Magellan & Cie

  • Avec 15 langues indo-aryennes officielles, sans compter les langues tibéto-birmanes ni les langues adivasis, la littérature de l'Inde du Nord est une source narrative inépuisable. Les nouvelles présentées ici sont toutes traduites du hindi, la langue officielle de l'Union indienne, et issues de plusieurs États et territoires de cet incomparable pays-continent. Elles illustrent toutes ensemble les vastes influences religieuses et sociales qui l'ont traversé : hindouisme et bouddhisme, brahmanisme, islam de l'Empire moghol et découverte de la culture européenne par la langue anglaise... Le socle culturel des épopées classiques, comme le Mahabharata et le Ramayana, est lui aussi toujours vivant. Les auteurs contemporains en renouvèlent sans cesse la forme d'expression, alimentant proverbes et images dans des styles de plus en plus affranchis des normes canoniques. L'Inde, la plus grande démocratie du monde, es indépendante depuis 1947.

  • Tout là-haut en direction du Groenland, aux confins de l'océan Arctique : l'Islande. Une île de toundra, de vent, de glace, de cent trente volcans et... de sagas. Preuve s'il en est que la nature la plus sauvage et la littérature peuvent faire bon ménage. Longtemps, l'Islande fut un pays parmi les plus pauvres d'Europe. Le développement urbain y étai presque inexistant et la vie culturelle limitée, à l'exception notable de la littérature. À cette singularité s'en es ajoutée une autre : la continuité linguistique de la langue islandaise qui, ayant subi peu de changements et conservé une certaine pureté du fait de l'isolement de l'île, signifie que même aujourd'hui les Islandais peuvent lire sans difficulté leur littérature médiévale. Narrative, étrange, ironique, loufoque, absurde et poétique, cette littérature surprend. Aucune de ces caractéristiques ne manque aux six nouvelles islandaises de ce nouveau recueil de la collection « Miniatures ».

  • Le Liban, terre de lait et de miel des temps bibliques, carrefour de cultures et de civilisations, occupe une place à part entre Orient et Occident. Son histoire multimillénaire - des Phéniciens à l'Empire byzantin, des califats successifs à l'Empire ottoman et au Mandat -, sa géographie d'une grande diversité, point de rencontre de la Route de la soie et de la Méditerranée orientale, sa mosaïque de religions, tout cela ne pouvait que marquer durablement sa littérature, arabophone et francophone, écrite par les Libanais résidents comme ceux de la diaspora - plus de dix millions disséminés dans le monde. La réalité de cette terre aujourd'hui est celle d'un pays meurtri et déchiré et lorsque la réalité se fait menaçante ou tout simplement indicible, les Libanais savent recourir à la magie du verbe, avec force. Ce « Miniatures Liban » en est un témoignage supplémentaire.

  • Alors que la mondialisation des échanges progresse, que le monde devient un pour tous, des mondes-miniatures s'imposent, des pays et des régions entières affirment leur identité, revendiquent leur histoire ou leur langue, réinvestissent pleinement leur espace.
    Quoi de plus parlant qu'une miniature, la nouvelle, pour lever le voile sur ce monde-là, celui d'une diversité infinie et porteuse d'espoir ? mexique. les cinq nouvelles mexicaines, toutes contemporaines, réunies dans ce neuvième " miniatures " témoignent d'un moment particulier de la littérature mexicaine et de l'histoire du pays du serpent à plumes. un moment où ce grand pays de plus de cent millions d'habitants, à l'histoire brillante et douloureuse à la fois, participe désormais pleinement au concert des nations du monde.
    Sa littérature, marquée par les grands oetavio paz, juan rulfo et carlos fuentes, est à l'évidence une littérature en devenir. description du quotidien dans mexico la tentaculaire, condition de l'homme et de la femme dans le monde d'aujourd'hui, flirt avec le fantastique cher aux écrivains latino-américains : tous les ingrédients réunis dans ces fables modernes, urbaines, sont ceux d'une littérature en mouvement.

