Les Presses de l'Université de Montréal

  • Quiconque juge évalue ; à ce titre, l'évaluation est universelle. Mais cette activité humaine peut être plus ou moins formalisée, et des stratégies peuvent être adoptées pour en augmenter la validité. Dans la pratique, la rigueur méthodologique autant que la réponse aux besoins réels des organismes demandeurs et le souci constant de l'utilisation de l'information produite sont les meilleurs garants d'une évaluation réussie.

    Exhaustif et pragmatique, cet ouvrage présente le modèle d'évaluation qui s'élabore depuis 20 ans autour du cours « Méthodes d'évaluation » du secteur de la santé publique de l'Université de Montréal. Si la plupart des exemples utilisés sont issus du domaine de la santé, le modèle proposé s'applique à l'étude des interventions de tous les secteurs, comme l'éducation, l'administration ou les sciences politiques.

    Ce manuel permettra aux étudiants, aux chercheurs et aux professionnels qui ont recours à l'évaluation de mieux définir les interventions soumises à leur expertise, et de choisir les approches et les questions les mieux adaptées à chaque contexte.

    Les directeurs enseignent l'évaluation de programme et sont membres du Groupe de recherche interdisciplinaire en santé (GRIS) de l'Université de Montréal. Praticiens, chercheurs et enseignants, les auteurs comptent parmi les meilleurs spécialistes de l'évaluation.

    o Prix du recteur de l'Université de Montréal pour un ouvrage didactique (2009)

  • Faut-il décriminaliser, voire légaliser l'usage du cannabis ? Si oui, dans quel cadre législatif et pour qui ? Ces questions qui agitent les pouvoirs publics occidentaux depuis des décennies n'avaient pas encore fait l'objet d'études approfondies et complètes. Un comité spécial du Sénat canadien s'y est attaqué. Le rapport qu'il a rendu public a étonné tous les observateurs par la rigueur de ses recherches et l'audace de ses propositions.

    D'importantes ressources scientifiques ont été mobilisées pour faire le point : 23 rapports de recherches réalisés par des scientifiques de réputation internationale, plus de 200 témoins, chercheurs et spécialistes au Canada et à l'étranger, de nombreux groupes de discussion... Le débat sur le cannabis sort enfin sur la place publique.
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    L'essentiel du rapport et toutes les recommandations se retrouvent dans ce livre. Le Comité propose des perspectives nouvelles face aux drogues illicites, rappelant la nécessité de trouver une politique différente et efficace « qui ne banalise ni ne marginalise les usages ». Novateur dans ses bases scientifiques et courageux dans ses recommandations, ce rapport, précédé d'une préface du sénateur Nolin, devient désormais indispensable à toute discussion sur le cannabis au niveau national et international.

  • Dans la première moitié du XXe siècle, les milieux artistiques français foisonnent de réalisations, les artistes se connaissent, se côtoient et mettent en commun une énergie créatrice exceptionnelle. Il n´est donc pas étonnant de constater que les collaborations des musiciens français à des projets collectifs ont rarement été aussi nombreuses et aussi étroites qu´à cette époque. Dans une perspective multidisciplinaire, le présent ouvrage propose une série d´études dans le but d´approfondir un certain nombre de questions entourant les formes et les genres qui naissent à l´époque dans ce climat d´intense activité artistique.
    Les études de ce livre témoignent des rapports nouveaux qu´établissent les artistes avec une société en profonde mutation et qui entraînent une redéfinition de la pratique artistique, des liens qu´entretiennent le public et les artistes à l´art, à sa contemplation et sa consommation. Elles accordent une place centrale à la musique et aux liens que celle-ci entretient avec la littérature, la danse, le cinéma et le théâtre. L´ensemble de ces relations et mutations constitue les bases d´une modernité dont les prolongements n´ont de cesse tout au long du siècle et viennent même secouer la postmodernité à l´orée du XXIe siècle.
    Sylvain Caron, François de Médicis et Michel Duchesneau sont professeurs à la Faculté de musique de l´Université de Montréal.

