Philippe Rey

  • En 2015, plus de 500 000 migrants ont franchi la Méditerranée au risque de leur vie, soit deux fois plus qu'en 2014. Les guerres du Moyen- Orient et de l'Afrique, du Mali à l'Erythrée, incitent des familles entières à quitter leurs pays pour l'Europe, soit par la mer, soit par la route des Balkans. Le drame est à nos portes et laisse les dirigeants de nos pays impuissants. Partagés entre peur et compassion, dépassés par l'ampleur du phénomène, les états membres de l'Union européenne sont enclins à fermer leurs frontières. Dans un contexte de périls extérieurs liés au terrorisme, et de faiblesses internes liées à la crise économique, les valeurs humanitaires s'effacent derrière la demande de sécurité.

    Pourquoi ces crises migratoires ont-elles éclaté, de quelles politiques sont-elles le fruit, de quels renoncements et manques de vision ? Comment les résoudre face aux amalgames migrants / terroristes ? En quoi ces flux de population remettent-ils en question les identités nationales, les marchés de l'emploi, le traité de Schengen ? Quel lien établir avec la montée des populismes en Europe ?

    À travers les meilleurs textes parus dans l'hebdomadaire Le 1, sociologues, économistes, historiens, écrivains et anthropologues prennent la mesure des défis lancés par cette situation d'urgence.

  • En ce début de siècle, l'Afrique apparaît comme l'un des théâtres principaux où se jouera l'avenir de la planète. Pour ses habitants et ses diasporas - tous ceux qui pendant longtemps ont été pris dans les rets du regard conquérant d'autrui -, le moment est propice de relancer le projet d'une pensée critique, confiante en sa propre parole, capable d'anticiper et de créer des chemins nouveaux à la mesure des défis de notre époque.

    Il nous a semblé qu'il fallait inventer une plate-forme libre, qui favorisât l'énonciation d'une parole plurielle, ouverte sur le large. C'est pour cette raison que s'est tenue du 28 au 31 octobre 2016 à Dakar et à Saint-Louis- du-Sénégal la première édition des Ateliers de la pensée. Une trentaine d'intellectuels et d'artistes du Continent et de ses diasporas se sont réunis pour réfléchir sur le présent et les devenirs d'une Afrique au coeur des transformations du monde contemporain.

    Leurs textes, présentés dans cet ouvrage, traitent de questions liées à la décolonialité, à l'élaboration d'utopies sociales, à la condition planétaire de la question africaine, à la quête de nouvelles formes de production du politique, de l'économique et du social, à l'articulation de l'universel et du singulier, à la littérature et à l'art, à la reconstruction de l'estime de soi, à la pensée de l'en-commun... Des regards croisés qui éclairent d'un jour nouveau les enjeux d'une Afrique en pleine mutation, ouverte à l'univers de la pluralité et des larges.

    Ce livre est un appel général et pressant à reprendre de vieux combats jamais clos et à en engager d'autres qu'appellent les temps nouveaux.

    Achille Mbembe et Felwine Sarr.

    Ateliers de la Pensée | Dakar, Saint-Louis-du-Sénégal, 27-31 octobre 2016.

  • QUE FAUT-IL APPRENDRE À NOS ENFANTS ? Cette question majeure ne cesse de travailler nos sociétés en profondeur depuis des lustres. À la tête bien pleine, Montaigne préférait jadis une tête bien faite. Mais comment ne pas perdre la tête, précisément, face aux nouvelles technologies qui, des tableaux numériques aux tablettes, accélèrent et dématérialisent les chemins de la connaissance ?

    À travers des analyses d'enseignants, de sociologues, d'historiens, de psychanalystes et d'écrivains, cet ouvrage propose un questionnement constructif et prospectif sur les méthodes et les finalités de l'éducation. Initiatives des professeurs, bienveillance envers les élèves, adaptation au niveau de chacun, essais de classes inversées - plusieurs auteurs témoignent des expériences les plus probantes pour éduquer au mieux notre jeunesse. Dans un souci d'apprentissage des savoirs, de ransmission des valeurs de la République, et de combat contre les inégalités sociales que l'école française a trop souvent tendance à aggraver.