  • L'utilisation du nom de « Malaisie » pour désigner la péninsule malaise est récente. Ce nom est la francisation de Malaya dans l'expression « British Malaya » (Malaisie britannique) par laquelle les Anglais désignaient, à partir de la fin du xixe siècle, les territoires qu'ils contrôlaient sur la péninsule.
    Jusqu'en 1912, le nom de « Fédération de Malaisie » ne s'appliquait qu'à l'entité créée en 1896 par les Britanniques et devenue indépendante en 1957, « l'Union malaise » (Malayan Union). Celle-ci regroupait, dans la péninsule malaise, les États malais, qui avaient auparavant le statut de protectorats, et les Strait Settlements, c'est-à-dire les colonies de Malacca, Penang et Singapour.
    Lorsque les territoires britanniques de Bornéo, Sabah et Sarawak deviennent indépendants en 1963 et acceptent de rejoindre la Malaisie, la nouvelle entité est baptisée du néologisme de « Malaysia ».
    En français, « Malaisie » avait à l'origine un autre sens. En 1831, Jules Dumont d'Urville proposait à la Société de géographie de Paris une organisation de l'Océanie en quatre parties :
    La Polynésie (« les nombreuses îles ») ; la Mélanésie (« les îles noires ») ; la Micronésie (« les petites îles ») et la Malaisie. Par ce dernier nom, Dumont d'Urville entendait une région regroupant l'Indonésie, la Malaisie et les Philippines actuelles. À l'époque, en effet, on considérait que les habitants de cette région pouvaient être désignés par le terme englobant de « Malais ».
    Au sens strict du terme, les Malais sont les populations qui parlent la langue malaise et qui habitent le littoral oriental de l'île de Sumatra, les îles Riau, la péninsule malaise et le littoral de l'île de Bornéo.
    Le traité de Londres de 1824 entre Anglais et Hollandais se traduira par un partage en deux de ce monde malais.
    C'est sur cette diversité d'origines et de luttes coloniales que s'est fondé le pays ; et la qualité des textes réunis pour ce volume nous le font mieux connaître.

  • De cette péninsule coréenne, qui prolonge l'immense Chine, séparée du Japon par une mer du même nom, nous vient toujours à l'esprit, en premier lieu, qu'y perdure une de ces divisions qui ont miné l'Europe pendant des décennies.
    République de Corée (du Sud) et République populaire démocratique de Corée (du Nord), sur un même espace géographique, se tournent le dos depuis la fin des années 1940, de chaque côté d'une frontière au moins aussi peu poreuse que le Mur de Berlin d'autrefois. En Extrême-Orient, le « Pays du Matin calme » (les deux Corée) demeure une zone de fortes tensions politiques et militaires, où ce « calme » est continuellement menacé puisqu'aucun traité de paix n'a été signé entre les belligérants.
    Pour ce pays du Sud, douzième puissance économique du monde, on a parlé de « miracle ». L'industrialisation à marche forcée et le développement économique spectaculaire ont fait naître ici, en très peu de temps, des conglomérats tentaculaires aux enjeux planétaires. Coincé entre deux géants, il affirme sa personnalité grâce à sa langue originale, non tonale à la différence du chinois, transcrite par un alphabet original d'une étonnante simplicité, le hangeul, créé de toutes pièces par les linguistes du roi Séjong au xve siècle, et qui fait la fierté de ses habitants C'est la littérature de la Corée du Sud (pays ouvert), et non celle de la Corée du Nord (pays fermé), qui est évoquée dans cette nouvelle livraison de la collection « Miniatures ».
    Pris entre une culture japonaise très marquée par l'Occident depuis l'après Seconde Guerre mondiale et une culture chinoise demeurée jusqu'à il y a peu sous un fort contrôle idéologique, ce « dragon asiatique », l'un des quatre avec Hong Kong, Singapour et Taiwan, a tracé sa voie sur le chemin des nations littérairement très développées, avec une ardeur qui force l'admiration.

    Avec les textes de JUNG Young Moon, KIM Ae-ran, KIM Mi-wol, PYUN Hye-young et SONG Sokje

  • " Une nuit, chez eux, il s'était retrouvé en manque de tout. D'abord de lui-même. Ensuite et surtout de son village. Des hommes en uniforme l'avaient affublé d'une camisole avant de l'embarquer dans une fourgonnette et de l'expédier vers des horizons sans retour. Il avait été surpris d'être rattrapé par son village qui avait réduit ses manques. Contents l'un et l'autre. Michel, goulûment, s'était empiffré d'une vie qu'il savait la sienne, attendait qu'elle redevînt celle de la communauté et que ses amis d'autrefois vinssent à lui pour le reconnaître. L'honorer." Haïti, petit pays tropical d'un peu plus de huit millions d'habitants, pays à l'histoire courte, forte, tragique, s'est forgé une identité que traduisent bien les créateurs qui y vivent autant que ceux de la diaspora. Les blessures de l'histoire, le " colorisme ", le Vaudou, les traditions africaines, la femme, la vie populaire et paysanne, le déracinement et l'exil, l'engagement sont autant de thèmes traités par les écrivains haïtiens, et portés, comme le disait Alejo Carpentier de la littérature latino-américaine, à laquelle la littérature haïtienne se rattache, par "le goût des images violentes et d'une écriture virtuose, tropicale ".

