• Sorciers et sorcières existent depuis l'aube des temps, mais la sorcellerie présente un caractère particulier dans l'Europe chrétienne, où elle est étudiée et théorisée à la fois par l'Église et par les pouvoirs temporels. En témoignent un grand nombre de livres, de procès, de condamnations et d'exécutions au cours de la Renaissance.
    Se détournant de Dieu et de son Église, sorciers et sorcières se laissent séduire par les ruses du démon, auquel ils vouent un culte idolâtre dont la manifestation suprême est l'hommage rituel qu'ils lui rendent lors de certaines cérémonies nocturnes qu'on appelle leur sabbat.

    Pour les artistes, le thème de la sorcellerie constitue une inépuisable source d'inspiration. Bruegel l'Ancien ou Frans II Francken font étalage d'érudition maléfique. D'autres, comme Dürer, sont plus intéressés par l'opposition entre le corps potelé d'une jeune sorcière débutante et celui boucané d'une vieille opiniâtre. Tandis que Hans Baldung « Grien » (c'est-à-dire vert comme le diable) montre des sorcières nues en train de se couvrir d'onguent pour se rendre au sabbat par la voie des airs.

  • La plupart des mythologies, mésopotamienne, égyptienne ou grecque, déclinent l'image du dragon sous d'innombrables appellations, à la fois dieux des ténèbres, déesses des océans ou serpents à plusieurs têtes, gardiens d'un trésor...
    Ces représentations ont souvent été confortées par les témoignages de voyageurs ou d'érudits européens découvrant des sauriens inconnus. Marco Polo parle lui-même de serpents terrifiants au large du Yunnan...
    Au Japon, le dragon veille sur les richesses et les demeures tandis qu'en Chine, il véhicule une symbolique fédératrice qui fait de lui l'emblème sacré du pouvoir impérial.
    Les peuples occidentaux, à l'inverse, voient dans le dragon une figure du chaos, Le livre de l'Apocalypse décrit par exemple un immense dragon rouge feu, doté de sept têtes et de dix cornes, qui menace l'Église et égare les hommes.
    Mais le dragon peut aussi se libérer d'une représentation univoquement maléfique. Mélusine, parée de sa queue de serpent, ne se révèle-t-elle pas épouse vertueuse et mère protectrice ?

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  • Fils de Vénus et du Troyen Anchise, Enée fuit les ruines de Troie pour accomplir l'immense destin que lui réservent les dieux : fonder au-delà des mers une nouvelle cité. Les épreuves se succèdent, de tempêtes en tragédie amoureuse - la célèbre union de Didon et Enée -, avant qu'Enée n'accoste enfin sur les rives du Latium. Virgile projette enfin l'époque pleine de promesses dans laquelle il vit lui-même, le règne d'Auguste et la naissance de l'Empire romain.

  • Cette année, nous fêtons les 100 ans de la naissance de Michel Audiard. On le sait peu, mais l'auteur des «Tontons flingueurs »ou de «Mélodie en sous-sol »est celui qui a le plus adapté Georges Simenon au cinéma. Entre 1956 et 1961, il a collaboré à pas moins de six films tirés de l'oeuvre de l'écrivain belge, le père de Maigret, auquel il vouait une grande admiration, le tenant pour "le plus grand romancier vivant". Ce volume donne à lire les scénarios de trois de ces adaptations, dont Audiard fut à la fois le coscénariste et le dialoguiste : «Le Sang à la tête» (1956) de Gilles Grangier, «Maigret tend un piège» (1958) de Jean Delannoy et «Le Président» d'Henri Verneuil (1961). Trois films qui ont Jean Gabin pour acteur principal, à l'époque où Michel Audiard était son dialoguiste attitré et où l'acteur était devenu l'interprète simenonien par excellence.

  • L'auteur d'une cosmogonie.
    C'est au tournant de notre ère, à Rome, qu'Ovide (43 av. J.-C.-18 ap. J.-C.) compose son chef-d'oeuvre, Les Métamorphoses. Les 91 histoires que nous avons sélectionnées parmi les plus belles et les plus puissantes dessinent le récit de l'univers, du chaos à l'harmonie en passant par de poétiques métamorphoses.

    La traduction.
    Publiée en 1927 et revue en 1992 par Jean-Pierre Néraudau, spécialiste d'Ovide, la traduction de Georges Lafaye retranscrit la poésie et la beauté qui se dégagent des Métamorphoses tout en restant très fidèle à l'esprit d'Ovide.