  • L´autobiographie, sous ses divers avatars, a connu une expansion sans précédent, au point de devenir le registre dominant de la littérature d´aujourd´hui. Ses frontières génériques sont plus incertaines que jamais et la distance du sujet à lui-même implique un questionnement qui touche inévitablement le nom.
    Par ailleurs, à côté de la linguistique du nom propre, très productive ces dernières années, les travaux sur l´écriture de soi se sont multipliés dans le sillage d´une nouvelle phénoménologie de l´identité. Le nom propre s´est ainsi retrouvé au coeur de la réfl exion sur les limites de la fi ction et de la non-fi ction. Voici qu´il apparaît, à l´égal du sujet ou de la vérité qu´il aurait fonction d´attester, comme une catégorie instable, sujette au doute et aux manipulations. L´être et l´identité sont désormais devenus friables.
    Le moment est donc venu de mettre à l´épreuve le modèle canonique proposé par l´école formaliste et sa confiance dans l´autorité du nom propre.

  • Univers en perpétuelle expansion et au foisonnement chaotique, Internet offre un nombre incalculable d'outils, dont l'exploration paraît parfois hors de portée. Dans le paysage des sciences humaines, les blogs, les logiciels bibliographiques, les bases de données, les éditions en ligne et les wikis, tous ces objets qui éveillaient notre curiosité il y a une décennie, sont devenus aussi anodins qu'omniprésents. Mais comment bien s'en servir ? Les appréhensions face à ces outils - et leur simple mais robuste méconnaissance - sont encore largement répandues. Or on ne peut plus ignorer leur intérêt, voire leur nécessité, et les chercheurs qui s'y essaient ne savent souvent pas par quel bout attraper ces logiciels nouveaux.
    C'est à cela que cet ouvrage veut les aider, de façon simple et précise, et il entend le faire sans en cacher les difficultés, mais sans dissimuler non plus qu'elles sont désormais connues, donc surmontables, et que, dans la majorité des cas, le résultat vaut tous les efforts à consentir.

    Étienne Cavalié est conservateur à la Bibliothèque nationale de France.
    Frédéric Clavert est chercheur senior à l'Université du Luxembourg.
    Dana Martin est maître de conférences en allemand à l'Université Clermont-Auvergne.
    Olivier Legendre est conservateur à la Bibliothèque Clermont Université.

  • Agir c'est d'abord s'informer. Bien des gens se désinvestissent du champ de la politique, résignés à l'idée de ne pas en comprendre les tenants et aboutissants et frustrés de ne pas être à la hauteur pour bien évaluer les choses à une saine distance. Se sentant parfois impuissants face aux décideurs qui souvent les ignorent, ils se demandent alors à quoi bon s'y intéresser. Pourtant, pour réfléchir aux enjeux de notre société et se positionner en tant que citoyen actif, il faut avoir les clefs qui permettent de débattre des sujets d'actualité. En ce sens, il faut lire les philosophes, les penseurs et les spécialistes qui font de la politique leur sujet de prédilection. C'est ce à quoi nous invitent les professeurs de science politique de l'Université de Montréal, à l'occasion du soixantième anniversaire de leur département. En 25 questions bien choisies, puis auscultées, décortiquées et repensées dans un style limpide et enlevé, ils éclairent de leurs propos tant les connaisseurs que les néophytes.

    Ce deuxième volume suscitera sans nul doute autant d'intérêt que le premier, et permettra à chacun d'aiguiser son regard avec des réponses simples à des questions de ce genre :

    Veut-on vraiment un État religieusement neutre ?
    Peut-on décoloniser le Canada ?
    Pourquoi la corruption existe-t-elle ?
    Pourquoi les dictateurs sont-ils élus ?
    Pourquoi Trump ?
    Les médias sociaux transforment-ils le monde politique ?
    Où va le monde ?
    Des questions plus que jamais d'actualité en ce début de 21e siècle marqué par des bouleversements technologiques, écologiques et identitaires sans précédent.