  • C'est le plus grand pays bordant la Méditerranée avec ses mille deux cents kilomètres de côtes et, avec son immense Sahara, le deuxième pays le plus étendu d'Afrique après le Soudan. De la plus haute Antiquité à la conquête musulmane, de la colonisation française à son Indépendance en 1962, elle fut de tous temps un carrefour de cultures et de civilisations, une terre de convoitise où l'Histoire a marqué le passage des hommes de traces indélébiles et laissé d'innombrables vestiges. Même si la littérature algérienne est déjà mondialement reconnue avec Kateb Yacine, Mohammed Dib, Assia Djebar, Rachid Mimouni ou Yasmina Khadra, et s'inscrit admirablement dans l'histoire des littératures de langue française, elle est aussi riche des voix de Leila Marouane Rachid Boudjedra, Hamid Skif, Amin Zaoui, Anouar Benmalek ou du jeune nouvelliste Atmane Bedjou. Les thèmes de l'exil, de la difficulté d'être femme, de la famille, de la place de la religion, de l'amour, y sont récurrents dans ces nouvelles. Ils traduisent bien un pays en devenir, dont l'identité s'affirme au fil du temps.

  • Ces récits de Singapour vous emmènent à la découverte de ses traditions et de sa culture Singapour, en Occident, évoque d´abord les riches heures de l´époque coloniale, puis l´insolent succès, depuis les années 1960, d´une place financière et commerciale devenue incontournable. En deux générations, l´indépendance acquise en 1965 sous l´impulsion de Lee Kuan Yew, a profondément transformé l´identité du « Gibraltar d´Extrême-Orient ». Le melting pot singapourien (Européens, Chinois, Malais et Indiens), ayant en partage la langue anglaise et sa culture, ne pouvait pas ne pas en venir au « storytelling ». Car cette cité-État est riche d´histoires individuelles.
    Quand on pense Singapour et litérature d´hier, l´image d´Hemingway, sirotant un Singapore Sling au bar de l´hôtel Rafles sous les pales des ventilateurs, s´impose. Mais si l´on pense Singapour et littérature d´aujourd´hui, pour mieux la comprendre, alors il faut lire les auteurs de ce recueil, représentants d´une culture mosaïque en plein devenir.
    La collection Miniatures vous offre ici un recueil de nouvelles singapouriennes, vous emmenant dans un formidable voyage littéraire EXTRAIT Lee Geok Chan était l´une de mes élèves en formation préuniversitaire. L´une de celles et ceux pour qui de longues heures d´étude assuraient, tout au plus, une réussite de justesse aux examens. C´était une jeune fille pâle, de petite taille, à l´air sérieux, que l´on voyait toujours avec un livre ou une liasse de notes à la main. Son père était tailleur, sa mère blanchisseuse ; il y avait trois frères et deux soeurs. Geok Chan était la deuxième de la fratrie et l´aînée des filles. Son désir de passer l´examen, de trouver un travail et d´aider sa famille la mettait dans un état permanent de tension nerveuse, si bien qu´on la trouvait à tout moment clignant anxieusement des yeux tandis qu´elle notait mot à mot le cours d´un professeur, copiait les notes du tableau avec une application extrême, ou rédigeait une dissertation avec une concentration d´autant plus remarquable compte tenu du bruit et du laisser-aller total qui régnaient autour d´elle dans la classe.

