Entreprise, économie & droit

  • En proposant le 9 mai 1950 la création d'une Haute Autorité du Charbon et de l'Acier, Robert Schuman, inspiré par Jean Monnet, choisit un chemin fonctionnaliste pour parvenir à une Europe unie. L'Europe communautaire vit depuis avec ce schéma. Que ce soit le projet de marché commun qui conduit aux traités de Rome ou la mise en place du système monétaire européen, la logique est la même : les solidarités économiques devraient déboucher sur un surcroît d'intégration politique. Pourtant, dès l'amorce de la construction européenne, on s'aperçut de la difficulté à passer, par le biais de l'économie, à une plus grande unité politique. Ce constat revêt une acuité particulière dans le contexte actuel de la crise que traverse le projet européen et légitime le sujet des troisièmes journées d'études accueillies à la Maison de Robert Schuman qui pose la question de l'Europe par l'économie. En interrogeant les héritages historiques mais aussi en mettant en perspective les débats d'aujourd'hui relatifs à la dimension économique de la construction européenne, et cela à une période cruciale de son histoire, les communications rassemblées dans le présent ouvrage contribuent, par une approche pluridisciplinaire, au nécessaire travail d'analyse afin de dresser un état des lieux de l'intégration économique et monétaire et de dessiner les voies possibles pour l'avenir du projet européen.

  • Malgré les clauses du traité de Versailles, le Reich a réussi, à la fin des années 20, son redressement économique. Mais la crise de 1929 révèle la fragilité financière de cette renaissance. La France, dont le stock d'or est important, refuse son concours à l'Allemagne et c'est alors que les deux pays se replient sur leurs espaces nationaux, dès avant l'arrivée au pouvoir d'Hitler. L'installation du régime nazi pose un problème crucial. Faut-il envisager avec lui des relations économiques et financières sur les mêmes bases qu'avec la République de Weimar ? Si, pour Hitler, les données sont simples - l'économie doit servir le réarmement -, il est en revanche plus difficile pour les gouvernements français de faire abstraction d'intérêts souvent contradictoires. Les responsables tentent les uns après les autres de sauver les intérêts financiers français en Allemagne en contrepartie d'avantages économiques accordés au Reich. A partir de 1938, ces décisions devront pour les uns sauver la paix, pour les autres gagner le temps nécessaire au réarmement français. Mais le répit dépendait d'Hitler! « Par la qualité et l'ampleur de la recherche, la profondeur de la réflexion, la précision de la synthèse, le caractère très neuf de conclusions solidement charpentées, cet ouvrage éclaire tout un aspect des relations franco-allemandes resté trop longtemps dans l'ombre ». Raymond Poidevin

  • La crise économique que traverse l'Europe à la fin des années vingt apparaît comme un long cortège d'échecs pour la coopération entre États. Mais les projets évoqués au cours des années 1929-1933 comportent malgré tout des perspectives originales d'organisation du continent européen. Certains frappent même par leur modernité : par exemple l'idée qui consiste à imaginer des blocs économiques homogènes qui iraient, chacun à son rythme, vers l'union économique de l'Europe ; ou encore celle qui vise à instituer une société internationale de crédit finançant le développement de l'Europe du Centre et du Sud-Est. C'est aussi durant ces années que germent les fondements d'une Europe monétaire. Le débat européen porte également - à coté de ces perspectives - sur le processus à mettre en oeuvre pour fédérer davantage les différents États du continent. Faut-il donner la priorité à l'économique ou alors au politique ? A bien des égards ces années apparaissent comme « un brouillon » pour la construction européenne de l'après seconde guerre mondiale. C'est pour cette raison que les propositions et les discussions des années de crise restent encore aujourd'hui d'une étonnante actualité en Europe

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