    Avec ce nouveau volume de la collection des 1ndispensables, l'hebdomadaire Le 1 poursuit son ambition d'expliquer notre époque en éclairant un sujet clé pour l'avenir de notre pays.

    Sous la direction d'Eric Fottorino : MICHEL SERRES - ALEXANDRE JARDIN - CEDRIC VILLANI - CAROLE MARTINEZ - NATHALIE MONS - CHRISTIAN BAUDELOT - LOUP WOLFF - ROBERT SOLÉ - DANIEL PENNAC - DAVID FOENKINOS - MICHEL ONFRAY - LOUIS CHEVAILUER - GENEVIÈVE BRISAC - SERGE HEFEZ - NICOLE FERRONI - QABRTELLE TULOUP - SOPHIE MAZET - LAURENT GREILSAMER - PAUL VEYNE - MANON PAULIC - JEAN VIARD

  • Le 26 juillet 2007 à Dakar, lors de sa première visite en Afrique subsaharienne, Nicolas Sarkozy a profondément blessé les Africains par un discours qui se voulait pourtant amical. Son adresse 'fraternelle' à la jeunesse du continent, supposée fonder la nouvelle politique africaine de la France, n'a en effet trompé personne. Elle est vite apparue comme une grossière tentative de maquiller publiquement en oeuvre de bienfaisance les crimes de ses ancêtres. Les paroles de Nicolas Sarkozy, émaillées de clichés racistes, ont été centrées sur un mythique homme africain, sur l'âme de l'Afrique ou sur la Renaissance africaine, dont il fait du reste une lecture bien suspecte. Rien sur le rôle réel de l'Europe et des institutions financières internationales dans l'appauvrissement de ce continent. Aucune allusion aux régimes 'kleptocrates' et férocement dictatoriaux, soutenus par les différents gouvernements français depuis les 'indépendances'. L'Afrique vilipendée à Dakar par Nicolas Sarkozy, c'est celle du pacte colonial, fragilisée par la Françafrique dans un monde de plus en plus organisé et cupide. Voilà ce que dénonce cet ouvrage dont les auteurs, tous de prestigieux intellectuels, viennent de différents pays africains.

  • En Corée, on « entre en littérature » non pas grâce à un « premier roman » mais avec une nouvelle, dès lors qu'elle est remarquée, primée par les grands quotidiens ou les très actives revues littéraires. Si bien qu'à la différence de la France, ce genre narratif y est devenu un art majeur. Cette anthologie rassemble des textes représentatifs de la production contemporaine : tous ont été publiés au cours de la dernière décennie et mettent en perspective les aspects les plus intimes d'une société dont nous ne connaissons généralement que les succès les plus flatteurs - pour ne pas dire les plus trompeurs.
    Les auteurs représentés ici, une majorité de femmes, nous renvoient une image sans complaisance de leur monde comme il va. Ils le font, chacun à leur manière, sur des sujets très divers qui reflètent les évolutions contemporaines de la société coréenne et ses contradictions. Ainsi le travail à la chaîne est stigmatisé avec humour (noir ?) dans La fabrique de conserves ; la rudesse du quotidien est décrite dans Nocturne d'un chauffeur de taxi, qui illustre par ailleurs également un phénomène récent dû à l'évolution démographique, le mariage avec des femmes venues d'ailleurs ; les liens unissant la famille se délitent dans Semailles ; les on-dit viennent gangrener une petite ville dans Rumeurs ; le couple vit l'enfer et se désagrège dans Mon mari, tandis qu'il chemine avec poésie vers la mort dans Neuf épisodes ; la femme a conquis sa liberté dans Stoppie à moto mais le bonheur continue à lui échapper.
    Dix histoires pour faire découvrir une littérature et un pays méconnus.

  • À l'approche de l'élection présidentielle de 2017, cet ouvrage examine la fonction de chef d'état, les raisons de sa dépréciation et de la crise de l'exécutif. Dans une France en butte au chômage de masse, au manque de croissance et de perspectives, le président cristallise les attentes des citoyens sans pouvoir les satisfaire. Cette sensation d'impuissance est accentuée par le poids du monde - de la mondialisation à l'Europe -, qui dépossède le premier des Français d'une part non négligeable de ses prérogatives. Dans ce contexte, la crise du politique rejaillit violemment sur la fonction présidentielle désormais brocardée, sous l'oeil en permanence ouvert des médias et des réseaux sociaux.