  • Les auteurs de ce livre s´intéressent à des enjeux encore peu explorés par les ethnomusicologues. Quel est, par exemple, l´impact sur les pratiques musicales, de la mondialisation culturelle, des nouvelles migrations humaines et du tourisme de masse ? Au coeur du problème, il y a la double nature de la musique : patrimoniale, elle se définit dans la reproduction de sons et de gestes immémoriaux ; expressive, elle est un véhicule de créativité ouvert aux influences les plus diverses. Les auteurs se penchent sur la « mise en spectacle » de la musique traditionnelle, où cette tension entre expression et mémoire est spécialement forte. Questionnant tout particulièrement les effets du tourisme sur les pratiques, ils observent les ajustements contemporains de performances traditionnelles et offrent des perspectives inédites sur la mise en valeur des patrimoines musicaux et culturels.

  • Ce livre veut amener le lecteur à une réflexion sur les problèmes actuels de la bioéthique et de la déontologie médicales et infirmières. Il replace d'abord l'histoire de la pensée éthique dans son contexte politique et social, avant de l'inscrire dans celui des découvertes scientifiques et techniques. Passant en revue les auteurs et les pratiques de l'Antiquité, du Moyen Âge, des temps modernes et de l'époque contemporaine, il montre comment a évolué la conception que l'on se fait de la médecine et des soins infirmiers. D'une médecine cherchant d'abord à apprivoiser la nature, et de soins infirmiers centrés sur la philanthropie et la charité, on est passé à une pratique médicale et infirmière beaucoup plus interventionniste. Parallèlement à cette évolution se sont développées des préoccupations éthiques nouvelles, touchant des questions de plus en plus complexes, comme la contraception, l'avortement, l'euthanasie, l'eugénisme, la dissection ou la confidentialité des thérapeutiques. Les personnels médical et infirmier ont connu un développement important de leurs responsabilités sociales et morales. Sans renier le serment d'Hippocrate et, plus tard, le serment de Florence Nightingale, ils en sont venus à une redéfinition de leurs tâches plus respectueuse de la personnalité du patient et plus soucieuse du rôle de l'acte médical et infirmier.
    Guy Durand est professeur émérite de la faculté de théologie de l'Université de Montréal.
    Andrée Duplantie, infirmière, est directrice principale du Secrétariat international des infirmières de l'espace fancophone (SIDIIEF).
    Danielle Laudy est professeur invité aux programmes de bioéthique de l'Université de Montréal.
    Yvon Laroche, docteur en théologie, est assistant de recherche de Guy Durand depuis dix ans.

  • La violence au travail est loin d'être un phénomène rare. Le nombre croissant de victimes de violence physique, de harcèlement sexuel, d'intimidation ou de violence verbale au travail révèle un problème grave, présent dans la plupart des organisations et ce, dans tous les secteurs d'activité.

    Devant cette réalité a priori alarmante, plusieurs questions se posent : quelles sont les causes et les conséquences de la violence au travail ? Existe-t-il des personnes plus à risque de faire des gestes violents ou de devenir des victimes ? À partir de quel moment un comportement devient-il violent ou harcelant ? Y a-t-il finalement un antidote possible à la violence au travail ? L'adoption d'un code d'éthique qui interviendrait à la fois sur la violence, mais qui viserait aussi à encourager les conduites appropriées des travailleurs serait-elle une option à considérer ?

    Cet ouvrage constitue une première synthèse des plus récentes recherches scientifiques et des meilleures pratiques organisationnelles et de consultation en psychologie du travail en matière de violence et de harcèlement au travail. Il est également un guide utile à l'organisation d'un programme de prévention de la violence.

    François Courcy est professeur au Département de psychologie de l'Université de Sherbrooke ; André Savoie et Luc Brunet sont professeurs au Département de psychologie de l'Université de Montréal et coauteurs de La face cachée de l'organisation (PUM, 2003).