    L'iconographie.
    Depuis l'Antiquité, le poème d'Ovide inspire les artistes. Mais ce sont les peintres baroques qui se sont emparé des Métamorphoses avec la plus belle vivacité. Au x???? siècle, les dieux païens n'inquiètent plus l'Église, ils appartiennent au monde du mythe. Dès lors, les artistes s'inspirent du texte exaltant d'Ovide pour créer des oeuvres d'une extraordinaire puissance narrative. 180 peintures de 100 artistes de l'Europe baroque - parmi lesquels Carrache, Caravage, Luca Giordano, Nicolas Poussin, Peter Paul Rubens, Jacob Jordaens ou Jusepe Ribera -, dialoguent ainsi avec le texte d'Ovide.

  • Haïkus ; la voix des animaux

    Collectif

    • Seuil
    • 3 Octobre 2019

    Ce nouveau volume des "Classiques en images" propose de renouer avec la tradition du poème court japonais à travers une sélection de 60 haïkus de Genshi, Kikaku, Bashô, Issa, Shôha, Buson, Yorie, Shiki, Jôsô, Hashimoto... exclusivement consacrés au monde animal.

    Ce recueil célèbre avec poésie, fantaisie et respect autant les animaux qui accompagnent le quotidien (chien, chat, poule...) que les bêtes sauvages surprises dans un coin de nature (libellule, sauterelle, grenouille...).

  • Avant le jour

    Madeline Roth

    La narratrice avait prévu un court voyage à Turin avec son jeune amant. Au dernier moment, celui-ci annule sa participation pour raison familiale. Elle se retrouve seule dans la capitale du Piémont. Le voyage amoureux se transforme en un voyage intérieur qui lui permet de faire le point sur sa vie.

  • Haïkus ; pensées de femmes

    Collectif

    • Seuil
    • 18 Octobre 2018

    Le haïku japonais est le plus souvent connu au travers des oeuvres de Bashô, Buson, Issa et Shiki. Pourtant, de nombreuses femmes, maîtresses de haïkus, ont influencé la poésie japonaise depuis plus de trois siècles jusqu'à aujourd'hui.
    Cette sélection de 60 haïkus vous fera découvrir des auteures classiques ou contemporaines, des femmes connues pour certaines dans leur pays : Teijo Nakamura, Momoko Kuroda, Nobuko Katsura...
    Les thématiques abordées sont : amour, souffrance, quotidien, enfants.
    Ces haïkus sont illustrés par différents peintres des XVIIIe, XIXe et XXe siècles : Utamaro Kitagawa, Goyo Hashiguchi, Suzuki Harunobu, Kiyoshi Saito...

    Traduit par Dominique Chipot et Makoto Kemmoku.

  • L'intégralité des Contes de Charles Perrault.
    Un terrible loup dévore sans état d'âme la grand-mère et le Petit Chaperon rouge, des bûcherons abandonnent leurs sept garçons dans la forêt, un homme à la barbe bleue terrifie les habitants de son pays, une jeune fille se désole de ne pouvoir aller au bal. Notre édition rassemble les trois contes en vers : Griselidis, Peau d'Âne et Les Souhaits ridicules, et les huit Histoires ou contes du temps passé, avec des moralités : La Belle au bois dormant, Le Petit Chaperon rouge, La Barbe bleue, Le Maître chat ou Le Chat botté, Les Fées, Cendrillon, Riquet à la houppe, Le Petit Poucet.

    Le brut et le merveilleux.
    En écho à la symbolique des Contes, la force et la pureté des 130 oeuvres que nous présentons dans cet ouvrage sont au service de l'expression des sentiments humains. Nées dans l'esprit de personnalités singulières à l'imagination sans bornes, animées par la nécessité de créer, éloignées des conventions académiques et peu soucieuses de reconnaissance, ces oeuvres sont un cri. Elles portent aujourd'hui le nom d'art brut, notion définie par Jean Dubuffet en 1945. Aloïse Corbaz, August Walla, Adolf Wölfli, Scottie Wilson, Henry Darger, Fleury Joseph Crépin et les 80 autres artistes présents dans ce livre inventent des oeuvres d'art spontanées, tantôt brusques, tantôt romanesques, toujours époustouflantes, dans lesquelles la féerie et la terreur des Contes sont omniprésents.

    Le regard de spécialistes.
    Bernadette Bricout, professeur de littérature orale à l'Université de Paris, et Céline Delavaux, spécialiste de l'art brut, accompagnent cette lecture par leurs introductions. Elles révèlent le sens des Contes et les liens intimes entre art brut et merveilleux.

