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  • De sa position d'observateur engagé au plus près du terrain, Emmanuel Hirsch analyse les temps forts de cette année de pandémie où la démocratie a été confinée.

    Dès l'annonce des premiers signes évocateurs de la pandémie, Emmanuel Hirsch s'est engagé avec l'équipe de l'Espace éthique de la région Île-de-France dans un travail d'observation et de suivi des enjeux sociétaux de la crise sanitaire. Bénéficiant de son expertise dans les « années sida » puis d'une implication dans les travaux préparatoires à la pandémie grippale entre 2006 et 2009, il s'est imposé comme une référence pour apporter les éclairages éthiques indispensables. Ses interventions régulières dans de nombreux médias se sont prolongées par un travail d'approfondissement à travers ses écrits au fil des circonstances.

  • Une lecture sociologique des innovations managériales en cours, qui tendent à faire oublier les véritables objectifs des employeurs : continuer à mettre en oeuvre la subordination des salariés, seule garantie de leur exploitation « légitime ».

    L'auteure décrypte la capacité patronale à faire renaître, sans cesse, sa domination, afin de préserver, voire sublimer, un lien de subordination qui prend une forme de plus en plus personnalisée, intrusive et délétère, et qui compromet toute capacité collective des salariés à s'emparer des véritables enjeux du travail. Des drh « bienveillantes » et préoccupées du « bonheur » de leurs salariés aux « entreprises libérées » par leur leader, en passant par l'esprit start-up et l'offre éthique, l'auteure analyse tous ces faux-semblants qui paralysent l'intelligence collective et menacent l'avenir du monde.

  • L'auteur, médecin cancérologue, raconte ce que signifie pour lui, pour les patients, pour l'équipe soignante, pour les accompagnants, l'expérience bouleversante d'une maladie qui constitue toujours une crise existentielle majeure. Plusieurs personnages sont mis en scène. La plupart sont réels (et ont donné leur accord pour apparaître dans le récit), certains sont inventés. Cette façon d'observer met au jour les avancées médicales et humaines rendues possibles par une approche globale de la santé, où c'est l'intégralité du sujet qui est soigné, et non une pathologie seulement. Elle illustre pleinement la conception de la médecine fondée sur la considération de l'humain que soutient l'auteur.

  • Vieillir comme le bon vin : pour une vieillesse effervescente ou pétillante Nouv.

    Et si la métaphore du vin qui vieillit en disait plus long qu'il n'y paraît ? Pour le vin, vieillir exige des interactions avec des conditions environnementales... Ne serait-ce pas la même chose pour l'homme ?

    Le vin vieillit-il comme nous ? Vieillissons-nous comme le vin ? Est-ce que nous nous bonifions ou au contraire nous gâtons-nous ? Est-on bien sûr que le vin ou les hommes s'améliorent toujours avec l'âge ?
    Médecin, oenologue, psychanalyste, sociologue, philosophe en disent quelque chose et s'intéressent évidemment à ce lien possible entre la vieillesse des humains (hommes et femmes) et celle du vin, comme si cette dernière, peut-être, pouvait nous guider, nous donner des repères, des idées, nous aider à penser notre vieillesse, notre avancée en âge, et pourquoi pas à la penser comme une bonification continue.
    « Vieillir comme le bon vin » pourrait devenir alors une sorte de défi à relever, pour celles et ceux qui semblent parfois douter de ce qui pourrait leur arriver de bon dans l'avancée en âge. Il se pourrait même que cette réflexion nous conduise à ouvrir, avec le sourire mais très sérieusement pourtant, des questions sur le sens de ce que nous vivons en vieillissant et faisons vivre parfois à celles et ceux qui vieillissent, des questions éthiques finalement !
    Vivre, acquérir de la maturité, devenir meilleur, « prendre de la bouteille », tout simplement...
    Alors, vieillir comme le bon vin et avec le bon vin, avec du bon vin pour sentir, goûter, partager, savourer, déguster, apprécier, s'émerveiller, et vivre, vivre, vivre encore...

  • Croissance et opulence sont la face éclairée d'un monde de dénuement. Comment aider les plus vulnérables de nos jeunes à prendre leur place dans un monde désenchanté ?