  • La Nouvelle-Calédonie, archipel d'Océanie situé dans l'océan Pacifique à 1 500 km à l'est de l'Australie et à 2 000 km au nord de la Nouvelle-Zélande, est encore une terre lointaine de France.
    Distante de la métropole de près de 17 000 kilomètres, cet ancien territoire d'outre-mer située en Mélanésie relève de la souveraineté française depuis 1853. Elle dispose d'un statut particulier de large autonomie sui generis (ou « de son propre genre ») instauré par l'accord de Nouméa.
    Un référendum local portant sur son statut institutionnel est prévu entre 2015 et 2018. L'accord de Nouméa précise que : « La consultation portera sur le transfert à la Nouvelle- Calédonie des compétences régaliennes, l'accès à un statut international de pleine responsabilité et l'organisation de la citoyenneté en nationalité ». Ainsi, s'offre à la Nouvelle- Calédonie un ensemble de choix sur son futur statut (État associé à la France, indépendance, large autonomie au sein de la République française, etc.).
    C'est sur cette distance que ses habitants ont construit leur propre identité culturelle, qu'elles que soient leurs origines, et la littérature qui est proposée dans ce nouveau volume de la collection Miniatures en témoigne.

  • Turquie.
    Un derviche, réveillé d'un long sommeil par un supérieur religieux chaussé de mules en poil de lapin, qui part pour une mystérieuse mission. un narrateur érudit et amoureux, accompagné d'un jeune drogué titubant, qui s'en va voir les derviches d'emir sultan. partir à tout prix, fuir pour vivre et revenir, comme une porte qui s'ouvre mais jamais ne se referme. interviewer un écrivain, pour explorer la boîte magique de ses histoires.
    Une femme de ménage, lunatique et culottée, qui rêve de jouer la comédie sur les planches qu'elle attique tout en réécrivant shakespeare. réunies dans ce recueil, cinq nouvelles, fantasques, mystérieuses ou poétiques, écrites par des auteurs de renom, sont une belle introduction à la littérature turque contemporaine.

  • Ces récits d'Ukraine vous emmènent à la découverte de ses traditions et de sa culture Kiev, Odessa, Sébastopol : ces villes d´Histoire et de culture parlent à notre imaginaire. Elles sont en Ukraine. Aux portes de l´Asie, mais très ancrées en Europe centrale. Comment en serait-il autrement en ayant des frontières avec la Pologne, la Russie, la Roumanie, la Moldavie, la Slovaquie, la Hongrie, le Belarus ? Au contact du monde méditerranéen par sa façade sur la Mer Noire, l´Ukraine reconstruit son identité et lutte depuis des siècles pour son indépendance et sa liberté. Les nouvelles réunies ici, qui fourmillent de références à la vaste culture ukrainienne depuis Nicolas Gogol et Taras Chevtchenko, témoignent de la diversité de ce grand pays européen et d´une véritable renaissance littéraire.
    La collection Miniatures vous offre ici un recueil de nouvelles ukrainiennes, vous emmenant dans un formidable voyage littéraire EXTRAIT Du point de vue d´un brin d´herbe, le meilleur commence au printemps et s´achève à l´automne, juste avant les premières neiges.
    Dans le village de Lipovka, non loin de Kiev, le soir tombait quand le vent se leva. Il arriva à point nommé, car on avait allumé des feux dans presque chaque cour. Les paysans y jetaient, comme dans une chaudière, les feuilles mortes déjà sèches, les branches taillées du jardin et toutes sortes de déchets susceptibles de se transformer en fumée et en un petit tas de cendres. Le vent mêlait la fumée de tous les feux en une brume vespérale qu´il emportait finalement vers ce qui était, encore aujourd´hui, le champ du kolkhoze, juste derrière le potager de Baba Olia.