    À travers les analyses de politologues, de sociologues, d'écrivains et de journalistes, ce nouveau volume des « Indispensables » propose des réflexions et des outils de compréhension pour permettre au lecteur d'aborder les prochaines échéances électorales en connaissance de cause. Et de réfléchir aux conditions qui permettraient à notre démocratie de connaître un nouveau souffle.

  • Collectif 50 ans après, quelle indépendance pour l'Afrique ?
    De nombreux pays du continent africain, surtout dans sa partie subsaharienne, célèbrent le cinquantième anniversaire de leur indépendance en 2010. Il s'agit d'un événement dans la mesure où l'Afrique, qui a tragiquement traversé des siècles de souffrances physiques et morales, individuelles et collectives, durant deux " Grands Dérangements " ? la traite négrière (le plus grand génocide de l'histoire de l'humanité) puis la colonisation ? est enfin, semble-t-il, dirigée par ses propres enfants.
    Les auteurs de cet ouvrage souhaitent procéder, un demi-siècle plus tard, à l'analyse du sens de cette indépendance et à une méditation sérieuse sur le bilan de l'exercice du pouvoir par les Africains eux-mêmes. C'est aussi une occasion de s'interroger sur l'intolérable paradoxe de l'Afrique : continent gorgé de richesses humaines et naturelles, mais continent paupérisé, assisté et fragilisé... Une trentaine d'intellectuels d'Afrique et de la diaspora se prononcent librement, chacun à sa manière, sous l'angle de son choix, sur le bilan de ces cinquante années de liberté réelle ou illusoire, de construction ou de déconstruction, voire de destruction, du continent... Il est en effet enfin temps que les intellectuels? dont la classe politique a souvent minimisé le rôle dans la construction de leur propre pays et qu'elle a souvent tenus dédaigneusement à l'écart ? s'engagent courageusement et lucidement dans le débat politique et s'activent à contribuer à la création d'une opinion publique africaine participative, sans laquelle le vrai développement du continent demeurera hypothéqué. C'est bien ce que tentent les auteurs de cet ouvrage, profondément attachés à l'Afrique et à sa liberté.
    Irele Abiola(Nigeria), professeur à l'université de Harvard, critique littéraire ; Stanislas Spero Adotevi (Bénin/Burkina Faso), philosophe, anthropologue, historien ; Valentin Agon (Bénin), chercheur, expert en stratégie du développement ; Tanella Boni (Côte-d'Ivoire), philosophe, écrivain ; Zohra Bouchentouf-Siagh (Algérie), professeur de linguistique et de littérature française et francophone à Vienne ; Patrick Chamoiseau (Martinique), écrivain) ; Abdou Latif Coulibaly (Sénégal), journaliste d'investigation, écrivain ; Moussa Demba Dembélé (Sénégal), économiste ; Babacar Buuba Diop (Sénégal), professeur à l'UCAD (Dakar) ; Makhily Gassama (Sénégal), essayiste ; Augustin Gatera (Rwanda), professeur, linguiste ; Mahmoud Ibrahime (Comores), historien, directeur de publication de TAREHI (revue d'histoire et d'archéologie) ; Kama Sywor Kamanda (RDC/Égypte), écrivain ; Jean-Claude Kangomba (RDC), chercheur à l'université de Liège ; Gourmo Abdoul Lô (Mauritanie), avocat, professeur (Le Havre) ; Alain Mabanckou (République du Congo), professeur de littérature francophone à Los Angeles, écrivain ; Bonaventure Mvé Ondo (Gabon), professeur, philosophe, spécialiste de science politique, vice-recteur à l'Agence universitaire de la francophonie au Canada ; Jacques Nanema (Burkina Faso), philosophe, professeur à l'université de Ouagadougou, consultant en éducation et développement ; Mwatha Musanji Ngalasso (RDC), linguiste, professeur à l'université Michel de Montaigne (Bordeaux) ; Djibril Tamsir Niana (Guinée-Conakry), historien, écrivain ; Eugenio Nkogo Ondo (Guinée Équatoriale), philosophe, docteur ès Lettres, écrivain ; Déogratias Nsavyimana (Burundi), historien, politologue, professeur à l'université de Bujumbura ; Olivette Otele (Cameroun), historienne, professeur à l'université Paris-XIII ; Rosa Amelia Plummelle-Uribe (Colombie), avocate ; Bamba Sakho (Sénégal), docteur en science, chercheur en France ; Ebrima Sall (Gambie), professeur, secrétaire exécutif du CODESRIA à Dakar ; Yash Tandon (Ouganda), professeur, économiste, ancien directeur exécutif du South Center à Genève (centre de recherches des pays non-alignés) ; Odile Tobner-Bizdi (Cameroun, France), professeur ; Carlos Vamain (Guinée Bissau), avocat, analyste politique, ancien ministre ; Lye Mudaba Yoka (RDC), professeur, écrivain ; Martial Ze Belinga (Cameroun), professeur d'économie ; Sénouvo-Agbota Zinsou (Togo).

