Kime

  • La nature

    Collectif

    Sommaire : Dominique Bourg, Crise écologique et idée de nature / André Simha, La nature au défaut du discours / Louis Ucciani, Toutes les choses du monde / Stéphane Haber, Les apories de la libération animale : Peter Singer et ses critiques / Jean-Michel Le Lannou, La fonction « Nature »

  • Traduire

    Collectif

    Entretien avec Aharon Appelfeld (interview d'Antoine Nastasi). Dans cette entrevue, Aharon Appelfeld nous guide à travers le monde des visions de l'écrivain. Visions qu'il cherche à traduire avec une grande économie de mots, cherchant la justesse dépouillée et non la profusion de métaphores. Son renoncement volontaire à la langue maternelle allemande, le fondement que représente pour lui le yiddish, l'adoption de l'hébreu comme retour aux racines aussi bien que langue séculaire détachée de la langue sacrée qu'est l'hébreu biblique, autant de directions linguistiques qui portent les images internes. Écrivain Serge Ambert, Jean-Paul Sètre, Du texte au corps. C'est à partir des cahiers de Nijinski que Serge Ambert a choisi de monter la chorégraphie Comme un bond en plein ciel. Cette création interroge la traduction non plus d'une langue à une autre langue mais d'un langage textuel à un autre langage, corporel cette fois. Outre le fait que ces deux langages se construisent ici selon la narrativité de l'auteur-danseur et du chorégraphe-danseur, il n'en demeure pas moins que l'une est écrite et donc pérenne tandis que l'autre est gestuelle et éphémère.
    Danseur-chorégraphe, écrivain Anna Angelopoulos, Traduire des contes judéo-espagnols des Balkans. Comment traduire une collecte de contes transmis en ladino, une langue orale employée par les communautés judéo-espagnoles. Il s'agit ici d'opérer une double traduction :
    D'une part, celle d'une langue dans une autre langue, d'autre part, celle d'une langue orale dans une langue écrite.
    Psychanalyste, anthropologue Batia Baum, Langue caché, perdue, retrouvée. L'auteure retrouve la langue yiddish à l'âge adulte, langue née entre les langues, du traduire d'une langue à l'autre, du texte hébraïque à la langue germanique judaïsée et nourrie d'autres sources :
    Romanes ou slaves. En français, le yiddish, c'est du genre masculin. Et Batia Baum différencie cette langue du yiddishkeit, du genre féminin, dont elle a la nostalgie parce qu'il n'y a pas de lieu pour ça, c'est un lieu de mémoire, c'est tout ce dont la langue est nourrie, ce qu'elle porte en elle de racines, de sensations, d'odeurs, du lait de la mère, de pensée, de culture.
    Elle montre que ce qu'elle cherchait, c'était le yiddishkeit et a fini par comprendre que ce yiddishkeit se transmettait par la langue. Écrivain, traductrice et enseignante du yiddish

  • La notion de paysage, à la différence de celle de « nature », implique une dimension esthétique et engage à ce titre une réflexion sur ce qui est donné à voir au sens large, réflexion qui concerne aussi bien le témoin que le touriste, l'artiste que le chercheur. C'est sur la tension entre nature, paysage et mémoire qu'il s'agit de fixer notre attention. En effet, ce qui reste de l'événement dans le paysage ou il a eu lieu ou ce qui a été ajouté dans ce paysage pour en faire un lieu de mémoire est l'objet d'une interrogation éthique à plusieurs niveaux : comment construire des habitations sur les sites de batailles, d'internements, de massacres ? comment patrimonialiser des « lieux de mémoire » tels que forêts ou ravins, ou encore fleuves et rivières voire espace maritime ? Quels types de commémorations y sont- ils possibles ? Comment les acteurs de ces événements ou de leur mémoire, ou les descendants des victimes s'approprient-ils ces espaces ? (Par exemple, le Rio de la Plata à Buenos Aires pour les disparus sous la dictature, ou le fleuve Nyabarongo où furent jetés des corps de Tutsis assassinés au Rwanda, ou la Vistule où l'on jetait les cendres des crématoires d'Auschwitz, ou les ravins d'Ukraine, etc.) Enfin, quelles implications éthiques comportent des émotions esthétiques éprouvées devant les montagnes de la Kolyma ou les collines autour de Terezin ?
    Le paysage nous conduit au coeur d'une réflexion sur l'articulation complexe entre la mémoire et l'oubli, entre la trace et son absence, entre le « quelque chose » qui demeure physiquement après les massacres de masse et le « rien » que ces lieux affichent dans leur impassibilité. Il offre donc une entrée privilégiée pour penser la disparition et l'effacement.