    Crise e´cologique, économique, financière, sociétale, crise sanitaire et crise du Sujet se court-circuitent. Ce sont les rejetons d'une me^me me´canique qui s'emballe en roue libre et fait place, au coeur de la logique néolibérale, à un effondrement du symbolique. Comment aider les plus vulnérables de nos adolescents à affronter les difficultés qui les attendent au lieu qu'ils ne s'engouffrent dans le cycle nihiliste du « no future, no limits », entre violences et addictions, entre fuite en avant maniaque et plongée mélancolique ? Naufragés psychiques de la déliaison sociale, ils sont le sympto^me d'un échec sociétal. L'auteur réinterroge les grands enjeux de notre civilisation pour rebattre les cartes et tisser le devenir des générations futures. Face au dogme économique néolibéral, comment mobiliser nos enfants pour qu'ils réussissent à franchir le cap de leur inespoir et fassent de leur rage de vivre le socle d'une implication citoyenne ?

  • Une vie d'éducatrice spécialisée : questionner le sens Nouv.

    Douze récits immergent le lecteur dans le « vif » de la pratique d'une éducatrice spécialisée auprès d'enfants, d'adolescents et de jeunes adultes en grande difficulté. Jacques Marpeau prolonge la réflexion sur ce qui fait sens dans ces situations.

    Le livre résulte du choix d'un double regard : le premier, « de l'intérieur », restitue le vécu d'une professionnelle aux prises avec les difficiles réalités de terrain. Le second, dans « l'après-coup », est un questionnement. Il donne à voir l'élaboration d'hypothèses de compréhension de « ce qui se passe » pour les personnes en situation. Il montre comment ces hypothèses découlent de références puisées dans une culture professionnelle. Cette double approche, impliquée et réflexive, souligne que s'agissant d'histoires chaque fois uniques et singulières, on ne peut faire l'économie d'un travail d'élaboration à plusieurs.

  • L'essentiel du travail de l'éducateur réside dans le caractère anecdotique de sa présence à l'Autre. Ce n'est pas pour autant que tout le monde peut se dire éducateur ! L'apparente simplicité d'un " être avec " masque la réelle complexité du " faire avec ". Et ce serait maintenir une illusion que de penser trouver les ressorts du métier d'éducateur en quelques savoirs disciplinaires : ceux-ci ne peuvent l'expliquer que dans l'après-coup. Le sens du métier d'éducateur est à puiser dans une lecture appliquée des actes posés au jour le jour ; encore faut-il pour cela disposer d'un langage approprié. D'où le choix de cent mots simples et pourtant illustratifs de la difficulté de ce métier. Cent mots pour une profession longtemps restée sans mots ! Tel est le pari de ce dictionnaire qui, par le biais de chacune des notions explorées, tisse des liens entre l'apparente banalité des gestes quotidiens de l'éducateur et leur fondamentale répercussion sur le développement de la personne accompagnée dans une relation d'aide éducative ou de soin. Au final, ce dictionnaire ne conceptualise pas une pratique professionnelle ; il la rend visible et lisible par tous ceux qui sont appelés à l'exercer. Il est une trousse à outils que tout éducateur devra savoir garder à portée de main, tant pour l'aider dans ses écrits que pour penser sa pratique.

  • Le monde associatif est aujourd'hui à la croisée des chemins. Issu de recherches participatives entre acteurs associatifs et chercheurs, cet ouvrage envisage deux scénarios contrastés. L'un met en avant les limitations qui entravent l'action associative, les risques qui peuvent l'affaiblir.
    Le second, au contraire, envisage les dynamiques internes existantes ou à mettre en oeuvre pour affirmer le potentiel transformateur des associations.

  • Les jeux vidéo sont partout et pourtant ils sont encore présentés d'une manière caricaturale. Voici un manuel pratique et critique pour comprendre le jeu vidéo et l'utiliser dans la relation d'aide.

    Dans ce travail de synthèse qui présente les fondements de l'utilisation du jeu vidéo, les auteurs ont souhaité offrir un contenu immédiatement accessible et utilisable aussi bien par les professionnels que par les parents. Leur approche est à la fois systématique et pratique : les résistances et les représentations des adultes à propos des jeux vidéo sont abordées une à une, commentées et discutées à partir des données de la recherche. En s'appuyant sur leurs expériences cliniques de l'utilisation du jeu vidéo en thérapie à médiation individuelle et groupale et sur leurs connaissances et leur pratique du jeu vidéo, les auteurs proposent également une méthode pour mettre en place un atelier psychothérapeutique « jeu vidéo ».

  • Des psychologues exposent la diversité des soins psychiques qui peuvent être proposés aux malades somatiques graves et/ou en situation de handicap et à leurs proches. Ces nouveaux dispositifs ont des effets dans la prévention et l'allègement des souffrances.

