrage, préfacé par Thierry Breton ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, intéressera aussi bien les étudiants en histoire économique et financière que les numismates, et plus largement tous ceux qui auront connu la fin du franc.

  • Entre 1870 et la fin du XXe siècle, la France passe progressivement du statut de grande puissance économique, financière et monétaire à celui de puissance moyenne cherchant son nouveau souffle dans l'Union européenne. Sur cette période, quelle a été la pertinence des choix monétaires de la France au regard de sa performance économique à l'échelle internationale ? Dans quelle mesure ces choix français ont-ils été judicieux sur le plan économique par rapport à ceux de nos voisins européens ? Quelles en ont été les conséquences, pour les divers secteurs industriels et financiers, pour les entreprises françaises, avant et à compter de la réouverture économique de la France à la concurrence internationale ? Les études d'historiens et d'économistes de renommée internationale réunies dans le présent volume s'articulent autour de trois grandes périodes : la position française au début du XXe siècle ; les crises et le repli français de la guerre de 1914 aux années 1950 ; la réouverture aux échanges depuis les années 1960. Elles mettent en perspective les différentes politiques monétaires conduites par les pouvoirs publics (stabilité du franc, dépréciations, franc fort, passage à l'euro...) avec l'évolution des positions commerciales des entreprises françaises. De plus le recours dans ces textes à des comparaisons internationales, pour évaluer les résultats économiques de la France, se montre ici particulièrement pertinent.

  • Si on connaît le poids de l'armée, de la marine ou du service de la dette, les circuits internes qu'emprunte, au XVIIIe siècle, l'argent de l'État redistributeur demeurent encore obscurs. Les dotations des principales caisses centrales, les transferts de fonds de caisse à caisse, les ordres de paiement, notamment sur les caisses provinciales, et finalement l'acquittement des dépenses auprès des nombreux destinataires des fonds publics n'ont pas été étudiés en tant que tels. Or, apprécier la manière dont l'État organise la gestion de ses dépenses, met en oeuvre les modalités de redistribution de l'argent public, et fait face (ou non) à ses obligations de paiement, nous renseigne utilement sur les relations financières qu'il entretient avec la société. Comment l'État paye les Français ? Qu'il s'agisse du paiement des soldes, gages, rentes, remboursement des corvées militaires, exemptions, remises fiscales, indemnités des expropriés, pensions, gratifications..., par quelles voies les fonds parviennent-ils à leurs destinataires ? Selon quel ordre de priorité, quelle forme (espèces, billets), quel délai ? Les travaux issus de cette journée d'études s'intéressent aux paiements de l'État moderne en observant l'administration monarchique dans un rôle plutôt gratifiant celui de dispensateur des deniers royaux, sans pour autant oublier que cette capacité de redistribution constitue l'exact pendant d'une capacité de prélèvement rendue possible par le monopole de la violence légitime.

  • Alors que s'achève le beau XIIIe siècle si porteur de croissance, de paix et de bonne monnaie, les années 1300 marquent l'ère d'un temps nouveau. Celui des réalités qui se muent en mythes, celui de la croissance qui se transforme en crise, celui du vassal qui devient sujet. Elles sont aussi celles de l'aménagement du socle à partir duquel s'édifie lentement un État royal que Philippe le Bel sut toujours habilement utiliser comme levier de sa politique. Un État qui se construit autour de schémas intellectuels et de modèles institutionnels. Un État qui utilise la monnaie comme un authentique instrument de pouvoir, sans ne jamais cependant parvenir à définir un outillage conceptuel qui aurait permis d'en maîtriser efficacement les évolutions. Un État qui, plus que d'autres, à la même époque, joue des mutations monétaires lorsque les rentrées fiscales ne suffisent plus. Un État qui peine à faire basculer l'ensemble de la fiscalité dans le camp de la souveraineté en dépit du poids de la guerre, d'une inventivité constante et d'une incontestable avancée dans l'agencement des mécanismes financiers. Onze spécialistes éclairent de leur savoir cette importante mutation monétaire, fiscale et financière de la France de Philippe le Bel pour laquelle ils souhaitent aussi ouvrir la voie à des interrogations nouvelles.

  • This book is based on the proceedings of a major conference on France, Europe and development aid, from the Treaties of Rome to the present day, organised by the French Development Agency (AFD) and the Institute of Public Management and Economic Development (IGPDE). It presents, in the form of a dialogue between academics and major players in this field (Philippe de Fontaine Vive, Dieter Frisch, Omar Kabbaj, Bernard Petit, Dov Zerah and Tertius Zongo), an overview of development cooperation from the point of view of three key players: the AFD together with the French government, the European Commission and the recipient countries. France's aid has, since 1945, clearly been driven by humanitarian, moral and political considerations as well as by the defence of French economic interests. It is one of the instruments of French influence in international relations. What is the role of French development assistance now that a "new" player, the European Commission, has been involved in this field since 1958? What sort of development policy do the Member States of the European Union and the Commission envisage? What role is there for France in the European dimension of assistance? Is there still room for official assistance within a liberalised economic area, in which private enterprise is paramount? The answers provided to these questions show that European societies do not view international relations simply in terms of economic confrontation or cold indifference. The conference on 8 December 2011 celebrated the 70th anniversary of the Agence Française de Développement (AFD), successor to the Caisse centrale de la France libre, which was created by General de Gaulle in London on 2 December 1941.