  • Après une longue domination de l'analyse formelle des textes, l'histoire littéraire et même l'historiographie littéraire connaissent aujourd'hui un regain d'intérêt. Les contributions du volume, dues à des spécialistes allemands, italiens et français, sont consacrées aux origines de l'historiographie littéraire moderne autour de 1800, à cette période de transition entre la grande tradition érudite européenne, l'historia litteraria, et l'ère des histoires littéraires nationales, à une époque où les modèles sont donc à inventer, où les concepts sont hybrides, héritage et innovation. " Histoire ", " nation ", " littérature ", " critique " structurent diversement la réflexion et la pratique des protagonistes d'un débat européen (Herder, La Harpe, les frères Schlegel, Mme de Staël, les frères Grimm) comme de contemporains moins illustres. L'étude des représentations et des productions de l'histoire littéraire dans deux espaces nationaux, le français et l'allemand, nécessitait de privilégier le décloisonnement, la mise en regard, la comparaison. Elle a aussi permis d'observer la contamination réciproque des perspectives dans l'écriture même de l'histoire littéraire.

  • La métaphysique

    Collectif

    Sommaire : Virginie Caruana, Michel Henry, Entretien avec Michel Henry / Bruno Gnassounou, Les limites du Devonshire ou pourquoi la métaphysique doit être prise au sérieux / Jean-Pierre Cotten, L´« expérience » de la chair chez le dernier Merleau-Ponty / Jean-François Mattéi, Les deux souches de la métaphysique chez Aristote et Platon / Dominique Grass, Dialectique historiciste et théorie du prolétariat / Viviane Ventrin, La généalogie de l´obscurcissement / Louis Ucciani, Schopenhauer ou l´inévitable métaphysique

  • I - Hannah Arendt dans le monde
    Wolfgang HEUER : " Exercer une influence, moi ? " Hannah Arendt en Allemagne : histoire d'un rapprochement difficile
    Frédérique ARON et Zhang YAN : Arendt en Chine : Etat des lieux : introduction et recherche
    Steven ASCHEIM : Introduction à Hannah Arendt in Jerusalem (1999)
    Yotetsu TONAKI : La réception de Hannah Arendt au Japon
    Vlasta JALUŠIoe : Les éléments de la tradition en question : Hannah Arendt en ex-Yougoslavie et dans les Etats successeurs

    II - Des analyses venues d'ailleurs
    Franco FISTETTI : Hannah Arendt à l'âge de la mondialisation
    Kirstie McCLURE : Encore la question sociale
    Hourya BENTOUHAMI : Le cas de Little Rock. Hannah Arendt et Ralph Ellison sur la question noire
    Lucas MARTIN : Le mensonge organisé pendant la dernière dictature argentine. Penser la société argentine avec H. Arendt
    Julia SMOLA : La politique sans mots : parler et agir en Argentine dans les années 1990

    III - D'une langue à l'autre
    Christian FERRIÉ : Une politique de lecture : Arendt en allemand

  • La sexualité est l'un des derniers grands chantiers ouverts par Michel Foucault. L'Histoire de la sexualité est une entreprise immense, qui marqua profondément le champ des sciences humaines : dans les deux volumes portant sur l'Antiquité, Michel Foucault allait proposer de nouveaux epistemai aux spécialistes pour aborder les sociétés grecque et romaine, et un nouveau cadre épistémologique pour penser l'érotisme et le processus par lequel l'individu est amené à se reconnaître comme sujet de son désir et de sa propre existence. Qu'en est-il, trente ans après ? Comment définir l'impact dans le champ des sciences humaines des travaux de Michel Foucault sur la sexualité et l'Antiquité, au moment où paraît le volume Subjectivité et vérité - le premier cours de Michel Foucault au Collège de France entièrement consacré à l'Antiquité gréco-romaine ? Et quel est l'usage qu'en font actuellement les anthropologues des mondes grec et romain, vingt-cinq ans après l'ouvrage pionnier Before Sexuality : The Construction of Erotic Experience in the Ancient Greek World ? Dans cet ouvrage, il s'agit de comprendre comment les travaux de Michel Foucault ont infléchi les réflexions des chercheur-e-s et des intellectuel-le-s qui s'appuient aujourd'hui sur l'Antiquité dans les champs nombreux que sont l'éthique, les études de genre, la philosophie, l'histoire, l'anthropologie, la politique et la psychanalyse.