    Les personnes atteintes de maladies somatiques graves et/ou en situation de handicap ainsi que leurs proches peuvent bénéficier de soins psychiques qui ont des effets dans le domaine de la prévention et de l'allégement des souffrances. Pour répondre aux spécificités de cette clinique, il est nécessaire d'adapter le cadre des « cures classiques » et d'inventer des nouveaux dispositifs psychothérapeutiques. Chacune des auteures - psychanalyste, psychologue clinicienne et/ou enseignante chercheuse - dévoile et partage les fondements théoriques, le cadre du dispositif, sa conception et sa pratique du soin psychique et leurs effets, qui sous-tendent leur activité, que ce soit en libéral, dans les institutions médico-sociales ou à l'hôpital. L'objectif de ce livre est de déployer dans sa diversité une pensée sur la pratique, sa fabrique en quelque sorte, y compris dans l'exploration des lieux souterrains que la rencontre clinique impose par le truchement du transfert et du contre-transfert.

  • Un essai politique - philosophique - écologique, documenté et engagé, qui amène une analyse nouvelle sur notre civilisation en déclin. La fraternité première, instinct social de l'homme devient une nécessité absolue pour conserver la pluralité et l'unité de l'espèce. L'auteur ouvre ensuite sur des pistes de réflexion concrètes pour construire de nouvelles bases à la société de demain.

    « La fraternité constitue la seule caractéristique universelle qui unit tous les humains. Mais cette caractéristique est en voie de disparition en raison des coups répétés que lui assène l'économie libérale productiviste. Dans cette période de risque majeur d'effondrement qui guette notre civilisation, il est urgent de sortir la fraternité du magasin des accessoires et de la solliciter dans sa dimension globale pour concevoir un mode de vie universel dans un moment de notre existence particulièrement périlleux. C'est une disposition qui s'est enrichie au fil des siècles et qui a contribué à développer l'intelligence sociale des humains. C'est un état constitutif qui peut être développé, éduqué, suscité... Mais qui peut aussi s'éteindre et surtout être refoulé et tué. La seule défense de la laïcité n'est pas une réponse adaptée à la division d'une civilisation humaine globalement menacée dans ce qui compte le plus pour sa survie : la diversité, la solidarité et la fraternité. » M.J.

  • Cette réflexion d'ensemble sur le travail de l'éducateur est devenue un ouvrage de référence pour tous ceux qui s'engagent auprès d'enfants ou d'adultes en difficulté. À partir d'un regard critique sur un demi-siècle d'éducation spécialisée, les auteurs relient dans une même perspective tradition et modernité, pour dresser un large panorama des pratiques éducatives.

    Alors qu'aujourd'hui le terme générique de travail social ou d'intervention sociale a tendance à s'imposer, les auteurs réaffirment la pertinence de distinguer la place de l'éducation spécialisée et d'en définir les enjeux.
    Plus que jamais les compétences pour accompagner les personnes, enfants, adolescents ou adultes, dans le moindre des actes d'une vie quotidienne, requièrent des éducateurs formés, responsables, conscients de leur action. Maurice Capul et Michel Lemay leur offrent un outil de premier plan auquel ils peuvent recourir pour fonder leurs interventions. À la fois théoriciens et praticiens, les deux auteurs échappent à tout enfermement idéologique ou toute querelle de chapelle qui viendraient priver les professionnels d'un accès à des matériaux conceptuels ou des outils pratiques adaptés à leurs métiers. À l'heure où d'inutiles tensions entre champs disciplinaires ou pratiques éducatives et soignantes freinent l'entrée dans cette complexité, l'esprit d'ouverture dont font preuve les auteurs fait à la fois la force et l'originalité de cet ouvrage.