  • La Grande Guerre constitue un tournant majeur dans la gestion des finances publiques au XXe siècle. En préférant essentiellement l'emprunt à l'impôt pour faire face aux dépenses de guerre, les pays belligérants ouvrent en effet le cycle durable du déficit budgétaire, de l'endettement, de la dépréciation monétaire et de l'inflation. Mais au-delà des questions de financement, c'est l'ensemble du système de gestion des finances publiques qui se voit déstabilisé par le choc de la mobilisation générale, par la durée non prévue du conflit et par les défaillances ou les insuffisances de l'État libéral hérité du XIXe siècle. Faisant suite à un premier volume consacré au « troisième front » et à « la mobilisation financière », ce deuxième volume s'attache plus particulièrement à évaluer l'impact du conflit sur les institutions politiques et financières aux prises avec les dépenses de guerre (gouvernement, commissions parlementaires, ministère des Finances, Cour des comptes, corps de contrôle, organisations non gouvernementales, banques). La désorganisation et le désordre des circuits comptables, le relâchement ou la disparition des contrôles budgétaires et juridictionnels, les inadaptations et les improvisations administratives se combinent cependant avec des innovations gestionnaires qui manifestent la capacité des acteurs publics à affronter l'urgence et la nécessité. De la conduite de la guerre émergent les traits encore flous d'une nouvelle figure de l'État, un État sommé de prévoir, diriger, organiser et contrôler. Une bibliographie thématique enrichie complète cet ouvrage qui vient éclairer d'un jour nouveau les formes financières du « gouvernement de guerre » de 1914 à 1918.

  • Le vote et la mise en oeuvre de la loi organique relative aux lois de finances du 1er août 2001 ont rappelé l'importance de la régulation et de la gestion des finances publiques. Pour ses promoteurs, la LOLF introduirait de manière inédite des préoccupations managériales dans le droit budgétaire et comptable, volontiers présenté comme peu soucieux de considérations d'efficacité ou d'efficience. Cette actualité de la LOLF incite l'historien, le juriste ou le politiste à prendre de la distance en réinscrivant ces mutations dans la longue durée. À travers une série d'études inédites, cet ouvrage retrace l'histoire mal connue des principes, des règles, des instruments et des pratiques qui ont façonné le droit budgétaire et compta ble tout au long du XIXe siècle, depuis sa refondation sous la Restauration jusqu'au début de la Première Guerre mondiale. Comment et à travers quels enjeux sont produites les normes du droit budgétaire et comptable ? Quels débats de doctrine suscitentelles ? Que nous apporte la perspective historique pour (re)penser les relations entre la mise en place d'un droit des finances publiques et les préoccupations gestionnaires ? Quelles pratiques ce droit génère-t-il ? Telles sont les grandes questions auxquelles s'efforce de répondre ce livre sur la période 1815-1914. Les analyses et hypothèses avancées dans l'ouvrage sont issues de la confrontation féconde de plusieurs champs disciplinaires, l'histoire, le droit et la science politique. Premier tome d'une « Histoire de la gestion des finances publiques de 1815 à nos jours », ce volume contribue à une histoire de l'État qui s'inscrit au coeur d'un dialogue passé-présent et qui suit le fil riche et complexe du développement de la gestion des finances publiques.

  • Résistant, gaulliste, parlementaire, ministre à plusieurs reprises - garde des Sceaux, Premier ministre, ministre de l'Économie et des Finances, puis des Affaires étrangères, et enfin de la Défense nationale - Michel Debré est un des hommes politiques majeurs de la IVe et de la Ve République. La journée d'études, consacrée à son action au ministère de l'Économie et des Finances, permet de découvrir la période 1966-1968, une période brève mais riche en réformes. Historiens et proches collaborateurs de Michel Debré retracent ici ces mois d'activité intense : politique budgétaire et monétaire rénovée, lancement d'un programme industriel et de la recherche scientifique ambitieux, nouvel élan donné à la formation professionnelle, innovation fiscale avec la TVA, ou encore aide au développement de l'agriculture. Ainsi, ces actes nous présentent les multiples facettes de l'oeuvre réformatrice de ce ministre de l'Économie et des Finances énergique et visionnaire, et nous révèlent un moment moins connu de la carrière de cet homme d'État.