  • Sur les traces d'un écrivain de légende au travers de sa correspondance.

    Écrivain de génie, dessinateur averti, Antoine de Saint-Exupéry a eu pour habitude dès son enfance d'orner ses lettres de petits dessins et plus tard d'illustrer ses manuscrits et ses carnets de notes de croquis, rébus ou caricatures.

    Les manuscrits regroupés dans cet ouvrage retracent la vie du pilote d'avion, du romancier, de l'inventeur, du mathématicien et nous éclairent sur les multiples personnalités de l'auteur du Petit Prince. Toute sa vie, sa correspondance s'est fait l'écho des intenses relations qu'il a entretenues avec sa mère, ses amis et avec les femmes qu'il a aimées.

    Ce livre est l'occasion de découvrir ou redécouvrir, au travers de plus de 80 manuscrits originaux et des lettres inédites, la vie et l'oeuvre d'un des écrivains les plus importants du XXe siècle.

  • Cet opus de l'oeil curieux présente une quarantaine de marines choisies au sein de l'oeuvre de Victor Hugo conservé au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France.
    Poète, dramaturge, romancier, homme politique, humaniste, Victor Hugo fut aussi un immense artiste. En témoignent les encres issues de ses années d'exil à Guernesey, seul face à l'océan ? miroir et métaphore de l'immensité de l'oeuvre en cours ?, ou celles de son retour.
    À travers ces marines, c'est ainsi tout à tour le désir de gloire et de postérité du poète qui s'exprime, son invincible courage, sa foi en la géniale démesure de son oeuvre et de son esprit. En bref, sa destinée.
    En outre ? intuition magistrale du poète ou légitime évidence ?, l'entrée des manuscrits et des dessins de Victor Hugo à la Bibliothèque, explicitement appelée de ses voeux et couchée en 1881 par testament, fit date et sut infléchir la politique d'enrichissement des collections du département, qui, dès lors, fut ouverte à la littérature moderne et contemporaine.

  • Journal 1944-1945

    Anita Pittoni

    Tenu entre le 18 octobre 1944 et le 5 août 1945, ce Journal a pour toile de fond la fin de la guerre à Trieste et l'occupation yougoslave, les bombardements et les retraits précipités dans les abris. Mais son objet est tout autre, il est tendu vers la création, la liberté d'être et d'écrire. Il tient tout entier dans l'exploration de l'angoisse de la persévérance d'une vie intérieure riche et de la disponibilité de temps et d'esprit pour réfléchir. Sa liberté de jugement étonne et son don pour l'introspection séduit.
    Ce Journal explore aussi le rapport d'Anita Pittoni à la sensualité, au corps, aux lignées de femmes de sa famille et surtout expose ses sentiments amoureux pleins de craintes et de fulgurances.
    On y croise l'entourage d'Anita Pittoni, les intellectuels de Trieste, son compagnon Giani Stuparich, le poète Umberto Saba qu'elle publie... Si elle s'attarde longuement sur les relations humaines et les angoisses qu'elles génèrent, elle décrit aussi minutieusement le réseau de créateurs essentiel dans ces heures dures et sur lequel elle s'appuie pour avancer.
    De l'effervescence

  • Faust pactise avec le diable pour assouvir sa soif de savoir. Découvrant les jouissances terrestres, Faust tombe amoureux de Marguerite : belle, pure et innocente. Délaissée par Faust, devenue infanticide, elle sera néanmoins sauvée par Dieu. Un second Faust raconte l'amour impossible d'Hélène de Troie et de Faust. Puis comment Marguerite rachète l'âme de son aimé. Tous ces personnages sont les reflets de la condition humaine.
    De ce conte populaire, Goethe a fait un pilier de la littérature mondiale.
    La traduction de Gérard de Nerval lui confère une modernité incroyable.
    Les images de Harry Clarke sont bouleversantes, sombres et inquiétantes. Cette édition est inédite en France. Les Éditions courtes et longues ont déjà publié trois ouvrages illustrés par Harry Clarke.
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  • Dix ans après les débuts de "La Petite Collection" des Éditions Diane de Selliers, redécouvrez Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire illustrées par la peinture symboliste et décadente, augmentées à la fin de l'ouvrage d'un carnet de dédicaces des personnes ayant contribué à la réédition de cet ouvrage.