    Finaliste du Prix du livre d'affaires 2005 de la COOP HEC Montréal

  • L'amour peut-il rendre fou ? La plupart des gens le croient, mais qu'en est-il vraiment ? Dominique Nancy et Mathieu-Robert Sauvé, tous deux journalistes à l'hebdomadaire Forum, ont eu la bonne idée de poser cette question, et une soixantaine d'autres d'inspirations diverses, à des experts de l'Université de Montréal, de HEC Montréal et de Polytechnique.

    Comment se forment les flocons de neige ? Les boissons énergisantes sont-elles bénéfiques ? Que se passerait-il si la Lune disparaissait ?...Questions loufoques, naïves ou angoissées. Leurs réponses, parfois étonnantes, mais toujours rigoureuses, ont d'abord été publiées dans le cadre des «Capsules science» du journal. Les voici toutes réunies, accompagnées d'une entrevue avec le philosophe Frédéric Bouchard pour qui « un résultat de recherche qui n'est pas partagé est une aberration ».

    D'où ce livre !

    En collaboration avec le journal Forum, hebdomadaire d'information de l'Université de Montréal

  • À défaut d´analyses sociologiques, l´appui à la souveraineté du Québec est devenue la terre promise des spéculateurs : on a devisé sur son déclin comme s´il s´agissait d´un fait, on l´a expliqué par le caractère rétrograde de l´idée politique qui en faisait l´objet et, avant de tourner la page, on a même imputé aux mensonges de ses « leaders » les appuis résiduels.

    Tournant le dos à ces lectures, on trouvera dans cet ouvrage quelques faits sociaux assez têtus. Le projet de souveraineté du Québec a soulevé les passions depuis quarante ans et il a profité, en le renforçant, d'un vaste mouvement social favorable aux institutions politiques de la société québécoise. Il est solidement implanté dans toutes les régions du Québec et sa lente progression dans les groupes sociaux qui lui sont naturellement le plus défavorables semble indépendante des conjonctures ; si bien que le niveau de l'appui qu'il recueille en 2001 est comparable à celui observé au début de la campagne référendaire de 1995 et cela alors même que le groupement où il recueillait les deux tiers de ses appuis cette année-là se trouve relativement démobilisé. C'est justement sur ce fait - la mobilisation et la défection sélective des différents types d'électeurs - que le présent ouvrage jette une lumière inédite, montrant que ceux dont dépend le plus massivement la souveraineté sont aussi les plus prompts à faire varier abruptement leur appui.

    Gilles Gagné est directeur du Département de sociologie de l´Université Laval. Il a publié des travaux sur l´État et la théorie sociologique et il a coordonné l'ouvrage Main basse sur l´éducation. Il est membre du Groupe interuniversitaire d´étude de la post-modernité qui publie la revue Société.

    Simon Langlois est professeur au Département de sociologie et titulaire de la chaire CEFAN de la Faculté des lettres de l´Université Laval. Il a publié des travaux sur les conditions de vie et sur la société québécoise et il a dirigé l´ouvrage La société québécoise en tendances 1960-1990. Il coordonne les travaux du Groupe international pour l'analyse comparée du changement social.

  • Les infirmières forment au Québec le groupe de professionnels de la santé le plus important, largement reconnu par le public. Or, cette reconnaissance n'est pas allée de soi. L'histoire des sciences infirmières, qui s'échelonne sur près de 100 ans, est révélatrice des transformations profondes dans la professionnalisation de la discipline et de l'implication des femmes. D'une formalisation des savoirs tardive à l'émergence d'une discipline académique, les sciences infirmières ouvrent la première grande carrière universitaire aux femmes. Ce livre retrace les enjeux et la genèse de cette nouvelle discipline qu'on appelait alors le nursing. Il permet de mieux comprendre les différentes facettes de l'histoire de l'éducation supérieure durant le siècle dernier et du rôle important qu'y ont joué les Soeurs Grises. Une brillante analyse des processus qui ont conduit de la période de réforme des soins infirmiers à celle de l'instaura-tion de la Faculté des sciences infirmières de l'Université de Montréal.