  • Interdites pendant des siècles, les shunga ou « images de printemps » reviennent fasciner nos contemporains avec la même sensualité désinvolte qui leur valut cette censure. Ces oeuvres à l'érotisme exalté connurent leur âge d'or durant la période Edo (1600-1868), extrêmement féconde en estampes et peintures japonaises plus connues sous le nom d'Ukiyo-e.
    Cet ouvrage, publié à l'occasion de la plus grande exposition du monde consacrée à l'art érotique japonais, qui eut lieu à Rotterdam en janvier 2005, propose plus de 270 oeuvres - les deux tiers inédites provenant de collections privées - et illustre de manière aussi franche que subtile cet univers dédié aux plaisirs.
    Et, pour que le lecteur ne se perde pas sur le chemin de la volupté, ce livre propose plusieurs textes, écrits par les spécialistes des shunga, qui abordent des questions encore empreintes de mystère.
    Qui en étaient les plus fervents amateurs ? Quelle place occupaient alors les shunga dans le monde de l'édition ? Comment les artistes se cachaient-ils derrière leurs oeuvres ? Enfin, ces estampes érotiques étaient-elles vraiment destinées à attiser les sens, ou seulement à susciter un amusement singulièrement frivole ?
    Le Printemps des délices offre les clés d'un monde tissé d'une grâce magnifiquement audacieuse.

  • Mahi binebine

    Collectif

    D'origine marocaine, Mahi Binebine est un artiste éclectique. Né en 1959 à Marrakech, il s'y est réinstallé définitivement en 2002 après avoir longtemps vécu et travaillé à Paris et New York. Le parcours de cet artiste est atypique : professeur de mathématiques à Paris, il quitte l'enseignement à la fin des années 1980 pour se consacrer à l'écriture, la peinture et, depuis peu, la sculpture. Ses romans, traduits en une dizaine de langues, l'ont confirmé comme l'un des écrivains marocains les plus talentueux.
    Exposée notamment en France, en Allemagne ou aux États-Unis, son oeuvre remarquée des critiques d'art et des collectionneurs fait partie de nombreuses collections publiques et privées dont celle du Musée Guggenheim de New York.
    Cette monographie commentée par une quinzaine d'auteurs retrace la richesse de son parcours et les différentes strates de sa démarche picturale. Binebine manie le chalumeau, travaille la cire, creuse des dessins dans la matière, plante des clous, ligote et mélange des silhouettes, répand des pigments magiques. Une oeuvre protéiforme se donne à voir et à toucher au fil des ans et des pages, et son unicité frappe immédiatement malgré les différents matériaux auxquels il se confronte. On y lit une maîtrise de la lumière dans la mélancolie, l'histoire d'un pays et de toute forme d'oppression à travers ses figures d'une humanité en résistance, l'universalité de la condition humaine en souffrance.
    Empreint de modernité, nourri de traditions, Mahi Binebine, d'oeuvre en oeuvre, accorde une attention humaniste à ce qui est inhumain.

  • Pourquoi la France va-t-elle si mal ? Est-elle dépassée face à des voisins plus audacieux et plus compétitifs ? Est-elle condamnée au déclin ? Son modèle est-il voué à disparaître ?