    L'éducation spécialisée est « spécialisée » dans l'accompagnement de personnes, enfants, adolescents ou adultes, dont la trajectoire de vie a été impactée par des événements de nature traumatique. C'est donc à juste titre qu'elle se revendique comme relevant de la clinique éducative.
    Permettre aux personnes accompagnées de trouver les ressources nécessaires pour dépasser les difficultés liées à des traumatismes ou autres accidents de la vie, requiert des professionnels un savoir-être et un savoir-faire spécifiques élaborés à la fois à partir de l'appropriation de savoirs théoriques et de connaissances pratiques.
    Tous les thèmes abordés sont traités de manière claire et didactique et s'accompagnent d'une importante bibliographie. Ils ont pour objectif d'aider le lecteur à construire sa propre éthique professionnelle.
    L'ouvrage original a été augmenté d'un important entretien où Philippe Gaberan donne à Michel Lemay la possibilité de commenter et d'analyser l'évolution des différents métiers du social en lien avec les politiques sociales, la place de la formation professionnelle, etc., à la lumière de ce qui se passe au Québec. Ils abordent notamment le changement de la nature de la relation éducative sous l'impulsion d'un discours prônant la fin de l'engagement de l'éducateur au profit de la « juste distance », d'une valorisation de la volonté de la personne à se sortir d'elle-même de ses situations problèmes et de tracer sa route, d'un abandon des supports éducatifs traditionnels (tels que les activités de médiation, les jeux de rôles, la psychothérapie) au profit de protocoles d'action, de référentiel de bonnes pratiques, etc.

  • La presque banale expérience éducative d'une équipe au travail en lieu de vie et d'accueil est une véritable aventure ! Patrick Tesson transmet les savoir-faire et savoir-être accumulés tout au long de sa carrière auprès d'adolescents placés à l'Aide sociale à l'enfance.

    Chacun a pu entendre, ici ou là, le découragement trop souvent exprimé par les professionnels, confrontés à l'inadéquation des modes d'accueil de l'ase et des associations. Les 55 000 enfants et jeunes majeurs en grande souffrance placés en établissement mettent parfois à mal les travailleurs sociaux. Résultat : certains jeunes ne s'en sortent pas, devenant même parfois sdf.
    N'y aurait-il pas une alternative éducative à ce mal-être partagé ? S'inscrivant dans une dynamique militante, l'ambition de l'auteur est de convaincre du potentiel si mal exploité des lieux de vie et d'accueil (ldva). En 40 chapitres, composés chacun d'un témoignage sur un aspect de la vie quotidienne, d'un dessin humoristique et d'une fiche pratique, l'ouvrage montre que malgré les difficultés rencontrées - et parfois à cause d'elles - jeunes et éducateurs construisent le « vivre ensemble » si particulier d'un lieu de vie et d'accueil.

  • Il est urgent de changer le regard sur la santé mentale ! En France 12 millions de personnes sont atteintes de troubles psychiques - sans doute davantage aujourd'hui.
    Après avoir précisé la notion essentielle de la relation d'accompagnement, l'auteur étudie ce qui se passe sur le terrain des pratiques des équipes sanitaires et médicosociales. Surtout il fait des propositions pour une nouvelle organisation des dispositifs : une agence de santé mentale territorialisée réclamée par les familles et leurs nombreuses associations. Un ouvrage clair et synthétique.

    Être accompagné, c'est avant tout ne pas être seul. On comprend que cette proposition fasse le succès de la notion d'accompagnement. Si l'accompagnement est une modalité d'action qui permet de respecter une indispensable continuité dans les projets individuels des personnes, il convient d'étudier plus précisément ce qui se passe sur le terrain des pratiques pour évaluer sa singularité. C'est là l'objectif majeur de ce livre.

  • Le secteur médico-social est aujourd'hui confronté à des personnes présentant des troubles psychiques importants.
    En imposant le dispositif SERAFIN-PH, qui limite le soin à des prestations destinées à rétablir des fonctions mentales défaillantes et qui promeut des approches inclusives souvent inadaptées à la réalité de la souffrance psychique, le management de ces établissements se coupe des réalités cliniques vécues par les professionnels.
    Pour répondre à la souffrance psychique, le secteur médico-social doit se recentrer sur ce qui fait son identité : les accompagner et les soutenir dans leur vie quotidienne, avec ses fondements temporels, spatiaux, corporels et relationnels qu'il faut « tenir » pour que les personnes puissent se tenir elles-mêmes un peu mieux. La fonction contenante institutionnelle constitue l'autre pilier de cet accompagnement thérapeutique pour penser l'impensable de souffrances psychiques, mais elle suppose un encadrement formé aux réalités cliniques. L'absence de praticiens médecins en lien avec les équipes constitue certainement une carence grave et le recours à la psychiatrie n'apporte pas de réponses durables et soutenantes. Enfin, l'éducatif, constitutif de la culture du médico-social, doit s'affirmer comme complémentaire du soin.