  • Ces récits de Tunisie vous emmènent à la découverte de ses traditions et de sa culture Le « Printemps tunisien » déclenché par l´immolation de Mohamed Bouazizi, qui est aussi devenu le « Printemps arabe », est également un printemps litéraire. Une apiration à la liberté de parole et d´écriture, qui ne s´était pas exprimée avec autant de force depuis longtemps, s´est emparée de beaucoup sur un axe allant de Casablanca à Sanaa. Au centre, la Tunisie a ouvert la voie. Et des voix se sont élevées de ce beau pays méditerranéen, trop longtemps réduit à une image de carte postale.
    La collection Miniatures vous offre ici un recueil de nouvelles tunisiennes, vous emmenant dans un formidable voyage littéraire EXTRAIT « Lève-toi, derviche, murmura-t-il, il est temps que tu partes. » Cette voix inconnue retentit à mes oreilles rouillées, assoupies depuis trois siècles.
    « Lève-toi, Maître, dit-elle, nous sommes au moment précis de l´histoire dont tu seras l´acteur, nous en sommes sûrs, pardonne-nous... » J´entrouvris les yeux. De ma chemise ouverte sur ma poitrine me parvint l´odeur de moisi, et je réalisai que mes poils s´étaient agglutinés au tissu comme de petits vers blancs. Après cette découverte, je tournai les yeux vers le propriétaire de la voix, c´était un beau garçon. Je l´embrassai sur les lèvres, le bout de sa langue toucha la mienne, je le mordis, je crois, l´odeur de chanci fit place à un parfum de sang. Le garçon ferma les yeux dans un râle, et, tout en tétant le bout de ma lèvre inférieure, saisit ma main en s´allongeant. Il avait de surcroît un nom tout à fait papal : Slim Jib XII. Slim était son véritable prénom. En arabe, Slim signifie « saint ».

  • En octobre 2007, la Foire du livre de Francfort prenait l'initiative d'offrir à la Catalogne le rang d'invité d'honneur, rompant avec la logique des invitations faites à des pays ou des groupes de pays. L'affaire fit grand bruit. à la Catalogne, région de Gaudi et Dali, de Miro et Montalban, on rendait ainsi hommage. A Barcelone, capitale de la culture catalane et l'une des plus brillantes capitales éditoriales du monde hispanique, on témoignait admiration et respect. Soulignant par là-même que la création et la production éditoriale en catalan étaient remarquables.

    La littérature catalane est d'une vraie richesse. Dans cette ville débordante de vie qu'est Barcelone, les auteurs semblent en grande forme. Imagination, humour, vraies histoires. constituent le terreau naturel de leur expression. Qu'ils écrivent en catalan ou en espagnol, les écrivains de Barcelone sont internationalement connus et reconnus.

  • Deux cent trente millions de personnes dans le monde parlent le bengali. Cette langue, la plus orientale des langues indo-européennes, dérivée du sanscrit, est mâtinée d'arabe et de persan. C'est la langue officielle du Bangladesh et, en Inde, du Bengale occidental; elle unifie des régions, des traditions et des couches sociales auxquelles l'Histoire a plus d'une fois imposé sa discorde. Des auteurs comme Bankim Chandra Chatterji ou Rabindranâth Tagore, Prix Nobel de littérature en 1913, ont apporté un rayonnement international à la littérature bengalie. Les auteurs contemporains bénéficient aujourd'hui de la même effervescence. Ils puisent leurs sujets dans l'actualité sociale et politique la plus brutale, comme dans une nature baignée de douceur et dans des traditions millénaires. Et le lecteur francophone est surpris par cette liberté formelle qui offre à cette littérature les conditions de son génie. Les six auteurs réunis ici, pour certains déjà célèbres en Occident, participent par leur écriture à l'éternel questionnement de l'homme, où qu'il soit.

  • Soudan Indépendant depuis 1956, le Soudan moderne est l'un des pays les plus vastes du continent africain. Etymologiquement, son nom dérive de l'expression arabe Bilâd as-Sûdân, " le pays des Noirs ", qui désignait l'ensemble de l'Afrique saharienne à l'époque médiévale. Depuis au moins deux décennies, la diversité culturelle et religieuse (il est l'héritier des civilisations pharaonique, chrétienne et musulmane), mais aussi la dictature, la guerre civile et ses conséquences comme la misère et le sort des déplacés, se reflètent dans la production littéraire. Les auteurs des six nouvelles rassemblées ici sont d'origine arabe, nubienne, sudiste ou darfouri. Tous écrivent en arabe, mais mettent en scène des personnages venus des quatre coins du pays, avec leurs coutumes et leurs caractéristiques. Les faits évoqués sont souvent graves, mais l'habileté et l'élégance des auteurs, l'humour et le Style onirique de certains. qui n'est pas sans rappeler le réalisme magique sud-américain, les transforment en petits bijoux, témoins à la fois d'une dure réalité et d'une littérature qui ne demande qu'à être découverte.