    Ce livre explore au plus près les causes et les manifestations du malaise français. De l'école à l'entreprise en passant par la sphère sociale et politique, il propose une analyse subtile et approfondie des blocages qui minent notre société. À travers les regards croisés d'écrivains, de sociologues, d'historiens et d'économistes, à travers aussi les témoignages d'acteurs et d'observateurs exigeants de la vie publique, c'est un portrait paradoxal de la France qui se fait jour : une France prisonnière de ses contradictions entre un modèle agricole ancestral et une industrialisation accélérée, l'aspiration à une compétitivité accrue et à un chômage efficacement combattu, la préservation d'une laïcité ouverte face aux sombres desseins d'un terrorisme pesant.

    La France a mal. À sa justice, à son administration, à ses emplois, à son école et à sa jeunesse, à son agriculture, à son industrie, à son histoire, à sa langue, à sa culture. Voilà notre pays aux prises avec ses démons, ses faiblesses et ses doutes, résultant d'une mutation que ce livre passionnant aide à comprendre. Pour la rendre moins inquiétante.

    Les contributeurs : JMG Le Clézio, Edgar Morin, Michel Serres, Alain Finkielkraut, Christophe Guilluy, Michel Rocard, Danièle Sallenave, Jean Peyrelevade, Irène Frain, Leïla Slimani, Michel Wierviorka, Michel Onfray, Nancy Huston, Alexis Jenni, Robert Badinter, Antoine Lyon-Caen, Laurence Parisot, Serge Volkoff, Nonna Mayer, Pascal Perrineau.

  • En 1865, sur fond de Révolution industrielle et de paupérisation ouvrière, en Angleterre, le pasteur William Booth mobilise ses fidèles pour lutter contre l'immense misère matérielle et morale. Considérant qu'il n'y avait pas de temps à perdre en conciliabules, il crée une organisation fortement hiérarchisée, avec son commandement, ses objectifs, son uniforme : ce sera l'Armée du Salut. Cet homme, qui porta toute sa vie la parole de l'Évangile, reconnaissait qu' « on ne peut prêcher à un homme qui a les pieds mouillés ». En affirmant ainsi que le salut de la personne tenait autant à sa spiritualité qu'à l'accès à des conditions de vie décentes, il plaçait l'action sociale au coeur de son oeuvre d'évangélisation.
    C'est sa fille, Catherine, surnommée familièrement « la Maréchale », qui en sera la pionnière en France, dès 1881, ignorant les détracteurs qui chahutent les salutistes et leurs « drôles d'uniformes ».
    Aujourd'hui, l'oeuvre commencée par William Booth est implantée dans 109 pays à travers le monde. En France, l'Armée du Salut, congrégation privée à l'identité religieuse, a opéré une révolution en son sein, en 2000, en créant une fondation laïque reconnue d'utilité publique. Avec le concours de 1 650 professionnels salariés et 3 000 bénévoles, la Fondation accueille, dans 44 établissements, des adultes en insertion, des enfants et adolescents, des personnes handicapées, des personnes âgées. Elle est la deuxième plus importante fondation de l'Hexagone après la Fondation de France. Cette réorganisation se poursuit autour d'une grande question : comment prendre en compte la diversité confessionnelle et les pratiques culturelles des uns et des autres, en réaffirmant l'égale dignité de l'être humain, au coeur de l'anthropologie chrétienne ?
    L'Armée du Salut a choisi de voir en la laïcité une opportunité de poursuivre son oeuvre, sans pour autant renier ses racines. En relatant cette expérience unique, cet ouvrage, réunit des entretiens avec des officiers et des professionnels de l'action sociale. Il constitue un apport intéressant au débat sur la laïcité qui divise la société, alors qu'une loi est votée au Parlement et que l'on s'apprête à commémorer le centenaire des lois de la séparation de l'Église et de l'État en France.
    Sans fard ni faux-fuyants, les intervenants racontent leur quotidien et montrent qu'au-delà des problèmes multiples que pose la coexistence de personnes de différentes confessions ? voire agnostiques ou athées ?, la laïcité peut être vécue comme une véritable chance.