  • Les questions de la représentation des violences extrêmes et, notamment, du génocide des Juifs ont maintes fois échauffé les esprits. Or, jamais le théâtre n'a été invité à monter sur la scène de ces débats. Pourtant, depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, le théâtre se trouve sur le plan aussi bien culturel et de ses nécessités collectives que de la création artistique et de ses exigences expérimentales à prendre en charge ces questions, à les assumer et à les rendre accessible aux publics. Le traitement sur scène de la violence radicale collective et de sa mémoire est au coeur de ce dossier qui s'est mis à l'écoute des créations théâtrales de l'extrême contemporain. On y trouvera huit articles et entretiens sur les scènes rwandaise, belges néerlandophone et francophone, sur le théâtre documentaire arménien, sur une adaptation récente du Journal d'Anne Frank.
    Un portfolio exceptionnel de Tomasz Kizny, avec des photos du Goulag Un grand entretien de l'artiste Jochen Gerz

  • Le dossier de ce premier numéro sera consacré à un face à face entre Alexandre Soljenitsyne et Varlam Chalamov. Ces deux grands écrivains russes représentent les deux témoins majeurs du Goulag dont l'oeuvre s'est construite dans l'espace culturel poststalinien. Mais de nombreux aspects les opposent. C'est par eux que le public occidental découvre comment la terreur stalinienne a produit et fait fonctionner un système de répression carcérale s'étendant aux confins de la Sibérie. Cette prise de conscience arrive après une longue période de déni qui a dominé malgré un grand nombre de témoignages d'évadés ou de rescapés parus depuis les années 1920. Ce sont d'abord deux oeuvres considérables qui présentent de façon extrêmement différente aussi bien l'univers concentrationnaire soviétique que l'expérience de leur internement :
    Pour Soljenitsyne, le camp peut être un instrument de régénérescence spirituelle, pour Chalamov, c'est une école entièrement négative de la vie. Et leur réception les sépare encore plus. Soljenitsyne est introduit en France par la gauche communiste qui cherche à racheter son allégeance à Staline, puis il est adopté par la droite. Chalamov, à qui Soljenitsyne laisse peu de place, est d'abord porté par la gauche trotskyste, puis son oeuvre s'en détache. Sa réception est tardive, malgré la force de son écriture et de la réflexion qu'il porte sur l'articulation entre littérature et témoignage. Autant dire que la comparaison - ou la confrontation - offre aujourd'hui encore des pistes précieuses pour comprendre à la fois le phénomène des répressions staliniennes et sa postérité.

  • Les rubriques d'actualite´ habituelles (cine´ma, the´a^tre, musique, expositions). Un portfolio sur les restes des lieux juifs en Ukraine par Marc Sagnol. Un grand entretien avec Michael Rothberg a` l'occasion de la sortie en franc¸ais de son Me´moires multidirectionnelles (e´d. Pe´tra). « Des sites et des lieux » avec un article sur le monument franquiste : Valle de los Caidos, non loin de Madrid. Varia, comptes-rendus...

  • La théologie de la libération connaît aujourd'hui un véritable renouveau, elle se globalise et se déploie dans de multiples domaines, et à travers des horizons de croyance divers mais convergents.
    De nouveaux rapports du religieux au politique s'affirment, et vont à l'inverse de l'idée selon laquelle les religions constituent par essence un obstacle à l'émancipation. Ce sont quelques-unes de ces dissidences qui font l'objet de la nouvelle livraison de Tumultes. Y sont mises en évidence des courants de pensée, des luttes sociales ou politiques à visée émancipatrice, appartenant au passé ou bien tout à fait actuels, portés par des convictions religieuses ou articulées avec elles. On entend ainsi aborder la réflexion générale sur l'émancipation en reprenant le fil d'une tradition de pensée qui a été celle d'Ernst Bloch.