    Yolande Cohen est professeure titulaire au Département d'histoire de l'Université du Québec à Montréal. Jacinthe Pepin est professeure titulaire et vice-doyenne aux études à la Faculté des sciences infirmières de l'Université de Montréal. Esther Lamontagne est candidate au doctorat au Département d'histoire de l'Université du Québec à Montréal. André Duquette est professeur titulaire à la Faculté des sciences infirmières de l'Université de Montréal.

  • Le système de santé que l'État québécois avait mis en place à la fin des années 1960 n'est plus ce qu'il était. Et l'on ne sait trop à quoi il ressemblera au XXIe siècle quand s'achèvera sa réforme. Ce second ouvrage du Réseau de recherche sociopolitique et organisationnelle en santé ne cherche pas à dresser un bilan des changements en cours, il veut plutôt soulever un certain nombre d'interrogations qui concernent tous les acteurs du système, ses gestionnaires comme ses bénéficiaires.
    Les auteurs traitent d'abord des principes et des normes qui fondent le système de santé : on y discute d'éthique et de services aux communautés culturelles, mais aussi des normes que le gouvernement fédéral impose aux provinces. La seconde partie porte sur les modalités de financement et d'allocation des ressources, sur les raisons entre autres du niveau élevé des dépenses de santé au Québec, et sur les correctifs qu'on pourrait y apporter. La troisième partie est consacrée à l'organisation et à la gestion des établissements : on évalue les politiques actuelles de décentralisation et on dresse une typologie des administrateurs ; la délimitation même du champ de la santé publique y est remise en question. La dernière partie traite de l'évaluation des services et du rôle qu'elle joue dans les changements actuels.
    Les auteurs se montrent souvent critiques à l'égard des politiques et des transformations qui touchent le système de santé québécois. Cependant, la perspective de comparaison avec les autres pays de l'OCDE qu'ils adoptent devrait permettre d'alimenter le débat et de mieux l'éclairer.

  • La cohésion de la littérature québécoise semble aujourd´hui aller de soi. Il s´agit pourtant d´un tissage mouvant et continuel de liens avec le passé. Ce livre en fait la démonstration selon trois perspectives contrastées mais complémentaires. Dans une première partie, on s´intéresse à des phénomènes tels que la fabrication de l´histoire littéraire, l´inclusion ou non des oeuvres de langue anglaise ou des francophonies canadiennes. La deuxième partie examine l´oubli sélectif de certaines oeuvres, comme les textes du XIXe siècle, ceux d´auteurs dits mineurs ou encore de genres moins canoniques, comme le théâtre. La dernière partie présente les cas particuliers d´héritages littéraires représentés dans les oeuvres elles-mêmes sous la forme de jeux intertextuels, de mises en scène d´auteurs et de lecteurs ou de problèmes d´herméneutique littéraire. Ces trois perspectives font ainsi ressortir les fi gures, les lieux de mémoire ou les récits qui accompagnent nécessairement la littérature québécoise.

    Avec les textes de Jennifer Beaudry, Micheline Cambron, Anne Caumartin, Karine Cellard, Robert Dion, Nova Doyon, Dominique Garand, Stéphane Inkel, Yves Jubinville, Vincent C. Lambert, Martine-Emmanuelle Lapointe, Daniel Letendre, Lianne Moyes, François Paré, Lucie Robert

  • Les différents diffuseurs offrent à leurs auditoires respectifs ni tout à fait la même information, ni le même traitement de l'actualité. En tenant compte de variables qu'on peut mesurer, comme le temps de parole accordé aux acteurs politiques ou le temps consacré par chaque chaîne aux nouvelles communes, Denis Monière et Julie Fortier montrent, chiffres à l'appui, que le journalisme canadien obéit, comme on s'y attendait, à des règles différentes selon le public auquel il s'adresse. Ils montrent aussi cependant que l'information est moins tributaire qu'on pourrait le croire des mandats officiels : ce n'est pas tant le statut public ou privé d'une chaîne qui importe en ce cas, que sa langue de diffusion.
    Denis Monière est professeur invité à la Chaire d'études canadiennes de la Sorbonne (Paris-III) pour l'année universitaire 2000-2001.
    Julie Fournier a fait des études de science politique à l'Université de Montréal et de journalisme à l'Université Laval.