    Le livre présente l'intégralité du recueil des Fleurs du Mal (édition de 1861) augmenté des Épaves (1866) et de l'édition posthume (1868), soit un ensemble de 164 poèmes. Ces derniers sont accompagnés de 185 reproductions pleine page de peintures, lithographies et aquarelles de plus de 80 artistes essentiellement issus de la seconde moitié du XIXe siècle, parmi lesquels Félicien Rops, Léon Spilliaert, James Ensor, Jean Delville, Alfred Kubin, Edvard Munch, Odilon Redon et Gustave Moreau, Carlos Schwabe, Max Klinger, etc. Cette confrontation du poétique et du pictural souligne les correspondances entre deux univers, et restitue à l'oeuvre de Baudelaire sa grandeur prophétique et fondatrice pour toute une nouvelle génération de poètes et de peintres.

    Héritage du second romantisme et première manifestation du symbolisme, la décadence est une esthétique où l'étrange et l'artificiel s'unissent afin de créer un langage pictural nouveau, en réaction aux préoccupations industrielles d'une bourgeoisie optimiste et dirigiste.
    De la décadence naîtra le symbolisme, un art de la suggestion, de l'analogie et de la métaphore, au sein duquel poètes et artistes expriment leurs obsessions les plus profondes : la solitude, la mélancolie, le mysticisme, la sensualité, le rêve, l'étrange, le morbide.

    Cette édition préfacée par Jean-David Jumeau-Lafond propose une biographie des 86 artistes présents dans l'ouvrage ainsi qu'une chronologie précisant notamment les liens de Charles Baudelaire avec les artistes et les hommes de lettres de son époque.

  • Cet ouvrage aborde la riche histoire des relations entre art et littérature durant un siècle - soit des années 1830 aux années 1930 - au cours des quelles elles furent multiples et variées.
    Ce phénomène peut s'exprimer de façons diverses à travers les livres, lorsque ceux-ci, par exemple, sont accompagnés d'« illustrations », de frontispices, d'estampes ou de compositions originales, mais aussi, plus subtilement, par des dédicaces d'écrivains à des peintres, des éditeurs ou des critiques d'art. Parfois, ce sont les écrivains eux-mêmes qui deviennent artistes en réalisant des dessins ou des photographies pour leurs livres. Dans d'autres cas, un peintre « enlumine » un ouvrage dans un exemplaire devenu alors unique ; ou bien, l'on a ce qu'on appellera plus tard des « livres d'artiste », dont la forme extrême est un ouvrage entièrement conçu et réalisé par un peintre.
    C'est cette richesse de l'interaction art / littérature que notre livre veut montrer. Mais il ne s'agit pas là d'un ouvrage consacré aux « illustrés modernes », et hormis quelques jalons, on n'y trouvera rien sur ceux-ci depuis Manet et ses suiveurs, ni sur les aventures éditoriales d'un Kahnweiler ou d'un Skira : cela a déjà fait l'objet de nombreuses études.
    La poésie est certes à l'honneur dans le choix de livres proposé ici, mais le roman et la critique artistique sont bien présents, eux aussi. Les livres donnent alors un éclairage singulier à ce siècle d'Histoire qu'illustre l'osmose entre peinture et écriture. Ce sont ces échanges parfois intimes que l'on aborde ici, avec l'ambition principale de donner à percevoir l'atmosphère - le parfum - des époques qui s'y succédèrent. À travers le caractère précieux des ouvrages étudiés, notre livre est aussi une invitation à s'approcher de la rareté, qualité majeure pour les amateurs.
    Grâce aux livres, ces objets devenus sujets, l'exploration de la littérature et des arts est un périple où l'on appréhende la période peut-être la plus fertile et la plus créative depuis la Renaissance.
    Un ouvrage solidement documenté et magnifiquement illustré qui satisfera les amateurs les plus exigeants.

  • Chef-d'oeuvre écrit à la fin du XII? siècle, ce poème chante le voyage de milliers d'oiseaux en quête de la Sîmorgh, manifestation visible du divin. 207 miniatures persanes, turques et indo-pakistanaises du XIV? au XVII? siècle, puisées dans les trésors des collections d'art persan et islamique du monde entier, accompagnent les anecdotes littéraires, philosophiques et spirituelles qui ponctuent le texte. Leur valeur symbolique est mise en lumière par les commentaires de Michael Barry.

