• Bien que Georges Pompidou n'ait pas eu la même intimité avec l'Allemagne que le général de Gaulle ou que le président Giscard d'Estaing, il a su et compris dès son élection en 1969 que la relation franco-allemande, et sa relation avec Brandt, était centrale en Europe et nécessaire à la France. S'il comprenait l'Ostpolitik, il fut également sensible au différentiel économique entre les deux puissances et n'eut de cesse de chercher à développer la coopération industrielle entre les deux pays. Celle-ci devait bien évidemment contribuer à la modernisation de la France. Il oeuvra également en faveur de la langue et de la culture française dans les discussions avec le chancelier Brandt. La reprise du dialogue entre Paris et Bonn en 1969 favorisa la relance européenne. Mais à partir de 1973, des divergences sensibles apparurent malgré tout entre les deux partenaires. Paris assuma alors ses responsabilités. À travers une large sélection de documents issus des archives de la Présidence de la République, cet ouvrage montre comment la politique de Georges Pompidou est inscrite dans une dimension nationale et internationale, notamment européenne.

  • En proposant le 9 mai 1950 la création d'une Haute Autorité du Charbon et de l'Acier, Robert Schuman, inspiré par Jean Monnet, choisit un chemin fonctionnaliste pour parvenir à une Europe unie. L'Europe communautaire vit depuis avec ce schéma. Que ce soit le projet de marché commun qui conduit aux traités de Rome ou la mise en place du système monétaire européen, la logique est la même : les solidarités économiques devraient déboucher sur un surcroît d'intégration politique. Pourtant, dès l'amorce de la construction européenne, on s'aperçut de la difficulté à passer, par le biais de l'économie, à une plus grande unité politique. Ce constat revêt une acuité particulière dans le contexte actuel de la crise que traverse le projet européen et légitime le sujet des troisièmes journées d'études accueillies à la Maison de Robert Schuman qui pose la question de l'Europe par l'économie. En interrogeant les héritages historiques mais aussi en mettant en perspective les débats d'aujourd'hui relatifs à la dimension économique de la construction européenne, et cela à une période cruciale de son histoire, les communications rassemblées dans le présent ouvrage contribuent, par une approche pluridisciplinaire, au nécessaire travail d'analyse afin de dresser un état des lieux de l'intégration économique et monétaire et de dessiner les voies possibles pour l'avenir du projet européen.

  • Les expériences communes des Européens conduisent-elles à une « européanisation des consciences » ? L'amorce d'un processus de construction européenne au XXe siècle, et notamment après 1945, s'est nourrie d'un narratif mettant en valeur l'apport de ce processus à la paix, au développement socio-économique et à l'enracinement démocratique. Ce narratif est présent dans l'ensemble des discours et décliné à travers des adaptations nationales dans la majeure partie des États membres de l'UE. En panne aujourd'hui, il mérite d'être interrogé. Ne favorise-t-il pas des « mémoires concurrentes », rendent difficile l'émergence de lieux de mémoire européens ? Compte tenu, justement, de certains événements mémoriels : centenaire de la Grande Guerre, soixantième anniversaire du déclenchement de la guerre d'Algérie, conférence de Genève de 1954 qui scelle la fin de la première guerre d'Indochine, échec de la CED en 1954 qui lance le processus de réarmement de l'Allemagne, les auteurs des contributions réunies dans ces actes réfléchissent à la thématique de la destinée européenne, autour de trois axes : les conflits européens (ces « guerres civiles européennes »), les victimes, et les processus de pacification. Ce volume se veut un hommage rendu à l'oeuvre de l'homme qui, dans les murs de sa maison de Scy-Chazelles, a réfléchi à la paix européenne. Il voudrait ainsi permettre le dépassement de cette classique destinée européenne évoquée par le titre de la manifestation.

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