  • S'appuyant sur des données empiriques riches et variées, ce livre porte sur les homicides perpétrés dans quatre pays d'Afrique de l'Ouest francophone. Ses auteurs décrivent et analysent toutes les manifestations de la violence criminelle - qu'il s'agisse de vengeance ou d'autodéfense, d'infanticide, de vol, ou de crime rituel - et se font un devoir d'indiquer des pistes de solution réalistes.

    Que nous apprennent ces données sur les particularités des homicides au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire, au Niger et au Sénégal ? Sur les homicides familiaux ? Sur les querelles qui se terminent par la mort d'un homme ? Sur les rapports entre la sorcellerie et le meurtre ? Comment rendre plus sûrs les quartiers criminogènes des villes africaines ? Avec quels acteurs sociaux les pouvoirs publics et la société civile peuvent-ils soutenir concrètement la non-violence ? En posant correctement le problème de la violence grave et en proposant des solutions, ce livre indique le chemin à prendre vers plus de sécurité, une paix mieux assurée et un développement durable.

    Maurice Cusson est professeur à l'École de criminologie et chercheur au Centre international de criminologie comparée de l'Université de Montréal.

    Nabi Youla Doumbia est criminologue et assistant de recherche au Centre international de criminologie comparée de l'Université de Montréal.

    Henry Boah Yebouet est professeur et doyen de l'UFR criminologie à l'Université Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan.

  • Comme la question environnementale préoccupe une large part de la population mondiale, l'environnement est désormais un champ d'action incontournable pour plusieurs gouvernements, et celui du Québec n'est pas en reste à cet égard. Cet ouvrage apporte un éclairage sur les idées, les institutions, les acteurs et les dynamiques en place qui entendent répondre aux défis et aux enjeux actuels. Ses auteurs étudient le rôle des idées et des idéologies, décrivent l'évolution du mouvement vert québécois et la place des partis verts dans les systèmes électoraux canadien et québécois. Ils analysent également l'institutionnalisation de la question environnementale dans une perspective aussi bien locale que régionale ou même mondiale. Des études de cas - gestion de l'eau, marché du carbone, transition énergétique - permettent enfin aux lecteurs de mieux comprendre les volets pratiques de l'action publique environnementale québécoise. Annie Chaloux est professeure à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke et spécialiste des politiques environnementales et climatiques québécoises ainsi que des négociations climatiques internationales.

  • Cet ouvrage souhaite montrer la richesse d'une ouverture géographique et thématique des recherches urbaines actuelles en présentant celles qui prennent en considération les villes situées en dehors de l'aire occidentale. Il donne la voix à de jeunes chercheurs et praticiens originaires de six pays et de trois continents qui, par leurs réflexions engagées, proposent de corriger les perceptions souvent négatives, voire catastrophiques, de l'urbanisation non occidentale. En partant du principe que tout espace urbain est aussi banal que singulier, ils aident à décentrer le regard et à envisager sérieusement l'importance de l'altérité dans la construction des représentations collectives. Ouvert sur le monde, donc, cet ouvrage montre tout l'intérêt de diversifier les approches théoriques et empiriques en urbanisme, dont le fort ancrage nord-américain ou européen empêche souvent de rendre compte des multiples réalités des villes de la planète. Docteur en géographie, Gabriel Fauveaud est chercheur invité au Centre d'études et de recherches international de l'Université de Montréal ( CÉRIUM ) et chercheur associé à l'UMR 8586 Prodig.