  • D'ailleurs et d'ici

    Collectif

    Ce mook est la réponse dynamique, créative - littéraire et visuelle - à la France du repli, à celle de la peur, à celle qui se nourrit d'un rejet de l'autre.
    Des sujets graves (le harcèlement d'un jeune Noir gay dans son lycée, un ado qui ne rentre pas et l'attente de sa mère obsédée par de possibles violences policières, ...) y côtoient une immersion inédite dans la France gourmande de saveurs multiculturelles, l'exploration trépidante d'un aéroport où toutes les communautés se croisent ou encore les aventures d'un jeune Noir juif rêvant d'un « retour » vers Israël...
    L'affirmation d'une France plurielle... Plurielle, oui, et en mouvement. Interpellante, même dérangeante parfois ? Tant mieux, voilà qui évite le ronronnement. Positive surtout, faite d'apports qui témoignent de l'ouverture au monde, du renouvellement culturel à l'entrepreneuriat... Un potentiel d'une incroyable richesse qui est encore trop inexploité, tant les discours défensifs impactent notre vision de la France.
    En reportages ou en fictions - écrites à partir d'un travail journalistique -, en textes et en images, cet ouvrage est alimenté par trente acteurs de terrain (enseignants, éducateurs, danseurs hip hop, représentant des jeunes Chinois de France.). L'ADN de ce projet : un esprit de mixité coûte que coûte, fait de rencontres et de découvertes, dont il veut être le visage et la voix. Un autre projet de société, une autre vision de la France.

  • Osons l'hospitalite Nouv.

  • Le 26 juillet 2007 à Dakar, lors de sa première visite Afrique subsaharienne, Nicolas Sarkozy a prononcé son discours fondateur de la nouvelle politique africaine de la France. Le ton se voulait amical, un salut fraternel adressé aux jeunes d'Afrique. Mais derrière les paroles lénifiantes sur « l'âme de l'Afrique » ou la « Renaissance africaine » qu'il appelait de ses voeux, le président français a tenu des propos qui ont profondément blessé les Africains. Il y a eu, bien sûr, le désormais légendaire « paysan africain », selon Sarkozy, qui « ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles ». Mais aussi, comme certains l'ont noté, dans le ton parfois conciliant du discours, une manière sournoise de réévaluer l'oeuvre de la colonisation : « [Le colonisateur] a pris, mais je veux dire avec respect qu'il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. » Aucun signe de repentance qui aurait libéré le dialogue... Par contre le ton, à la fois paternaliste et arrogant, avait surpris et irrité.
    Passé ce moment d'exaspération, un groupe d'intellectuels africains ont décidé de donner la réplique en attirant l'attention sur les vrais enjeux, sur les questions essentielles qui interpellent le vieux continent... Quelle est la responsabilité réelle des Africains dans les souffrances intolérables qu'endurent les populations (violences génocidaires, guerres fratricides, dictatures, gaspillage et pillages des ressources, persistance du pacte colonial, etc.) ? Quelle place pour l'Afrique dans la mondialisation ? Comment lutter contre la collusion de l'État français avec les dictateurs du continent ? Comment mettre un terme aux affreuses manipulations des Indépendances par la classe politique françaiseoe Comment combattre le révisionnisme sournois qui réécrit l'histoire de la Traite négrière et de la colonisation ? Pourquoi des arguments racistes peuvent-ils être développés en terre africaine par le chef d'État d'une puissance moderne, d'un pays colonisateur de surcroît ? Quels effets de tels propos peuvent-ils avoir sur la jeunesse africaine en risquant de l'enfermer dans des clichés éculés ? Ces vingt penseurs et artistes ont décidé de combattre avec vigueur (et rigueur !) les arguments de Nicolas Sarkozy et, surtout, d'élargir le débat aux véritables défis pour l'Afrique d'aujourd'hui et de demain.