  • Malgré la financiarisation des économies le crédit inter-entreprises occupe aujourd'hui une place majeure dans la structure financière des firmes petites et grandes dans le monde. Malgré cela, il a longtemps été négligé par les historiens de l'économie qui préfèrent travailler sur des sources de financement plus accessibles et plus formalisées. Les études historiques présentées dans ce livre analysent sur un long xxe siècle le crédit inter-entreprises en Europe occidentale, à la fois sous sa forme de crédit commercial (la première source de financement à court terme des firmes) et celle de crédit financier (financement direct interentreprises, crédit intra-groupe, crédit de la famille et/ou du réseau...). Réalisé par une équipe internationale de chercheurs, ce recueil livre une première contribution à l'histoire du financement inter-firmes des entreprises européennes, dont on retrouve bien des traits aujourd'hui dans les flux massifs de capitaux circulant à l'intérieur des groupes mondialisés. Il montre que loin de se réduire à une forme archaïque de financement qui résulterait des imperfections du marché des capitaux, le crédit interfirmes correspond à un besoin de coordination et d'adaptation des firmes à leur environnement et au progrès technique.

  • Ce livre a pour objectif de soumettre à l'expertise des historiens la question qui agite autant le monde savant que les politiques, les citoyens et les médias : comment un État ou un groupe d'États peut-il entrer dans une crise de la dette publique et comment peut-il s'en sortir ? Il semble bien en effet que les historiens disposent d'un vaste champ expérimental, susceptible d'autoriser les comparaisons dans le temps et dans l'espace. Au-delà des variations fortes du contexte dans lequel leurs observations s'insèrent, leurs constats peuvent ainsi entrer en résonance avec les théories ou les faits énoncés ou révélés par les économistes et les sociologues, ouvrant ainsi la voie à un véritable dialogue interdisciplinaire. Les exemples ne manquent pas, ils foisonnent, de moments critiques où les États se sont trouvés dans une situation de surendettement qu'ils ne parvenaient plus à surmonter. Ce livre entend rendre compte de ces épisodes sans doute improprement appelés « crises ». Il s'agit, en effet, d'interroger les auteurs sur un faisceau d'expériences historiques depuis le XVIIIe siècle jusqu'à nos jours, et de leur demander d'analyser à la fois les évolutions qui ont conduit à une montée de la dette publique et les remèdes qui ont pu être appliqués pour tenter de la juguler. De l'Amérique latine à la Russie, le spectre géographique de cette publication a une large portée internationale, l'ouvrage ne délivre certes pas de recettes mais apporte un nouvel éclairage sur des processus qui peuvent faire déraper la dette publique et sur les méthodes employées pour la réduire, l'endiguer, voire l'annuler.

  • « En finir avec le New Public Management » est un livre qui mêle un constat et une espérance. Le New Public Management (NPM) est en passe de ne plus être revendiqué comme étendard des réformes administratives, c'est le constat mais il porte également l'espérance que vienne la fin du NPM au profit d'autres modèles d'inspiration de l'action publique. Par-delà les multiples définitions dont il a fait l'objet, le NMP renvoie à la volonté et à l'action de transposer les outils, modes de gestion et d'organisation du secteur privé vers le secteur public. Cet ouvrage est tout entier consacré aux problèmes que le NPM pose. Les contributions qu'il contient se répartissent en trois catégories : tout d'abord, des recherches qui circonscrivent le NPM en analysant son origine, son contenu et sa portée sur les administrations, en France, en Europe et dans le monde ; ensuite des recherches qui énoncent les vices dissimulés et les effets imprévus du NPM et, enfin, des travaux qui explorent les formes que prennent ou pourraient prendre l'action publique après le NPM.

  • L'économie sociale et solidaire (ESS) possède sa dynamique propre. En tant que forme d'économie, elle contrebalance les échecs du marché et les limites de l'État et c'est à ce double titre qu'elle prend une place grandissante dans la réflexion des universitaires et des décideurs publics. Elle s'appuie néanmoins sur la longue histoire de l'associationnisme qui passe par l'invention d'institutions de protection sociale (mutuelles, associations caritatives, ...) et la définition de politiques sociales (aide à domicile, handicap, insertion, ...) pour aboutir au système français actuel. À ce titre, l'ESS est un instrument disponible pour renouveler les modes d'élaboration des politiques publiques et de délivrance des services publics introduisant du partenariat entre l'État et l'ESS afin de dynamiser et de réorienter l'action publique. Différents scenarios ont déjà été éprouvés : entre complémentarité et substitution, entre partenariat et affrontement dans le domaine de la protection sociale en France. Les enjeux sont de taille, et la question de l'évaluation de l'ESS présente le risque d'être standardisée. La coopération entre ESS et biens communs, ces derniers véhiculent des valeurs communes d'universalité et de partage, offre également des potentialités non négligeables. Plusieurs études de cas sont présentées dans l'ouvrage. En Russie, au Danemark, au Québec, et en France, la diversité des rapports entre État et ESS est abordée : concurrence, volontariat, co-production et biens communs. D'autres exemples (Suède, Espagne, Grande-Bretagne et Pays-Bas) démontrent le potentiel d'innovation que représentent les relations État, secteur privé et l'économie sociale et solidaire.

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