  • À Paris, entre la fin du xixe siècle et le début des années 1930, le cinéma, le disque et la radio triomphent. Dans ce monde du divertissement de plus en plus dominé par l'artifice, le médiatisé et le « reproduit », le théâtre s'affirme comme l'une des ultimes enclaves de vérité, à cause, notamment, de la présence de « vrais » acteurs rencontrant un « vrai » public. Pourtant, ses artisans n'en recourent pas moins aux mêmes technologies de reproduction de l'image et du son que celles qui font le succès des grands médias.

    Par l'examen attentif de documents d'archives et de « relevés de mises en scène » de dizaines de spectacles, les auteurs de ce livre révèlent une histoire du théâtre de la modernité aux antipodes de celle vantée par le discours qui a traversé tout le xxe siècle et qui reste encore très prégnante à l'ère numérique. L'image qu'ils dégagent est celle d'un art qui n'hésite pas à intégrer tous les moyens susceptibles d'accroître l'efficacité et l'attractivité de la représentation. En examinant également les dynamiques intermédiales - entre théâtre, cinéma et littérature - qui s'instaurent avec le développement rapide des technologies électriques, les auteurs montrent bien comment le théâtre de la modernité perpétue une tradition plus de deux fois millénaire.

    Jean-Marc Larrue est professeur d'histoire et de théorie du théâtre à l'Université de Montréal. Giusy Pisano est professeure de cinéma à l'École nationale supérieure Louis-Lumière de Paris.

  • Cet ouvrage porte principalement sur l'éthique de la communication et sur la volonté de ses artisans de la rendre libre et accessible. Derrière les divergences de vue que comportent les différents engagements politiques et institutionnels, et au-delà des technologies émergentes, se profile l'idée-force que la radio reste toujours le média exemplaire, accessible au plus grand nombre.Plus maniable, plus présente que le réseau électronique, dont à l'occasion elle s'inspire, mais sur lequel elle jette aussi un regard critique, la radio est un instrument idéal de démocratie et un véhicule efficace de pénétration culturelle. Les participants au colloque organisé par Radio-Canada, dont ce livre est la synthèse, se sont efforcés de poser un regard neuf sur le rôle de la radio, non sans parfois lui adresser quelques reproches. Les propos échangés reflètent l'inquiétude ressentie face à la mondialisation et, en même temps, la conviction que l'avenir est ouvert sur la liberté de parole et d'intervention.

    « Quand on réussit à créer un lieu comme celui-là, quand on réussit à créer dans la tête d'un auditeur, d'un enfant, d'un adulte, l'idée qu'il existe une grande place publique où on chante, où il y a des émotions, où on discute, où on débat, quand on réussit à créer ça, on vient de créer la radio. » Sylvain Lafrance est vice-président de la Radio française, de Radio Canada International et responsable des Nouveaux Médias de Radio-Canada.

    « Dernier bastion de l'espace public, la radio devra s'activer non pas à négocier sa présence au sein du paysage médiatique canadien mais bien à la protéger. L'intégrité écologique du paysage radiophonique, voilà un legs des plus nobles à laisser aux prochaines générations d'auditeurs. » Pierre C. Bélanger est conseiller aux Nouveaux Médias, Radio-Canada.