  • Tumultes propose une enquête en deux volumes sur la question de l'État dans le contexte de la globalisation économique, politique et culturelle. Le point de départ en est une alternative sommaire qu'on entend interroger. D'un côté, le domaine politique est réduit à la seule considération du rôle de l'État et de ses institutions, à l'exercice des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. D'un autre côté, l'expérience politique ordinaire est celle des mouvements de contestation ou de résistance contre l'État et son appareil gouvernemental, comme si le politique relevait d'une logique totalement a-étatique d'émancipation. Partir de cette alternative revient à s'interroger sur ce que seraient les politiques d'émancipation si elles ne se référaient pas à l'État contre lequel elles entrent en lutte mais sur lequel elles prennent appui. Car aucune action contestatrice, y compris celle qui remet radicalement en cause le pouvoir ou le gouvernement, ne peut faire l'économie d'une interpellation de l'État, ce qui est aussi une manière d'en appeler à l'État contre le pouvoir ou contre le gouvernement, voire parfois contre tel ou tel aspect de la société.
    De quel État s'agit-il donc ? L'efficacité des institutions les plus fondamentales de la société repose sur la garantie apportée par la puissance publique : justice, police, santé, sécurité sociale, politique culturelle, éducative ou de recherche, collectivités territoriales, etc. Cette conception de l'État, qui fut élaborée en Europe et exportée dans le monde a aussi un revers indissociable : l'effritement de l'État-providence sous les coups de la globalisation économique entraîne le renforcement de l'appareil de contrôle et de domination. Et ce sont aussi les effets de l'exportation de cette ambivalence de l'État qu'il convient d'examiner, de façon à regarder l'État depuis son destin colonial et postcolonial.
    Trois aspects sont donc retenus pour cette première livraison, qui sera complétée d'une autre plus spécialement attachée à analyser la corruption de l'État :
    - L'élaboration philosophique du concept d'État à l'époque moderne - Le rapport constitutif de l'État à la colonialité et son devenir postcolonial

  • 1- Le Bathybius ou une émergence de la profondeur marine (1868-1880), Loïc Peton 2- Les organismes et leur environnement : la construction de niche, l'hypothèse Gaïa et la sélection naturelle Dutreuil Sébastien, Pocheville Arnaud (version provisoire) 3- Une histoire naturelle descriptive et enracinée dans la société : l'oeuvre du Frère Ogérien (1825-1869), Perru Olivier 4- Gregor Mendel était-il soumis à la corvée avant de devenir moine en 1843?, Christiane Nivet, (Université Paris7- Denis Diderot) 5- Du milieu extérieur au milieu intérieur : Construction, déconstruction et reconstruction d'un concept en biologie (1810-1875), Emmanuel Dhombre Recensions :
    - Méthode et histoire, Quelle histoire font les historiens des sciences et des techniques ?
    Anne-Lise Rey (sous la direction de), Laurent Loison - Introduction à la philosophie des sciences de Hans-Jörg Rheinberger, Laurent Loison

  • Après un numéro thématique entièrement consacré à Jacques Monod, le premier numéro de 2011 comportera deux articles d'ordre théorique, et deux études historiques.
    Un article de Christophe Malaterre sera consacré à l'extension, au-delà des organismes microcellulaires, de la notion de biodiversité aux microbes, et aux limites de cette extension. Francesca Merlin traitera de l'ambiguïté du concept de hasard dans la théorie synthétique de l'évolution, revu à la lumière des recherches récentes sur les mécanismes de mutation, qui posent un défi à ce pilier de la Synthèse Moderne.
    Laurence Perbal approfondira l'étude des liens existant entre génétique et eugénisme au début du XXe siècle dans le monde anglo-saxon, et Maria Cristina Dessi étudiera les articles d'une revue scientifique vénitienne au début du XVIIIe siècle, La Galleria di Minerva.
    Une revue critique de divers ouvrages publiés consacrés à l'histoire de la biologie sera inaugurée.