  • "En chantant du rock, Morrison voulait délivrer les gens d'eux-mêmes. Faire reculer les frontières. On ne répétera jamais assez combien chez lui les images, les sons et les mots avaient partie liée. [...] Il était venu chercher le calme à Paris où il arriva en mars 1971. Il y écrira quelques poèmes, recueillis dans La Nuit américaine, et y mourra mystérieusement le 3 juillet 1971." Michel Bulteau Jim Morrison n'était pas uniquement le chanteur du groupe légendaire des Doors. Grand lecteur de romans et de poésie, il tournait aussi des films expérimentaux. Ce volume rend compte des différentes facettes de sa personnalité, des réflexions et expérimentations qui ont jalonné son oeuvre. Il contient à la fois des scénarios de cinéma et le Journal parisien, lui-même constitué de notes, de poèmes, de maximes.

  • Entré par effraction en poésie avec la publication du Condamné à mort en 1942, Genet rédige ses premiers livres en prison, mais se retire de la scène littéraire au moment même où son théâtre le fait connaître dans le monde entier. Il dit alors avoir renoncé à écrire. Et pourtant, durant près de vingt ans, d'une chambre d'hôtel à l'autre, du camp de Chatila à la Goutte d'Or, des ghettos noirs d'Amérique à la petite ville de Larache au Maroc, il transporte dans ses minces bagages les matériaux d'une oeuvre rêvée où sa vie entière est consignée, de sa jeunesse perdue à ses dernières péripéties politiques.

    En avril 1986, quelques jours avant sa mort, Jean Genet confie à Roland Dumas, son avocat rencontré pendant la guerre d'Algérie, deux valises de manuscrits. Un mois plus tard, paraît son ultime chef-d'oeuvre, Un captif amoureux. Durant trente-quatre ans, ces valises ont dormi dans le secret du cabinet de l'avocat, avant que celui-ci ne décide d'en faire don à l'Imec. Ce livre, qui accompagne l'exposition présentée à l'abbaye d'Ardenne, révèle pour la première fois les trésors qu'elles abritent.

    C'est la matière vive d'un véritable atelier d'écrivain qui est ici mise à jour : un extraordinaire fouillis de manuscrits, de notes personnelles, d'esquisses, de coupures de presse annotées, de pages arrachées dans des livres, de lettres, de dessins. On y trouve aussi bien les avant-textes de son dernier chef-d'oeuvre qu'une foule d'écrits totalement inédits sur son enfance, le Japon ou le jazz, des scénarios de film non réalisés, des projets de livres sur les mouvements qui ont secoué le monde des années 1970 et 1980, que ce soit Fraction Armée rouge, la révolte dans les prisons, les Black Panthers ou les combattants palestiniens. Chacune de ces pièces raconte une histoire singulière et toutes portent la marque d'une des plus surprenantes aventures littéraires de notre temps.

  • Le Rêve dans le pavillon rouge a été rédigé par Cao Xueqin au XVIIIe siècle, sous le règne de l'Empereur Qianlong, de la dynastie Qing.
    Ce roman-fleuve de 120 chapitres retrace la vie de plusieurs familles aristocratiques chinoises, et en particulier celle du clan Jia. Le récit se déroule principalement dans un vaste jardin aux multiples paysages aménagé par les Jia pour recevoir dignement la concubine impériale. Le "pavillon rouge" désigne le gynécée, l'ensemble des appartements intimes des femmes ; cette couleur, qui décorait les riches résidences, symbolise par ailleurs le luxe et le bonheur.
    Cette édition propose les 230 peintures de l'artiste Sun Wen (XIXe siècle) accompagnées de notices descriptives du livre originel. De la noblesse aux servantes et serviteurs, en passant par les bonzes et les commerçants, les images offrent une description précise de la vie quotidienne et sociale, détaillant les repas, divertissements et cérémonies qui animaient les journées des grandes famills mandchoues dans la Chine impériale.

  • Les courts textes qui composent Nous avons de pluie assez eu sont autant de petits morceaux d'une vie dans la campagne irlandaise. Mais ce quotidien s'articule uniquement autour d'anecdotes qui ont trait - d'une façon ou d'une autre - aux oiseaux croisés par la narratrice En ornithologue peu avisée, elle traque les oiseaux qui peuplent son quotidien, ainsi que leurs interactions involontaires avec la société humaine : la fierté de celui ou celle qui aura aperçu « la première hirondelle », au moment du retour de ces oiseaux ; l'agacement des habitants face à leurs voitures, maisons et meubles de jardin couverts d'excréments ; un pigeon mort qui devient une représentation de l'absence ; des coquilles d'oeufs difficiles à reconnaître, un oiseau en plastique qui semble vrai,...
    Avec légèreté et délicatesse, Erica van Horn observe chacun des oiseaux rencontrés avec le même soin. Elle propose un recueil ornithologique inattendu, poétique, où il ne s'agit pas tant de reconnaître les oiseaux que de les observer dans leurs rencontres quotidiennes avec les humains, et de voir comment leur présence influence et marque la vie d'un village elle-même.