  • Au cours des dernières décennies, les Canadiens ont connu bien des variantes du fédéralisme, allant de la concertation sous Lester B. Pearson à l'asymétrie administrative sous le tandem Pelletier-Charest, en passant par le fédéralisme rentable chez Robert Bourassa et le fédéralisme dominateur chez Pierre Elliot Trudeau. S'agit-il de tendances qui viennent inspirer les nouvelles générations d'électeurs ? Ou s'agit-il de modes appelées à se remplacer les unes les autres au gré de la conjoncture politique et des rapports de force ? Au moment où certains pays en crise sur la scène internationale (l'Irak, le Sri Lanka, la Russie) en sont venus à favoriser le fédéralisme, comment se fait-il qu'au Canada l'enthousiasme des Québécois soit si faible pour ce modèle de gouvernement ?
    Ce livre propose une lecture plurielle et actualisée des enjeux politiques qui sous-tendent les rapports entre le Québec et le Canada. Quatre grands thèmes y sont étudiés : les fondements du fédéralisme et ses traditions, les métamorphoses du fédéralisme, les relations fédérales-provinciales et intergouvernementales, et enfin les politiques propres à la gestion de la diversité. Chacune des études jette un éclairage novateur sur un ensemble de questions centrales, dont celles du déséquilibre fiscal, des réformes démocratiques, des rapports entre minorités et majorités et du déficit fédératif au Canada.
    Sous la direction d'Alain-G. Gagnon, professeur au Département de science politique de l'Université du Québec à Montréal, ce livre rassemble les contributions de : Marie-Joie Brady, Michael Burgess, Linda Cardinal, Jean-François Caron, Marc Chevrier, Joseph Facal, Sarah Fortin, Dimitrios Karmis, Guy Laforest, Andrée Joie, Kenneth McRoberts, Alain Noël, Martin Papillon, Benoît Pelletier, François Rocher, Michel Seymour, Luc Thériault, Luc Turgeon, Yves Vaillancourt, Catherine Vallières-Roland et José Woehrling.

  • Longtemps considéré comme un point de vue sur la nature qui s´offre à l´observateur, le paysage est devenu de nos jours le point sensible de nos milieux de vie. Au sein de notre modernité exacerbée, il suscite des perspectives qui dépassent désormais la simple émotion esthétique et qui informent plutôt les grands dossiers de l´aménagement du territoire au Québec.
    Le présent ouvrage s´inscrit directement dans cette actualité et propose une analyse des principaux enjeux auxquels font face les spécialistes en paysage et en environnement. Les contributions des auteurs présentent une conception contemporaine du paysage, à la fois ouverte et multiple. Chaque réflexion exprime la nécessité de concevoir le paysage comme bien collectif d´une société qui doit elle-même assurer sa mise en valeur et son invention grâce à un large éventail de perspectives et de projets.

  • Marcel Rioux (1919-1992) a consacré une large part de son oeuvre à envisager la société québécoise sous l´angle de la culture. C´est selon lui par cette voie que le Québec a pu se concevoir comme société nationale, susceptible de devenir le pays qu´il appelait de ses voeux.

    Publiés entre 1957 et 1987, les textes réunis dans cet ouvrage offrent une vue d´ensemble de la pensée d´un grand témoin de son temps. Durant ces trente années, Rioux a observé sur le vif la mutation de la culture, tant à l´échelle régionale (on pense à sa monographie sur Belle-Anse) qu´au sein des groupes sociaux (ses études sur la jeunesse) ou des institutions (ses travaux et propos sur l´éducation). D´une actualité surprenante, les écrits de Marcel Rioux peuvent être lus comme autant de manifestes contre le discours économiste qui prétend imposer une vision marchande de la culture.

  • Les soulèvements populaires en Tunisie et en Égypte, avec la chute de Ben Ali et de Moubarak, ont produit un effet de démonstration des défauts de la cuirasse de régimes apparemment forts. Leurs succès ont favorisé une propension à l'action dans d'autres pays arabes, au sein de sociétés dont les revendications et les régimes ne sont pas forcément identiques. Ils ont ainsi ouvert un cycle de mobilisations qui, pour l'heure, n'est pas clos.
    Mais peut-on parler vraiment de révolution ? De ces affrontements ont surgi de nouvelles façons d'envisager les rapports de pouvoir, et c'est sans doute là que réside la principale « révolution » : une transformation en cours dans les relations politiques, qui place l'ensemble des protagonistes des scènes politiques arabes sous le signe de l'incertitude.
    Les auteurs s'appuient sur une connaissance de première main des terrains étudiés et prennent en compte la diversité des contextes pour expliquer ces événements et leurs répercussions au-delà de la rue.

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