  • Primo levi est non seulement un des grands témoins de la déportation et du génocide des juifs, mais c'est aussi un écrivain important.
    Il a de surcroît su s'engager dans l'espace public comme intellectuel défenseur de la mémoire et des valeurs morales que le nazisme et la barbarie du siècle ont tenté d'éradiquer. or jusqu'à aujourd'hui, ni son oeuvre ni sa pensée n'avaient été étudiées à partir de leur réception et, donc, de leur usage public. c'est ce que s'est donné pour tâche le présent ouvrage, devenant par là même un recueil de référence permettant de prendre la mesure de l'intérêt mais aussi des résistances pour traduire primo levi et le faire connaître dans de nombreux pays du monde, à l'ouest comme à l'est.
    Les contributions publiées ici sont issues des interventions données lors du colloque sur la réception de primo levi dans le monde organisé par la fondation auschwitz (bruxelles) qui a eu lieu à bruxelles les 12, 13 et 14 octobre 2006. ce volume présente également, regroupés dans deux cahiers photographiques, une partie du fonds iconographique primo levi qui a servi à concevoir les expositions primo levi puisque c'est un homme et primo levi i giorni et le opere (en 2007: lyon, turin, carpi ; en 2008 : bruxelles, berlin).

  • La physiognomonie est une vieille tentation qui remonte à l'Antiquité, et se transmet jusqu'aux XVIIIe et XIXe siècles avec Lavater et ses silhouettes morales, Gall et les bosses du crâne, Lombroso et le criminel-né.
    Son projet est de déchiffrer les qualités morales et intellectuelles de l'individu à partir de la forme de son corps et de son visage, au-delà des seules informations qu'il donne de lui-même par sa parole ou ses actes. D'un point de vue politique, la physiognomonie n'est qu'un nom savant pour une théorie du délit de faciès, et ses résurgences ne peuvent qu'être combattues. Quel en est donc l'intérêt philosophique ? Cette pseudo-science est fausse d'illusions de scientificité, qui demandent une analyse ; elle se nourrit de vérités pratiques et esthétiques mal conçues, qui demandent à être dévoilées - tâche du philosophe, de l'historien des arts et du critique littéraire.
    En réunissant ces diverses compétences, ce recueil se propose d'étudier selon des perspectives philosophique, esthétique et anthropologique les problèmes posés par la physiognomonie, au premier rang desquels se trouve la question du corps envisagé comme signe de l'âme.

  • Référence centrale dans beaucoup de pays du monde, Edward Said reste mal lu et mal connu en France. Ce numéro de Tumultes entend donc combler une lacune. Il présentera les principaux aspects de la pensée de celui qui se présentait comme un disciple d'Adorno et qui comme ce dernier pensait ensemble politique et oeuvres de culture dans la perspective d'une critique radicale de la domination. Les articles porteront de préférence sur les aspects les moins connus en France de l'oeuvre d'Edward Said, notamment sur ceux de ses livres majeurs qui n'ont pas encore été traduits.

  • Auguste Comte aujourd'hui

    Collectif

    • Kime
    • 6 Octobre 2003

    Auguste Comte, le fondateur du " positivisme ", a construit une des grandes philosophies systématiques du XIXe siècle. Il développe une philosophie des sciences qui réordonne toute l'encyclopédie pour arriver à fonder la " sociologie ", mais aussi une philosophie sociale et politique, qui se propose de " réorganiser " la société, après les bouleversements engendrés par la Révolution française. Comte tente également de fonder une religion sans Dieu, la " religion de l'Humanité ", qui devrait permettre de renforcer le lien social. Le positivisme connut en son temps un très grand succès, à la fois auprès des savants et des politiques, en Europe comme en Amérique latine. Depuis quelques années, la recherche s'attache à étudier plus précisément l'oeuvre de Comte en elle-même, qu'il convient de distinguer du positivisme au sens large. Les articles ici réunis portent d'abord sur la pensée scientifique de Comte, en particulier sur son oeuvre mathématique et biologique. Ils traitent ensuite de la politique comtienne, à la fois à la lumière des théories politiques et sociales de son temps, mais aussi à travers les échos que cette doctrine rencontre aujourd'hui. Ils s'attachent enfin à éclairer la signification d'une esthétique comtienne très méconnue. Ces études sont issues d'un colloque international sur Auguste Comte aujourd'hui, organisé au Centre Culturel de Cerisy-la-Salle en 2001 par Michel Bourdeau, Jean-François Braunstein et Annie Petit. Elles sont précédées dans ce volume par une préface de Michel Houellebecq qui manifeste bien la paradoxale modernité de la pensée comtienne.

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