  • Érasme publie en 1511 une oeuvre satirique d'une ironie mordante, donnant la parole à Dame Folie. Pour la première fois, notre édition reproduit les 82 dessins d'Holbein qui illustrent cette « déclamation » ainsi que 200 peintures des plus grands artistes allemands et flamands, fascinés par le thème de la folie et des vices humains.

  • Les Contes de Grimm illustrés par Arthur Rackham viennent explorer les replis secrets de l'enfance à travers des récits de princes et de princesses, d'ogres et de fées, d'animaux qui parlent, ou encore de petits personnages intrépides et malins aux prises avec leur destin. Ils nous entraînent avec eux dans les délices de nos émotions anciennes, envies et frayeurs confondues, mais aussi dans des rêves de quêtes illimitées où se mêlent tabous, transgressions et interdits... Mais ce que nous disent en filigrane les contes de Grimm, c'est notre soif de légendes, de récits, de sagas et de mythes ? en bref, notre besoin insatiable d'histoires merveilleuses. Le récit des frères Grimm, eux-mêmes linguistes et philologues, est servi dans cette édition par la langue magistrale d'un traducteur, Armel Guerne, amoureux éperdu de la langue, écrivain discret mais reconnu par ses pairs, et, avant tout, poète. Il l'est aussi par l'oeuvre d'un artiste et d'un illustrateur de livres, Arthur Rackham, talentueux dessinateur et coloriste. Ses illustrations enrichies de couleurs estompées puisent ici dans la veine fantastique avec un mélange subtil de charme, d'humour, de grâce et d'étrangeté.

  • Le fantastique n'est-il pas une dimension inhérente à la création artistique, qu'elle soit musicale, littéraire ou plastique? En un sens, tout artiste pourrait dire, avec Baudelaire, qu'il «préfère les monstres de sa fantaisie» à «la laideur de la nature» (Salon de 1859).
    Dimension si essentielle qu'elle unit des oeuvres littéraires aussi distinctes que celles de Borges, Poe, Maupassant ou Hoffmann; et que, en dehors même du genre consacré, elle imprègne les récits plus «réalistes» de Rulfo (Pedro Párramo), Balzac (Le Chef-d'oeuvre inconnu), Henry James (What Maisie knew) et de bien d'autres.Le risque est donc de l'envisager comme une notion si vaste et si confuse qu'elle englobetout ce qui s'oppose au plat naturalisme. toutes les oeuvres d'imagination peuvent, dès lors, s'y rattacher, de près ou de loin.
    Ou, à l'inverse, de chercher à le définir a priori selon des catégories abstraites qui le distinguent du fabuleux, du merveilleux, du féerique, et de s'enfermer dans un pédantisme étroit et borné. L'approche de Werner Hofmann s'écarte de la confusion disparate comme du dogmatisme. Elle est concrète, ouverte, subtilement analytique. Dans chaque oeuvre, il guette, pour l'extraire, l'essence particulière du fantastique qui en émane: et de cette sensuelle phénoménologie, ainsi que des rapprochements ou des écarts intellectuels inscrits dans le contexte historique de l'art occidental, se dégage une vision plurale et féconde du fantastique, perçu non pas négativement, comme ce qui refuse le réel, mais, plus profondément et selon l'étymologie du terme, comme ce qui «apparaît» en lui, émanant imperceptiblement de la réalité par étrange déviation, ou rompant brutalement avec lui : accident (?), «caprice», ou morbide schizophrénie.
    Vision toujours inquiétante, tant elle se fonde sur le mystérieux et sur l'inexplicable. Du haut Moyen Âge aux surréalistes, l'auteur éclaire ainsi la quête, sans cesse renouvelée par les artistes, d'une «autre réalité», au long de l'histoire d'un art toujours plus conscient et réfléchi, qui perçoit son essence et sa justification dans un rapport dialectique et tendu entre le fantastique et la réalité extérieure et intérieure du monde et de l'esprit.
    Cette aventure hors du champ rassurant de la «réalité» appréhende, dans les deux sens du terme!, le réel, mais déformé par les arabesques, les labyrinthes, les montages (Bosch, Picabia), les anamorphoses, les visions cauchemardesques ou fantomatiques.

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