    - ADOTEVI Stanislas, Essayiste, Professeur (Bénin, Burkina Faso) - BISSIELO Anaclè, Sociologue (Université O. Bongo, Libreville) - BOUCHENTOUF-SIAGH Zohra, Professeur de linguistique, de littérature française et francophone (Alger, Vienne) - DIAGNE Mamoussé, Essayiste, Professeur (Université Ch. Anta Diop, Dakar) - DIAGNE Souleymane Bachir, Essayiste, Professeur (Dakar, Chicago) - DIOP Buuba, Professeur (Université Ch. Anta Diop, Dakar) - DIOP Boubacar Boris, Écrivain (Dakar) - GASSAMA Makhily, Essayiste (Dakar) - KADIMA-NZUJI Mukala, Écrivain, Professeur (Brazzaville) - LAMKO Kously, Écrivain, Professeur (N'Djaména) - MANIRAGABA Balibutsa, Essayiste, Professeur (Bujumbura, Libreville) - M'BOKOLO Elikia, Essayiste, Historien, Professeur (Paris) - MUSANJI Ngalasso Mwatha, Essayiste, Professeur (Université Michel de Montaigne, Bordeaux) - NDAYWEL E NZIEM Isidore, Essayiste, Historien, Professeur (Kinshasa, Paris) - NGAL Georges, Ecrivain, Essayiste, Philosophe, Professeur (Paris) - NGANANG Patrice, Écrivain, Essayiste, Professeur (Cameroun, U.S.A.) - NIANE Djibril Tamsir, Écrivain, Historien (Conakry) - NIANG Mangoné, Linguiste, CELTHO, (Niamey) - OBENGA Théophile, Égyptologue, Linguiste, Historien, Professeur (France, Université d'État de San Francisco, U.S.A.) - RAHARIMANANA Jean-Luc, Écrivain (Madagascar) - SAKHO Bamba - SALL El Hadj Ibrahima, Économiste - Financier (Dakar) - SIRIBIE Mahamadou, Doctorant en Science politique (Nice, France) - SISSAO Alain, Professeur, Chercheur (Ouagadougou) - TOBNER-BIYIDI Odile, Professeur (Cameroun, France) - YOKA Mudaba Lye, Écrivain, Professeur (Kinshasa)

  • Pourquoi Camus ?

    Collectif

    1913-2013. Les chemins qui mènent à Albert Camus sont sinueux, chacun est balisé par le rapport personnel à l'oeuvre du romancier, philosophe, essayiste, journaliste, dramaturge. Comment parler, analyser, faire partager cette vision d'un homme aux multiples appartenances, aux multiples visages et aux multiples contradictions ? L'homme témoin, acteur de son temps, a-t-il quelque chose à nous dire aujourd'hui ?
    Dans cet ouvrage collectif, une vingtaine d'écrivains, professeurs ou journalistes racontent chacun « son » Camus :
    Alexis Jenni qui cherche à débusquer un Camus caché, insaisissable, silencieux sur la guerre d'Algérie ; Pierre-Louis Rey, s'intéressant au rôle du football, de l'esprit d'équipe et d'amitié dans la formation de l'écrivain ; Daniel Lindenberg, admirateur du Camus politique, conscient que la justice ne va pas sans la révolte ; Martin Frieyro traçant un parallèle entre l'engagement de Camus et les révoltes arabes de 2011 ainsi que celle des Indignés espagnols ; Jean-Yves Guérin, admirateur du Camus citoyen de notre temps, grand moment de la conscience humaine ; Jean Rouaud, prenant la mesure de la prégnance de la misère dans le Premier homme ; Macha Séry définissant le Camus journaliste, modèle insurpassable ; Mohammed Aïssaoui imaginant Camus dans notre monde du XXIe siècle. Tous expriment - avec leurs différences, leurs doutes, leurs admirations, leurs préjugés - leur dette, immense, à l'égard de l'héritage camusien.

  • FAUT-IL AVOIR PEUR ? Le travail que l'équipe du 1 accomplit chaque semaine contribue à nous alerter sur les dangers qui nous menacent. Bien sûr, depuis le début de l'année 2020, la pandémie de Covid-19 a mobilisé toute la planète, au point de donner l'illusion que nos destins n'étaient désormais liés qu'à ce virus mortifère. Ce serait une erreur de le croire.

    L'ouverture du procès Charlie nous a rappelé par ailleurs que le terrorisme islamique n'était pas seulement attaché au souvenir de cette journée sanglante de janvier 2015. L'attaque au couteau de journalistes par un jeune Pakistanais de dix-huit ans, devant les anciens locaux du journal satirique, et l'assassinat sauvage de Samuel Paty par un Tchétchène radicalisé ont ranimé certaines craintes, qui ne doivent pas non plus en éclipser d'autres : la sécurité du monde et le risque nucléaire, le réchauffement climatique ou encore ce qu'on appelle à présent le capitalisme de surveillance armé par ce « soft power », que constituent les géants du numérique. Alors, faut-il avoir peur ? Oublier ou refuser d'avoir peur, c'est peut-être laisser au pire la possibilité d'advenir : ce qui est redouté n'est pas forcément ce qui arrive. Le philosophe Jean-Pierre Dupuy, évoquant toutes les fois où on est passé à deux doigts de la guerre nucléaire, nous dit qu'« il faut frôler la catastrophe pour se tenir à carreau ». La leçon est (un peu) rassurante : contrairement au dicton, la peur a peut-être le pouvoir d'écarter le danger...