  • La refonte des diplômes en travail social, telle qu'elle est entreprise en France depuis 2017, notamment dans le souci d'une harmonisation des diplômes européens, entérine la reconnaissance du moniteur éducateur en qualité de professionnel de proximité auprès des publics accompagnés dans une relation d'aide sociale, éducative et de soin. Toutefois, comme toutes les professions de l'éducation spécialisée et du travail social, celle de moniteur éducateur doit s'adapter aux évolutions des savoirs et des moeurs qui transforment l'accueil des publics en situation de handicap ou de vulnérabilité (la société inclusive) et modifier l'organisation et le fonctionnement des établissements ou des services (une logique de parcours intégré préférée à une logique de la place en institution). Lors de la première édition en 2004, les deux auteurs, professionnels engagés, avaient su anticiper les enjeux des transformations désormais à l'oeuvre et repérer les leviers des changements à opérer dans les formations et dans les postures professionnelles. Tous ces éléments de fond ont donc été repris dans cette nouvelle édition. En revanche, l'avant-propos et le dernier chapitre, entièrement remaniés, insistent sur ce qui, aujourd'hui, fait la singularité de ce métier et sa spécificité au sein de l'ensemble des diplômes en travail social. L'ouvrage demeure un repère incontournable à l'heure où les candidats faisant le choix d'une formation courte à un métier de proximité sont de plus en plus nombreux.

  • Une enquête inédite sur l'école inclusive et la scolarisation des enfants les plus vulnérables, menée directement de l'intérieur par une professeure des écoles, docteure en sociologie, qui éclaire les dysfonctionnements du système scolaire, de la continuité pédagogique durant la pandémie de Covid-19, tout en proposant des solutions.

    Les réformes aux intentions les plus nobles et formellement bien conçues pour favoriser la scolarisation de tous les enfants et leur réussite peuvent défaillir du fait d'une mise en oeuvre approximative. Dans cette enquête inédite sur l'école primaire et la scolarisation des enfants les plus vulnérables, Sylviane Corbion dresse un état des lieux des dysfonctionnements du système scolaire, qui ont été criants durant la pandémie du Coronavirus. Elle s'appuie pour cela sur des histoires de vie professionnelle d'enseignants du primaire dans des contextes sociodémographiques différents, sur ses expériences propres de professeure des écoles et sur les résultats de sa recherche doctorale.
    Ce livre montre l'écart abyssal entre, d'un côté, les prescriptions et recommandations des politiques ministérielles, qui affichent le souci d'une école inclusive et bienveillante, et de l'autre, le travail des enseignants, peu formés, qui doivent faire preuve d'inventivité pour les élèves les plus vulnérables, dont les besoins éducatifs particuliers sont insuffisamment pris en compte.
    Alors que la crise sanitaire est venue corroborer son travail approfondi, l'auteure contribue utilement au débat sur l'école inclusive et propose des principes d'action qui donnent à penser, et ouvrent des possibles.

  • « Manger pour (encore) être » est un objectif de survie essentiel à atteindre, notamment au grand âge. Au domicile ou en institution, les questions autour du repas sont quotidiennes et leurs réponses déterminent, pour partie, le bien-être et l'équilibre psychosocial de chacun.

    Pour les personnes âgées comme pour les personnes en situation de handicap, le repas est un moment central autour d'un objet, la nourriture, à consommer avec d'autres, semblables par leur âge ou leurs déficiences mais différents par leur essence propre. Se nourrir pose à la fois des questions à résoudre - Que mange-t-on ? avec qui ? à quelle heure ? - mais aussi des problèmes à considérer - de poids et/ou de dénutrition, cardio-vasculaires, digestifs... Les auteurs, chercheurs, praticiens, enseignants, apportent leurs analyses et leurs témoignages à destination des professionnels et des aidants qui ont à coeur de pallier les déficiences, proposer des aides, entretenir le plaisir, renforcer l'estime de soi et l'autonomie, soutenir l'intérêt à l'égard d'autrui en conservant des liens sociaux.

  • Mettre sa vie en jeux : le théâtre d'intervention socioclinique Nouv.

    La rencontre entre les pratiques théâtrales engagées dans le changement social et la sociologie clinique a donné naissance au théâtre d'intervention. Les auteurs en présentent les fondements théoriques, les outils et les applications.