  • Israël une petite fille apprend à nager avec grand-mère reisel, dans le périmètre réservé aux croyantes orthodoxes.
    Plus loin, félix sivane agent d'assurances, émerge d'un coma profond et réalise qu'il n'a jamais contracté d'assurance pour lui-même. dans une maison de retraite, une vieille femme serre un oignon dans sa main pour le repas du shabbat alors qu'elle regarde par la fenêtre ses enfants s'éloigner... enfin, dans la bande de gaza, jacob benhamoun, l'israélien, et hani elajrani, le palestinien, shootent dans des canettes vides, à la lisière de la terre promise.
    Un recueil de nouvelles de la " jeune littérature " israélienne et palestinienne, très différentes de ses aînées, qui ne portent plus le même regard sur les questions de l'édification de la nation, de l'intégration des nouveaux immigrants ou des inquiétudes pour l'avenir du pays, mais s'interrogent sur le monde d'aujourd'hui, là où les réminiscences coulent à flots comme autant de pétales de roses

  • Mali un homme, refusant de se plier au conformisme ambiant, subit l'hostilité de son épouse et de ses enfants.
    Excédé, il débarque un jour d'aïd avec un troupeau de moutons... dans le mali des années 1960, une bande d'écoliers de province échafaude les hypothèses les plus folles quant à l'origine du sucre blanc... le rejeton d'une famille et son chat entretiennent des rapports complices, jusqu'au matin fatidique où. entre bamako la ville " croustillante, bouillonnante, bruyante " et le paisible village de province, l'imaginaire des auteurs maliens s'exprime dans une langue savoureuse parlant de l'afrique d'hier et d'aujourd'hui.
    Les nouvelles présentées dans ce recueil sont une invitation au voyage et témoignent de la richesse du paysage littéraire du mali, pays de griots et d'épopées

  • S'étirant de la Terre de Feu (et de glace), où s'aventura naguère un certain Magellan, au sud du Brésil, de la Cordillère des Andes à l'océan Atlantique, l'Argentine est ce jeune pays de deux cents ans où survit encore le mythe américain de la terre promise, de la terre d'exil pour de nombreux Européens. C'est le pays des pampas à perte de vue, jusqu'à la Patagonie, des "gauchos", ces fiers gardiens de gigantesques troupeaux, du tango, cette danse nerveuse pratiquée sur les bords du rio de la Plata, le fleuve d'argent, où hommes et femmes se toisent fiévreusement. C'est le siège d'une capitale, Buenos Aires, à l'architecture et à l'atmoi hère européennes, comme le fut en son temps New York. De grands écrivains ont surgi de ce pays devenu éminemment littéraire de par son apport au boom latino-américain, jusqu'aux années de plomb de la didature (1976-1983). Dans ce recueil, au ton tantôt grave tantôt léger, tantôt cru tantôt pudique, une nouvelle génération d'écrivains perpétue, à l'ombre du grand aîné Jorge Luis Borges, et dans la langue de Cervantès importée par les Conquistadors, une histoire littéraire argentine exigeante, originale et forte.

  • Dans l'imaginaire arabe, l'Égypte est le pays des écrivains par excellence. Un proverbe, répandu en Orient, précise :
    « Le Caire écrit, Beyrouth imprime et Bagdad lit. » C'est en Égypte que la littérature arabe contemporaine est née et s'est développée, dès la fin du xixe siècle ; c'est aussi la patrie de Naguib Mahfouz, écrivain célèbre dans le monde entier, le seul Arabe ayant obtenu le prix Nobel de littérature, en 1988. En outre, la nouvelle étant un genre très prisé dans le monde arabe, et en Égypte en particulier - la plupart des romanciers s'y sont essayés, et certains auteurs s'y sont consacrés de manière quasi exclusive. Ce recueil n'a pas la prétention d'offrir un panorama exhaustif de la nouvelle égyptienne, mais plutôt de l'aborder par petites touches, à travers la plume de six écrivains, peu connus du public francophone, à l'exception de deux d'entre eux. Ces hommes et ces femmes, issus de générations différentes, de régions et de milieux distincts, constituent autant de facettes de la société égyptienne. Ils représentent aussi des instantanés du pays à diverses périodes de son histoire, depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu'au « printemps arabe ».

    Avec les textes Ahmed Abokhnegar (Une question d'honneur) ; Yahya Moukhtar (Le colis) ; Miral al-Tahawy, (L'oiseau) ; Mansoura Ezzeddine (Sombre printemps) ; Raouf Moussad-Basta (La peur du noir) et Eman Mohamed Abd El Rahim (Ris, ris à la face du monde).

empty