  • Trente écrivains et artistes racontent des histoires singulières de migrations. Ils parlent exils, exodes, familles brisées, espoirs trahis ou réalisés, surprenantes rencontres, expériences uniques : leurs paroles s'insurgent et appellent à une nouvelle fraternité. Des textes d'humour aussi lorsque, par exemple, tous les mots d'origine étrangère quittent le dictionnaire en protestation contre le sort fait aux migrants... Ou des récits d'anticipation figurant un choc de civilisations sur fond de flux migratoires.

    D'autres textes dénoncent les violences et barbaries à l'oeuvre, ainsi que les guerres des identités, pour interroger : face à ces drames, que sommes-nous prêts à accomplir ou à refuser pour demeurer des êtres humains ?

    Un ouvrage que l'on refermera sur une note d'espoir, avec une Déclaration des poètes et un Manifeste pour une mondialité apaisée, visant à transformer notre rapport à l'hospitalité.

    En acceptant que la totalité de leurs droits soit reversée au Gisti (Groupe d'information et de soutien aux immigrés), ces auteurs accomplissent un acte artistique d'engagement, affirmant leur volonté de contribuer à un monde plus altruiste, animé par une éthique active de la relation.

  • La pandémie du Covid-19 a comme vitrifié le monde d'hier sans rien dire de ce que sera le monde de demain. Au moment où, l'urgence sanitaire passée, nous devrons penser à l'après, il est évident qu'un pacte écologique devra précéder et accompagner tous les schémas de reprise économique visant un retour à la croissance. Que sera à l'avenir un développement normal de l'activité humaine, qui a déjà tant abîmé la planète ?
    À travers de nombreux entretiens, reportages et analyses, ce nouveau volume des 1ndispensables fait le point sur les savoirs et les controverses autour du climat. Sociologues, épidémiologistes, climatologues et philosophes prennent la parole et se font ensemble le relais d'une pensée du monde de demain. Quels sont les ressorts de la mobilisation d'une jeunesse indignée sous l'égide de Greta Thunberg ? Quid des pistes internationales pour mettre fin aux stratégies politiques d'évitement ? Comment penser le combat climatique avec celui de la justice sociale ? Tandis qu'à l'heure du Covid-19 les émissions de CO2 et de gaz à effet de serre diminuent partout sur la planète, saurons-nous ne pas oublier les enjeux climatiques une fois acté le retour à la normale ?

  • Les médias sont partout au centre des débats et des controverses qui agitent nos sociétés. Muselés dans les dictatures qui ne disent pas leur nom - on parle de démocratures : Russie, Syrie, Turquie, etc. -, ils prennent dans nos démocraties des visages nouveaux et inquiétants. Tantôt contrôlés par le capitalisme industriel, représenté notamment en France par Bolloré, Dassault, Niel, Lagardère ou Arnault ; tantôt incontrôlés ou incontrôlables, à l'image de ces sites dits d'information qui trouvent dans la Toile et les réseaux sociaux le tremplin idéal pour répandre leurs fake news et vérités dites alternatives. Miroirs déformants de notre époque, les médias n'en sont-ils pas plutôt les fidèles reflets ? À travers des analyses, des enquêtes, en France comme dans de nombreux pays d'Europe, aux États-Unis ou en Turquie, cet ouvrage analyse, exemples à l'appui, l'évolution sans précédent du monde de l'information. Il s'interroge sur le rôle des journalistes et sur la compétition entre différents médias dont l'instantanéité, les atteintes à la déontologie, la censure ou l'autocensure faussent irrémédiablement la perception du réel. Comment s'informer de façon fiable pour comprendre notre monde en évitant les pièges de la désinformation, de la propagande et de la théorie du complot ? Voici quelques pistes !

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