    Entre l'art, la science, la politique et la clinique, le théâtre d'intervention est une voie royale pour apprendre à vivre dans une société qui nous confronte à des dilemmes impossibles. Les auteurs en décrivent les fondements théoriques, la démarche et les différents outils utilisés qui permettent de mettre en scène des conflits répétitifs vécus au sein des organisations afin d'en comprendre la genèse et d'en résorber les effets les plus nocifs. Ils montrent en quoi celui-ci favorise l'émergence du sujet et sa puissance d'agir, l'analyse des conflits comme des noeuds sociopsychiques, et des conséquences de contradictions sociales et institutionnelles. La présentation de cas d'interventions illustre différentes modalités d'application du théâtre d'intervention socioclinique, dans des contextes divers - entreprises, des services publics, des associations, des ateliers citoyens -, en France et à l'étranger, auprès de populations hétérogènes.

  • Parentalité(s) et après ? Nouv.

    Les auteurs (chercheurs et professionnels de terrain dans le champ de la protection de l'enfance) mettent à jour les expériences et controverses des parentalités plurielles dans un « après » la crise sanitaire, qui a tant impacté nos vies communes et relationnelles...

    Le cnaemo - mouvement militant dans le champ de la protection de l'enfance depuis quarante ans - a placé au centre de ses engagements l'action et la réflexion pluridisciplinaires autour de l'intérêt supérieur de l'enfant, de son épanouissement comme de ses besoins fondamentaux. L'enfant est aujourd'hui pris en charge/en compte par des tiers multiples et différents selon les difficultés qui jalonnent son parcours de vie. Famille, parenté et parentalité(s) se conjuguent ainsi et les expériences comme les controverses se déploient. Les auteurs apportent ici de nombreux repères en résonance avec les réalités du terrain, notamment issus de recherches menées par le cnaemo et l'université de Caen et de Bordeaux.

  • La personne - sa santé psychique et physique - est devenue un enjeu clé du monde du travail, les pratiques d'accompagnement se sont multipliées à tous les niveaux. L'ouvrage s'intéresse à l'une d'entre elles : le coaching ; il analyse ses multiples facettes, sans omettre des points de vue critiques, et envisage les évolutions probables et souhaitables.

    Les auteurs ont voulu approfondir les raisons d'être et le sens de ce qui peut apparaître comme une mode, mais qui va bien au-delà. L'explosion du coaching met l'accent sur l'importance de nouvelles formes d'accompagnement à tous les niveaux de la société. Le terme était plutôt réservé au domaine sanitaire et social, d'une part, et au champ spirituel, d'autre part. Ces dernières années, sa généralisation dans le monde du travail laisse apparaître de plus en plus un besoin, elle devient la manifestation d'un phénomène de société. « Se faire accompagner » ou « avoir recours à un coach » devient un comportement de plus en plus naturel, que ce soit en lien avec une institution ou à titre personnel.

  • Connu pour son approche psychanalytique du vieillissement et son expérience de formateur dans de nombreuses structures publiques ou privées, l'auteur propose un concept original de fonctionnement d'un ehpad, adapté au XXIe siècle.

    Le coronavirus a révélé bien des défaillances dans les ehpad. Il est venu bouleverser des concepts dépassés et des méthodes d'accompagnement inadaptées. S'appuyant sur plusieurs années d'interventions dans les établissements gériatriques, l'auteur présente un nouveau concept de fonctionnement de ces établissements qui se fonde sur une relation d'aide inspirée de la psychothérapie institutionnelle ou thérapie par le milieu de vie, répondant à l'attente des soignants et des familles. Il décrit d'une manière détaillée l'organisation d'une journée et d'une nuit de travail en équipe ainsi que la relation d'aide auprès des patients atteints d'une maladie de type Alzheimer. Au coeur de ses préoccupations se retrouve l'idée que soigner l'institution agit comme un moteur de la vitalité et de la continuité des liens, dans ces lieux de vie que sont les EHPAD.

  • La notion de condition permet de comprendre ce qui détermine la vie des personnes dites handicapées, leur manière personnelle d'être au monde, mais aussi celle qu'elles partagent avec d'autres. Historiquement située, socialement construite, la condition handicapée peut être dépassée ou modifiée, elle ne correspond pas à une identité figée.

    La notion de « condition » a souvent été utilisée par des auteurs célèbres : Malraux, Hanna Arendt, Simone de Beauvoir, Simone Weil, Pap Ndiaye, pour désigner notamment la condition ouvrière, la condition féminine, la condition noire... Appliquée aux personnes dénommées handicapées, elle permet de se dégager de toute perspective identitaire et essentialiste. En effet, la condition étant par définition historique, son analyse amène à envisager comment on peut la dépasser. Deux voies sont ici proposées : une philosophie de l'absolue singularité de tout humain ; une action pour mettre les personnes concernées en position d'acteur social et politique et non plus de simple bénéficiaire.

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